Sauver l'ours ou l'abandonner
aux ultrapastoraux éradicateurs :
l'Etat doit choisir
(Une contribution de Patrick Pappola, alias Papours)/
Pour mieux comprendre la frange "ultrapastorale" de l'élevage pyrénéen, celle qui prone sa prééminence sur toute autre activité humaine en montagne et qui souhaite imposer son
activité au détriment des espèces animales qui dérangent son expansion, il peut être utile de se livrer à un examen du discours que produisent ces éleveurs refusant par principe de mettre en
place les solutions permettant d'éviter les prédations de l'ours sur les troupeaux : gardiennage estival continu du troupeau (c'est à dire présence effective du berger), regroupement nocturne du
troupeau et présence de chiens patous pour éloigner l'ours et tous les autres prédateurs du bétail, homme compris (vols).
Il est en effet intéressant de voir comment ces ultrapastoraux cherchent à travailler l'opinion publique (mais aussi celle des décideurs et celle que délivrent les médias) pour
décréter l'impossible cohabitation, n'hésitant pas pour cela à utiliser le mensonge par omission voire le mensonge tout court.
On peut se faire une idée de la teneur de ces omissions en mettant en regard les déclarations ultapastorales et celles des bergers, Techniciens Pastoraux Itinérants (TPI), tous
bergers chevronnés et chargés de l'aide à la mise en place des mesures de protection sur les troupeaux. Cette étude comparative est très instructive lorsqu'on l'applique aux estives subissant des
attaques d'ours. Cet article a été réalisé en comparant les données extraites du "Rapport d'activité 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants" et celles du site internet de l'association
anti-ours l'ASPAP (Association Pour la Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées) concernant le compte-rendu de leur Assemblée Générale (AG) du 1er février 2008.
Piste de l'un des 3 derniers ours béarnais : le mâle mal nommé "Aspe-Ouest" à la recherche d'un femelle, en haute vallée d'Ossau, mai 2005.
Estive de Melles : des enjeux importants pour l'avenir de l'ours et du pastoralisme
Commençons par l'estive de Melles, estive sensible s'il en est car fréquentées par l'ourse "Vhala" et ses deux oursonnes, "Pollen" et "Bambou" autant dire, l'espoir des Pyrénées.
De plus, après l'élimination réussie de l'ourse "Franska" (qui avait plus de 40 plombs de chasse dans le corps), "Vhala", "Pollen" et "Bambou" semblent être les nouvelles cibles désignées des
ultrapastoraux éradicateurs d'ours. L'enjeu autour de cette estive est donc important. Que s'y passe-t-il ?
En 2006, cette estive a connu les attaques de "Vhala". Mais le troupeau d'environ 1300 bêtes y était mené sans aucune protection, sans patous et sans regroupement nocturne en
dehors du regroupement effectué par les bergers itinérants appelés à la rescousse quand il était déjà trop tard pour mettre en place des mesures qui sont efficaces lorsqu'elles sont anticipées
avant le mois de mai. Logiquement, durant l'été 2006, l'ourse "Vhala" a attaqué 20 fois environ sur presque 40 animaux.
En 2007 cette fois, voilà comment les ultrapastoraux ont présenté la saison d'estive (AG de l'ASPAP 2008) :
"----à Melles, en Haute Garonne, "estive modèle du plan ours", malgré des moyens financiers colossaux, la saison d'estive fut catastrophique avec l'abandon de leur poste par les
cinq bergers successifs".
.Est-ce la réalité ? Quelle fut cette "catastrophe" annoncée ?
En effet, dans le Rapport officiel 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants, le son de cloche est différent :
"Trois chiens de protection étaient présents cette année et trois grands parcs permettaient le regroupement nocturne".; résultat des
courses alors que "Vhala et ses 2 oursons sont passés régulièrement sur le secteur pendant l'été" : "une seule attaque a été relevée sur cette commune (...) mais
après la saison d'estive, lorsque les brebis étaient redescendues et pâturaient librement."
Voilà des chiffres que les anti-ours se gardent bien de diffuser ! 2006, pas de moyens de protection = 20 attaques ; 2007, moyens de protection déployés = 0 attaques sur l'estive.
Faut-il s'étonner que la pillule soit amère pour les ultrapastoraux et qu'ils cherchent à noircir le tableau coûte que coûte en annonçant une estive "catastrophique"!!! ? Ils se présentent comme
des éleveurs professionnels (ce qu'il sont évidemment) et derrière cette légitimité, ils laissent entendre qu'eux seuls sont à même d'observer la situation, de l'analyser voire de la critiquer.
Or il se trouve que cette capacité d'expertise n'appartient pas à eux seuls, les bergers itinérants de l'ETO (1) sont eux aussi des experts particulièrement chevronnés en matière d'élevage et de
gardiennage des troupeaux. Ils sont d'ailleurs recrutés sur ces bases là.
D'autre part, et cet article s'inscrit dans ce mouvement, face aux mesonges et délits des ultrapastoraux, de plus en plus de citoyens, excédés de voir comment une minorité
agissante est en train de réussir à anéantier l'ours dans notre pays, se sont intéressés à la question et deviennent à même de la comprendre, de l'expliquer et de dénoncer des mensonges reconnus
comme tels par les experts officiels (le cas des veaux d'Aston où les anti-ours avaient tenté de mettre sur le dos de l'ours des bovins morts de la maladie du charbon est éloquent. Fort
heureusement, des experts indépendants du monde de l'élevage avaient pu enquêter pour lever le poteau rose...).
Mais revenons au cas de l'estive de Melles : dans le Rapport 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants, on peut lire aussi que, cette estive étant désormais protégée,
"les prédations de Vhala se sont décalées vers l'Est, en Ariège". Etait-ce étonnant ? Non seulement c'est logique mais en plus, c'était évidemment prévisible. On sait
depuis toujours que si l'on protège d'un côté et pas de l'autre, le prédateur fait vite son choix, en toute intelligence : c'est globalement que ces mesures de protection doivent être envisagées.
La mauvaise volonté des éleveurs de l'estive de St Lary, à l'Est de l'estive de Melles est responsable d'une situation que les ultrapastoraux présentent ainsi (AG de l'ASPAP, 1er février
2008):
Estive du Barestet : une mauvaise volonté aux lourdes conséquences
L'ASPAP affirme pour les éleveurs du Groupement pastoral du Barestet à saint Lary que "Vhala a sévi tout l'été : bilan 9 attaques officielles, 30 bêtes indémnisées, le
désordre permanent tou l'été pour retrouver les bêtes manquantes, 80 bêtes disparues... malgré le berger itinérant du suivi qui passait la nuit dans sa tente au milieu des
bêtes."
Pourquoi ces éleveurs n'ont-ils pas mis en place les mesures de protection aidées par l'Etat qui auraient permis d'éviter la situation de cet été là et qu'ils auraient dû tester
dès 2006 ?
En effet, on apprend que sur cette estive, déjà fréquentée par Vhala en 2006, aucune mesure de protection réelle n'a été anticipée ! Voilà ce que l'on sait de cette estive :
"Troupeau d'environ 1200 brebis appartenant à au moins 7 éleveurs. Aucun chien de protection n'est présent pendant la saison d'estive et le groupement nocturne se fait en couchade
libre." (Rapport 2007 des TPI). On aurait voulu créer la situation de l'été 2007 avec un garde-manger en libre-service pour l'ourse "Vhala" qu'on
ne s'y serait pas pris autrement... Là encore, la version des ultrapastoraux ne mentionne pas cet absence total de mesures de protection.
Résultat, malgré un regroupement de 7 éleveurs (donc 7 employeurs potentiels), aucun renfort conséquent en terme de poste de berger n'a été prévu (malgré les aides possibles de
l'Etat) et ce sont les TPI de l'ETO (1) qui s'y sont collés, gratuitement : (Rapport d'activité 2007 des TPI)"Plus de 100 nuits de protection ont été effectuées sur St Lary
avec l'objectif de limiter les prédations en 2007". Et ce que les ultrapastoraux de l'ASPAP présentent comme un carnage "malgré le berger itinérant du suivi qui passait
la nuit dans sa tente au milieu des bêtes." (AG de l'ASPAP) devient en réalité (Rapport d'activité 2007 des TPI)pour St Lary : "Ainsi, 77% des attaques
et 91% des dégâts ont eu lieu en l'absence de TPI. Seules 3 attaques ont été effectives en présence des TPI, avec 1 brebis touchée par attaque dont 2 brebis blessées et euthanasiées par la
suite."
Toujours rien sur ces dernières données dans la version ultrapastorale de la situation. Il est vrai qu'il est fort gênant pour eux de constater que lorsque le berger (TPI) est bien
là et regroupe les bêtes la nuit, les prédations sont très faibles. Trop difficile aussi pour les ultrapastoraux d'avouer qu'à contrario, 91% des dégâts ont eu lieu en l'absence des TPI !
Enfin, suir cette estive, ce sont "13 attaques pour 34 animaux prédatés" qui sont reconnus officiellement (donc indemnisés) comme l'indique le rapport
des TPI et non pas seulement "9 attaques officielles, 30 bêtes indemnisées"(ASPAP AG 2008) comme le disent les militants anti-ours pour essayer de dénoncer
une sous-estimation officielle chronique des dégâts qui est imaginaire. Le dérochement d'Orlu tend d'ailleurs lui aussi à prouver le caractère imaginaire de ces sous-estimations.
"
Aube basco-béarnaise : les Pyrénées, montagnes de l'ours, espèce toujours menacée de disparition si plusieurs nouveaux lâchers de femelles ne sont pas menés
dans les mois ou années à venir.
Le dérochement d'Orlu : indemnisé "au bénéfice du doute"
Les anti-ours de l'ASPAP (AG 2008) expliquent que sur l'estive de Mourtès (commune d'Orlu) "L'ours a même précipité début juillet un lot de 94 brebis dans un
ravin, depuis leur couche à 2400 mètres d'altitude (...) où le berger les avait regroupées pour la nuit. Trois patous étaient présents". Si l'on parcourt consciencieusement le
Rapport 2007 des TPI, on constate qu'il n'y avait pas trois mais "deux patous" et surtout, que "la responsabilité de l'ours n'a pu être
démontrée techniquement. Cependant, des dérochements ont été indemnisées au bénéfice du doute par l'administration, car le présence ursine était avérée sur ces mêmes secteurs à des dates
similaires."
Dommage que l'ASPAP laisse entendre que l'ours est en cause de façon certaine et ne mentionne pas que l'indemnisation fut totale, car cela signifie la grande mansuétude très
fréquente de l'administration pour indemniser des bêtes "au bénéfice du doute" (ce qui est une très bonne chose tant que cela reste honnête). A la décharge de l'ours, on sait qu'il y a toujours
eu des dérochements massifs en montagne, l'expression populaire "moutons de Panurge" est forgée sur cette particularité chez les ovins. Combien de ces dérochements ont été prêtés à l'ours sans
aucune preuve ? Ce fut le cas bien des fois les années précédentes. Les éléveurs, les bergers et les défenseurs de l'ours le savent en réalité très bien.
Les fabliaux de l'ASPAP
Toujours dans le compte-rendu de son AG 2008, l'ASPAP tente de nous convaincre la larme à l'oeil qu' "avant l'ours, un troupeau perdait moins d'une dizaine de
bêtes en transhumance, dont la plupart étaient retrouvées et identifiées". Tout connaisseur ou observateur du pastoralisme pyrénéen ne peut que s'amuser de lire de tels mensonges.
Qui compte-t-on embrouiller ?
De ces différents cas de figure, il ressort une mauvaise volonté manifeste de certains éleveurs et bergers ainsi que des tentatives répétées voire systématiques de travestir la
situation réelle.
Vue sur les falaises d'Urdos d'où la dernière femelle béarnaise, Canelle, fut tuée par le chasseur René Marquèze le 1er novembre 2001 avant que le corps de l'ours ne
chute en contrebas de la paroi.
Aider les bonnes volontés, sanctionner les éradicateurs
Ainsi, au sujet des trois mesures de protection garantissant des moyennes de plus de 90% de baisse de toute forme de prédation sur les estives (2), les conclusions du Rapport
d'activités 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants (TPI), sont sans ambiguïté :
"Malgré l'acceptation des TPI, il nous semble que peu d'éleveurs ou de bergers souhaitent changer leurs méthodes de travail suite aux prédations. Il est bien évident que de tels
changements sont très lours à mettre en oeuvre et souvent plus contraignant que l'existant."
Si "peu d'éleveurs ou de bergers" évoluent, l'ours brun disparaîtra, c'est certain. Il faut agir sur ce facteur limitant considérable si l'on souhaite réellement un avenir pour
cette espèce.
Or, comme pour les calamités écologiques graves qui frappent ce début de XXIème siècle (changement climatique, épuisement des ressources...), la société et les décideurs semblent
dans une période de prise de conscience avec une volonté forte et sincère de changer de comportement afin de trouver et mettre en oeuvre des solutions pour sortir de la crise. Etudes, mesures
techniques, juridiques, fiscales, financières et humaines sont convoquées pour apporter des solutions multiformes. Comme pour l'ours, ces solutions existent et sont connues, elles sont à
portée de main ou existent déjà.
L'ours des Pyrénées peut-être placé dans cette perspective sur le thème de la perte de la biodiversité. La société (3), l'Etat (4), l'Europe(5), ont pris conscience de la
nécessité d'agir efficacement pour qu'il puisse continuer d'exister des ours dans les Pyrénées comme depuis la nuit des temps.
A l'heure des conclusions de la mission d'évaluation à mi-parcours du plan de renforcement ursin 2006-2009, la balle est dans le camp de l'Etat : à lui de favoriser
considérablement grâces aux mesures-solutions listées ci-dessus, les éleveurs et bergers qui font l'effort de cohabiter avec succès avec l'ours des Pyrénées. A l'Etat aussi de pénaliser
fortement les formes d'élevage qui portent atteinte à l'ours. Surtout quand on sait que ce sont ces formes d'"élevage" sans gardiennage des bêtes et donc sans hommes en montagne de façon
permanent en été, qui jouent le rôle le plus faible en matière d'entretien du paysage, d'ouverture des milieux (si le milieu a réellement besoin de rester "ouvert"...le débat est sociétale,
philosophique et politique...) et de maintien de l'homme dans les zones rurales de montagne.(6)
Sauver l'ours des Pyrénées, c'est donc renouveler l'arsenal juridique contre les braconnages (toujours importants) et contre les atteintes à son biotope, c'est surtout poursuivre
et augmenter les aides au gardiennage en zone à ours (aides à l'embauche de bergers) ainsi que toutes les mesures du plan ours actuel (héliportages de début et fin d'estive, indémnisation
solide des pertes de bétail, aides techniques, prise en charge de l'achat des barrières de protection, de l'acquisition, de la nourriture et du suivi des chiens patous, amélioration des
cabanes...etc...).
C'est, en contrepartie, agir réellement pour strictement conditionner toutes les aides à l'élevage en montagne à l'acceptation de l'ours et à la mise en place des trois mesures
de protection connues et efficaces contre la prédation.Ceci, qu'il s'agisse des aides nationales ou européennes, aujourd'hui très importantes vis à vis de l'élevage ovin puisque seules ces
aides lui permettent de perdurer voire de se développer. Sous des formes parfois préjudiciables à l'ours qu'il est alors indispensable de faire évoluer et non d'encourager telles
quelles.
C'est à ce prix qu'un pastoralisme du XXIème siècle, cohérent, reponsable et en paix avec les attentes de la société pourra garantir le maintien de l'ours brun des Pyrénées au
lieu de chercher, toujours en 2008, son éradication passive ou active :
"Garantir la survie de l'Ours brun d'Europe, c'est précisément conserver plusieurs noyaux stables partout où il est encore présent. (---) Quelle que soit l'espèce,
reporter sur d'autres pays la responsabilité de sa conservation, c'est travailler, sans le dire, à sa disparition. Or la population pyrénéenne actuelle d'Ours bruns n'est pas viable". Ministère
de l'écologie. 2006.
Tranchant avec cette prise de position officielle responsable, prélude au plan ours 2006-2009, les ultrapastoraux de l'ASPAP, de l'ADDIP et autres associations anti-ours
s'enferment dans l'archaïsme en revendiquant (et en agissant hélas) pour l'éradication de l'ours des Pyrénées. Que ce soit une éradication active (battues contre l'ourse Franska jusqu'à
l'acculer sur la route où elle fut percutée mortellement par une voiture en aout dernier et où elle fut retrouvée avec une quarantaine de plombs de chasse dans le corps) ou une éradication
passive en faisant pression sur l'Etat pour qu'il laisse tomber l'ours, le laissant disparaitre en silence. Début février 2008 lors de son assemblée générale, l'ASPAP n'a-telle
pas en core déclarée sans ambiguïté elle non plus, sa : "détermination à faire cesser définitivement le plan ours, et [sa] vigilance notamment face à la menace du remplacement des
deux ourses mortes accidentellement." C'est faire clairement le choix d'abandonner définitivement l'ours dans les Pyrénées alors que de nouveau lâchers sont indispensable pour
sauver l'espèce de la disparition (7)
Or, sur le terrain, la réussite et l'espoir sont là, il faut les favoriser à tout prix si notre pays tient vraiment à l'ours brun comme le disent des éleveurs et des bergers
eux-mêmes :
"(---) ces réintroductions d'ours doivent bénéficier au pastoralisme, elles doivent permettre une meilleure prise en compte des besoins du pastoralisme, doivent lui permettre de
moderniser ses équipements, de mieux faire vivre les bergers, de mieux entretenir la montagne.
Nous pensons que c'est sur ces thèmes qu'il faut réfléchir, agir, revendiquer. Si demain les ours étaient tous retirés des montagnes, est-ce que pour autant les problèmes du pastoralisme
seraient résolus? Evidemment non(---) Le maintien de l'agriculture de montagne et de la faune sauvage pyrénéenne n'est pas impossible. Des éleveurs de groupements pastoraux ont déjà franchi le
pas, les résultats sont là. Oui, les moyens de protection des troupeaux face aux prédateurs sont efficaces.(---) Association de Cohabitation Pastorale (La lettre de l'ACP Août
2007.
Nous pensons que ce sont sur ces thèmes qu’il faut réfléchir, agir, revendiquer ; si demain les ours étaient tous retirés des montagnes, est-ce que pour autant tous les problèmes
du pastoralisme seraient résolus ? Évidemment non.(...)" "(...) Le maintien de l’agriculture de montagne et de la faune sauvage pyrénéenne n’est pas impossible. Des éleveurs, des groupements
pastoraux ont déjà franchi le pas, les résultats sont là. Oui, les moyens de protection des troupeaux face aux prédateurs sont efficaces (...)" Association de Cohabitation Pastorale (La Lettre
de l'ACP, aout 2007).
La forêt de Melles, habitat de l'ourse Vhala et de ses deux oursonnes, Bambou et Pollen, l'espoir des Pyrénées pour les ours du "noyau central.
A l'Etat de faire désormais ses choix : éradication passive de l'ours ou consolidation de sa présence avec soutien appuyé, renouvelé, renforcées aux bonnes volontés et
sanctions strictes et sévères renforcées elles aussi contre les destructeurs de ce patrimoine naturel et culturel des Pyrénées et de l'humanité(8).
Une évolution législative est nécessaire : un délit d'apologie à la destruction d'espèce protégée est par exemple à créer, les sanctions en cas de dérangement volontaire ou de
nouvelles "battues" (elles furent fatales à Franska) doivent être augmentées. Peut-on accepter qu'en 2008 une minorité fasse de la destruction de l'ours brun le moteur de son action ? La
société, l'Etat doivent-ils laisser faire alors que de réelles solutions de cohabitation existent et sont appliquées sur le terrain chaque été dans les Pyrénées ? Peut-on accepter d'entendre
aujourd'hui une minorité violente affirmer : "S'ils réintroduisent des ours, nous mettrons le feu à la montagne !" (de la bouche de la porte-parole de l'ADDIP en 2007
juste après que l'ours Franska ait été percutée par une voiture).
Enfin, l'Etat doit-il laisser l'ours dans cette situation alors que sans nouveaux lâchers dans un délai rapide, l'ours disparaîtra à coup sûr des Pyrénées ? Au-delà des
remplacement évidents de Palouma et Franska, ce ne sont pas moins de 8 ours qu'il est urgent de lâcher dans les Pyrénées pour espérer sauver l'espèce et non simplement la laisser vivoter(7).
Les français et les pyrénéens le veulent (3). Ce n'est pas une utopie : les italiens ont lâché avec succès 10 ours en 4 ans de 1999 à 2002 dans le Trentin. Dans les Pyrénées, les bonnes
volontés sont là, il faut les faire fructifier et se montrer intransigeants envers les éradicateurs de l'ours, c'est aussi une question de démocratie.
Patrick PAPPOLA,
Simple citoyen attaché à des Pyrénées vivantes et sauvages AVEC l'ours.

"Le Pic du Midi d'Ossau ne veille plus suffisament sur l'ours : de 6-8 en 1994 dont deux femelles, ils ne sont plus que 3 mâles à hanter les lieux. Les femelles (y compris Vhala et
ses oursonnes) sont trop loin pour espérer les voir en Béarn. Seuls des lâchers de femelles en Haut-Béarn ("noyau occidental") permettraient d'éviter l'insupportable gaspillage d'un biotope
très favorables à l'ours avec 3 mâles qui se morfondent sans femelles... avec leur patrimoine génétique unique en perdition."
(1) l'ETO : Equipe Technique Ours regroupant les techniciens chargés du suivi des ours dans les Pyrénées. Les Techniciens Pastoraux Itinérants sont rattachés à l'ETO qui dépend de l'ONCFS
(Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage).
(2) "La protection des troupeaux : fonctionnement efficacité, limites et optimisation", ACP, Pays de l'Ours ADET 2006. Cette étude menée de 2003 à 2005 auprès de
37 éleveurs et sur 18 estives montre que la seule mesure de protection "chien patou" (qui fait fuir l'ours) a fait baisser les pertes de ... 90 % !
(3) 100% des études d'opinion réalisées depuis une décennie montrent une adhésion sans faille et très fortement majoritaire des français et des pyrénéens au sauvetage de l'ours des Pyrénées.
Deux exemples : "Les pyrénéens et la conservation de l'ours - Sondage IFOP- Pays de l'Ours ADET - février 2005" et "Les Français plébiscitent la présence de l'Ours dans les Pyrénées -
WWF-ADET Enquête IFOP 2003".
(4) Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises - 2006-2009.
(5) L'Union Européenne soutient l'ours des Pyrénées à travers le programme "Life-Coex" concernant la coexistence entre les activités humaines et la présence de l'ours.
(6) Il est beaucoup plus facile d'agir pour la biodiversité en montagne avec des troupeaux en gardiennage, c'est à dire avec berger présent tout l'été et non pas seulement une fois par semaine
puisque ces actions favorables à la biodiversité végétale consistent à faire pâturer les bêtes où elles ne vont jamais et où les versants s'embroussaillent. Sans berger, livrées à elles mêmes,
les bêtes n'ont pas une tendance "naturelle" à s'aventurer dens ces zones broussailleuses pour s'en nourrir. De même, davantage d'ours dans les Pyrénées, c'est davantage de bergers en estive
donc des Pyrénées "vivantes" (avec des hommes sur le terrain) et "sauvages" (avec une faune variée et respectée qui fait la joie de tous les visiteurs).
(7) "Avant les 5 lâchers de 2006, une étude publiée dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences (G. Chapron et al., CR Biologies 326, 2003), basée sur des modèles démographiques,
préconisait les lâchers rapides d'au minimum 11 ours. Différée de 10 ans, l'opération ne réduirait plus le risque d'extinction. Or en 2006, seuls 5 ours ont été lâchés et deux sont morts ce qui
fait 3 ours au lieu de 11 ... presque 4 fois moins que nécessaire !
Laisser la population d'ours française dans l'état actuel, c'est faire une croix définitive sur cette espèce et adopter une position revenant à éradiquer l'ours
en France.
Sur base scientifique, on peut affirmer que si de nouveaux lâchers ne sont pas effectués rapidement, tout ce qui a été organisé depuis 1996 pour
l'ours n'aura servi à rien". (extrait de "OURS : 10 erreurs fréquentes")
(8) Sait-on par exemple quel trésor de biodiversité nous avons perdu avec l'anéantissement par l'IPHB (Institution Patrimoniale du Haut-Béarn) des derniers ours pyrénéens de souche qui
renfermaient dans leur patrimoine génétique les gènes les plus anciens de tous les ours de la planète ? (Recherches du Museum National d'Histoire Naturelle). Ne restent plus que le vieux mâle
"Camille", le mâle "Aspe-Ouest" et le jeune mâle "Mohican" (dit aussi "Canellito"), l'ourson de "Cannelle", la dernière femelle béarnaise tuée par un chasseur le 1er novembre 2004. Ces trois
derniers mâles recherchent désespérément leur femelle en l'absence de lâcher d'ourse décidées sur leurs territoires du Haut-Béarn et d'Aragon. Un énorme gâchis... que l'on pourrait alléger du
jour au lendemain en décidant ces lâchers avant que les gènes de ces ours ne disparaissent définitivement avec la mort de leurs trois derniers porteurs.
Le patou vient au contact dès qu'un élément nouveau (homme, ours, loup, renard, chien...etc...) s'approche du troupeau, pour le repousser ou le combattre lorsqu'il s'agit
d'un prédateur. Il est légitime que les éléveurs qui l'utilisent comme un réel moyen de protection continuent de recevoir des aides de l'Etat. Mais la mise en place du patou dans le
troupeau doit se faire avant la montée en estive pour que chacun prenne ses marques. L'idéal étant que le chiot dès son plus jeune âge s'imprègne du troupeau.
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