Dimanche 30 décembre 2007

Si le Pays Basque est loin d'être un inconnu pour mon frère Richard, il n'en reste pas moins qu'il vit dans le Jura, près de Lons-le-Saunier, depuis aussi longtemps que moi je vis en Garazi.
Durant l'hiver 98-99, il a publié dans "La Racontotte", une revue Comtoise, ce conte qui, bien évidemment, lui a été dicté par ses souvenirs du Pays Basque. Et aussi, pour être tout à fait honnête, par l'amour pour "Praline", sa petite chienne Labrie, aujourd'hui disparue.

Labrie, la fiancée du vent.         labrit-chien.jpg

Cette année là, le Marquis avait fait venir une équipe de bûcherons qui travaillaient dans la coupe à côté de la nôtre. Parmi eux, quelques-uns parlaient une langue inconnue et ne maniaient le Français qu'avec difficulté. Ils aimaient, le soir, chanter et danser ou alors conter des histoires de leur lointain pays au pied des Pyrénées. J'avoue avoir oublié beaucoup de ces veillées, mais il y en a une qui m'a frappé. Je vois encore le conteur, éclairé par la lueur du feu, sa curieuse cognée aux formes arrondies posée sur les genoux. D'une voix bien timbrée, cherchant ses mots, les yeux dans le vague, il nous a conté cette histoire.

Dans nos montagnes, au milieu des bois, vivait une petite chienne. Ses maîtres, des bûcherons comme nous, l'avait apportée là toute jeune. Elle n'était pas vraiment belle, le poil long, la truffe noire, assez courte de pattes, le corps allongé. Elle aimait courir dans les pentes, entre les fûts des arbres, mais elle s'arrêtait souvent pour regarder le soleil à travers les branches.On ne la maltraitait pas, loin de là, mais on ne s'occupait pas vraiment d'elle. Elle se sentait étouffée, manquant d'espace et d'amour. Elle n'était pas heureuse car son coeur ne s'était pas choisi un maître. Aussi, un jour s'enfuit-elle, partant au hasard, à l'aventure.

Un beau matin de printemps, elle émergea à l'air libre, au milieu d'une vaste prairie émaillée de fleurs multicolores. Un vent léger transportait mille senteurs. La vie bruissait autour d'elle. La petite chienne se dressa sur ses pattes, offrant son joli museau noir à la caresse de la brise. Le vent la vit alors, statue même du bonheur.Il revint tourner autour d'elle, courbant l'herbe et les fleurs, la caressant de son souffle embaumé. Elle, sentant cette caresse, rayonnait de joie. Cette communion était si totale que le vent restait là, oubliant les ailes des moulins et les voiles des bateaux. Mais le devoir l'appelant, ne pouvant se résoudre à l'abandonner seule dans la prairie, il gonfla son souffle et bientôt l'emporta.

On ne l'a jamais revue sur Terre. Les montagnards disent que le vent l'a épousée et l'a baptisée Labrie. Quand vous voyez les nuages courir dans le ciel, c'est Labrie qui les poursuit. Quand le ciel moutonne, c'est Labrie qui les rassemble.

Elle a eu de nombreux enfants que le vent a déposé dans la montagne, là où ils l'avaient trouvée. Les hommes les ont recueillis et élevés en échange de leur amour. Ce sont leurs descendants qui, de nos jours encore, rassemblent les moutons dans la montagne. De leur mère, ils ont hérité  la beauté et un souffle inépuisable.

Ne vous étonnez pas si de temps en temps, vos bergers lèvent vers le ciel leur museau et leurs si doux  yeux marron. C'est que là-haut, derrière les nuages, ils entendent leur mère passer.

Vous pensez peut-être que j'ai inventé cette histoire? Non,elle m'a été racontée par un vieux bûcheron, au coeur de la forêt, un soir au coin d'uh feu.

NB La photo est extraite du Blog "La Buvette des Alpages", que je ne vous recommanderai jamais assez.
http://www.loup-ours-berger.org/

par Jeno l'écolo publié dans : Contributions. Parte hartzeak.
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Vendredi 28 décembre 2007
même quand nos aînés l'auront quittée----

C'est avec grand plaisir que je publie ci-dessous l'appel des habitants de Lahontan qui se battent courageusement contre une extension monstrueuse de carrières qui, déjà depuis plus de quarante ans,  grignotent la chair vive de leur commune.
Tout cela pour toujours plus de routes à grande capacité, de TGV allant de mégapole à mégapole, et pour, en définitive, ne faire de nos campagnes devenues si tristes, que des zones à dortoirs résidentiels.


ASSODEF, Association de Sauvegarde et de Valorisation du « Pays d’Abet »


Siège : 42 Rue du Bois 64270 LAHONTAN - 05 59 65 26 87- 05 59 65 26 89 (fax)

http://www.pays-d-abet.com

Lahontan le 19 Décembre 2007

A nos adhérents, sympathisants et soutiens.
Voilà deux ans que notre association agit pour empêcher l’implantation de 2 nouveaux projets de carrières à graviers sur notre plaine du gave de Pau à Lahontan, soit 170 hectares de terres agricoles.
Le 22 Mai 2007 un premier arrêté préfectoral, pris conjointement par les préfectures des
Landes et des Pyrénées-Atlantiques, a donné autorisation à la Cemex pour exploiter le premier site de 140 hectares.
Le travail de recherche et d’enquête que nous avons mené jusque là nous a permis de constituer un dossier solide.
Le 22 Novembre dernier nous avons introduit un recours auprès du Tribunal Administratif de Pau.
La procédure s’annonce longue et coûteuse. Nous avons besoin de votre soutien financier pourêtre en mesure d’aller jusqu’au bout.
Pour répondre à cette invitation, il vous suffit de retourner le formulaire d’adhésion souscription ci-joint. Vous le trouverez également sur notre site http://www.pays-d-abet.com ou en téléphonant au 05 59 65 26 87.

Le 12 Janvier à 17h30 est convoquée l’Assemblée Générale de notre association.
Nous vous remercions par avance de votre engagement au service de la sauvegarde et de la valorisation de notre terroir.

Le Président

 

par Jeno l'écolo publié dans : Contributions. Parte hartzeak.
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Jeudi 27 décembre 2007
Aujourd'hui, ce serait l'anniversaire de ma maman qui était née le 27 Décembre 1913. A la mémoire de celle qui, toute sa vie à ouvert ses bras et son coeur aux vieillards isolés, aux voleurs de pommes,  aux chats pelés, aux chiens battus, aux oiseaux affamés et figorifiés au coeur de l'hiver, aux renards et aux fouines  pourchassés et piègés, j'offre le petit texte ci-dessous qui m'a été fortement inspiré par une amie.

Les fêtes de fin d'année! Les humains donnent divers sens à ce terme mais pour un animal, cela ne signifie rien de rien. Pourtant, combien de chats et chats, quand ce ne sont pas des hamsters, voire des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie).
Par contre, tout comme l'être humain, l'animal ressent, vit des émotions, des peurs, des joies et des attachements qu'il exprime à sa façon.
Un animal de compagnie, chien ou chat, n'est pas un objet, une peluche,  encore moins une marchandise. Ce n'est pas un joujou pour les petits enfants à qui, bien souvent, l'on n'explique pas quels sont leurs devoirs vis-à-vis de lui.
C'est un être vivant et sensible dont on n'a moralement pas le droit de se débarrasser lorsqu'il devient encombrant, ne plaît plus,  qu'il n'est plus à la mode!
C'est pourquoi la décision d' "offrir" un animal  à un  adulte tout comme à un enfant, doit être un acte réfléchi, discuté et approuvé en famille.
Offrir un animal comme s'il s'agissait d'une  marchandise présente plusieurs risques, dont les conséquences peuvent être très graves.

Les critères de choix sont si subtils que choisir et décider à la place du futur maître est plus que risqué, pour le maître comme pour l'animal :
-la taille du chien peut n'être pas adaptée à l'espace vital dont il disposera (pas de grand chien dans un petit appartement!)
-le caractère du chat (ils sont tous si différents les uns des autres) va-til convenir? Idem pour le chien d'ailleurs  (je connais une dame qui ne voulait plus de son chat âgé de huit ans parce qu'elle le trouvait "trop affectueux". Cela ne s'invente pas, on vit une époque formidable!).
-taille, couleur, expression---il faut un minimum d'attirance (réciproque?). Si non, l'animal peut très bien le ressentir et avoir alors un comportement qui ne plaira pas!

Pourquoi ne pas faire l'effort d'aller arpenter les allées d'un refuge en compagnie du futur maître, en cherchant le regard qui le touche au plus profond? L'animal choisi est reconnaissant car dans l'immense majorité des cas, il sait de quelle profonde misère il a été extrait.

Alors, offrir un animal! A fortiori en guise de "surprise pour Noël ou le Jour de l'an! C'est tout sauf une idée d'adulte responsable! Par ailleurs, tant d'animaux sont victimes de la mode! Et oui! Etre à la mode est l'une des pires choses qui puisse arriver à une espèce animale! En ce domaine plus encore qu'en aucun autre, la phrase de Julos Beaucarne "Les modes sont des maladies mentales entretenues par le commerce." prend tout son sens. Trop de demandes = surproduction = consanguinité= multiplication des tares et des faiblesses.

Répétons le jusqu'à n'en plus pouvoir : l'accueil d'un animal chez soi doit absolument être un choix personnel et réfléchi, avec toujours en arrière plan le respect de l'individu à part entière qu'est cette bête. C'est une responsabilité et un engagement moral très fort. Chat ou chien, on s'engage en moyenne pour une quinzaine d'années. 

Mais quelques fois, comme ce fut le cas pour mon chat Tigrou ou celui du chien Toundra qui choisit mon frère il y a bien longtemps, c'est comme le dit Henri Tachan dans sa chanson "Ma chienne", l'animal qui nous adopte à la société protectrice des hommes. De quel plus beau cadeau peut-on rêver?


par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Samedi 22 décembre 2007

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Un Gypaète Barbu a été découvert sur Bagnères de Luchon (31) le 12 Décembre par des chasseurs membres du "Réseau casseur d'os". Ceux-ci  ont contacté l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage)  de Haute Garonne. Les gardes ont eux-mêmes contacté Lydia Vilagines, vétérinaire pour l'organisme "Pyrénées Vivantes", en Ariège. Après avoir récupéré l'oiseau mythique, elle l'a conduit à Toulouse chez le Dr Feix .Ils ont assuré ensemble les premiers soins à l'animal avant de le diriger, le 13 Décembre vers le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage Hegalaldia, à Ustaritz :.
 http://www.hegalaldia.org/
L'oiseau a un problème à une patte. Une attelle a été posée. Il bénéficie de séances d'ostéopathie.
Vous pourrez suivre l'évolution de son état de santé sur le cite du Centre Hegalaldia.
Pour en savoir plus sur le Gypaète Barbu en général :
 http://www.carnivores-rapaces.org/
Et puisque l'époque est aux cadeaux à faire où à se faire , je vous conseille le superbe livre livre de Stephan Carbonnaux : "Le cercle rouge" aux éditions Hesse 
http://www.editionshesse.com/  (publicité à titre gracieux, je précise).


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par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Vendredi 21 décembre 2007

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Certes, j'ai choisi de vivre en Pays Basque, il y a bien longtemps de cela. Paraphrasant Gilles Servat, je pourrais dire quotidiennement "Par chance et aussi par vouloir, je dors en Pays Basque ce soir." Et croyez-moi, pour que ce soit toujours une chance, ici comme ailleurs, le combat à mener est quotidien et acharné. Il ne souffre aucun répit. Il tient tout entier dans l'idéal écologiste. Et l'idéal écolo, c'est grand comme ça! (Oui, je sais, vous ne pouvez pas voir, mais faites un effort d'imagination, que diable!".)
Tel n'est pourtant pas le sujet dont je veux vous entretenir aujourd'hui.
La vérité est que je n'ai jamais oublié mes racines familiales profondément picardes, même s'il leur est arrivé de vivre une incursion lorraine. Je suis toujours extrêmemt attachée à mon petit hameau de Trois-Etots, dans l'Oise,  que je vous invite vivement à découvrir grâce à ce lien :


http://www.loisirs60.com/trois-etots/histoire.htm.

Il m'arrive donc, de temps à autres, de flâner sur quelques sites qui me rappellent, comme le disait John Dos Passos, que l'on peut  arracher l'Homme du Pays mais pas le pays du coeur de l'Homme".
Récemment sur le blog d'Arnaud Caron, un élu Vert du Compiégnois,

http://arnaudcaron.net/

j'ai découvert l'existence du groupe "Les Fatals Picards" et j'ai eu un joli coup de coeur que j'aimerais vous faire partager. Il paraît que lors du dernier concours de l'Eurovision, ils représentaient la France et que le vote, c'est peu dire, ne leur a pas été favorable. M'en moque! De toutes façons, l'Eurovision de la chanson, je ne savais même pas que ça existait encore. Je vous assure! C'était resté dans un coin de mon cerveau comme une antiquité poussiéreuse que je regardais chez mes grands-parents quand j'avais une dizaine d'années, en l'an  450 avant Jésus-Christ. Mais il semblerait que les ringardises, en définitive, aient  la vie très dure.
Par contre, les Fatals, eux, ne sont pas ringards et ils évoluent assez vite. En apprenant leur existence, j'ai aussi appris que l'un d'entre eux allait bientôt quitter le groupe et voler de ses propres ailes. J'arrive un peu tard mais mieux vaut tard que jamais.

Allez-donc faire un tour sur le site officiel des Fatals Picards:

http://www.fatalspicards.com/

Je vous fais un aveu? Vivre au Pays Basque oblige, mon disque préféré, c'est celui-ci, qui clame l'indépendance de la Picardie.
Mais bon, les Fatals, la prochaine fois, au lieu de la betterave à sucre , prenez nous plutôt comme emblème un patriarche de la forêt de Compiègne ou d 'Halatte, ou d' Ermenonville, ou de Senlis ou l'un des arbres que j'ai plantés il y a bien longtemps tout près des bois de Trois-Etots ( 80 ha, si mes souvenirs sont exacts, ce que l'on nomme en Pays Basque une forêt, cherchez l'erreur)---  Aïe, je ne cite que des forêts de l'Oise. Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas me lancer dans une campagne pour l'indépendance de l'Oise, moi! Avec même peut-être une poche d'irréductibles dans le coin du Valois en raison de mes émotions adolescentes Nervalesques que n'ont pas effacées "le prince d'Aquitaine à la tour abolie".Qu'en pensez-vous?
Bon, sérieusement, les Fatals, Arnaud et tous les autres, je suis loin. Je compte sur vous pour garder la maison et tenter d'enrayer le grignotage monstrueux de l'urbanisation qui n'a pu que croître et enlaidir depuis que je suis partie vers d'autres cieux, moins froids, mais diantrement plus pluvieux!




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par Jeno l'écolo publié dans : Clin d'oeil. Begi klixka.
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Mercredi 19 décembre 2007

N'ayez crainte. Je ne vais pas vous imposer un article descendant en flèche l'hyper Président Sarkozy.
D'autres l'ont fait avant moi, et moi avec eux, avec le succès que l'on sait.
Un aveu aux copains qui m'envoient des textes et des vidéos déclinant sur tous les tons et toutes les formes des horreurs méritées sur ce personnage et le gouvernement qui est à sa botte: je ne lis rien, je ne regarde rien, je mets directement à la corbeille et je vide la corbeille au plus vite. Pardonnez-moi.
Et oui! Car à quoi cela sert-il? A se faire plaisir entre nous pendant qu'une immense majorité gavée de soda marron au goût de médicament écoute Pernaud  la voix de son maître appeler à la générosité Téléthonesque dégoulinante (Debronckart, reviens vite, ils sont devenus fous!) ? En ce qui me concerne,cela ne me fait même plus plaisir. Au contraire, s'impose à moi cette sinistre réflexion "On cause, on cause, c'est tout ce que l'on sait faire". Pas très motivant, vous me l'accorderez. Et pas du tout satisfaisant, surtout.
Non, si je veux aujourd'hui vous entretenir de l'un des tours de passe-passe de ce gouvernement qui arrive, entre autres merveilles, à annoncer un moratoire pour cet hiver des semis OGM d'une céréale, le maïs, qui se sème au printemps, c'est qu'il vient de m'arriver très personnellement  quelque chose dont je tiens à vous faire part. Si ça peut servir à d'autres----
Le 1er Février prochain, cela fera deux ans que je travaille dans une école. J'y joue le rôle d'aide pédagogique. Je suis très heureuse dans mon travail. Je ne sais si c'est réel, mais j'ai au moins la sensation d'être utile. J'ai l'impression que les enfants m'aiment bien et je suis tout à fait certaine de les aimer beaucoup. Mon contrat est un CAE, suite et copie conforme des CES : contrats aidés par l' Etat. 20 heures hebdomadaires et la moitié du SMIC.
Il y a quelques temps, les institutrices ont commencé à se renseigner pour tenter de transformer ce contrat en contrat AVS (Assistant de Vie Scolaire), annoncé par le gouvernement dès son arrivée au pouvoir à grands renforts d'une  presse souvent servile.
Mais hier, le verdict est tombé. Ce sera non. J'arrive au bout de mon quota de mois en contrat aidé. Autrement dit, en Français de chez moi, pas celui des menteurs ni des manipulateurs d'opinion, ces contrats AVS ne doivent créer aucun emploi, contrairement aux annonces, mais venir tout simplement occuper une petite niche des contrats CAE existants, même si on débaptise ces derniers dans quelques temps pour brouiller encore mieux les pistes. C'est vieux comme le monde et ça s'appelle le principe des vases communicants.
Pour moi, cela veut dire à nouveau le chômage juste au dessus du RMI mais sans les avantages qui y sont liés et surtout le chagrin de quitter des enfants auxquels je m'étais très fortement attachée.
Pour tout le monde, ça veut dire que là encore, ils se payent bien notre fiole à Matignon, à l'Elysée et autres palais de la République.
Car enfin---je suis dans un parti politique. Même si pour moi elle n'est pas en elle-même une fin, elle est un outil important et incontournable quand on veut faire bouger les choses. Je me tiens un peu au courant, tout de même, et pas seulement des fortunes diverses de Cécilia ou Carla. Pourtant, j'y avais cru à leur embrouille. Alors, vous vous imaginez---celui ou celle qui  souhaite ne rien savoir du tout de la politique euh----hormis les fortunes diverses de Cécila et Carla------!
Cela veut dire, très certainement, qu'il y a urgence à ce que les citoyens se mettent à s'occuper de très prés de ce qui les concerne et les regarde.
Un dicton de la Beat Generation affirmait : "Quand tu as la tête dans le sable, ton cul est une cible facile".
Aïe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Mardi 18 décembre 2007

 

 

affiche-vert.jpg
Peu de gens le savent: ce sont les Verts du Pays Basque qui ont alerté les premiers les populations au sujet du projet de couloir à camions. En 1996, ils étaient les seuls à soutenir le maire de Bustince, Monsieur Cachenaut, dans son refus du contournement de SaintJean le Vieux, dont des documents officiels nous ont appris quelques temps plus tard qu'il était bien l'un des éléments du projet.
Le 30 Janvier 1997 (voir affiche ci-dessus), ils organisaient la première réunion publique à Baigorri,dans une salle archi-comble. LEIA naissait quinze jours plus tard.
Ils ont été officiellement les seuls aussi à soutenir les luttes annexes qui semblaient appartenir au "paquet cadeau Transnvarraise" en appuyant de leur mieux les luttes d' Izpura Zain, Uharte Bizirik et des citoyens luttant contre de nouvelles carrières et extension de carrières. Les seuls aussi à se dresser contre le projet de four à enrobé de Bustince.
Pour en revenir à l'affiche ci-dessus, elle avait été magnifiquement illustrée par Irène Borda que je remercie encore.


Communiqué  des Verts du Pays Basque.du 18 Décembre 2007.

 
Les Verts et la Transnavarraise.
 
 
             
 Les VERTS du Pays Basque se réjouissent de la décision du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques de ne pas vouloir réaliser la Transnavarraise. A la genèse de ce combat, depuis le 30 janvier 1997, les VERTS ont été toujours actifs. Présents sur le terrain et au Conseil Régional, militants et élus VERTS, ils ont mis tout en œuvre pour que ce projet routier n'aboutisse pas. Aujourd'hui si la satisfaction est de mise nous restons très vigilants, la décision étant manifestement plus liée aux difficultés de financer une telle infrastructure qu'à une volonté de mettre en place une réelle politique respectueuse de l'environnement.
 
 
 
 
par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Samedi 15 décembre 2007

Même pas une photo à vous montrer! Je suis si peu photo! C'est un réflexe que je n'ai jamais eu et je crois qu'il est trop tard pour le prendre. Encore pire depuis que je suis passée au numérique. Il paraît que c'est plus facile, plus pratique. Moi, ça me bloque encore plus.
Alors, je ne pourrai pas vous montrer comme il était beau, mon chat Tigrou, le doux et généreux Européen gris et tigré.
En Février prochain, cela aurait fait deux ans qu'il nous avait choisis, ma fille, mon chien, la chatte Poiluche et moi pour passer auprès de nous le peu de temps qu'il lui restait à vivre. Maigre, apeuré, farouche, il se glissait de jour  dans la maison par la porte de la salle de soins du Centre Hegalaldia pour la sauvegarde de la faune sauvage que j'abritais encore à l'époque. Il devait avoir alors un peu plus d'un an. La nuit, il entrait dans les pièces d'habitation par la chatière, se cachait à notre approche et hurlait à fendre à l'âme pendant des heures. Il touchait à peine à la nourriture que je déposais en un coin tranquille à son intention. Ce comportement a duré un mois. Et puis, un jour, alors qu'il était en train de grignoter quelques croquettes, j'ai enfin réussi à le toucher, à le caresser. A l'instant même, il s'est mis à ronronner, puis à manger avec appétit. Après avoir vidé l'écuelle, ce qu'il n'avait encore jamais fait, il est entré fièrement dans la maison et s'est roulé en boule sur la première chaise qui se trouvait sur son passage.
Depuis, je ne l'ai plus jamais entendu pousser le moindre de ces hurlements et il ne s'est guère éloigné de la maison de plus de quelques centaines de mètres, préférant très nettement se pavaner dans la cuisine, se rouler en boule dans tous les paniers de l'entrée et se lover au soleil quelque part dans la cour.
Il passait la nuit contre contre le Briard Baztan, ignorait superbement l'agressivité de la Poiluche, qui, du haut de ses 18 ans aujourd'hui, n'appréciait pas le moins du monde sa présence. Comme elle, il attrapait quelques souris et mulots (il laissait la vie sauve aux musaraignes!) mais ignorait totalement les oiseaux, lézards et papillons. Il jouait le moniteur de colonies de vacances avec deux jeunes chats dont j'ai la garde régulièrement depuis quelques temps, inventait des jeux pour eux, les surveillait du coin de l'oeil, les rapatriant vers la maison quand ils s'éloignaient un peu trop à son goût, les invitant à manger dans sa propre gamelle tout en les regardant d'un air satisfait comme un bon père de famille. Le soir, quand je m'asseyais devant l'ordinateur, il montait sur mes genoux et entourait mon cou de ses deux pattes tandis que je cherchais à empêcher Poiluche de pianoter sur le clavier.
J'avais pour lui un sentiment plus fort que celui que j'ai toujours eu pour tous les chats, et Dieu sait que je les aime, malgré la sale manie qu'ont nombre d'entre eux à croquer les oiseaux, même quand ils ont le ventre plein!
Mais voilà, il y  a quelques mois, il est tombé malade, discrètement, comme s'il cherchait à ne pas gêner maintenant qu'il était persuadé de notre affection. Nous l'avons soigné. 
Je vous passe les détails. Hier soir, il a commencé à rechercher l'isolement. Aujourd'hui, au terme d'une visite à la clinique vétérinaire de Mauléon où officie une "Mère à chats" qui se présente comme telle, il a fallu l'accompagner doucement et avec respect dans son passage sur l'autre rive.
En ce domaine, beaucoup plus soeur de Paul Léautaud que de Colette qui, à leur mort, envoyait ses compagnons à quatre pattes à l'équarissage, je l'ai tout à l'heure enterré au pied d'un noisetier.
Je tiens à remercier mon ami Jean, de son état infirmier pour bipèdes,  qui est venu chez moi à plusieurs reprises lui administrer des soins que je n'aurais pas su assurer moi-même et Monique la vétérinaire qui a aidé mon chat et m'a aidée moi aussi. J'en avais besoin.
A eux deux, à Pascal aussi, le mari de Monique, vétérinaire également, et bien entendu à Tigrou, je tiens à offrir ce texte de
Walt Witman:

"Je pense que je pourrais vivre parmi les animaux, tant ils sont paisibles et réservés. Je les observe depuis longtemps et ne les vois pas gémir sur leur condition, ni rester éveillés la nuit, pleurant sur leurs péchés.
Ils ne m'écoeurent pas à discuter de leurs devoirs envers Dieu, aucun n'est insatisfait, aucun n'est obsédé par la rage de posséder les choses, aucun ne s'agenouille devant un autre ni devant ceux de son espèce qui vécurent il y a des milliers d'années, aucun ne se veut respectable ni pitoyable. Je pense que je pourrais vivre parmi les animaux".

par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Samedi 15 décembre 2007
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Bertolt Brecht.


J'ignore si les habitués du blog s'en sont aperçus, mais dans la colonne de droite, je viens d'ajouter un module "Citation du moment".
Il s'agira d'une citation que je changerai de temps à autres.
N'ayez crainte, je ne vous ferai ni le désagrément ni l'injure de vous imposer à chaque fois une explication de texte concernant ces courtes citations.
Je fais juste une exceprion pour la première, une phrase de Bertolt Brecht.
C'est pour moi une forme de célébration de la colère. Je sais, je sais, on dit qu'elle est mauvaise conseillère et c'est très certainement vrai dans la plupart des cas. Mais il existe aussi, j'en suis persuadée, de bonnes et saines colères que notre société qui n'a pour valeur que le lisse absolu, l'incolore, l'inodore et le sans saveur, s'applique avec obstination à gommer, faire totalement disparaître. Parfois libératrice pour celui ou celle qui la développe et ceux qui en sont les spectateurs ou les victimes, la colère? Mais vous n'y pensez pas! Cachez cette colère que nous ne saurions voir!  Elle est politiquement incorrecte. Elle est incorrecte tout court. Et quand la société du spectacle, la nôtre, lui accorde un petit créneau, c'est toujours dans une mise en scène soigneusement gérée où rien de fort ni de sincère n'a droit de cité.
Célébrons la colère. Peut-être dis-je ça parce que mon père était l'homme le plus coléreux qu'il m'ait été donné de connaître mais qu'il était aussi le plus généreux. Faudra qu' j'en parle à mon psy.
En attendant, vous l'aurez compris, je suis plus du côté du fleuve que du côté des rives qui l'enserrent.
par Jeno l'écolo publié dans : Au jour le jour. Egunean---
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Jeudi 13 décembre 2007

A l'occasion de l'exposition "Bêtes et Hommes" qui a lieu jusqu'au 20 Janvier à La Villette, je vous livre  une contribution de Patrick Pappola, le "Papours" des forums pour la cohabitation pastorale.

DSCN6718.JPG
1 - Pas assez de concertation avant les lâchers de 2006 ?

Plus de 122 réunions de concertation sur l'ours ont été menées par l'Etat sur toute la chaîne pyrénéenne en 10 ans ! 70 en 1995-1996 et plus de 50 en 2005 pour les 5 lâchers de 2006.
La porte parole de l'ADDIP, association anti-ours, déclarait encore en aout 2007 : "S'ils réintroduisent des ours, nous mettrons le feu à la montagne !". 
Pour ces "ultrapastoraux"*, l'ours n'est acceptable qu'enfermé ou mort et refuser tout soutien à l'ours est leur position butée depuis le départ. Voilà en réalité le préalable qu'ils imposent à l'Etat et qu'ils veulent nommer "concertation". Voilà pourquoi ils ont saboté (vacarme incessant) ou boycotté la plupart des réunions de concertation de 2005.

2 - D'origine slovène, les ours sont "trop" carnivores ?
Les ours d'origine slovènes sont de la même espèce et mieux, de la "même lignée génétique" que les ours pyrénéens originels : la lignée Ouest.
Impossible de lâcher dans les Pyrénées des ours d'Espagne des Cantabriques pour cause de population encore trop faible et impossible choix Croate pour cause de rage.
Le choix Slovène a aussi été orienté par la très grande adaptation aux Pyrénées des 3 ours slovènes lâchés il y a 10 ans : de 3 en 1997, ils sont désormais une quinzaine sur 20 ours !
Qu'ils soient slovènes ou pyrénéens de souche, dans les Pyrénées, les ours ont strictement le même régime alimentaire et sont végétariens pour 60 à 80 % de leur alimentation. Plus de 10 ans de recul le prouvent : ce n'est pas son origine qui fait de l'ours un gros consommateur de brebis : c'est bien la différence de mode de gardiennage des troupeaux. Omnivore dit "opportuniste", l'ours attaquera toujours davantage les troupeaux dépourvus de mesures de protection. Quoi de plus logique ?

3 - Les ours  slovènes inadaptés aux Pyrénées ?
Parceque "Palouma" s'est tuée après avoir glissé sur une barre rocheuse ? La Slovénie n'est pas un pays de plaine et les ours y ont l'habitude de reliefs escarpés (le karst slovène est constellé de failles et de gouffres). Ce type d'accident arrive en Slovénie mais aussi ... à toute sorte d'animaux de montagne de quelque pays que ce soit.
Alors c'est l'accident de "Franska" qui prouverait que ces ours ne sont pas adaptés ? Franska a été traquée illégalement pendant des mois par les ultrapastoraux* qui se sont vantés d'avoir pour objectif de la faire redescendre en plaine vers la route nationale... ou de l'éliminer : on a retrouvé plus de 40 plombs de chasse dans son corps ! En Slovénie, ces 5 dernières années, 103 ours ont été tués dans des accidents de circulation.
Et surtout, quoi de plus fiable que des reproductions réussies pour juger de la bonne adaptation d'un animal à son milieu ? D'ores et déjà, "Hvala" lâchée en 2006 a apporté 2 oursons aux Pyrénées !
Les ours d'origine slovène ont même fait mieux dans les Pyrénées que les ours pyrénéens originels eux-mêmes avec des reproductions en âge précoce, des portées en moyenne plus importantes et un taux de survie des oursons supérieur.

4 - Ours et pastoralisme, cohabitation impossible ?
Non seulement la cohabitation existe et est pratiquée par un nombre grandissant d'éleveurs et de bergers mais en plus, elle a fait  ses preuves et permet de régler bien plus de problèmes que seulement celui posé par l'ours (autres prédations,vol etc...).
Une étude menée de 2003 à 2005 auprès de 37 éleveurs et sur 18 estives montre que la seule mesure de protection "chien patou" (qui fait fuir l'ours) a fait baisser les pertes de ... 90 % !  A cette mesure doivent s'en ajouter deux :
- regroupement nocturne du troupeau  en enclos cloturé (électriquement ou pas).
- présence effective du berger  (au quotidien et pas de façon simplement hebdomadaire)
Dans tous ces domaines, l'Etat propose des aides non négligeables.
Mieux, l'ours a permis en bien des lieux des Pyrénées une constante amélioration des conditions de vie des bergers et des éleveurs grâce aux financements qu'il a généré : le FIEP (Fond d'Intervention Eco-Pastoral, association de protection de la nature favorable à l'ours) en Haut-Béarn est à l'origine des primes de dérangement en cas d'attaques d'ours. En début et fin d'estive, sur toute la chaîne des Pyrénées, l'élevage en zone à ours bénéficie d'héliportages gratuits. La présence de l'ours a permis aussi de restaurer des dizaines de cabanes de bergers et évidemment, d'embaucher des bergers et toute une équipe de bergers itinérants chargés de mettre ces mesures en place. Le plan ours 2006-2009 redistribue ainsi 50% de son budget au pastoralisme ! Mais le pastoralisme bénéficie aussi de nombreuses autres aides publiques.
5 - Les ours en "réserve", un compromis ?
Les deux associations anti-ours ou leurs membres ont déjà plusieurs fois exprimé leur souhait d'en finir physiquement avec l'ours dans les Pyrénées. Ils sont prêts à la faire de façon passive (convaincre les autorités de ne plus rien faire pour  l'ours) ou de façon active comme ce fut le cas avec "Franska".
Par souci de "communication", les ultrapastoraux* laissent maintenant entendre, qu'ils sont favorables (!) à la présence d'ours... mais dans une "réserve" de 5 à 8000 hectares ! Or 20 ours ne resteront jamais perclus dans 8000 hectares. Cela signifie qu'il faudrait soit clôturer cette "zone", soit y exercer une surveillance des ours incompatible avec la définition même de ce qu'est un animal sauvage. L'Etat reconnaît que c'est "impossible à réaliser techniquement et pose un problème d'éthique en terme de conservation de la nature."
Mais pour les ultrapastoraux*, mettre en place dans les Pyrénées un monde à l'envers avec "Les animaux sauvages, en enclos ;  les animaux domestiques, en liberté !" semble devenu une priorité. En guise de compromis, c'est une négation pure et simple de l'ours qui est proposée à la société entière.

6 - Il n'y avait pas urgence à  renforcer , attendons encore !
Sur les 20 ours pyrénéens présents en 2007, seuls 2 (!) mâles ne doivent rien aux programmes de renforcement de 1996-97 et de 2006. C'est dire si les renforcements étaient nécessaires. Avant les 5 lâchers de 2006, une étude publiée dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences (G. Chapron et al., CR Biologies 326, 2003), basée sur des modèles démographiques, préconisait les lâchers rapides d'au minimum 11 ours. Différée de 10 ans, l'opération ne réduirait plus le risque d'extinction. Or en 2006, seuls 5 ours ont été lâchés et deux sont morts ce qui fait 3 ours au lieu de 11 ... presque 4 fois moins que nécessaire !
Laisser la population d'ours française dans l'état actuel, c'est faire une croix définitive sur cette espèce et adopter une position revenant à éradiquer l'ours en France.
Sur base scientifique, on peut affirmer que si de nouveaux lâchers ne sont pas  effectués rapidement, tout ce qui a été organisé depuis 1996 pour l'ours  n'aura servi à rien.

7 - L'ourse "Franska", trop "carnivore" ?
Dès son lâcher, l'ourse "Franska" a dû faire les frais des méthodes ultrapastorales*: pots de miel contenant du verre pillé dispersé dans son secteur (11 pots!), traques et battues incessantes, jusqu'à la repousser (volontairement) sur la route qui lui fut fatale.
Or, comme l'indique Le Dr Claude Guiraud, vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne. (GEEFSM)  : « (...)Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits… exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette.(...)>>  (La dépêche du Midi du 11 août 2007)

8 - Seuls les élus locaux devraient gérer l'ours ?
La plupart des élus locaux pyrénéens n'ont pas brillé par leur atttitude à l'égard de l'ours : au lieu de jouer leur rôle de médiateurs, de facilitateurs, de pédagogues, ils ont préféré griller l'ours comme un vulgaire fusible pour paraître comme des défenseurs des éleveurs... alors que bien souvent, ironie du sort, leurs décisions et leurs politiques n'ont pas servi le pastoralisme quand elles ne l'ont pas fragilisé.
Faut-il vraiment compter sur une gestion de l'ours à l'échelon local, sans un contrôle rigoureux de l'Etat ? Quand on sait qu'en Ariège, Augustin Bonrepaux, ex député et président du département participe  en personne à des battues anti-ours ? Quand le député Jean Lassalle crée une Institution (l'IPHB: Institution Patrimoniale du Haut Béarn) soit disant destinée à l'acceptation de l'ours ... tout en jouant les leaders anti-ours zélés dans les réunions publiques  ? Quand des élus ceints de l'écharpe tricolore viennent encourager le saccage d'un village pyrénéen qui s'est déclaré favorable à l'ours (Arbas, le 1er avril 2006) ?
Mais le "record" en matière de gestion locale de l'ours revient quand même à l'IPHB qui en 12 ans a perçu plus de 10 millions d'euros pour l'ours mais dont plus de 90% ont servi aux forestiers, chasseurs, éleveurs ... mais pas à l'ours dont la population est passée dans le même laps de temps, faute de lâcher et à force de temporiser pour courtiser tout ce monde, de 6-8 ... à 2 ours mâles ! Par contre, l'électorat de Jean Lassalle a bénéficié de la manne.
Pour l'ours, en dehors des communes de l'ADET Pays de l'Ours qui ont choisi un projet de territoire volontariste autour de l'ours et de son acceptation, l'échelon décisionnel local, sans réel contrat de droit avec l'Etat, n'a jamais été le garant de l'efficacité ni de l'acceptation de l'ours, il a au contraire servi pour amplifier la construction de son rejet et le clientélisme.

9 - Les pyrénéens sont contre l'ours ?
De loin, il peut sembler que toutes les Pyrénées se sont embrasées contre l'ours en 2006.
Quand on y regarde de plus près et quand on laisse aux pyrénéens la possibilité de s'exprimer sans pression et sans intimidation, on s'aperçoit que c'est toujours très majoritairement que les Pyrénéens se sont prononcés pour l'ours dans toutes les enquêtes rigoureusement étalonnées disponibles : en 2003 sur 409 personnes pour l'ADET et le WWF, ARSH en 2004  sur  400 personnes pour Pyrénées Magazine, Ifop en 2005 sur 900 personnes pour l'ADET et la totalité des consultations organisés par la presse sur internet depuis 2005.
Mieux, lors des 3 forums de concertation officiels où les personnes étaient choisies selon des "critères de représentativité de la population de montagne", des pyrénéens ont dit clairement leur souhait de pouvoir s'exprimer sur l'ours en dehors de la tutelle des élus, véritable aveu de cette "chappe de plomb" sur leur tête et sur le dos de l'ours.
Enfin, n'oublions pas les pressions violentes que les anti-ours font subir à tous ceux qui se prononcent pour l'ours (dégradations de biens, insultes, censure par la force...)
Dans un contexte où cette minorité terrorise ceux qui osent penser, parler, agir différemment, comment imaginer que le son de cloche favorable à l'ours puisse être audible  ?

10 - L'ours menace la biodiversité ?
C'est le nouveau discours des ultrapastoraux pour tenter de coller à l'actualité.
L'association FERUS  a regretté le 25 octobre dernier cette : " propension à trier entre les bonnes et les mauvaises causes (...). Si l’on accepte de perdre "quelques" espèces, on se résigne au fil du temps à en voir disparaître beaucoup plus."
Protéger l'ours, c'est protéger la grande diversité de ses habitats dans la montagne pyrénéenne. Les scientifiques disent de l'ours qu'il est une "espèce parapluie", abritant derrière sa protection un cortège impressionnant de plantes et  d'animaux pyrénéens.
L'étude des "cahiers d'habitat" du réseau Natura 2000 (MNHN) montre que pour les habitats naturels pyrénéens, les préconisations de gestion idéales lorsqu'il s'agit de recourir à des troupeaux pour garder ces habitats en "bon état de conservation", sont très majoritairement les solutions les plus compatibles avec les mesures de protection liées à l'ours : troupeaux au parcours contrôlable (grâce aux chiens et au berger) et où le gardiennage est effectif et constant.
La ministre de l'écologie n'avait-elle pas déjà fort justement indiqué en préface du plan de renforcement 2006-2009 :
"Garantir la survie de l'ours brun d'Europe, c'est précisément conserver plusieurs noyaux stables partout où il est encore présent. (...) Quelle que soit l'espèce, reporter sur d'autres pays la responsabilité de sa conservation c'est travailler, sans le dire, à sa disparition."

*Les ultrapastoraux : tous les éleveurs et bergers pyrénéens sont loin d'être devenus des "ultras" anti-ours. L'"ultrapastoralisme" n'est que la frange extrémiste d'un pastoralisme (élevage transhumant en montagne) qui se trompe de cible et selon lequel seules ses activités agricoles ont droit de cité en montagne, au détriment des espèces animales qui gènent la pratique exclusive de troupeaux  non "gardés" mais seulement "surveillés" de loin (dans l'espace et le temps). Leur hostilité concerne aussi certains autres types d'activités de montagne, en particulier le tourisme de découverte doux lié à la présence de l'ours. Les ultrapastoraux n'ont pas reculé devant la violence, le mensonge et l'intimidation pour parvenir à leurs fins et ils  refusent en général l'idée même d'essayer les mesures de protection des troupeaux. Ces "ultras" réclament une "concertation" au sujet de l'ours qui ne serait en réalité que la chambre d'enregistrement de leur volonté de voir totalement disparaître l'ours comme animal libre et sauvage dans les Pyrénées. Entretenant des liens avec CPNT ou la FNSEA, ils sont regroupés en associations fédérées par  l'ADDIP (ASPAP=09/ADIP=31/ASPP=65/FTEM=64). Bien que minoritaires, ils tiennent le haut du pavé médiatique depuis les lâchers de 2006.

DSCN6721-copie-1.JPG

Document réalisé par un groupe de citoyens attachés à des Pyrénées sauvages et vivantes, avec l'ours, où l'homme et le sauvage cohabitent en bonne intelligence. Or ... c'est imparable :

L'ours disparaîtra des Pyrénées de façon certaine
si de nouveaux lâchers n'ont pas lieu rapidement.

Soutenez les associations pyrénéennes et nationales qui oeuvrent pour  des Pyrénées AVEC l'ours :
FERUS, ADET, SEPANSO, ACP, FIEP, Amopyc, WWF sur la toile : La Buvette des alpages et IPHB.org

L'ours, c'est surtout ce supplément d'âme qu'il donne aux Pyrénées par sa simple présence :
à chaque instant, la possibilité de l'apercevoir ou de trouver sa trace y est préservée,
c'est une richesse inestimable tant il est vrai qu'en Europe  ...
"une forêt sans ours n'est pas une vraie forêt" (Robert Hainard)
Paroles d'éleveurs et bergers pyrénéens cohabitant avec l'ours 
 
Heureusement, les pratiques et les aberrations ultrapastorales n'ont pas gagné l'ensemble du monde de l'élevage et des bergers des Pyrénées. Au contraire : nombreux sont ceux qui se sentent déshonnorés dans leur profession par autant d'outrances. Voilà quelques propos de montagnards pyrénéens qui prouvent que l'ours a toute sa place dans ces montagnes :

"(...) Nous pouvons profiter de l'image de l'ours comme un symbole de qualité pour valoriser nos produits, pour marquer notre spécificité tout en renforçant des professions en voie de disparition (bergers, éleveurs, prestataires de portages par bât ...). Nous voulons affirmer aux opposants que s'entêter dans la non-cohabitation en refusant d'utiliser les moyens de protection ne peut cautionner une "battue à l'ours" au XXIème siècle"
Communiqué de l'ACP (Association de Cohabitation Pastorale), 9 juin 2004

"L’association des bergers des vallées d’Ossau, Aspe et Barétous, (...) Réaffirme son engagement pour une montagne pyrénéenne où cohabitent un pastoralisme vivant et l’ours brun, souhaite que tout soit fait pour assurer, dans la concertation, un avenir à la population d’ours brun sur l’ensemble des Pyrénées et notamment dans le Béarn, souligne la nécessité de pérenniser les mesures en faveur des bergers transhumants dans la zone à ours des Pyrénées-Atlantiques."                         
Association des bergers des vallées d’Ossau, Aspe et Barétous, 6 juin 2005

"En estive, réputée difficile, nous avons préféré nous battre aupres du ministère de l'agriculte pour qu'il nous finance un 2ème berger plutôt que de nous battre contre l'ours. C'est vrai que cela n'est pas facile de changer de pratique. Mais je ne comprends pas que certains éleveurs qui savent que l'ours traverse leur exploitation ou leur estive ne mettent pas en place ces moyens de protections. Non ne me dites pas que cela n'est pas possible (beaucoups d'éleveur le font, plus que l'on ne le croit), que le gardiennage fait maigrir (le berger à quoi sert-il alors). Ne me dites pas que sans gardiennage les bêtes ne disparaissent pas, connaissent la limite de votre exploitation ou de l'estive."  (mai 2006)
"Hier au journal de 20 heures à la télévision, un gros titre « un ours a prédaté dans une bergerie en Haute Ariège ». Attention, le débat se réveille!
Pourtant, quoi d'extraordinaire qu'un prédateur fasse des dégât sur des troupeaux non protégés, que du bétail domestique fasse des dégâts dans des jardins mal clôturés, qu'un renard où un rapace entre dans une cour de ferme pour prendre poulets, canetons, que des ongulés sauvages fassent des dommages dans les champs de céréales non protégés. Les exemples ne manquent pas.
Que sommes nous devenus, nous paysans, pour affirmer que la cohabitation est impossible, être incapable de faire face à ce genre de problèmes et seulement proposer comme solution l'enfermement ou l'éradication de la faune sauvage ? (juin 2007)
Catherine Brunet, éleveuse en Ariège

"(...) Le renforcement de la populations d'ours dans les Pyrénées ajoute de nouvelles contraintes. L'histoire pourrait s'arrêter là. Les bergers éleveurs pourraient, par exemple, se battre contre l'ours. Ils tiendraient enfin un coupable. Et derrière les leaders, chacun prêcherait pour son exploitation en vantant les mérites d'un monde pastoral qu'une poignée d'hommes, silencieux eux, s'évertuent à maintenir par leur travail quotidien. L'ours finirait peut-être par disparaître. Mais rien n'aurait vraiment changé.
Alors oui, un autre avenir est possible. Il nécesite de concevoir la montagne comme un tout, où les résidents pastoraux cohabitent avec les forestiers, les chasseurs, les randonneurs, les citadins, et avec une montagne sauvage en équilibre avec leur activité.
En choisissant cette voie, le monde pastoral pourra retrouver ses valeurs. En s'ouvrant et non en s'opposant aux évolutions inéluctables de la société, il passerait outre le clivage ville-campagne qui certains revendiquent pour justifier intolérance et immobilisme.
En s'adaptant aux impératifs de préservation de la biodiversité, le monde pastoral, les communes propriétaires des estives et toutes les autres composantes de la montagne y trouveraient également leur compte.
Les troupeaux seraient de nouveau gardés, les bêtes mieux suivies et soignées, grâce à l'emploi supplémentaire de bergers. Leur travail de conduite guidée contribuerait à un meileur entretien de la montagne. (...)
Abdesselam Lagrissy, éleveur, Juillet 2006

"Fondamentalement, profondément, en tant qu'être humain et pyrénéen je crois que nos montagnes ne seront plus les mêmes; qu'elles perdent un peu de leur magnificence à chaque fois qu'un ours meure. Il est mythe et symbole de notre pays, il en est partie intégrante depuis toujours. Plus concrètement, il est aussi la preuve que nos paysages restent naturels où une biodiversité est encore possible et pas simplement un semblant de nature fait pour et par l'homme." "(...) Le monde agricole a souvent été caracterisé par son immobilisme, son refus de changement. En cela aussi l'ours dérange. Il est difficile d'admettre l'idée de devoir changer ses pratiques pastorales, et pourtant les pratiques ont déjà plusieurs fois changées. Que de différences entre les fruitières d'antan et la gestion actuelle où l'on trouve un pâtre pour 1000 à 2000 brebis, un vacher pour 100 à 300 vaches! N'y a-t-il pas là matière à réflexion, d'imaginer un partage de la montagne avant que celui-ci soit imposé de l'extérieur avec tous les inconvénients que cela induira automatiquement?(...)"                                              
Francis Chevillon, éleveur,  2004

"(...) ces réintroductions d’ours doivent bénéficier au pastoralisme, elles doivent permettre une meilleure prise en compte des besoins du pastoralisme, doivent lui permettre de moderniser ses équipements, de mieux faire vivre les bergers, de mieux entretenir la montagne.
Nous pensons que ce sont sur ces thèmes qu’il faut réfléchir, agir, revendiquer ; si demain les ours étaient tous retirés des montagnes, est-ce que pour autant tous les problèmes du pastoralisme seraient résolus ? Évidemment non.(...)" "(...) Le maintien de l’agriculture de montagne et de la faune sauvage pyrénéenne n’est pas impossible. Des éleveurs, des groupements pastoraux ont déjà franchi le pas, les résultats sont là. Oui, les moyens de protection des troupeaux face aux prédateurs sont efficaces.(...)" "(...) Le principal problème, c’est le prix à la production de l’agneau, actuellement en chute libre, de -15 et -20 % par rapport à la même période en 2006, alors que les prix de l’année 2006 n’étaient déjà pas brillants. Les cours sont actuellement à des niveaux qui sont inférieurs de plus de moitié aux coûts de production, tandis que les prix à la consommation de la viande d’agneau eux ne baissent pas. La plus grande des prédations actuelles n’est-elle pas le peu de valeur accordée à l’agneau produit dans nos montagnes?"
Association de Cohabitation Pastorale (La lettre de l'ACP, aout 2007)

 

 

 

par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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