28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 19:15
 
Mort du Gypaète barbu touché par deux balles,
la LPO porte plainte contre X.


Un acte de délinquance écologique : destruction d’une espèce protégée !

Le 11 janvier, un Gypaète barbu a été récupéré par les agents du Parc National des Pyrénées de la vallée d’Aspe suite à un choc avec un véhicule. La radiographie a montré qu’il portait deux plombs de chasse : un dans le muscle pectoral et un autre dans la patte.
Le 15 janvier, la LPO porte plainte contre X pour destruction d’espèce protégée auprès du Tribunal de Grande Instance de Pau et se constitue partie civile dans cette affaire afin de dénoncer ce geste irresponsable.
Depuis le 11 janvier, les spécialistes du centre de soins Hegalaldia au Pays basque où il avait été accueilli, ont tenté de sauver ce gypaète fortement amaigri à son arrivée. Son état de santé s’est fortement dégradé vendredi 25 janvier et il est mort dans la nuit.

Gypaète barbu, le rapace le plus menacé d’Europe !

Seuls 28 couples sont présents à l’échelle des Pyrénées et moins de 150 à l’échelle de l’Europe. Le gypaète barbu a déjà un très faible taux de reproduction, un seul jeune par couple parvient jusqu’à l’envol tous les trois ans en moyenne. Les chances de survie des jeunes sont maigres : un seul jeune sur trois seulement atteint l’âge adulte. La partie occidentale des Pyrénées voit l’aire de répartition du gypaète s’amoindrir d’années en années, les couples ayant de plus en plus de mal à trouver un lieu à l’abri des dérangements.
Cet oiseau avait atteint l’âge adulte et il aurait pu permettre que quelques jeunes parviennent à l’envol et concourent à l’avenir de cette espèce dans les Pyrénées-Atlantiques.
Pourtant c’est une espèce protégée, au niveau international et en France par la loi du 10 juillet 1976 et de l’arrêté du 17 avril 1981. Il fait l’objet depuis 1994 de divers programmes de préservation en Europe et dans les Pyrénées. Il bénéfice d’un plan national de restauration initié par l’Etat en 1997 et animé par la LPO avec une cinquantaine de partenaires. Tous s’investissent au jour le jour à travers tout le massif pyrénéen pour préserver ce joyau emblématique de la biodiversité dans les Pyrénées.
Mais avec des effectifs aussi faibles, toute perte d’un seul individu met à mal la dynamique de population. Si, en plus des causes naturelles de mortalité, en plus des dérangements en période de nidification, certains individus irresponsables tirent délibérément sur les Gypaètes, qu’en sera-t-il de son avenir dans les Pyrénées ?

Un geste incité par les appels récents au tir contre le vautour fauve ?

Les campagnes récentes anti-Vautours fauves (espèce protégée elle aussi !!) ont pris récemment une autre envergure. Elles ont été amplifiées par certains élus locaux qui incitent désormais leurs administrés à la gestion de ce problème par les armes. Ce tir sur ce gypaète serait-il une conséquence directe de ces propos ?

Co-signatures : LPO/ GEOB/ OCL/ LPO Aquitaine/ Hegalaldia et PNP

Tous les renseignements sur l'autopsie :
http://www.hegalaldia.org/

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commentaires

Dupdup 28/01/2008

Le gypaète a l'habitude de tomber sur un os ! Mais là, des os en plomb, c'était effectivement un peu trop dur pour lui. Comme bien souvent, ce genre d'accident n'arrive que parce que certains propos ont été tenus.
On dit que le poète Grec Eschyle est mort à cause d'une tortue qui lui a été balancée sur le crâne par un gypaète. Tu sais si c'est vrai ? Si c'est le cas, éduque les gypaètes pyrennéens à laisser tomber des tortues sur le crâne de nos valeureux nemrods !

jenofa 28/01/2008

Euh--- si c'est vrai? Pour tout dire, je n'y étais pas.
Mais mon Picard de papa, lorsque je vivais à Paris, m'a souvent raconté cette histoire.
Et grâce à lui, le Gypaète, alors que nous habitions bien lloin des montagnes, a toujours fait partie de ma vie.
Ces magnifiques oiseaux, il faudrait en tout premier lieu les dresser contre les irr"esponsables" politiques, populistes surfant sur la vague d'une "ruralité" plus que douteuse et qui manipulent les reliquats d'une société paysanne à la recherche du premier bouc-émissaire venu.
Se trompent de cible et ça en arrange certains.
Giono, lui, face à la société paysanne déjà sur la voie de la déliquescence plaçait "les ministres à culs de hyène". Pas sympa pour les hyènes, mais chacun traduira.

michèle becker 29/01/2008

Un élu se doit de respecter les lois et de les faire respecter, pas d'agir selon ses désiratas personnels.
L'incitation à la violence par delà les lois et surtout le manque d'intelligence minimum quand à la protection des espèces en voie de disparition est un geste grave dont il doit répondre non seulement devant les autorités compétentes, mais devant les générations futures qui désirent voir la faune pyrénéennes autrement qu'en photos jaunies où dvd pour touristes.
Je trouve HONTEUX l'acharnement de certains "élus", qui refusent d'évoluer et qui se conduisent de façon irresponsable où lâche, tout comme des MAFIEUX!
Qu'ils pensent au futur, si seulement la lecture de ce blog pouvait leur mettre un peu de plomb dans la tête!!!! et leur apprendre à respecter le droit de leurs enfants à vivre plus tard sur une planète autre que DESERTIQUE

Dupdup 29/01/2008

Michèle a raison : s'il faut mettre du plomb dans la tête, c'est bien dans celle des élus et non dans celle des gypaètes.

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