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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 17:00

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

 


Celui qui se lève tard ne voit pas le lézard

en train de se brosser les dents … proverbe massaï

 

 

                        Quand bise souffle, quand  les frimas s'accrochent à la moindre brindille, vous jouez les invisibles , terrés, cachés dans les lézardes, les fissures des vieux murs , modestes hibernants calfeutrés dans des minuscules repaires totalement inaccessibles à vos ennemis de tout poil.

 

            Lézards des murailles,sans faire montre de la moindre arrogance, vous êtes des hédonistes: vous savez deviner à distance la moindre  apparition  ne serait-ce que brève d'un rayon de soleil pour vous prélasser afin de réchauffer votre sang froid:

 en dignes princes du farniente, vous passez des heures à ensoleiller votre fine cuirasse .

 

            A la moindre alerte, vous prenez la poudre d'escampette pour vous faufiler dans la première cachette venue. Etonnamment silencieux, vos courses- poursuites font de vous des espiègles farceurs , incapables de la moindre agressivité à l'égard du genre humain.

 

            Gare à la mouche imprudente, gare au ver de terre égaré sur votre territoire, gare au criquet des jours de canicule, gare à l'araignée échappée de la remise : toutes ces bestioles finissent dans votre petite gueule allongée.

 

            A la moindre averse , au moindre roulement de tonnerre, vous désertez les terrasses, les toits brûlants, les éboulis, les pans de murs des masures, les dalles effondrées pour vous insinuer dans d'infimes abris connus de vous seuls.

 

            Petits reptiles sauriens, chez vous il n'y a pas de lézard, il n'y a pas le moindre problème, votre  devise: la vie au soleil, c'est-à-dire faire le lézard , paresser...

 

            Parfois les enfants se jouent de vous, vous mènent une vie impossible, vous attrapant par le bout de la queue dans des éclats de rires déconcertants.

 

                        Vos chutes vertigineuses du haut des toitures, vos bagarres infernales n'ont jamais fait peur à la moindre mouche mais la couleuvre verte et jaune vous regarde d'un drôle d'œil !

Elle sait attendre le moment propice pour vous estourbir : cruelle destinée pour des petits cousins

 du crocodile.

 

            Nous n'avons de cesse d'admirer votre remontée rapide des murs, alpinistes chevronnés, vous atteignez en quelques secondes le faîtage des maisons où votre liberté se décline

 au rythme solaire de la belle saison.

 

            Parfois vous vous risquez à vous introduire dans la cuisine, voire une chambre . Cette curiosité est toujours intéressée car le moindre moucheron , le moindre cloporte sera happé

en un fragment de seconde : comment vous remercier de votre visite ?

 

 

 

Petits princes des murailles, courez, lézardez,  continuez d'enchanter nos étés !  

 

 

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commentaires

Jeno l'écolo 28/05/2011 22:26


Une fois ici, alors que j'allais sortir pour étendre le linge sur la terrasse, j'en ai trouvé une contre la porte. Elle venait juste de commencer à manger un rat. Je l'ai laissée tranquille et suis
revenue au bout d'une demi-heure. Elle s'était endormie, lovée en rond.
Une autre fois, j'en ai vu deux en parade nuptiale. Un caducée, magnifique dans le soleil. Elles s'enroulaient l'une à l'autre, à la verticale, puis tombaient, puis recommençaient. Quelques jours
plus tard, en entrant dans la cabane du potager, je veux prendre une houe en suspens et sur la fer de la houe, je vois ces deux grands serpents accouplés. Je m'en vais et reviens une heure plus
tard.Ils se poursuivaient comme des bolides entre les outils. Chaque année, je vois la femelle entrer pour pondre dans le compost et à l'automne, je trouve les oeufs, vides. Pendant l'été, je
n'ouvre pas le compost, pour ne pas faire de carnage.


brigitte fraval 28/05/2011 22:15


Un jour , je rentrais des courses et je trouve une vipère lovée sur le pas de ma porte .Vraiment aucune possiilité de rentrer .Et bien j'ai attendu trois bonnes heures que la demoiselle daigne s'en
aller . A part lui jeter des pierres pour la faire fuir , je ne voyais pas d'autre solution .J'ai bien essayé un gravillon mais ça ne l'a pas impressionnée du tout .Quand j'ai raconté l'histoire ,
tout le monde s'est foutu de moi évidemment .


Jeno l'écolo 28/05/2011 21:54


Moi, mon papa me prenait par la main et me conduisait voir la couleuvre dans le compost. Depuis, tu n'imagines pas tout de dont je suis capable pour les sauver!


brigitte fraval 28/05/2011 21:50


Les lézards et les couleuvres .Je ne sais même pas ce qu'ils devenaient les pauvres ,après que nous les ayons laissé tomber à terre avec des cris d'orfraie .J'espère que quelqu'un prenait la peine
d'aller les remettre dehors . les orvets aussi...j'oubliais les orvets !


Jeno l'écolo 28/05/2011 21:35


Ils sont cons, les garçons! (rires).


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