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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 21:13

Luc-Romann02.jpgRomann et le chat Doudou. Je ne sais plus trop de qui est la photo mais je sais qu'il ne m'en voudra pas.

C'est décidé, demain, je quitte ma tanière pour une autre. Pas pour très longtemps, une journée. Ou même plutôt quelques heures, puisqu'il faut compter le temps du voyage.
Le plus dur sera de se lever tôt, très tôt. Rigolez, rigolez. Vous savez ce que c'est vous, l'insomnie? La dure, la vraie, la lourde, la tortionnaire, l'implacable et impitoyable, celle qui fait que parfois, lorsque vous entendez votre propre voix durant une conversation, vous avez la sensation que c'est quelqu'un d'autre qui parle, celle à cause de qui, tout changement abrupt  dans les rites et habitudes est une véritable déflagration dont il faut trois semaines pour se remettre, maux de tête et de cervicales, troubles respiratoires et vertiges  à la clef?
Mais tel n'est pas notre sujet. 
Donc, demain, je vais dans le Gers avec deux amis et nous devons y retrouver d'autres amis. Pourquoi donc? Pour fêter l'anniversaire de quelqu'un qui a une sainte horreur qu'on lui fête son anniversaire mais qui n'ose pas nous le dire en face parce que c'est un garçon poli. J'ai nommé Luc Romann dont j'ai déjà publié ici quelques photos et  à qui j'ai consacré un article au sujet de l'Orme et de la mare http://jenolekolo.over-blog.com/article-13585215-6.html#anchorComment



IMAG0178.JPGL'Ormeau n'est plus là mais le grand Chêne veille toujours sur la maisonnée, pour la grande joie de la Chouette Hulotte.

Voici ce qu'écrivait il y a quelques jours Daniel Labeyrie, ami de longue date de Luc Romann, parrain de mon Itziar de fille et avec qui je fais le voyage demain :

Luc Romann:

"Enraciné sur sa terre gersoise depuis quelques décennies, l'artiste cultive son jardin intérieur en veillant fidèlement sur ses chats, ses fleurs, son potager, ses arbres et l'eau de la mare qui dessine le passage des jours en rayons de lune ou de soleil.

Il est loin le temps des jeunes années soixante à Paris, époque où Luc tissait ses premiers refrains à quelques encablures du succès sous la bienveillance amicale de Tonton Georges et de quelques autres.

Romann n'a pas voulu laisser sa guitare rimailler sur les autoroutes commerciales, préférant les chemins ombragés et buissonniers, d'où une vie matérielle plus rude mais ô combien plus authentique, en conformité avec ses rêves.

Au fil des années passantes, les grands Ormes protecteurs ont été mis à bas lors du dernier siècle finissant---Des bouquets de chansons auréolées d'oiseaux se sont envolées de ci-de-là.

Aujourd'hui, Romann regarde le monde et son cortège de peines et de joies aller et venir entre souffrances et pétales de bonheur, sachant que d'autres jours s'en viendront où il fera bon regarder les êtres vivants avec la bienveillance respectueuse qui sied aux poètes et aux sages." 
                                                                         Daniel Labeyrie, 14-15 Novembre 2007.

IMAG0214.JPG
En reflet dans la mare, les arbres, encore----
Mais voyez-vous le reflet de Marie la Bretonne?



Quant à moi, en bonne rate de bibliothèque conservatrice, j'ai retrouvé ce texte écrit par Luc lui-même, il y a ----- Combien de temps? Je n'en sais rien. Je sais seulement que ce n'est pas d'hier soir mais qu'importe? De toutes façons, Romann attend encore de devenir grand. Je vous le livre (pas Romann, bien entendu, mais le texte).

Pour une ballade dans ma vie:

"Pour moi, tout a commencé le 5 Décembre de l'année 1937.
Je pense maintenant que c'était un bon jour pour venir au monde.
Plus tard, j'ai su que ma famille était venue d'ailleurs, d'Europe Centrale ou de plus loin encore; notre arbre généalogique n'a pas dû supporter l'incessante transhumance familiale.
Quand les grands se sont fait la guerre, j'ai découvert la campagne.
Quand les grands se sont fait la paix, je me suis retrouvée en prison. Le pensionnat, c'était pour moi comme pour la prison.
Et puis un jour, ma petite mère est venue me libérer. Nous sommes allés vivre dans la quartier du Marais,
à deux pas du Carreau du Temple. Pour gagner un peu d'argent, elle peignait des fleurs sur des abat-jour ou finissait des pantalons.Elle chantait toujours. Le soir, elle me lisait les psaumes de David et on écoutait des disques, du folklore yiddish, russe, tzigane, toutes les musiques qui venaient d'ailleurs.
Le dimanche, on traversait Paris à pied  ou on allait au Louvres.

A l'école, je me suis aperçu que je pensais toujours à autre chose,ce qui me faisait passer pour un véritable médiocre. J'imaginais des contes et des fables, je remplissais des cahiers d'images et de mots--- J'étais content de moi.

Je fus renvoyé avant d'être présenté au Certificat d'Etudes.Je n'avais pas quatorze ans.

Je commençai à travailler chez un épicier, puis chez un ébéniste, ensuite j'ai distribué des prospectus publicitaires. 
J'ai fait toutes sortes de petits boulots pour gagner ma vie.
Je lisais beaucoup, je suivais des cours du soir: arts dramatiques, pantomime, musique. Je peignais, j'écrivais des nouvelles, des poèmes, des chansons.

Puis, je fis la connaissance de Mouloudji, de Jacque Brel, de Guy Béart qui m'encouragèrent et en 1956, je trouvais mon premier engagement dans un cabaret de la rive gauche.

C'est en 1961 que j'ai enregistré mon premier disque avec dix chansons. Je m'écoutais à la radio, je me voyais à la télévision et en 1962, je chantais à l'A.B.C dans le programme de Juliette Greco. Je partais en tournée en France, puis à l'étranger. Ca marchait bien---

---J'étais content de moi.

En 1963, je rodais les dix chansons d'un deuxième disque pour préparer mon tour de chant à Bobino dans le programme de Georges Brassens. Ce fut un grand moment pour moi.

Et puis de nouvelles tournées en France et à l'étranger, et puis le livre que j'écrivais, les toiles que je peignais, le rêve qui me reprenait et puis un drôle de temps qui s'installait dans ma peau---

Je me suis réveillé en 1969. J'enregistrais un 33 tours, "Le voleur". Je rechantais au cabaret "Chez Georges", rue des Canettes.
Je repartais avec ma guitare, ma barbe, mes colliers, mes nouvelles chansons.
En 1972, je sortais un autre disque "La Liberté", "grand prix diapason" pour la chanson française, décerné par Luc Bérimont.
09-copie-2.jpg

En 1973, je quittais la ville pour habiter dans les collines de Gascogne, sur le lieu-dit "La Braoze". Je me remettais à la peinture, à la photo, sans pour autant délaisser la chanson.

En 1979, je sortais un nouveau disque "Les Oumpapas" (Le disque Vert) et je partais pour une grande tournée aux Etats-Unis.


Ainsi, je chante de villes en villages et ce qui m'amuse dans tout cela, c'est que je viens juste de naître---

----et je suis bien content de moi.

IMAG0010.JPG                          Aujourd'hui, les Grandes Cardères de La Braoze.










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commentaires

françoise 01/11/2009 10:44


tres emue par les chansons de luc que je viens seulement de découvrir.. oui c'est bien vrai et c'est bea "il faut toute une vie pour faire un homme" merci de me l'avoir fait decouvrir...


Lurbeltz 08/12/2007 16:34

Moi j'adore la photo de la mare. J'aimerais bien avoir la photo pour faire un agrandissement.

pinat 06/12/2007 13:47

le chat de romman est très beau

Topa 05/12/2007 21:28

(J'avais mis un premier commentaire, mais il n'est pas passé...)
Juste pour dire que c'est une belle idée d'aller fêter l'anniversaire de Luc Romann chez lui !... Mes chaleureuses penséees vous accompagnent...

Topa 05/12/2007 15:02

Quelle bonne idée que d'aller fêter l'anniversaire de Luc Romann chez lui ! Par la pensée, je serai avec vous tous...

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