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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 20:24

Et oui, 25 Novembre! L'anniversaire de ma fille et le jour où tout bois prend racine!

En Basque, automne se dit  "Udazkena", ce qui signifie "Le dernier été".

Quelques petits problèmes d'ordre technique entre temps. Donc, je vous le sers seulement maintenant, ce beau texte de  Daniel Labeyrie, dont l'amitié est aussi immuable que le déroulement des saisons.

 

Gaztain-neguan-013.jpg

 

Le 25 Novembre

 Quand la bûche siffle et chante... BAUDELAIRE

 

 

            Après avoir ouvert les volets de la cuisine, j'ai pris une brassée de petit bois bien sec avec quelques pages d'un vieux journal  que j'ai froissées puis, avec une allumette,  j'ai allumé le feu dans la cheminée...Très vite, le feu a pris ses aises pour se nourrir de ce bon combustible : la pièce s'est éclairée, une douce chaleur s'est répandue grâce à la pose de bonnes bûches de derrière les fagots.

            J'ai laissé le feu à ses occupations pour aller déposer des graines dans la mangeoire des oiseaux,  placée sur une branche du laurier-sauce ainsi qu'un pain de margarine pour les mésanges et autres passereaux: le temps étant très maussade, j'avais pris soin de chausser ma paire de bottes. Bien vite, les mésanges bleues, merveilleuses équilibristes, sont venues becqueter la provende hebdomadaire.

            Les sautes de vent aussi capricieuses que les averses de grésil alternaient avec quelques fugaces rayons de soleil donnant au paysage une douce lumière. La pluie chantait dans les gouttières et des petits ruisseaux inattendus se promenaient dans l'allée pour aller rejoindre le ru en contrebas qui lui aussi entonnait son refrain.

            A la faveur des bourrasques, quelques corneilles sillonnaient les gris du ciel  et c'était un grand plaisir de marcher sur le sol spongieux du verger où les bottes s'enfonçaient … Il me revenait à l'esprit le sentiment quelque peu nostalgique de l' enfance où le petit garçon cherchait une harmonie avec le monde, harmonie qui par la suite se révéla à la lecture des poètes des quatre coins du monde.

            Entre deux averses, sur le dernier pommier, trônait la dernière pomme, haut perchée sur une branche de la cime; ce dernier fruit de l'année ravira quelque oiseau ou quelque frelon téméraire non encore vaincu par les premiers frimas.

            Les platanes s'amusaient à laisser tomber leurs feuilles une à une dans l'allée: muni du râteau, je les rassemblais pour les entasser dans la brouette: elles furent répandues sur le chemin de terre.

       Dans la ferme voisine, la cheminée ne fume plus: il n'y a plus de feu , feu le voisin s'en est allé dans l'au-delà sur la pointe des  derniers jours d'automne et il me fait peine de ne plus voir la moindre volute au- dessus des tuiles rouges.

            Dans le trou du vieux mur, pas le moindre bourdonnement : les abeilles ont pris leurs quartiers d'hiver; il faudra attendre le mois de mars pour les revoir fêter la floraison des pruniers.

            De retour dans la cuisine, une soupe fumante aura eu le mérite de réchauffer mes vieux os. Derrière les carreaux de la fenêtre, la pluie redouble d'énergie et les petits oiseaux mouillés viennent s'abriter  sur le fil à linge  de l'auvent. Le feu semble content ,il compose ses flammes ondoyantes en spirales subtiles et chatoyantes;

            Et si le bonheur n'était que cela, un sentiment de bien-être, une heureuse simplicité, un regard  léger qui se dépose sur les choses  sans les retenir, une contemplation de l'éphémère.

 

Daniel LABEYRIE

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commentaires

jenofa 22/01/2011 14:21


Coucou, Topa!
Petite précision; la photo de la cheminée, c'est chez moi. C'est autour d'elle, seule source de chaleur de la maison, que nous nous réunissons avec Daniel et quelques autres chaque année le 25
Novembre, anniversaire de ma fille. Depuis quelques années, pour des questions pratiques, c'est le 1er Janvier.
Cheminées du Pays Basque, unissez-vous pour rester différentes!


Topa 22/01/2011 13:00


Bravo et merci Daniel de nous ouvrir la porte de ta maison...


fraval brigitte 20/01/2011 18:39


Je ferme les yeux ,laisse mon esprit divaguer jusqu'au joli temps de l'enfance,ce temps d'incandescence , ou dans les flammes follettes ,j'imaginais ,vagabonds incertains , tous mes rêves
d'aventure.


Jeno l'écolo 17/01/2011 21:14


Je crois que Daniel, tout nouvel internaute, va être content.


lebabel.over-blog.com 17/01/2011 21:05


"il me fait peine", ou bien "il me fait deuil" est un régionalisme venu de la montée de Toulouse vers les sommets de neige. La langue mise au pas par Anchois Pommier n'emploie en ce cas ni le
factitif, ni même le vieux sens du vieux verbe douloir, qui fit dire à Apollinaire "je me deux sans toi". J'entends Battixe, une connaissance perdue de vue, et le vieux Père Santaner me parler à
nouveau avec des r comme des cailloux dans le torrent en crue, la voix comme un petit pont au-dessus d'une faille, menant de la gorge au coeur.


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