Jeudi 31 janvier 2008

"L'Homme n'est pas le seul animal à penser mais il est le seul à penser qu'il n'est pas un animal". Pascal Picq.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Picq

Bestial-ou-humain.jpgPhoto: Christian Sinibaldi.

Cette photo, je l'ai trouvée dans le numéro 4 (rentrée 2005) du Bulletin du CRAC-Comité Radicalement Anti Corrida http://www.anticorrida.com/.
L'être humain est si fier de lui, depuis tant et tant de lustres!  Il se trouve si supérieur aux autres animaux, quand au moins il accepte, et c'est rare, d'admettre qu'il est un animal!

Pourtant, regardez bien! Où est, à votre avis, la plus grande part de ce que nous appelons communément "l'humanité", avec tout le positif  dont est chargé ce mot ("Un peu d'humanité, que diable!" Enfin, quand-même, soyez humain!")? Dans l'expression de stupidité et de gêne de ce tueur (matador)  en tenue d'opérette ou dans la question -ou le reproche-ou bien les deux du taureau supplicié par un pur sadisme que l'on tente de maquiller en quête d'esthétique?

L'auteur de cette photo, prise le 15 Août 2004 à Béziers, est Christian Sinibaldi, à l'époque photographe taurin semi-professionnel. Le soir, chez lui, il regarde l'épreuve et il y voit un herbivore innocent en train de supplier son bourreau qu'il ne réussira pas à émouvoir. De ce jour, et après des décennies de passion taureaumachique, il ne rentrera plus dans une arène. De ce jour, il "s'humanisera".

Et le CRAC de citer Jean-Pierre Chabrol, ce journaliste, romancier et merveilleux conteur qu'il m' a été donné de rencontrer chez lui, à Chamborigaud et à Pont-de-Rastel, ainsi qu'à Vialas, dans les montagnes de Lozère: "Quand j'étais aficionado, ce n'était pas le meilleur de moi-même qui aimait la corrida". On veut bien le croire.


Au fait, j'ai oublié de vous dire : Martine Bisauta, ex-Verte en Pays Basque et qui a fait récemment le choix pour les élections municipales de Bayonne, de la liste   de Jean Grenet, UMP et fils de son père le roi Henri, gagnant par avance ( évidemment, té! Vous ne voudriez pas que l'on se vende à un "looser"---et puis quoi encore? ),  m'avait, l'été passé,  écrit un courriel rageur  largement diffusé. Elle était furibarde, agressive et insultante envers ma copine Luce Lapin, journaliste à Charlie Hebdo et militante acharnée du CRAC, parce qu'entre autres péchés mortels, celle-ci, dénonçant les corridas,  avait parlé de "feria" au lieu de "fêtes" de Bayonne. J'imagine que ce crime abominable suscite en vous la même horreur qu'il a suscitée  dans le peuple  des taureaux et chevaux torturés d'hier, d'aujourd'hui et de demain. 

Pour mémoire, rappelons quand-même que Jean Grenet est un grand aficionado devant l' Eternel,  sémillant animateur d'un lobby pro-corrida au sein de l' Assemblée Nationale.

GrandeAS649731.jpgDeux amis de Jean Grenet, assistant à une corrida.
Je suis certaine que vous en reconnaissez au moins un.


Un rapport entre ce penchant très appuyé  du nouveau gourou de Martine pour ce "spectacle" indéfendable et son courroux  qui m'a laissée sans voix?

Ah, vraiment, vous, vous avez mauvais esprit!. Perso, cela ne m'aurait même pas effleurée, mais alors vraiment pas!

Message personnel à Luce:  souviens-t' en pour la saison taurine 2008: on dit "fêtes" de Bayonne. Pas "feria" de Bayonne. Si non, on n'est pas fiable, espèce de journaleuse que tu es.

Ah, ces journalistes d'ailleurs que chez nous (même pas d'Anglet, de Biarritz, de Saint-Jean-de-Luz ou d'Hendaye, c'est dire!!!!!!!!!!!)  où c'est qu'on est né-natif parce qu'on n'est pas né autre part comme c'est le cas pour certains qui sont bien à plaindre vu qu'ils sont nés je ne sais où, donc qu'ils ne peuvent pas comprendre la réalité réelle d'ici qui est la nôtre et pas la leur  et qui en plus  bossent dans un journal qu'il est carrément  pas imprimé à Bayonne  que même c'est écrit dessus en noir sur blanc et que je vous dis qu'ils sauraient même pas placer le "Petit Bayonne" sur une carte de la ville de ----Bayonne (si je vous le dis!) ! 

Non, en vrai de vrai, Luce, ris-en si tu y arrives. Parce que Bayonne est la capitale du Pays Basque Nord, que la corrida n'a rien à voir avec la culture Basque et que fêtes de Bayonne en langage du pays, ça se dit "Baionako bestak".

Et toc!
Eta kitto!

Et tu sais quoi, Luce? Quelques jours avant sa conférence de presse de présentation,  Dame Martine déclarait : "Il me tarde d'entrer dans l'arène". C'est ce qui s'appelle le sens de l'à-propos.

par Jeno l'écolo publié dans : Corrida: assez! Korrida : aski!
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Jeudi 31 janvier 2008

Je vous présente toutes mes excuses. La nuit dernière, j'ai travaillé longtemps sur ce blog.
La fatigue aidant,  j'ai fait une mauvaise manipulation et ne me suis pas aperçue qu'un article non terminé, juste ébauché,  "Gora Euskal Irratiak" avait été publié.
Je viens seulement de m'en apercevoir et de le supprimer.
Pour me faire pardonner cette coupable étourderie, je vous offre cette photo d'une partie du hameau de Trois-Etôts, dans l'Oise, toujours cher à mon coeur. Elle m'a été fournie par Pierre Cagnat, Président de l'Association pour la sauvegarde de l'église de Trois-Etôts.
http://www.loisirs60.com/trois-etots/eglise.htm

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par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Mercredi 30 janvier 2008

Une dépêche d' EITB 24


                                                                                         kako.jpg                                                   Jasmine et Fred doivent rester à Kako.


 
FERME KAKO D'AINHARP

Affaire Kako: six interpellations en Pays Basque nord
30/01/2008
Des gendarmes ont interpellé mercredi matin Fred Larrañaga et cinq autres personnes suite aux heurts avec les forces de l'ordre lors du rassemblement à Saint-Palais/Donapaleu le 17 janvier dernier.
Articles reliés
Sarkozy promet à Pau "une lutte sans merci contre les terroristes"
Six personnes ont été interpellées mercredi matin en Basse Navarre et Soule (Pays Basque nord) dans le cadre de l'affaire Kako. Les détenus, interpellés vers 6h00 du matin et transférés postérieurement au commissariat de Pau, sont soupçonnés d'avoir blessé les deux gendarmes lors du rassemblement le 17 janvier dernier à Saint-Palais/Donapaleu.
La police a interpellé Fred Larrañaga, qui habite actuellement la ferme Kako, et cinq autres personnes. Environ 300 personnes se sont rassemblées mercredi matin à Ainhice-Mongelos/Ainhize-Monjolose pour protester contre les interpellations.
Le 17 janvier dernier des manifestants avaient protesté à Saint-Palais/Donapaleu contre l'avis du Comité technique de la Safer, qui avait décidé d'attribuer la ferme Kako d'Ainharp au jeune couple Gilles Gachen et Lydia Lahargoue, en expulsant un autre jeune couple, Fred Larrañaga et Jasmine.
Suite à l'appel du groupement foncier agricole mutuel GFAM lurra et le syndicat agricole basque ELB, des centaines de personnes s'étaient rassemblées ce jour pour soutenir Fred et Jasmine devant la Safer. Mais malgré ces actions de solidarité, le Comité technique en a décidé autrement. Après avoir annoncé à la foule présente la décision du Comité, attribuant à Lydia et Gilles Gachen la ferme Kako, au détriment de Fred et Jasmine, des heurts ont éclaté entre la foule et les forces de l'ordre. Deux gendarmes ont été blessés. Quelques jours plus tard la Safer a décidé de se dessaisir de la vente.
Le syndicat ELB et GFAM Lurra ont dénoncé lundi, lors d'une conférence de presse à Bayonne/Baiona, la manipulation dans l'affaire Kako, tout en mettant en avant la possibilité d'une "vague d'interpellations".
Lors de sa visite à Pau, le 22 janvier, le président français Nicolas Sarkozy avait mentionné ces deux gendarmes blessés dans un discours qui dénonçait le "racisme" des "terroristes" faisant référence aux policiers espagnols assassinés à Capbreton.
"Quand des manifestants disent 'on va taper des Arabes' j'ai honte pour eux. Que ceux qui ont fait ça s'attendent à ce qu'on les attrape et qu'on les punisse", avait déclaré Nicolas Sarkozy.
Ce douteux amalgame entre le rassemblement de St-Palais et le terrorisme de la bande armée ETA a suscité des critiques.
"Il est étonnant et inquiétant que le président soit si mal renseigné sur le dossier. Les amalgames diffamatoires sont intolérables et absurdes, le GFA est là pour favoriser l'installation de nouveaux fermiers quelles que soient leurs origines" a souligné le syndicat ELB invitant le président "à venir découvrir la dynamique d'installation en Pays Basque porté par le GFAM qui a soutenu des installations d'Ardenais, de Bretons, de Béarnais et d'Alsaciens".

Vous voulez vous renseigner, soutenir les paysans?
http://www.gfam-lurra.org/

 

par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Mardi 29 janvier 2008
  

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Communiqué de presse - 28 janvier 2008 
  
Grenelle de l’environnement et autoroute A65 : continuité ou rupture ?
            Alors que les travaux préparatoires de l’A65, qui doit relier Langon à Pau, ont commencé, les associations de protection de l’environnement (ARLP, SEPANSO, L’Alliance pour la Planète, Les Amis de la Terre, France Nature Environnement, FNAUT, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace, Réseau Action Climat France, WWF, CGT-UIT et CFDT Aquitaire) interrogent le gouvernement sur le respect des engagements pris pendant le Grenelle de l’Environnement.
Le niveau d’avancée du projet d’A65 est aujourd’hui le principal argument utilisé à l’encontre de sa réévaluation. Il n’est pourtant pas trop tard pour revenir sur ce projet d’autoroute qui cumule les contradictions avec les déclarations officielles faites lors du Grenelle. Le discours de Nicolas Sarkozy était alors sans équivoque : « Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé. (…) Ce sera aux projets non écologiques de prouver qu’il n’était pas possible de faire autrement »
La rupture, telle qu’elle est définie ici, consisterait donc à revoir un projet dont l’impact environnemental est considérable et de surcroit mal évalué.
« L’autoroute Langon-Pau détruira en effet 2000 hectares d’espaces naturels, 8 zones Natura 2000, de nombreux habitats et espèces protégées, telles que le vison d’Europe, l’écrevisse à pattes blanches ou le papillon Fadet des laîches » souligne Jean-Stéphane Devisse de WWF / Alliance pour la planète. Ces destructions seraient d’autant plus lourdes qu’elles ont été sous-évaluées. L’étude d’impact environnemental présente en effet d’importantes lacunes rappelées par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable en 2006 :  « La procédure particulière engagée sur ce projet suscite des craintes quant à la prise en compte des enjeux environnementaux. »
Le bilan carbone effectué comporte par ailleurs d’énormes lacunes. Le projet susciterait pourtant une forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre. « Il n’y a pas de cohérence entre les objectifs affichés par le Président à l’occasion du Grenelle, en matière de transport, et la construction de l’A65 » explique Benoit Faraco, de la Fondation Nicolas Hulot. « Le Grenelle a acté la réduction des émissions des transports de 20% d’ici 2020. Comment atteindre cet objectif ambitieux avec des infrastructures qui encouragent le développement du trafic ? »
Bien qu’obligation légale, l’analyse de la rentabilité financière du projet n’a par ailleurs jamais été rendue publique. Pour Daniel Delestre, de France Nature Environnement, « cette analyse est pourtant essentielle car les prévisions de trafic sur ce nouvel axe, si elles ne sont pas atteintes, ce qui est fortement probable compte tenu de leur ampleur, laissent présager une déchéance quasi-certaine du concessionnaire et un report des dettes contractées vers les collectivités ». Ainsi, pour Julien Milanesi, de l’Alternative Régionale Langon Pau, « les coûts qu’occasionnerait aujourd’hui pour l’Etat une rupture du contrat de concession seraient sans commune mesure avec ceux d’une déchéance », qui pourraient s’élever à un milliard d’euros si le projet était mené à terme.
En plus de la nécessité d’évaluer l’impact environnemental du projet, une gestion rigoureuse des deniers publics plaide par conséquent pour une réévaluation du dossier de l’autoroute Langon-Pau. C’est pourquoi les organisations signataires de ce communiqué demandent à Jean-Louis Borloo d’intégrer l’A65 dans les projets autoroutiers à réévaluer dans les mois qui viennent et de geler l’avancée des défrichages et travaux préparatoires jusqu’à ce que soit prise une décision cohérente avec les déclarations du Grenelle de l’environnement.
Contacts presse :
-          Julien Milanesi, Alternative Régionale Langon Pau : 06 78 66 76 34
-          Daniel Delestre, SEPANSO / France Nature Environnement : 06 81 16 43 23
-          Jean-Stéphane Devisse, WWF / Alliance pour la planète : 06 72 84 79 31
-          Manuela Lorand, Fondation Nicolas Hulot :01 41 22 10 94
-          Olivier Louchard, Réseau Action Climat : 06 26 40 07 74
Une synthèse du dossier rédigée par l’ARLP et la SEPANSO est disponible à cette adresse
http://pagesperso-orange.fr/federation.sepanso/pages/dossiers/a65/Dossier_A65_ARLP-SEPANSO.pdf

Direction des Etudes et de l’Evaluation Environnementale, Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, 2006, A65 – avis sur le dossier de consultation des services de l’Etat, en vue de l’enquête publique, p.6
 
par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Lundi 28 janvier 2008
 
Mort du Gypaète barbu touché par deux balles,
la LPO porte plainte contre X.


Un acte de délinquance écologique : destruction d’une espèce protégée !

Le 11 janvier, un Gypaète barbu a été récupéré par les agents du Parc National des Pyrénées de la vallée d’Aspe suite à un choc avec un véhicule. La radiographie a montré qu’il portait deux plombs de chasse : un dans le muscle pectoral et un autre dans la patte.
Le 15 janvier, la LPO porte plainte contre X pour destruction d’espèce protégée auprès du Tribunal de Grande Instance de Pau et se constitue partie civile dans cette affaire afin de dénoncer ce geste irresponsable.
Depuis le 11 janvier, les spécialistes du centre de soins Hegalaldia au Pays basque où il avait été accueilli, ont tenté de sauver ce gypaète fortement amaigri à son arrivée. Son état de santé s’est fortement dégradé vendredi 25 janvier et il est mort dans la nuit.

Gypaète barbu, le rapace le plus menacé d’Europe !

Seuls 28 couples sont présents à l’échelle des Pyrénées et moins de 150 à l’échelle de l’Europe. Le gypaète barbu a déjà un très faible taux de reproduction, un seul jeune par couple parvient jusqu’à l’envol tous les trois ans en moyenne. Les chances de survie des jeunes sont maigres : un seul jeune sur trois seulement atteint l’âge adulte. La partie occidentale des Pyrénées voit l’aire de répartition du gypaète s’amoindrir d’années en années, les couples ayant de plus en plus de mal à trouver un lieu à l’abri des dérangements.
Cet oiseau avait atteint l’âge adulte et il aurait pu permettre que quelques jeunes parviennent à l’envol et concourent à l’avenir de cette espèce dans les Pyrénées-Atlantiques.
Pourtant c’est une espèce protégée, au niveau international et en France par la loi du 10 juillet 1976 et de l’arrêté du 17 avril 1981. Il fait l’objet depuis 1994 de divers programmes de préservation en Europe et dans les Pyrénées. Il bénéfice d’un plan national de restauration initié par l’Etat en 1997 et animé par la LPO avec une cinquantaine de partenaires. Tous s’investissent au jour le jour à travers tout le massif pyrénéen pour préserver ce joyau emblématique de la biodiversité dans les Pyrénées.
Mais avec des effectifs aussi faibles, toute perte d’un seul individu met à mal la dynamique de population. Si, en plus des causes naturelles de mortalité, en plus des dérangements en période de nidification, certains individus irresponsables tirent délibérément sur les Gypaètes, qu’en sera-t-il de son avenir dans les Pyrénées ?

Un geste incité par les appels récents au tir contre le vautour fauve ?

Les campagnes récentes anti-Vautours fauves (espèce protégée elle aussi !!) ont pris récemment une autre envergure. Elles ont été amplifiées par certains élus locaux qui incitent désormais leurs administrés à la gestion de ce problème par les armes. Ce tir sur ce gypaète serait-il une conséquence directe de ces propos ?

Co-signatures : LPO/ GEOB/ OCL/ LPO Aquitaine/ Hegalaldia et PNP

Tous les renseignements sur l'autopsie :
http://www.hegalaldia.org/
par Jeno l'écolo publié dans : Aider la faune - Fauna Zain
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Dimanche 27 janvier 2008

Ces temps-ci, mon ciel Vert se charge de gros nuages noirs
Au dessus de Bayonne, en particulier, ils sont pesants et terrifiants comme ils ne l'ont jamais été.
Hélas, pas  plus que le nuage de Tchernobyl, ils ne sauraient être contenus aux limites de la capitale d'Iparralde. Les personnes qui leur ont permis de se développer portent une bien lourde responsabilité.
Je ne compte plus et depuis longtemps, les ex-gauchistes de ma connaissance, recyclés ou non chez les Verts ou ailleurs, qui un jour ou l'autre sont tombés   dans les bras de la droite molle ou  dure pour s'y faire dorloter, y manger une soupe plus riche. Cela fait longtemps que j'en ai pris mon parti et choisi d'en rire. Mais voilà que cette fois-ci,  il s'agit en particulier d'une personne que je côtoie depuis treize ans et à qui j'avais donné ma confiance la plus totale, alors que ce n'était pas évident au début. Et la méthode qu'elle a employée pour parvenir à ses fins n'est pas des plus élégantes!
Alors, je suis bien bien contente de n'avoir jamais été tentée par aucune forme de gauchisme.Le souffle de liberté et  l'humanisme rayonnant que j'ai trouvé dans ma famille par le sang  mais aussi la fréquentation assidue de Giono, Del Vasto, Thoreau,  Gandhi, Yourcenar,  Monod, Gary, Annie Leclerc et quelques autres m'ont protégée de cette honte qu'est pour moi le fait de se vendre un jour à ceux que l'on a combattus une grande partie de sa vie.
Mais "La gauche est une bâtarde. Elle est dans l'antichambre en attendant d'être à droite", comme disait Léo Ferré. 

A la recherche d'un peu de lumière, de douceur, de chaleur, de sécurité, peut-être aussi pour retrouver une partie du sens perdu des mots (sans doute  sur cette terre,  le retrouveront-ils plus facilement en Euskara) je viens de redécouvrir ces quelques lignes que m'avaient écrites Kristiana Etchalus en 1974, un an après mon arrivée à Uhaldia :


DSC00086.jpgPhoto Jon Hicaubert  http://vergerdelachevriere.blogspot.com/


"Itsasoan den (edo zen?) araina bezalarena
Oihanean den (edo zen?) haitza bezalarena
Lurpean den (edo zen?) xixaria bezalarena

Uharte-Uhaldean,

atxeman nituen:

ALEGERATASUN
AZKARTASUN
eta 
LANAREN GRINA

Gure itsaso, oihan ta lurpeak, hemengo alabari kasu emanen diote.

Nik ere bai."

                                                                                                                 
   Kristiana


Allez, tenez----- tant que j'y suis, je vous ajoute ces quelques lignes de FiIipe Oyhamburu, écrites quelques mois plus tard. Elles me font trop plaisir pour que je les garde par devers moi, comme la poignée de main de la chanson de Brassens :

"Ez zaitut aski ezagutzen konberri zaitzkitzun hitzen erraiteko. 
Guzientzat on den zerbait erranen dautzut beraz : Gora Euskadiren askatasuna--- bainan gora askatasuna gizon guzieri eta gizon bakotxaren askatasuna. Ez du balio Euskadi askatzea, beste erresumek egiten dituzten sosokeri eta gaixtakeri berak egiteko. Zuk eta nik asmatzen dugun gizona goragoko gizon bat da.
Ez da errex bainan entsea gaiten.
Gora Euskadi anarkista!"

                                                                                                                     Filipe.


De l'association Mende Berri également, dès 1973 :

"Denen partetik,
Milesker zure laguntzarentzat!
Milesker zure bihotz haundiarentzat!
Gora Jenofa!"

Allez, j'arrête de me jeter des brassées de fleurs par personnes interposées! 
Milesker deneri bihotz bihotzetik, Jenofaren partez.












par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Samedi 26 janvier 2008


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C'était une vieille dame Labrador. Malgré son beau nom Basque, qui signifie Etoile, elle était née dans le Jura et y a passé sa vie, auprès de ses maîtres, Françoise et Jean-François Chambier, avec quand-même d'assez nombreuses escapades dans les Alpes ou les Pyrénées . Si vous êtes un (e) habitué(e) de ce blog, vous connaissez Françoise. Elle me fait le plaisir d'y contribuer par ses photos et ses textes sur l'Ours.

J'ai eu la chance de rencontrer Izarra une fois, cet automne, à l'occasion d'une étape de ses maîtres lors d'un voyage en Aragon. Devenue sourde, elle n'en avait pas moins l'air d'être bigrement heureuse de vivre. En la regardant, en la caressant, je ne pouvais m'empêcher de penser à ma Labrador Lagun, qui m'a été volée à l'âge de quatre mois, à mon Labrador Azkar, disparu à l'âge de trois ans d'une piroplasmose non détectée et à un autre encore,  autant aimé, Alaï, mort d'avoir déterré une charogne empoisonnée par un "citoyen honnête".

Izarra s'en est allée il y a quelques jours et  malgré la présence du chat, la maison est bien triste.

Son maître l'a couchée au pied d'un lilas. 
Ils en ont de la chance, les chiens et les chats, d'être enterrés au pied des arbres!

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par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Jeudi 24 janvier 2008
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FERUS hostile au rétablissement des aides de l'Etat à l'IPHB.
 
Alors que le bilan à mi-parcours du plan de renforcement 2006-2009 de la population d'ours des Pyrénées n'a pas encore été écrit et qu'aucune concertation n'a commencé, la presse locale a fait état de la satisfaction  du président de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), qui espère conclure un nouvel accord financier avec le ministère chargé de l'Ecologie.
 
A plusieurs reprises, FERUS a dénoncé la duplicité de l'IPHB. Pendant plus de 10 ans, cette institution, inventée et présidée par le député Jean LASSALLE, a profité du manque de rigueur et de la pusillanimité de l’Etat. L'IPHB devait démontrer  la supériorité d'un organisme dominé par les élus locaux, sans capacité réglementaire, dans une contrée où l'Etat et ses prérogatives régaliennes n'ont jamais eu bonne presse.
 
L’IPHB a reçu pour son fonctionnement un apport financier très important du ministère de l'Environnement, prélevé sur le budget de la protection de la nature. Beaucoup ont critiqué ce choix qui obérait des crédits déjà scandaleusement faibles, mais ont attendu de pouvoir juger les résultats. Si le fameux « contrat d’honneur et de confiance », si mal nommé, restait flou sur le devenir de la population d’ours, les conventions passées régulièrement entre les services de l'Etat et l’IPHB impliquaient des actions vigoureuses en sa faveur.
 
Transférer de facto la responsabilité de la protection du patrimoine naturel aux seuls acteurs locaux et, en fait, aux élus de deux cantons aurait pu être un pari audacieux mais réussi, ouvrant de nouvelles perspectives dans un domaine où notre pays est loin d'être exemplaire. Hélas, l'IPHB  s'est immédiatement révélée comme une véritable imposture, parlant haut et fort de patrimoine et d'authenticité dans les médias nationaux, mais consacrant toute son énergie et tous ses importants moyens financiers à combattre pêle-mêle Natura 2000, les ours et les vautours tout en épuisant en vaines palabres pendant une décennie la patience et la bonne volonté des associations naturalistes locales.
 
Ceux qui avaient demandé qu' on juge aux résultats ont déchanté : au cours de cette période, le nombre d’ours en Béarn n’a cessé de chuter dramatiquement et, aujourd’hui, les Pyrénées-Atlantiques ne comptent AUCUNE femelle et au plus quatre ours mâles dont un issu de la réintroduction 1996-1997. La démonstration de la supériorité des méthodes inspirées par les chantres de la « gestion patrimoniale » n’a pas été faite, c’est le moins qu’on puisse dire, d’autant plus que dans le même temps les ours passaient de zéro à près de vingt dans les Pyrénées Centrales.
 
La stratégie du président de l’IPHB fondée sur l’instrumentalisation de l’ours et sur l’exacerbation permanente des rapports de forces, notamment avec les services de l'Etat, explique la caricature de débat qui prévaut dans le Béarn depuis des années. Plus personne ne croit sérieusement qu'il en sortira autre chose que des mots.         
 
Tout récemment, l'IPHB a administré une nouvelle  preuve de son manque de fiabilité. De manière classique en présence d'une extinction évidente, le syndicat n'a eu de cesse de faire croire  qu'il y avait sans doute plus d'ours que ceux que comptait le Réseau Ours Brun (pourtant l'organisme de référence du suivi de la population d'ours). L'IPHB propageait régulièrement des bruits relatifs à d'hypothétiques femelles, pour gommer la désastreuse impression laissée par la mort de Cannelle.
 
A l'occasion du Conseil de Gestion Patrimoniale du Comité Syndical, le 29 octobre 2007, un tableau « Informations ours transmises à l'IPHB par des observateurs locaux - Année 2007 » a été publié. On pouvait y lire que fin juin - début juillet 2007, un ours et un ourson avaient été photographiés sur Gourette / Eaux-Bonnes. Mais le Réseau Ours Brun, souhaitant pousser l'investigation avant d'annoncer une aussi bonne nouvelle, se rendit compte que l'ourse et l'ourson observés et photographiés n'étaient autres qu'une marmotte et un marmotton ! Confirmation que pour l'IPHB, tout est prétexte (même une photo de marmottes !) pour faire croire à l'existence de femelles survivantes dans le noyau béarnais, afin d'empêcher un renforcement de la population d'ours en Pyrénées-Atlantiques.,
 
Dans une lettre à Nathalie Kosciusko-Morizet, FERUS a dénoncé le projet de rétablissement des crédits de l'Etat au profit de l'IPHB, projet qui est sans doute très peu inspiré par le devenir de l'ours et beaucoup par la perspective d'un débauchage politique au MODEM. Il lui a demandé, en tout cas, d'être extrêmement vigilante et de ne pas signer de chèque en blanc à ce syndicat.
 
 Réintroduire l'IPHB dans le jeu, redonner à son président un rôle dans la conservation de la nature, lui qui a ruiné l'image du parc national des Pyrénées occidentales qu'il a longtemps présidé tout en bataillant farouchement pour ouvrir une grande liaison routière au col du Somport, serait un signal très négatif adressé aux ONG. On aimerait pouvoir dire "à moins que l'IPHB  s'engage fermement et de manière irrévocable à réintroduire deux ourses en Béarn d'ici 2009", mais des engagements semblables ont si souvent été trahis dans le passé....
 
L’ours a un avenir dans les Pyrénées-Atlantiques, il est simplement nécessaire de privilégier enfin les échanges d’arguments rationnels puis l’action aux discours populistes.  Il en va de la crédibilité de la France aux yeux de la communauté naturaliste internationale et de la crédibilité du gouvernement en matière de biodiversité dans la suite logique du Grenelle. Pas d'ourses en Béarn, pas d'argent.
 
 
 
 
Sandrine ANDRIEUX
Chargée de communication / contact presse
06-14-64-18-00
Rédactrice en chef "La Gazette des Grands Prédateurs"
 
par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Mardi 22 janvier 2008

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Photos : Yvan Puntous.
http://images-du-pays-des-ours.blogzoom.fr/
http://pagesperso-orange.fr/amisdelours-amopyc/lamopyc.html

Wood's town

conte fantastique
par Alphonse Daudet ( http://www.alphonsedaudet.org/)

L'emplacement était superbe pour bâtir une ville. Il n'y avait qu'à déblayer les bords du fleuve, en abattant une partie de la forêt, de l'immense forêt vierge enracinée là depuis la naissance du monde. Alors abritée tout autour par des collines boisées, la ville descendrait jusqu'aux quais d'un port magnifique, établi dans l'embouchure de la Rivière-Rouge, à quatre milles seulement de la mer.
Dès que le gouvernement de Washington eut accordé la concession, charpentiers et bûcherons se mirent à l'oeuvre ; mais vous n'avez jamais vu une forêt pareille. Cramponnée au sol de toutes ses lianes, de toutes ses racines, quand on l'abattait par un bout elle repoussait d'un autre, se rajeunissait de ses blessures ; et chaque coup de hache faisait sortir des bourgeons verts. Les rues, les places de la ville à peine tracées étaient envahies par la végétation. Les murailles grandissaient moins vite que les arbres et, sitôt élevées, croulaient sous l'effort des racines toujours vivantes.
Pour venir à bout de cette résistance où s'émoussait le fer des cognées et des haches, on fut obligé de recourir au feu. Jour et nuit une fumée étouffante emplit l'épaisseur des fourrés, pendant que les grands arbres au-dessus flambaient comme des cierges. La forêt essaya de lutter encore, retardant l'incendie avec des flots de séve et la fraîcheur sans air de ses feuillages pressés. Enfin l'hiver arriva. La neige s'abattit comme une seconde mort sur les grands terrains pleins de troncs noircis, de racines consumées. Désormais on pouvait bâtir.
Bientôt une ville immense, toute en bois comme Chicago, s'étendit aux bords de la Rivière-Rouge, avec ses larges rues alignées, numérotées, rayonnant autour des places, sa Bourse, ses halles, ses églises, ses écoles, et tout un attirail maritime de hangars, de douanes, de docks, d'entrepôts, de chantiers de construction pour les navires. La ville de bois, Wood'stown - comme on l'appela, - fut vite peuplée par les essuyeurs de plâtres des villes neuves. Une activité fiévreuse circula dans tous ses quartiers ; mais sur les collines environnantes, dominant les rues pleines de foule et le port encombré de vaisseaux, une masse sombre et menaçante s'étalait en demi-cercle. C'était la forêt qui regardait.
Elle regardait cette ville insolente qui lui avait pris sa place au bord du fleuve, et trois milles d'arbres gigantesques. Tout Wood'stown était fait avec sa vie à elle. Les hauts mâts qui se balançaient là-bas dans le port, ces toits innombrables abaissés l'un vers l'autre, jusqu'à la dernière cabane du faubourg le plus éloigné, elle avait tout fourni, même les instruments de travail, même les meubles, mesurant seulement ses services à la longueur de ses branches. Aussi quelle rancune terrible elle gardait contre cette ville de pillards !
Tant que l'hiver dura, on ne s'aperçut de rien. Les gens de Wood'stown entendaient parfois un craquement sourd dans leurs toitures, dans leurs meubles. De temps en temps, une muraille se fendait, un comptoir de magasin éclatait en deux bruyamment. Mais le bois neuf est sujet à ces accidents, et personne n'y attachait d'importance. Cependant, aux approches du printemps, - un printemps subit, violent, si riche de séves qu'on en sentait sous terre comme un bruissement de sources, - le sol commença à s'agiter, soulevé par des forces invisibles et actives. Dans chaque maison, les meubles, les parois des murs se gonflèrent, et l'on vit sur les planchers de longues boursouflures comme au passage d'une taupe. Ni portes, ni fenêtres, rien ne marchait plus. - «C'est l'humidité, disaient les habitants. Avec la chaleur, cela passera.»
Tout à coup, au lendemain d'un grand orage venu de la mer, qui apportait l'été dans ses éclairs brûlants et sa pluie tiède, la ville en se réveillant eut un cri de stupeur. Les toits rouges des monuments publics, les clochers des églises, le plancher des maisons et jusqu'au bois des lits, tout était saupoudré d'une teinte verte, mince comme une moisissure, légère comme une dentelle. De près, c'était une quantité de bourgeons microscopiques, où l'enroulement des feuilles se voyait déjà. Cette bizarrerie des pluies amusa sans inquiéter ; mais, avant le soir, des bouquets de verdure s'épanouissaient partout sur les meubles, sur les murailles. Les branches poussaient à vue d'oeil ; légèrement retenues dans la main, on les sentait grandir et se débattre comme des ailes.
Le jour suivant, tous les appartements avaient l'air de serres. Des lianes suivaient les rampes d'escalier. Dans les rues étroites, des branches se joignaient d'un toit à l'autre, mettant au-dessus de la ville bruyante l'ombre des avenues forestières. Cela devenait inquiétant. Pendant que les savants réunis délibéraient sur ce cas de végétation extraordinaire, la foule se pressait dehors pour voir les différents aspects du miracle. Les cris de surprise, la rumeur étonnée de tout ce peuple inactif donnaient de la solennité à cet étrange événement. Soudain quelqu'un cria : «Regardez donc la forêt !» et l'on s'aperçut avec terreur que depuis deux jours le demi-cercle verdoyant s'était beaucoup rapproché. La forêt avait l'air de descendre vers la ville. Toute une avant-garde de ronces, de lianes s'allongeait jusqu'aux premières maisons des faubourgs.
Alors Wood'stown commença à comprendre et à avoir peur. Évidemment la forêt venait reconquérir sa place au bord du fleuve ; et ses arbres, abattus, dispersés, transformés, se déprisonnaient pour aller au-devant d'elle. Comment résister à l'invasion ? Avec le feu, on risquait d'embraser la ville entière. Et que pouvaient les haches contre cette séve sans cesse renaissante, ces racines monstrueuses attaquant le sol en dessous, ces milliers de graines volantes qui germaient en se brisant et faisaient pousser un arbre partout où elles tombaient ?
Pourtant tout le monde se mit bravement à l'oeuvre avec des faux, des herses, des cognées ; et l'on fit un immense abattis de feuillages. Mais en vain. D'heure en heure la confusion des forêts vierges, où l'entrelacement des lianes joint entre elles des pousses gigantesques, envahissait les rues de Wood'stown. Déjà les insectes, les reptiles faisaient irruption. Il y avait des nids dans tous les coins, et de grands coups d'ailes, et des masses de petits becs jaseurs. En une nuit les greniers de la ville furent épuisés par toutes les couvées écloses. Puis, comme une ironie au milieu de ce désastre, des papillons de toutes grandeurs, de toutes couleurs, volaient sur les grappes fleuries, et les abeilles prévoyantes qui cherchent des abris sûrs, au creux de ces arbres si vite poussés installaient leurs rayons de miel comme une preuve de durée.

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Vaguement, dans la houle bruyante des feuillages, on entendait les coups sourds des cognées et des haches ; mais le quatrième jour tout travail fut reconnu impossible. L'herbe montait trop haute, trop épaisse. Des lianes grimpantes s'accrochaient aux bras des bûcherons, garrottaient leurs mouvements. D'ailleurs les maisons étaient devenues inhabitables ; les meubles, chargés de feuilles, avaient perdu leurs formes. Les plafonds s'effondraient, percés par la lance des yuccas, la longue épine des acajoux ; et à la place des toitures s'étalait le dôme immense des catalpas. C'est fini. Il fallait fuir.
A travers le réseau de plantes et de branches qui se resserraient de plus en plus, les gens de Wood'stown épouvantés se précipitèrent vers le fleuve, emportant le plus qu'ils pouvaient de richesses, d'objets précieux. Mais que de peine pour gagner le bord de l'eau ! Il n'y avait plus de quais. Rien que des roseaux gigantesques. Les chantiers maritimes, où s'abritaient les bois de construction, avaient fait place à des forêts de sapins ; et dans le port tout en fleurs, les navires neufs semblaient des îlots de verdure. Heureusement qu'il se trouvait là quelques frégates blindées sur lesquelles la foule se réfugia et d'où elle put voir la vieille forêt joindre victorieusement la forêt nouvelle.
Peu à peu les arbres confondirent leurs cimes, et, sous le ciel bleu plein de soleil, l'énorme masse de feuillage s'étendit des bords du fleuve à l'horizon lointain. Plus trace de ville, ni de toits, ni de murs. De temps en temps un bruit sourd d'écroulement, dernier écho de la ruine, ou le coup de hache d'un bûcheron enragé, retentissait sous la profondeur du feuillage. Puis plus rien que le silence vibrant, bruissant, bourdonnant, des nuées de papillons blancs tournoyant sur la rivière déserte, et là-bas, vers la haute mer, un navire qui s'enfuyait, trois grands arbres verts dressés au milieu de ses voiles, emportant les derniers émigrés de ce qui fut Wood'stown... 

Je ne vais pas vous dire que c'est une contribution--- Malgré mes nombreux efforts, je n'ai pas réussi à contacter Alphonse Daudet-----

En tous cas, ce texte me fait planer. J'assume mais j'entends déjà le choeur des vierges "Oh la la, Jenofa, elle n'aime pas les humains, elle n'aime que les arbres! Honte à elle!"
M'en moque.
Merci à Roland de Miller ( http://www.bibliecologie.com/  ) qui m'a fait connaître "Wood's town", il y a déjà un fameux bail.

 

par Jeno l'écolo publié dans : Célébration de l'arbre
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Dimanche 20 janvier 2008

Oui, je sais, l'arbre sur la photo n'est pas un Saule pleureur.
Mais je vous ai déjà dit que la photo, ce n'est pas mon truc. J'ai toujours considéré que le geste de photographier formait comme un mur entre la vie et moi, me volait l'instant présent. Et je refuse de me laisser voler l'instant présent. Donc, je me sers des photos des copains pour illustrer ce blog. S'ils sont  contents de se faire voler leur instant présent à eux, après tout, c'est leur problème, pas le mien.

Donc, je commence.
A l'image de l' immense et majestueux  Saule pleureur planté par mon papa en 1972 entre deux alertes cardiaques et deux ans avant son départ pour un monde que l'on dit meilleur mais allez savoir, depuis quelques années, je perds régulièrement quelque branche sous les assauts répétés des vents contraires.

La première fut celle de la dévastation amoureuse, mais cela ne vous regarde vraiment pas.
La seconde fut celle de l'amitié.
La troisième fut celle de la confiance.
La quatrième, celle qui m'arracha le plus fort cri de douleur,  fut celle de la capacité de faire confiance.

La dernière en date- c'est tout frais- il  y a quelques jours - fit un fracas assourdissant en se détachant de mon tronc. Rien de plus normal, puisqu'il s'agit de la branche charpentière, celle du sens des mots. Et comment voulez-vous vivre, vous, en ayant perdu le sens des mots? A tout instant, le premier beau parleur ou la première ----(question : y-a-t-il un féminin à beau-parleur?) venu(e) peut vous arracher de ce monde, vous jouer "Massacre à la tronçonneuse" en souriant à belles dents. Vous n'avez plus aucune défense, aucune grille de lecture, aucune sensibilité. Vous n'êtes plus qu' une île déserte. A quoi bon parler, à quoi bon sourire,  à quoi bon rire, à quoi bon écrire, à quoi bon lire, à quoi bon répondre, à quoi bon écouter les autres, quand vous avez perdu le sens des mots?

A Bayonne, il y a quelques tout petit jours, un drame qui couvait sous la cendre depuis plusieurs mois, a été annoncé. Tout mon moi à moi  (le mien) (si!), se révolte, se rebelle, contre une décision prise par deux collègues Verts, et non des moindres, accompagnés dans leur déviance par diverses personnes tombées sous leur charme dévastateur (attention, là, je fais dans le politiquement correct!).

Les voilà bien, les noces de ce qu'il y a de pire dans la politique( qui  a aussi du bon) et de ce qu'il y a de pire dans l'être humain (qui a aussi di bon) (si!).

Dans ma tête, lancinant,  au long de mes jours, au long de mes nuits,ce poème tourne en rond:

IMG_7206.JPGPhoto : Jon Hicaubert. http://vergerdelachevriere.blogspot.com/2007/06/objectifs.html


Entrez, (m'sieur) dans l'humanité.


entrez, m'sieur dans l'humanité!
gagnez la foire aux vanités,
hâtez-vous, préparez vos glandes
bousculez femmes et enfants
réclamez vos dividendes
faites main basse sur les premiers rangs

Voyez-vous, j'aimerais mieux pas


entrez, m'sieur dans l'humanité!
les langes noués, les lits défaits, 
amours de pissotière
ou coeurs purs à la boutonnière
vautrez-vous en simple appareil,
choisissez votre place au soleil

Voyez-vous, j'aimerais mieux pas

entrez, m'sieur dans l'humanité!
l'échelle est mise, les crasses permises, 
les dents longues, le sourire douillet,
laissez vos frères dans la mouise,
vous serez sans inconvenance, 
tartempion, roi de la finance

Voyez-vous, j'aimerais mieux pas

entrez, m'sieur dans l'humanité!
le genou sur un prie-Dieu,
aimez en toute perversité
les affamés, les miséreux,
portez la haine dans votre rosaire
et dans la bonté faites carrière

Voyez-vous, j'aimerais mieux pas

sortez,  m'sieur de  l'humanité!
dans notre belle fraternité
il faut hurler avec les loups
ou prendre les jambes à son cou
la meute est prête, la chasse ouverte
courez, m'sieur, à votre perte.

voyez-vous, j'aimerais autant.

Linda Lê.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Linda_Lê
par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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"Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs".
Jean Rostand.

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