Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 11:39

Quelques poèmes de Brigitte Fraval.

 

 

saule-tombe-016.jpgMerci Brigitte!

Merci pour tout!

Et même au-delà de tout.


  Lune 

 

Silhouette ciselée sur la lune claire,

Sourire à peine esquissé , mystère,

Elle attend le réveil des réverbères ,

Le bruit de ses pas durs sur la terre

Bruissante des givres de l'Hiver .

Il viendra celui qu'elle espère .

Il viendra dans une brume légère

Ses yeux d'ombre grand ouverts ,

Jetant à la nuit son rire solaire .

Il viendra goûter la lumière

Qu'elle a scellée à ses paupières .

Sur la table ,quelques branches de lierre,

Une carafe rubis et deux verres.

Il viendra , C'est comme une prière

Tant que les réverbères encore éclairent,

Boire le vin et caresser sa peau amère

Il viendra avant que ne se referme la terre

Sur le silence de ses rêves éphémères .

 

L'absence 

 

La morsure au creux du ventre,

Fleur vénéneuse du doute

Roule sa houle douloureuse

Là où le cri prend vie,

Là dans l'étranglement.

Gorge dure nouée au silence .

Les secondes coulent les heures

Au sable froid de l'attente .

Terreur muette de l'oubli,

Lames glacées en fulgurance

Les battements lourds du coeur

Cognent aux tempes , durs , lancinants .

une porte claque , espoir meurtrier ,

Sussuré par un vent mauvais

Qui vient battre au seuil

Le rappel de l'absence .

 

Petite vie

 

Recroquevillée , tête dans les genoux ,

Petite vie sans horizon ,

Petites envies sans passion ,

J'ai oublié d'être debout .

Le regard vrillé sur l'horizon ,

Pulsations à peine au creux du cou

Comme des mots trop doux

J'ai oublié le feu de la déraison .

Mains ouvertes ,vides de tout ,

A peine l'espoir d'un bourgeon

Dans l'entrelac des sillons ,

J'ai oublié d'aimer les vents fous .

Détenue consentante d'une prison,

Où dorment tous mes dégoûts ,

Gisent mes rêves sens dessus -dessous ,

J'ai oublié que la vie se fait de moissons .

Dans un murmure , un souffle , un rien , un tout

Une dernière lueur ,ultime oraison .

 

Saisons

 

Laisse filer le vent

Sur les plaines sombres .

L'été s'est immolé

Aux derniers feux

Des rires clairs de la mer.

Laisse venir le givre

Aux herbes perlées .

L'automne s'en est allé

Dans l'odeur puissante

De la terre endormie.

Laisse les parfums frémir

Aux matins de soie pâle .

L'hiver a déposé ses brumes

Aux voiles légers

Des aubes nouvelles.

Laisse éclater les ors

Au ciel ivre de bleu.

Le Printemps s'est esquivé

Accrochant son velours frais

Aux regrets des lilas éteints.

Laisse glisser le temps

Au sablier des heures.

Il est la vague

Qui porte à sa frange

L'entêtement farouche de la vie.

 

Vertige

 

Ligne d'horizon

Nette , tranchante ,

Si loin de sa source d'ambre .

Ni or , ni brume ,

Juste un trait  .

Dur sur l'encre des abîmes.

Etreinte du vent

Apre , glacée

Si loin du feu des étés .

Ni chant ,ni caresse ,

Juste une lame .

Silex sur le silence de la grève.

Sur ma peau impatiente

Inquiète ,absente ,ta main

Si loin de ce qui fût .

Ni glace ,ni braise.

Juste un leurre

Sur mes paupières closes.

 

 

 

  NB; J'ai emprunté le titre de ce "post" à une chanson de Véronique Pestel.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

maixan 14/10/2012 18:04

....Mains ouvertes...vides de tout....

S'il reste l'espoir d'un bourgeon....

En attendant que LA VIE devienne moisson...C'est beau !!!

babou 14/10/2012 15:31

Je tire mon chapeau, madame, quelle plume !

Présentation.agerpen

  • : Le blog de Jeno l'écolo Jenofanimalhumaniste
  • Le blog de Jeno l'écolo Jenofanimalhumaniste
  • : Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
  • Contact

Rechercher Sekatu.