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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 14:40

 

 

 

 

   Une contribution de Gilles Marchal. 

 

    Cette  idée baroque, qui nous vient d’un maire de la Sarthe, conseille vivement aux ruraux et aux banlieusards d’élever deux poules ; l’intention est assez géniale au premier abord mais il faut en peser le pour et le contre. Le « c’est bon pour la planète ; ça respecte l’environnement ; c’est un acte citoyen » et autres fadaises (d’Étretat) laissons-cela et voyons le côté pragmatique de la chose.

Le ‘pour environnemental.’

         Pourquoi 2 au minimum ? Ce gallinacé est d’instinct grégaire comme beaucoup d’espèces et de ‘races’ ; une seule ne survivrait pas longtemps. L’intérêt de ce mini élevage, peut vous apporter un petit quelque chose. Une poule c’est fascinant, ça a l’air gauche mais c’est adroit, c’est simple à apprivoiser mais attention le phénomène d’imprégnation, connu chez les oiseaux, risque de vous poser quelques problèmes. (lol)

En revanche ; chaque personne jette par an, 200 kgs de nourriture, lesquels vont s’épandre sur des montagnes de déchets et nourrir toute une flopée d’animaux qui n’ont rien à gagner dans ces tas de détritus sinon des maladies.

Habitat : pas besoin de beaucoup de place, si vous pouvez disposer d’un parcours extérieur la journée, 5m carrés fermés leur suffiront pour dormir. Mieux vaut surélever un perchoir et répandre de la paille en dessous.

Pondoir : deux cageots matelassés de paille à 30cm du sol mais à l’abri et dans une semi obscurité pour éviter qu’elles pondent n’importe où.

Propreté : bof, pour deux poules il suffit de changer la paille sous le perchoir et les pondoirs une fois par mois (une petite botte par an suffit (5  à 6 euros)

Petit tuyau : vous pouvez faire du compost avec la paille mélangée aux fientes. Au printemps, ce compost mélangé à de la terre de taupinière et vous aurez des fleurs magnifiques sans aucun besoin d’ajoûts pour gogos.

Nourriture :

Deux poules, c’est une bonne poignée de graines (mélange poules) 2 fois par jour et par nénette coût (20 cmes d’euro/jr) si vous les nourrissez trop, le surplus peut attirer des rongeurs. Toujours leur donner de l’eau propre et vérifier en hiver qu’elle ne gèle pas. En revanche, toute la bouffe que vous aller jeter (restes d’assiettes, pain, légumes d’épluchage, gras de viandes enfin tout) fera la joie de vos poulettes.

Liberté :

Si vous le pouvez, Laissez-les en liberté, elles regagnent leur poulailler chaque soir, vous n’avez plus qu’à le fermer

Résultats : selon la race, 150 à 180 œufs par an et par nénette sur une période de 3 à 4 ans. Renseignez-vous auprès de fermes avicoles. La qualité des oeufs vous laissera sur le cul, tellement vous êtes habitués à manger des  trucs insipides de couleur indéfinissable. J’ai huit poules qui me donnent 30 à 35 œufs par semaine. J’en offre à mes amis et voisins, pour lesquels c’est bien mieux qu’un bouquet. Elles ont un poulailler de 200 m/carrés et d’octobre à mars, elles sont libres.

 

Indignez-vous bon sang !

En batterie, la loi permet 7 à 10 poules au mètre carré (rendez-vous compte c’est horrible) qui ne verront jamais le jour, ‘nourries’ aux farines animales, aux antibiotiques et aux anti-dépresseurs. Ces pauvres bêtes forcées, sont tuées à 83 jrs alors qu’il faut 6 mois pour faire un poulet digne de ce nom et libre. Il leur est impossible d’étendre leurs ailes ni de gratter le sol. Ce sont des tapis roulants par lesquels partent les œufs et les fientes osu le désintérêt de l’égoïsme national.

Autre chose ; les poules sont des animaux vivants, eh oui c’est con on l’oublie souvent ! Et par cette appellation ridicule pour un éleveur, elles sont sensées donner la vie, c’est à dire ; pondre. Par instinct, elle cherche un endroit tranquille, pas si simple dans un mètre carré. Dans les camps, on se chiait dessus.

Enfin quel bonheur ! Arrive la bouffe dégueulasse et honteuse que VOUS INGEREZ. Essayez d’imaginer dans quelle folie et tortures vivent ces animaux. Imaginez le vacarme incessant, le stress de ces bêtes élevées par dizaines de milliers DANS UNE ODEUR épouvantable, une chaleur qu’elles détestent et une lumière dure, digne d’une cellule d’un condamné à mort.

Pensez-y souvent et ne croyez pas ces pubs mensongères. Ces massacreurs, au même titre que ceux qui torturent les bovins et les suidés, participent à la décadence de notre société. Il s’agit de faire le plus de fric possible avec le moindre effort, toujours au préjudice de l’animal Ex ; elevées au maïs… tu parles, le maïs ogm est distribué avec colorants une semaine avant que la bête soit électrocutée.

Oui, mais c’est un job qui contribue à nourrir les Français ! Non, ce sont des gens pourris par un système tyrannique qui détruit le vivant dès la naissance.

Ah oui mais grâce à l’industrialisation du vivant, cela permet aux plus économiquement faibles d’accéder aux protéines à des prix compétitifs et abordables… Eh oui, le système est imparable. U comme Ubu. Leclerc, général de divisions pyramidales. Auchan, une grosse faute d’ortograf. Intermarché ; tout pour sa gueule. Les animaux sont transportés dans des camions et des trains pendant des jours sans boire sans nourriture pour la SEULE raison qu’ils sont moins chers étant vivants à l’arrivée. Ca ressemble beaucoup à certains wagons. On déportait bien des gens, alors des bêtes …

Il y a 60 ans, on partait à bicyclette dans les banlieues pour y trouver de quoi bouffer. Aujourd’hui on va en bagnole bourrer son coffre de toxines. Près de chez vous il existe sûrement quelques bouseux, deux trois cambroussards (pas des verts surtout pas ; bourrés d’opm- organismes politiquement modifiés) qui respectent ce que la nature leur propose. Il y a des marchés, de petits éleveurs têtus et courageux.

 

 

Le contre environnemental.

         Cette idée me semble surtout dirigée vers les citadins venus à la campagne pour des tas de raisons. On se souvient de ces babas, parents des bobos, qui sont partis élever des chèvres dans lou Larzac sous les quolibets des indigènes. On coupait du bois à coups de hasch et on ‘sciait’ à la belle étoile en se torchant avec des feuilles, un festival pour les tiques qui participaient hautement aux impactions fécales. Y’ avait jamais de nuit sans guitares. (Claude Lemesle) La belle époque du ‘peace and love’ devenue rapidement le ‘chaude pisse by love’. C’était bien c’était chouette, chez chevrette.

Aujourd’hui, il y a belle lurette que les agriculteurs vont faire leurs courses dans les hypermarchés et ne s’embarrassent plus d’animaux de ferme. Que voulez-vous ; « L’amour est dans le prix. »

Petits tuyaux : pas la peine d’éjointer vos poulettes, en revanche, pour éviter qu’elles se transforment en carrelet sur le milieu de la route, il suffit de couper l’extrêmité de la rémige secondaire d’une seule aile (indolore) pour la déséquilibrer en vol.

         Le coq ne sert à rien dans le cas d’un mini-élevage. Il n’empêche pas la poule de pondre, il n’est pas là pour ça et de plus il les blesse, parfois gravement, de son éperon et de son 4ème doigt. Il fait les nids, défend ses poules contre certains prédateurs, freux, corbeaux, buses, rats et mustélidés. (le mien, « casse-couilloux » s’est même battu contre un chien)

A noter que notre emblème national devrait nous faire réfléchir quant aux expressions utilisées lorsqu’il s’agit de redorer notre slip kangourou. Il n’y a pas de pénétration chez môssieur, ça frotte ça frotte et ça se dégonfle.

En revanche il peut créer des nuisances. Il ne faut pas oublier qu’un coq ça chante et que nous sommes en France, pays boursoufflé de loi plus imbéciles les unes que les autres. Nombre de procès sont gagnés par des crétins qui considèrent qu’ils n’ont pas quitté la ville pour être dérangés par des chants. Chez moi, village dortoir, une annonce de la mairie demande à ce que les coqs soient mis en sourdine. En revanche aucun problème pour les tondeuses, les engins de tout poil qui vous assourdissent.

Les maladies : ne vous laissez pas décourager par elles. Avec peu de poules et une plume d’espace, elles sont rarement malades. Pour éviter les problèmes l’hygiène est une condition indispensable. Evitez autant que possible, ce que les jardineries vous proposent de chimique ; sur le sol, un berlingot d’eau de javel par mois suffit.

Les parasites comme les mallophages (poux) les poux rouges (les indiens –lol) sont acariens tenaces mais rares sur un petit élevage. La gale déplumante et la gale des pattes surviennent au printemps et en été. Encore une fois ces petites bébêtes ne sont pas fréquents chez deux individus.

Tentez l’expérience : Quand vous partez en vacances, vous trouverez toujours un voisins pour les nourrir et prendre les œufs pour leur consommation. Et surtout, si vous avez des enfants et petits enfants, faites leur ramasser ces œufs ; ils s’en souviendront toute leur vie.

 

Je suis prêt à répondre à toutes vos questions, même à celles qui fâchent. Pourquoi je fais ça ? Bah pour le fric hé hé !

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Published by Jeno l'écolo - dans Gilles Marchal
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commentaires

Dany 12/02/2015 01:34

Excellent article. Ceux qui n'aiment pas le chant du coq sont certainement les mêmes qui font couper l'arbre du voisin, à cause de ses feuilles qui tombent, hé oui , les arbres ça perd ses feuilles, il vaut mieux le savoir quand on vient habiter ' la campagne'.
Pour revenir au point de départ, le maire de Barsac ( Gironde) a donné à tous les administrés qui le voulaient, des poules pour manger leurs déchets de cuisine et réduire les volumes d'OM et ça marche: interdiction de la poule au pot sur le territoire bien évidemment!.

Jenofa 12/02/2015 11:07

Gilles, de là où il est, doit être content que tu aimes ces quelques lignes, Dany.

jenofa 04/10/2012 18:24

Marie-Madeleine, dans un coin de ta cuisine----- Les jours de beau temps, tu leur ferais faire un tour en poussette autour du lac. Non?

Gil 04/10/2012 13:25

Mais non, Jen ne le permettrait pas et elle aurait bien raison. C'est pour rire.

marie-madeleine 04/10/2012 11:20

Bon, de toutes façons, pour moi, la question ne se pose même pas!

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