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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 10:00
Les vieilles maisons choisissent : parler ou se taire.

Les murs de la maison que j'habite me parlent souvent par la voix de ses anciens habitants qui n'étaient pas de ma famille. Ils me parlent aussi par la voix de mon père, de ma mère, de ma grand-mère maternelle qui ont passé là leurs dernières années.Par la voix de ma tante qui venait souvent accompagner notre vie. Il leur arrive même de me parler par la voix de quelqu'un que je n'ai connu qu'un an et qui n'a jamais passé le seuil de cette modeste demeure. Lui, il riait  tant qu'il est possible en entendant au téléphone  grincer les  portes ancestrales en chêne massif, vous savez bien, celles munies d'une lourde clenche en fer et que l'on pousse pour tenter de conserver la chaleur dégagée par le foyer ouvert.  Et je me demande si ce rieur là n'est pas le plus bavard!

Jean Giono disait "L'Homme a besoin d'habitations magiques".

Merci Julos.

 

Il faut laisser les vieilles maisons se taire

 

Il faut laisser les vieilles maisons se taire pour que les ancêtres puissent revenir car je crois qu’aucune vie n’est jamais finie, il n’y a jamais le mot ”Fin” au bas de la page de la grande “Vie”.

La Vie, je crois, continue et les voix anciennes font surface … aucun sourire n’est perdu, aucun baiser, les somptueux couchers de soleil sont répertoriés dans une mémoire particulière.

Celui qui se réveille la nuit rencontre des milliers d’êtres passés, présents ou à venir, rien n’est jamais fini ni défini. L’éternité, elle-même, je me suis laissé dire qu’elle n’avait point de fin, coule comme un fleuve bien plus large que le fleuve jaune.

Notre peau a gardé la mémoire de toutes les caresses. Parfois, on a trop peu de temps pour parler à celles et à ceux que l’on frôle.

Chacune de nos vies est une épopée, nous écrivons notre homérique histoire, à petit pas, le soleil s’enfonce dans l’horizon, se sauve et retourne dans les coulisses de l’univers.

Le corps est-il une cathédrale où se répercutent et s’amplifient les échos de toutes les naissances ? L’oiselet qui chante à tue-tête au lever du soleil est aussi important que le bébé qui vient de naître et la jonquille toute seule dans mon jardinet illumine peut-être le cosmos en son entier.

Notre vie est-elle une bande de Moebius qui n’a ni commencement ni fin?

Qui sont ces milliards d’êtres qui chuchotent dans toutes les langues du levant au ponant ? Est-il possible de répertorier l’univers en son entier ? Est-il possible de visualiser les heures qui galopent à toute allure dans la grande plaine du temps ? 

Laissez juste une fenêtre ouverte sur le ciel afin que les ancêtres puissent se glisser près de vous dans la pénombre familière du mystère.

 

Julos Beaucarne 27 avril 2011

Ci-dessus "Nire aitaren exea defendituko dut". Je défendrai la maison de mon père.

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commentaires

Jenofa 23/10/2016 19:02

Julos a bon pied bon oeil.

Zoé 23/10/2016 18:54

Très beau texte de Julos Beaucarne! J'ai perdu de vue ce qu'il fait maintenant mais j'aimais beaucoup ses chansons autrefois .
Ecouter les pierres, les arbres , tout une philosophie qui va à l'encontre de notre société si bavarde !

l e b A b e l 23/10/2016 18:24

il faut tout d'abord se taire, apprendre l'alphabet et la langue des murs, et puis écouter.

Jenofa 23/10/2016 18:39

Voilà. Ecouter le silence. C'est le contraire d'un taiseux.

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