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Ces temps-ci, mon ciel Vert se charge de gros nuages noirs
Au dessus de Bayonne, en particulier, ils sont pesants et terrifiants comme ils ne l'ont jamais été.
Hélas, pas plus que le nuage de Tchernobyl, ils ne sauraient être contenus aux limites de la capitale d'Iparralde. Les personnes qui leur ont permis de se développer portent une bien lourde
responsabilité.
Je ne compte plus et depuis longtemps, les ex-gauchistes de ma connaissance, recyclés ou non chez les Verts ou ailleurs, qui un jour ou l'autre sont tombés dans les bras de la droite
molle ou dure pour s'y faire dorloter, y manger une soupe plus riche. Cela fait longtemps que j'en ai pris mon parti et choisi d'en rire. Mais voilà que cette fois-ci, il s'agit
en particulier d'une personne que je côtoie depuis treize ans et à qui j'avais donné ma confiance la plus totale, alors que ce n'était pas évident au début. Et la méthode qu'elle a employée
pour parvenir à ses fins n'est pas des plus élégantes!
Alors, je suis bien bien contente de n'avoir jamais été tentée par aucune forme de gauchisme.Le souffle de liberté et l'humanisme rayonnant que j'ai trouvé dans ma famille par le sang
mais aussi la fréquentation assidue de Giono, Del Vasto, Thoreau, Gandhi, Yourcenar, Monod, Gary, Annie Leclerc et quelques autres m'ont protégée de cette honte qu'est pour
moi le fait de se vendre un jour à ceux que l'on a combattus une grande partie de sa vie.
Mais "La gauche est une bâtarde. Elle est dans l'antichambre en attendant d'être à droite", comme disait Léo Ferré.
A la recherche d'un peu de lumière, de douceur, de chaleur, de sécurité, peut-être aussi pour retrouver une partie du sens perdu des mots (sans doute sur cette terre, le
retrouveront-ils plus facilement en Euskara) je viens de redécouvrir ces quelques lignes que m'avaient écrites Kristiana Etchalus en 1974, un an après mon arrivée à Uhaldia
:
Photo Jon Hicaubert http://vergerdelachevriere.blogspot.com/
"Itsasoan den (edo zen?) araina bezalarena
Oihanean den (edo zen?) haitza bezalarena
Lurpean den (edo zen?) xixaria bezalarena
Uharte-Uhaldean,
atxeman nituen:
ALEGERATASUN
AZKARTASUN
eta
LANAREN GRINA
Gure itsaso, oihan ta lurpeak, hemengo alabari kasu emanen diote.
Nik ere bai."
Kristiana
Allez, tenez----- tant que j'y suis, je vous ajoute ces quelques lignes de FiIipe Oyhamburu, écrites quelques mois plus tard. Elles me font trop plaisir pour que je les garde par
devers moi, comme la poignée de main de la chanson de Brassens :
"Ez zaitut aski ezagutzen konberri zaitzkitzun hitzen erraiteko.
Guzientzat on den zerbait erranen dautzut beraz : Gora Euskadiren askatasuna--- bainan gora askatasuna gizon guzieri eta gizon bakotxaren askatasuna. Ez du balio Euskadi askatzea, beste erresumek
egiten dituzten sosokeri eta gaixtakeri berak egiteko. Zuk eta nik asmatzen dugun gizona goragoko gizon bat da.
Ez da errex bainan entsea gaiten.
Gora Euskadi anarkista!"
Filipe.
De l'association Mende Berri également, dès 1973 :
"Denen partetik,
Milesker zure laguntzarentzat!
Milesker zure bihotz haundiarentzat!
Gora Jenofa!"
Allez, j'arrête de me jeter des brassées de fleurs par personnes interposées!
Milesker deneri bihotz bihotzetik, Jenofaren partez.

Photos : Yvan Puntous.
http://images-du-pays-des-ours.blogzoom.fr/
http://pagesperso-orange.fr/amisdelours-amopyc/lamopyc.html
Wood's town
conte fantastique
par Alphonse Daudet ( http://www.alphonsedaudet.org/)
L'emplacement était superbe pour bâtir une ville. Il n'y avait qu'à déblayer les bords du fleuve, en abattant une partie de la forêt, de l'immense forêt vierge enracinée là depuis
la naissance du monde. Alors abritée tout autour par des collines boisées, la ville descendrait jusqu'aux quais d'un port magnifique, établi dans l'embouchure de la Rivière-Rouge, à quatre milles
seulement de la mer.
Dès que le gouvernement de Washington eut accordé la concession, charpentiers et bûcherons se mirent à l'oeuvre ; mais vous n'avez jamais vu une forêt pareille. Cramponnée au sol de toutes ses
lianes, de toutes ses racines, quand on l'abattait par un bout elle repoussait d'un autre, se rajeunissait de ses blessures ; et chaque coup de hache faisait sortir des bourgeons verts. Les rues,
les places de la ville à peine tracées étaient envahies par la végétation. Les murailles grandissaient moins vite que les arbres et, sitôt élevées, croulaient sous l'effort des racines toujours
vivantes.
Pour venir à bout de cette résistance où s'émoussait le fer des cognées et des haches, on fut obligé de recourir au feu. Jour et nuit une fumée étouffante emplit l'épaisseur des fourrés, pendant
que les grands arbres au-dessus flambaient comme des cierges. La forêt essaya de lutter encore, retardant l'incendie avec des flots de séve et la fraîcheur sans air de ses feuillages pressés.
Enfin l'hiver arriva. La neige s'abattit comme une seconde mort sur les grands terrains pleins de troncs noircis, de racines consumées. Désormais on pouvait bâtir.
Bientôt une ville immense, toute en bois comme Chicago, s'étendit aux bords de la Rivière-Rouge, avec ses larges rues alignées, numérotées, rayonnant autour des places, sa Bourse, ses halles, ses
églises, ses écoles, et tout un attirail maritime de hangars, de douanes, de docks, d'entrepôts, de chantiers de construction pour les navires. La ville de bois, Wood'stown - comme on l'appela, -
fut vite peuplée par les essuyeurs de plâtres des villes neuves. Une activité fiévreuse circula dans tous ses quartiers ; mais sur les collines environnantes, dominant les rues pleines de foule
et le port encombré de vaisseaux, une masse sombre et menaçante s'étalait en demi-cercle. C'était la forêt qui regardait.
Elle regardait cette ville insolente qui lui avait pris sa place au bord du fleuve, et trois milles d'arbres gigantesques. Tout Wood'stown était fait avec sa vie à elle. Les hauts mâts qui se
balançaient là-bas dans le port, ces toits innombrables abaissés l'un vers l'autre, jusqu'à la dernière cabane du faubourg le plus éloigné, elle avait tout fourni, même les instruments de
travail, même les meubles, mesurant seulement ses services à la longueur de ses branches. Aussi quelle rancune terrible elle gardait contre cette ville de pillards !
Tant que l'hiver dura, on ne s'aperçut de rien. Les gens de Wood'stown entendaient parfois un craquement sourd dans leurs toitures, dans leurs meubles. De temps en temps, une muraille se fendait,
un comptoir de magasin éclatait en deux bruyamment. Mais le bois neuf est sujet à ces accidents, et personne n'y attachait d'importance. Cependant, aux approches du printemps, - un printemps
subit, violent, si riche de séves qu'on en sentait sous terre comme un bruissement de sources, - le sol commença à s'agiter, soulevé par des forces invisibles et actives. Dans chaque maison, les
meubles, les parois des murs se gonflèrent, et l'on vit sur les planchers de longues boursouflures comme au passage d'une taupe. Ni portes, ni fenêtres, rien ne marchait plus. - «C'est
l'humidité, disaient les habitants. Avec la chaleur, cela passera.»
Tout à coup, au lendemain d'un grand orage venu de la mer, qui apportait l'été dans ses éclairs brûlants et sa pluie tiède, la ville en se réveillant eut un cri de stupeur. Les toits rouges des
monuments publics, les clochers des églises, le plancher des maisons et jusqu'au bois des lits, tout était saupoudré d'une teinte verte, mince comme une moisissure, légère comme une dentelle. De
près, c'était une quantité de bourgeons microscopiques, où l'enroulement des feuilles se voyait déjà. Cette bizarrerie des pluies amusa sans inquiéter ; mais, avant le soir, des bouquets de
verdure s'épanouissaient partout sur les meubles, sur les murailles. Les branches poussaient à vue d'oeil ; légèrement retenues dans la main, on les sentait grandir et se débattre comme des
ailes.
Le jour suivant, tous les appartements avaient l'air de serres. Des lianes suivaient les rampes d'escalier. Dans les rues étroites, des branches se joignaient d'un toit à l'autre, mettant
au-dessus de la ville bruyante l'ombre des avenues forestières. Cela devenait inquiétant. Pendant que les savants réunis délibéraient sur ce cas de végétation extraordinaire, la foule se pressait
dehors pour voir les différents aspects du miracle. Les cris de surprise, la rumeur étonnée de tout ce peuple inactif donnaient de la solennité à cet étrange événement. Soudain quelqu'un cria :
«Regardez donc la forêt !» et l'on s'aperçut avec terreur que depuis deux jours le demi-cercle verdoyant s'était beaucoup rapproché. La forêt avait l'air de descendre vers la ville. Toute une
avant-garde de ronces, de lianes s'allongeait jusqu'aux premières maisons des faubourgs.
Alors Wood'stown commença à comprendre et à avoir peur. Évidemment la forêt venait reconquérir sa place au bord du fleuve ; et ses arbres, abattus, dispersés, transformés, se déprisonnaient pour
aller au-devant d'elle. Comment résister à l'invasion ? Avec le feu, on risquait d'embraser la ville entière. Et que pouvaient les haches contre cette séve sans cesse renaissante, ces racines
monstrueuses attaquant le sol en dessous, ces milliers de graines volantes qui germaient en se brisant et faisaient pousser un arbre partout où elles tombaient ?
Pourtant tout le monde se mit bravement à l'oeuvre avec des faux, des herses, des cognées ; et l'on fit un immense abattis de feuillages. Mais en vain. D'heure en heure la confusion des forêts
vierges, où l'entrelacement des lianes joint entre elles des pousses gigantesques, envahissait les rues de Wood'stown. Déjà les insectes, les reptiles faisaient irruption. Il y avait des nids
dans tous les coins, et de grands coups d'ailes, et des masses de petits becs jaseurs. En une nuit les greniers de la ville furent épuisés par toutes les couvées écloses. Puis, comme une ironie
au milieu de ce désastre, des papillons de toutes grandeurs, de toutes couleurs, volaient sur les grappes fleuries, et les abeilles prévoyantes qui cherchent des abris sûrs, au creux de ces
arbres si vite poussés installaient leurs rayons de miel comme une preuve de durée.

Vaguement, dans la houle bruyante des feuillages, on entendait les coups sourds des cognées et des haches ; mais le quatrième jour tout travail fut reconnu impossible. L'herbe montait trop haute,
trop épaisse. Des lianes grimpantes s'accrochaient aux bras des bûcherons, garrottaient leurs mouvements. D'ailleurs les maisons étaient devenues inhabitables ; les meubles, chargés de feuilles,
avaient perdu leurs formes. Les plafonds s'effondraient, percés par la lance des yuccas, la longue épine des acajoux ; et à la place des toitures s'étalait le dôme immense des catalpas. C'est
fini. Il fallait fuir.
A travers le réseau de plantes et de branches qui se resserraient de plus en plus, les gens de Wood'stown épouvantés se précipitèrent vers le fleuve, emportant le plus qu'ils pouvaient de
richesses, d'objets précieux. Mais que de peine pour gagner le bord de l'eau ! Il n'y avait plus de quais. Rien que des roseaux gigantesques. Les chantiers maritimes, où s'abritaient les bois de
construction, avaient fait place à des forêts de sapins ; et dans le port tout en fleurs, les navires neufs semblaient des îlots de verdure. Heureusement qu'il se trouvait là quelques frégates
blindées sur lesquelles la foule se réfugia et d'où elle put voir la vieille forêt joindre victorieusement la forêt nouvelle.
Peu à peu les arbres confondirent leurs cimes, et, sous le ciel bleu plein de soleil, l'énorme masse de feuillage s'étendit des bords du fleuve à l'horizon lointain. Plus trace de ville, ni de
toits, ni de murs. De temps en temps un bruit sourd d'écroulement, dernier écho de la ruine, ou le coup de hache d'un bûcheron enragé, retentissait sous la profondeur du feuillage. Puis plus rien
que le silence vibrant, bruissant, bourdonnant, des nuées de papillons blancs tournoyant sur la rivière déserte, et là-bas, vers la haute mer, un navire qui s'enfuyait, trois grands arbres verts
dressés au milieu de ses voiles, emportant les derniers émigrés de ce qui fut Wood'stown...
Je ne vais pas vous dire que c'est une contribution--- Malgré mes nombreux efforts, je n'ai pas réussi à contacter Alphonse Daudet-----
En tous cas, ce texte me fait planer. J'assume mais j'entends déjà le choeur des vierges "Oh la la, Jenofa, elle n'aime pas les humains, elle n'aime que les arbres! Honte à
elle!"
M'en moque.
Merci à Roland de Miller ( http://www.bibliecologie.com/ ) qui m'a fait connaître "Wood's town", il y a déjà un fameux bail.
Oui, je sais, l'arbre sur la photo n'est pas un Saule pleureur.
Mais je vous ai déjà dit que la photo, ce n'est pas mon truc. J'ai toujours considéré que le geste de photographier formait comme un mur entre la vie et moi, me volait l'instant présent. Et je
refuse de me laisser voler l'instant présent. Donc, je me sers des photos des copains pour illustrer ce blog. S'ils sont contents de se faire voler leur instant présent à eux, après
tout, c'est leur problème, pas le mien.
Donc, je commence.
A l'image de l' immense et majestueux Saule pleureur planté par mon papa en 1972 entre deux alertes cardiaques et deux ans avant son départ pour un monde que l'on dit meilleur mais allez
savoir, depuis quelques années, je perds régulièrement quelque branche sous les assauts répétés des vents contraires.
La première fut celle de la dévastation amoureuse, mais cela ne vous regarde vraiment pas.
La seconde fut celle de l'amitié.
La troisième fut celle de la confiance.
La quatrième, celle qui m'arracha le plus fort cri de douleur, fut celle de la capacité de faire confiance.
La dernière en date- c'est tout frais- il y a quelques jours - fit un fracas assourdissant en se détachant de mon tronc. Rien de plus normal, puisqu'il s'agit de la branche charpentière,
celle du sens des mots. Et comment voulez-vous vivre, vous, en ayant perdu le sens des mots? A tout instant, le premier beau parleur ou la première ----(question : y-a-t-il un féminin à
beau-parleur?) venu(e) peut vous arracher de ce monde, vous jouer "Massacre à la tronçonneuse" en souriant à belles dents. Vous n'avez plus aucune défense, aucune grille de lecture, aucune
sensibilité. Vous n'êtes plus qu' une île déserte. A quoi bon parler, à quoi bon sourire, à quoi bon rire, à quoi bon écrire, à quoi bon lire, à quoi bon répondre, à quoi bon écouter les
autres, quand vous avez perdu le sens des mots?
A Bayonne, il y a quelques tout petit jours, un drame qui couvait sous la cendre depuis plusieurs mois, a été annoncé. Tout mon moi à moi (le mien) (si!), se révolte, se rebelle, contre une
décision prise par deux collègues Verts, et non des moindres, accompagnés dans leur déviance par diverses personnes tombées sous leur charme dévastateur (attention, là, je fais dans le
politiquement correct!).
Les voilà bien, les noces de ce qu'il y a de pire dans la politique( qui a aussi du bon) et de ce qu'il y a de pire dans l'être humain (qui a aussi di bon) (si!).
Dans ma tête, lancinant, au long de mes jours, au long de mes nuits,ce poème tourne en rond:
Photo :
Emilio.Si ce message s'affiche mal, cliquez ici ou recopiez l'adresse suivante dans votre navigateur : http://www.pmaf.org/lettres/alertes/alerte_PMAF_160108.html
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Cette photo provient du site : http://www.notre-planete.info/
Un ami vient de m'envoyer l'article ci-dessous, qu'il a totalement retapé à l'ordinateur. Bel effort. Qu'il en soit remercié.
Ce qui est écrit là, nous les militants de la défense de la nature, nous le ressentons depuis bien longtemps et la moindre de nos cellules en souffre. Je ne parle pas de la nature qui gagne en
ville. Ca, ça fait plutôt plaisir, mais de la campagne qui devient progressivement l'antithèse de la nature.
Ce qui me fait le plus mal à moi, c'est le grignotage, le mitage, l'uniformisation, la banlieusardisation des paysages (quand je parle de la banlieusardisation, je ne fais aucunement
allusion aux gens, quels qu'ils soient, qui habitent ces banlieues, il n'est peut-être pas inutile de le préciser), la laideur qui s' insinue partout à pas de loups, mètre par mètre,
insidieusement, si insidieusement que d'une année sur l'autre bien des gens oublient, effacent totalement de leur mémoire ce qui était là l'année précédente.
A Paques 1974, Jeunes et Nature avait organisé à Saint-Jean-Pied de-Port une soirée débat avec Bernard Charbonneau.
Je l'entends encore dire :"Dans trente ans, la plaine de Saint-Jean-le-Vieux sera un paysage de banlieue". Beaucoup avaient ri, s'étaient moqués. Certains faisaient tourner leur index sur leur
tempe. Et pourtant, allez-y voir aujourd'hui. Si vous retirez les montagnes au loin qui sont encore là pour faire joli---- Et même elles, petit à petit se couvrent par le bas de
constructions diverses et de routes en plat de nouilles. Elle monte, elle monte, la vilaine bête.
Notre espace est une peau de chagrin et "Sans espace, point d'innocence ni de liberté" (Albert Camus)
Un bémol concernant cet article : nous ne saurions nous réjouir du réchauffement climatique et du fait qu'il favorise le développement des espèces
exotiques-------------------!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Merci aux pionniers qui ont réfléchi à ces sujets:
En tout premier, bien entendu, Robert Hainard, philosophe, naturaliste et graveur Suisse http://www.hainard.ch/,
François Terrasson http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Terrasson, qui, avec
l'aide de Bernadette Lizet, http://www.alapage.com/-/Liste/Livres/mot_auteurs=Lizet/lizet.htm,
réalisa au début des années 70 un inventaire biologique du Pays Basque,
ainsi que le très grand botaniste Paul Jovet, spécialiste des fougères et dont le jardin botanique de Saint-Jean-de-Luz porte le nom.
Sans parler, bien entendu de l'immense Théodore Monod!
Les villes, ces nouveaux paradis naturels.
Article de Julia Voss, du Zeitung de Francfort
dans "Le Courrier International".
Numéro 892, du 6 au 12 decembre 2007.
Dans les livres pour enfants des année 70, une époque ou l'on commençait à s'émouvoir des atteintes à l'environnement, on pouvait lire des histoires comme celle-ci.
Il était une fois des animaux qui vivaient heureux à la campagne et coulaient des jours paisibles loin des regards dans le voisinage d'une jolie ferme. Tous les animaux de la ferme
avait un nom. Au printemps, les arbres fruitiers fleurissaient; en été, le blé mûrissait; à l'automne, c'était les vendanges; et, en hiver, les animaux sauvages se retiraient dans
leur tanière.
Mais un jour arrivèrent des pelleteuses qui retournèrent les prés. Les arbres furent abattus. Bouleversé, on tournait la page pour découvrir qu'une fois la nature massacrée, une ville
grise métallique avait été construite, les immeubles ayant pris la place des arbres, l'asphalte, celles des prés et que l'on trouvait des voitures là ou les vaches paissaient. Karl le
scarabée ou Grabowski la taupe étaient partis. Quand on était petit, on comprenait que la ville n'était pas un endroit pour vivre, que ce soit pour les hommes comme pour les animaux.
Or, cette certitude commence à s'effriter de depuis quelques temps de façon presque étrange. Les signes peuvent prendre la forme de ravages: des sangliers saccagent les jardins, les
ratons laveurs renversent les poubelles la nuit et des martres grignotent des flexible de freins sur les parking. La ville est devenue la destination d'une vague d'immigration qui se
déplace sur terre, dans l'eau et par les airs. Sangliers, ratons laveurs et martres ne représente qu'un infime partie d'une gigantesque invasion qui est en train de s'étendre sur toute
l'Allemagne. La nature ne veut plus rester à la campagne et à decidé de partir à la conquête de l'espace urbain.
Depuis peu, des études constatent que les espaces boisés des grandes villes dépassent parfois en diversité les forêts les plus riches, que c'est Berlin qui abrite la population
la plus importante de rossignols d'Allemagne ou encore que certaines parties de Munich comptent presque autant d'espèces de papillons que les meilleurs réserves naturelles.
Les oiseaux couvent au milieu du rugissement des avions, construisent leurs nid au milieu du fracas des cloches, s'installent dans le vacarme des ponts de chemins de fer et des colonnes de
camions.
Certaines plantes rares fleurissent entre les fissures du macadam, les renards flânent tranquille dans les centre villes. Les divers avantages qui poussent la nature à se développer en
ville sont l'abondance de nourriture, l'absence de prédateurs et surtout la température élevée-si bien que le milieu urbain pourrait bien servir de modèle pour le réchauffement climatique.
Ce sont les espèces avides de chaleur qui s'y multiplient., y compris les espèces exotiques comme les perruches à collier, qui vivent actuellemnt à Wiesbaden ou à Cologne.
"Chuisnélà, chfaiscekejveux".
La "ruralité", c'est parfois ça. C'est hélas souvent ça de nos jours.
Vautour Fauve pendu. Photo David Garcia.
La ville était tellement perçue comme une parfaite antithèse de la nature qu'il a fallut du temps avant que les biologistes découvrent et étudient la faune et la flore du
milieu citadin. En 2004, le biologiste berlinois Cord Riechelemann publia « Animaux sauvages dans les grandes villes », un beau livre dans lequel il présentait la diversité des espèces
urbaines en prenant l'exemple de la capitale allemande. Et, en 2005, Ingo Kowarik, un expert en écologie végétale de l'université technique de Berlin depuis trente ans, publia «
Forêts sauvages urbaines ».
L'histoire pourrait donc bien se terminer puiqu'il s'avère que nos villes peuvent être des havres habitables par la nature. Cependant, le livre « La nature en ville: un nouvel habitat pour
les animaux et les plantes », du biologiste munichois Reichholf, révise aussi l'idée que l'on se fait de la campagne. Car la faune et la flore ne se contentent pas de s'installer en ville,
elles fuient la campagne, que l'agriculture industrielle et son cortège de pesticides, de sur-fertilisants, de monocultures et de pollution des nappes phréatiques rendent de plus en plus
inhabitable. Ainsi, ce serait à la campagne que se trouve la véritable tristesse d'un monde administré que le psychanalyste Mitscherlich qualifiait en 1965 d'antinature.
Comment?
Vous n'avez pas encore adhéré aux Verts?
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