Vendredi 16 mai 2008
 Ce texte, signé d'André Cazetien, maire honoraire de Mourenx et militant des Verts en Béarn est paru le 13 Mai dernier dans "La République des Pyrénées."


 A propos des trois oursons

 

Trois oursons viennent de naître au parc animalier de Borce . Trois magnifiques petites bêtes dont la photo très émouvante, vient d'être publiée dans les médias . Tout ce qui naît grandit, se développe, est un enrichissement de la vie et souvent un enchantement pour les humains que nous sommes ou croyons être . Mais, car il y a un mais, celà suffit-il à notre bonheur ? Les trois oursons sont destinés à vivre en captivité . Autour d'eux,  au-delà du grillage de l'enclos, il y aura la grande et si belle montagne, celle du " Moussu " , de ce grandiose animal en liberté . La montagne Pyrénéenne peut-elle devenir orpheline, par la faute de l'homme, de la bête dite sauvage qui se redresse sur ses deux pattes pour bien nous regarder ? René Rose, maire de Borce, initiateur de ce parc animalier, es-tu d'accord pour l'introduction au plus vite, en urgence, de deux ourses dans ta vallée, notre vallée aussi, afin que Cannelito, le petit de Cannelle, puisse perpétuer le goût de la liberté ?

André Cazetien.


                                Cannelle et son petit Cannelito. Photo Jean-Jacques Camarra        

 

Et moi, je ne peux m'empêcher de penser  à ces paroles de Colette,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Colette

dans son recueil de Chroniques "En pays connu" :

"Il n'est ni beau visage humain, ni pelage de neige, ni pennes d'azur qui m'enchantent, s'ils sont marqués de l'ombre intolérable et parallèle des barreaux".

 

par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza. communauté : Nature, faune et flore
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Vendredi 2 mai 2008

Une contribution de Françoise Chambier.

 

Le Mail Art ou art postal est un moyen de communiquer par la poste. L'art est désacralisé. Le message tient autant dans l'image que dans le texte. Les supports sont variés : enveloppes, cartes postales, collages, poèmes, objets. 
L'important, c'est qu'ils aient circulé par voie postale. De véritables réseaux de mail-artistes se créent à travers le monde.


 

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L'art postal (ou mail art) est une forme d'art détournant les éléments de la correspondance postale pour s'exprimer (décoration d'enveloppes et de cartes postales) et qui utilise la récupération, le détournement et toutes les techniques graphiques et plastiques.

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Il s'agit d'une pratique née dans les années 1960 dont l'origine remonte aux productions de l'avant-garde des années 1920 et du surréalisme. Elle consistait à adresser par la Poste des lettres, télégrammes, collage sur cartes-postales, objets, etc... afin de détourner les circuits traditionnels des musées, galeries ou institutions diverses, ou à subvertir le fonctionnement du marché.
Aujourd'hui, l'art postal est un échange créatif à travers le monde et permet de faire passer des messages grâce aux œuvres.

Chacun peut ainsi valoriser un thème qui lui tient à cœur, pour moi, l'OURS ! que je choisis dans mes envois et qui orne souvent ce que je reçois.

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Une belle manière, pour moi,  de rendre présent cet animal en danger.

                                                                                                                                         Françoise Chambier

 

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par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Lundi 21 avril 2008

 



Communiqué de presse 21 avril 2008

Cannelle : un jugement qui prépare le passé

 
La relaxe du chasseur qui a tué Cannelle montre que la nature reste mal connue et mal comprise de la justice. La loi protège les espèces sauvages en danger, mais il suffit qu'un homme muni d'une arme aille à leur rencontre et se prétende menacé pour que la protection disparaisse. FERUS se battra pour que la  jurisprudence évolue, comme  dans l'affaire de l'Erika où les préjudices subis par les milieux naturels ont été pris en compte après des années de refus par les tribunaux.

 Mais ce jugement ne change rien aux enseignements de ce lamentable épisode : la mort de Claude puis de Cannelle aura démontré la faillite totale des responsables politiques locaux, au premier rang desquels Jean Lassalle.

Fidèle de François Bayrou, Jean Lassalle, entré en politique en 1977 comme maire de Lourdios-Ichère, a vu ses pouvoirs s’accroître au fil des années puisqu’il est désormais député des Pyrénées-Atlantiques, conseiller général du canton d’Accous, vice président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, président de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn, président de l’Association des populations des montagnes du monde (à ce titre il voyage dans le monde entier), président de l’Association des maires des Pyrénées-Atlantiques. Il a même été président du Parc national des Pyrénées occidentales...

Il aura été toutefois incapable d’assurer la survie des derniers ours de la lignée pyrénéenne. Cette montagne de pouvoirs n’aura pas accouché d’une souris !

Qu’on en juge !

En novembre 1993, sous la pression de Jean Lassalle et de Jean Saint-Josse (Chasse Pêche Nature Traditions), Michel Barnier, alors ministre de l’Environnement, abroge les réserves dites "Lalonde" qui constituaient la seule protection de l’habitat de l’ours par l’Etat français (6 500 hectares soustraits temporairement à la chasse en battue, si perturbante pour les ours).

En 1994, Jean Lassalle est élu président de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn, un "machin" fortement subventionné par l'Etat, qui a entre autres pour mission de conserver la population d’ours des Pyrénées.

 En novembre 1994, des chasseurs de Borce (vallée d’Aspe) tuent l’avant-dernière femelle d’ourse pyrénéenne, "Claude", lors d’une battue aux sangliers, en plein cœur d’une ancienne réserve "Lalonde" !  Jean Lassalle vient soutenir les chasseurs,  lors de leur procès.

Dix ans plus tard, le 1er novembre 2004, l’ourse "Cannelle", la dernière de la souche, est tuée lors d’une battue aux sangliers par un chasseur d’Urdos. Toute la vallée d’Aspe sait qu’elle est accompagnée d’un petit et qu’elle évolue depuis deux mois sur le territoire de la commune d’Urdos. Rien n’y fera. Inertie de l’Etat, incapacité de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn à prendre les mesures qui s’imposent : chacun l’a constaté pendant les audiences au mois de mars dernier, tous se défilent. Comme à son habitude, Jean Lassalle est venu soutenir René Marquèze lors de son procès, distribuant ici et là des sourires, des mots apaisants et des poignées de main à tout un chacun.

 Tournons-nous vers l’avenir. Ce serait une juste réparation que des élus et des chasseurs valléens, appuyés par l’Etat, lâchent au minimum 2 ourses en Haut-Béarn. Ou les derniers des Mohicans vivent leurs ultimes années de mâles solitaires…

 

Rejoignez l'association FERUS !!!

 Suivez l'actu des grands prédateurs : newsletter FERUS !!!

 

Sandrine ANDRIEUX

FERUS http://ours-loup-lynx.info / www.ferus.org

Cannelle, "Mille ans vivaient en toi, reine des Pyrénées" On ne t'oublie pas, grande soeur!
par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Dimanche 13 avril 2008


Margolari eta idazle den Marc Large Xiberoalat jinen da Xan de l’ours
libürüaren presentatzera eta karia hortarat Le grand Chardon – Astobelarra
elkarteak algarretaratze bat antolatzen dü Maulen, Irati salan gei honekin :
« Leheneko eta oraiko Eüskal Herrian hartza »
2008ko apirilaren 19an
Zerbütxügüneko Irati salan
Hor dirate:
- Marc Large, Xan de l’ours libürüaren idazlea
- Jean Michel Bedaxagar eta Peio Serbielle xiberotar kantariak
- Andre Cazetien, ekologista eta Mourenx hiriko mera ohi.


A l'occasion du passage en Soule de l'illustrateur et écrivain Marc Large
qui vient présenter son livre Xan de l'ours (éditions Cairn) l'association
Astobelarra - Le grand Chardon organise à Mauléon une petite rencontre à la salle
Iraty autour du thème :
"L'ours en Pays-Basque hier et aujourd'hui"
Le 19 avril 2008 à 15 h
Rendez-vous à la salle Iraty du Centre Multi-services de Mauléon
En présence de :
- Marc Large auteur du livre "Xan de l'ours"
- Jean-Michel Bedaxagar et Peio Serbielle chanteurs souletins
- André Cazetien membre des Verts et maire honoraire de
Mourenx (sous réserve).


par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Jeudi 10 avril 2008
Une contribution d'André Cazetien.
Pour mémoire, André Cazetien est Maire Honoraire de la ville de Mourenx (64), romancier, essayiste, poète, militant des Verts Béarn, ami de l'Homme et de l'Ours.

Photo : Françoise Chambier.



Dans son réquisitoire au procès de René Marquèze, le tueur de l'Ourse Cannelle, dernière Ourse de souche pyrénéenne, le Procureur de la République a justifié sa demande de relaxe de  par l'état de nécessité de se défendre dans lequel se trouvait selon lui le chasseur. Il a déclaré vouloir rester strictement dans le domaine des faits et du droit et ne considérer que l'acte du tireur face à l'animal
Qu'il me soit permis de dire qu'il faut, pour un juste jugement, aller plus au fond des choses. Au début de sa plaidoierie, Maître Jean-François Blanco a déclaré que René Marquèze n'était évidemment pas le responsable de la presque disparition des Pyrénées de l'espèce ursine. J'ajoute qu'il est compréhensible que la population de son village d'Urdos soit venue lui témoigner sa sympathie et sa solidarité. Il n'en reste pas moins vrai qu'il faut rechercher les causes profondes de l'acte commis par un chasseur et de sa présence avec ses amis armés à l'endroit où vivaient l'ourse et son petit.
Depuis des siècles, l'Homme et l'Ours se disputaient le territoire de la montagne, encore que, à mon avis, l'Ours soit beaucoup plus pacifique que l'Homme. Par le fusil et le poison, ce dernier n'a cessé de combattre une espèce qu'il considérait comme nuisible et difficilement acceptable. La loi de l'interdiction de la chasse de cet animal a été promulguée il y a tout juste un demi-siècle. Mais cela n'a pas fait disparaître, dans le milieu montagnard, le sentiment d'opposition à cette présence. Les actes de malveillance n'ont pas cessé. Les inscriptions "Mort à l'Ours" "Non à l'Ours" fleurissent encore - si l'on peut dire - dans nos vallées. Des pots de miel contenant des bris de verre ont récemment été placés dans nos forêts.
Il est vrai que ces actes extrêmistes sont le fait d'une minorité. Mais il faut bien constater que des dirigeants des Sociétés de chasse et d'un puissant syndicat agricole, des élus politiques à tous les niveaux, font preuve à ce sujet de silences et d'un laxisme significatifs, quand ce ne sont pas des encouragements à contester l'utilité, la normalité de l'existence de l'Ours. Les incidents violents dans le village d'Arbas en sont le témoignage.
Faut-il après cela s'étonner que des chasseurs montagnards se retrouvent en des lieux qui devraient rester protégés, pour mener des traques pouvant conduire à l'affolement et à la mort de tel ou tel ours?
"Où sont les responsables? " a pu s'interroger à un moment le Procureur. Très bonne question.
La responsabilité de ce qui est arrivé à Urdos  se trouve dans la grave sous-estimation de ce que j'appelle aussi, mais avec un sens tout différent, l' "Etat de nécessité". Pas celui dans lequel René Marquèze affirme s'être trouvé, mais celui qui nous oblige à voir, et d'extrême urgence,  les chemins suicidaires pris par l'espèce humaine.
Au mois de Novembre dernier, à Valence, en Espagne, le GIEC, organisme de recherche scientifique créé par l'ONU, et récent Prix Nobel, a publié une déclaration qui contenait l'avertissement suivant:
"Du fait de l'activité humaine, des changements abrupts et irréversibles pourraient se produire au cours de ce siècle et rendre la planète méconnaissable."
Il y a un an, deux sénateurs de bords politiques opposés, au cours d'une journée d'audition publique au Sénat, ont parlé des menaces qui s'accumulent sur la planète, d'effondrement de la biodiversité. Un professeur -chercheur de l'Ecole des Mines a ajouté "Si les écosystèmes ne sont pas assez robustes pour encaisser le choc climatique, nous ne le serons pas non plus".
La maintenance de l'espèce ursine dans les Pyrénées s'inscrit dans cet "état de nécessité" dans notre "maison qui brûle". Et c'est parce que des dirigeants politiques continuent de regarder ailleurs que René Marquèze et d'autres chasseurs peuvent encore ne pas ressentir l'obligation morale de la maintenance de l'espèce ursine dans les Pyrénées.
La relaxe pure et simple de René Marquèze signifierait qu'il ne s'est rien passé d'anormal, ce jour là, au-dessus d'Urdos, et que les battues peuvent se poursuivre là où vit Cannelito, avec de nouvelles inscriptions "Mort à l'Ours" sur les routes lors du prochain Tour de France cycliste.
Une sanction d'ordre moral et financier serait une condamnation, non pas de René Marquèze mais du climat créé et entretenu par des élus, des "responsables" pour qui l'impérieuse nécessité de respect de la Vie est encore loin d'avoir force de loi. René Marquèze pourrait alors - je ne plaisante pas- prendre sa place dans l'histoire d'une lutte pour que notre "Terre Patrie" (titre d'un livre d'Edgar Morin) reste vivante.

André Cazetien.


Photo : Françoise Chambier.
par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Samedi 15 mars 2008
 
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Fabrèges.
 

Un texte et des photos de Françoise Chambier.

Depuis le Moyen-Âge, de nombreuses images associent l'ours et la gourmandise… Dans le Roman de Renard, sa goinfrerie et sa bêtise en font une victime désignée pour ses compères loup et renard. Le portrait qu'en trace La Fontaine n'est pas plus valorisant : paresseux, stupide, gourmand et maladroit.
Au travers des ouvrages sur l'ours ou en consultant des articles sur le net, la plupart des auteurs sont d'accord: l'ours est gourmand, glouton, goinfre, vorace, goulu, il se gave, s'empiffre, dévore, bâfre, engloutit, boulotte jusqu'à en crever !!!
Seule la littérature enfantine donne une image plus réaliste des rapports entre l'ours et sa nourriture.
Et pourtant, comme tous les mammifères, l'ours se nourrit pour vivre. L'homme de notre société est mal placé pour lui reprocher d'éventuels gâchis de nourriture.
C'est d'autant plus paradoxal que l'image d'un ours gourmet et amateur de bonne chère est largement utilisée dans les enseignes des auberges et des restaurants : on ne compte pas les établissements, dans les Pyrénées ou ailleurs, en particulier en Alsace et en Suisse francophone.
Quelques photos témoignent, qui mettent l'eau à la bouche…

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Arette.  

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La Pierre Saint-Martin.

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Cauterets                                                     
    
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Saint- Girons

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Axat



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Antichan




                                            

par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Mardi 26 février 2008
Sauver l'ours ou l'abandonner
aux ultrapastoraux éradicateurs :
l'Etat doit choisir 
(Une contribution de Patrick Pappola, alias Papours)/
 
Pour mieux comprendre la frange "ultrapastorale" de l'élevage pyrénéen, celle qui prone sa prééminence sur toute autre activité humaine en montagne et qui souhaite imposer son activité au détriment des espèces animales qui dérangent son expansion, il peut être utile de se livrer à un examen du discours que produisent ces éleveurs refusant par principe de mettre en place les solutions permettant d'éviter les prédations de l'ours sur les troupeaux : gardiennage estival continu du troupeau (c'est à dire présence effective du berger), regroupement nocturne du troupeau et présence de chiens patous pour éloigner l'ours et tous les autres prédateurs du bétail, homme compris (vols).
 
Il est en effet intéressant de voir comment ces ultrapastoraux cherchent à travailler l'opinion publique (mais aussi celle des décideurs et celle que délivrent les médias) pour décréter l'impossible cohabitation, n'hésitant pas pour cela à utiliser le mensonge par omission voire le mensonge tout court.
 
On peut se faire une idée de la teneur de ces omissions en mettant en regard les déclarations ultapastorales et celles des bergers, Techniciens Pastoraux Itinérants (TPI), tous bergers chevronnés et chargés de l'aide à la mise en place des mesures de protection sur les troupeaux. Cette étude comparative est très instructive lorsqu'on l'applique aux estives subissant des attaques d'ours. Cet article a été réalisé en comparant les données extraites du "Rapport d'activité 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants" et celles du site internet de l'association anti-ours l'ASPAP (Association Pour la Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées) concernant le compte-rendu de leur Assemblée Générale (AG) du 1er février 2008. 

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Piste de l'un des 3 derniers ours béarnais : le mâle mal nommé "Aspe-Ouest" à la recherche d'un femelle, en haute vallée d'Ossau, mai 2005.

Estive de Melles : des enjeux importants pour l'avenir de l'ours et du pastoralisme
 
Commençons par l'estive de Melles, estive sensible s'il en est car fréquentées par l'ourse "Vhala" et ses deux oursonnes, "Pollen" et "Bambou" autant dire, l'espoir des Pyrénées. De plus, après l'élimination réussie de l'ourse "Franska" (qui avait plus de 40 plombs de chasse dans le corps), "Vhala", "Pollen" et "Bambou" semblent être les nouvelles cibles désignées des ultrapastoraux éradicateurs d'ours. L'enjeu autour de cette estive est donc important. Que s'y passe-t-il ?
En 2006, cette estive a connu les attaques de "Vhala". Mais le troupeau d'environ 1300 bêtes y était mené sans aucune protection, sans patous et sans regroupement nocturne en dehors du regroupement effectué par les bergers itinérants appelés à la rescousse quand il était déjà trop tard pour mettre en place des mesures qui sont efficaces lorsqu'elles sont anticipées avant le mois de mai. Logiquement, durant l'été 2006, l'ourse "Vhala" a attaqué 20 fois environ sur presque 40 animaux.
En 2007 cette fois, voilà comment les ultrapastoraux ont présenté la saison d'estive (AG de l'ASPAP 2008) :
"----à Melles,
en Haute Garonne, "estive modèle du plan ours", malgré des moyens financiers colossaux, la saison d'estive fut catastrophique avec l'abandon de leur poste par les cinq bergers successifs".

.Est-ce la réalité ? Quelle fut cette "catastrophe" annoncée ?

En effet, dans le Rapport officiel 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants, le son de cloche est différent :
"Trois chiens de protection étaient présents cette année et trois grands parcs permettaient le regroupement nocturne".
; résultat des courses alors que "Vhala et ses 2 oursons sont passés régulièrement sur le secteur pendant l'été" : "une seule attaque a été relevée sur cette commune (...) mais après la saison d'estive, lorsque les brebis étaient redescendues et pâturaient librement."
 
Voilà des chiffres que les anti-ours se gardent bien de diffuser ! 2006, pas de moyens de protection = 20 attaques ; 2007, moyens de protection déployés = 0 attaques sur l'estive. Faut-il s'étonner que la pillule soit amère pour les ultrapastoraux et qu'ils cherchent à noircir le tableau coûte que coûte en annonçant une estive "catastrophique"!!! ? Ils se présentent comme des éleveurs professionnels (ce qu'il sont évidemment) et derrière cette légitimité, ils laissent entendre qu'eux seuls sont à même d'observer la situation, de l'analyser voire de la critiquer. Or il se trouve que cette capacité d'expertise n'appartient pas à eux seuls, les bergers itinérants de l'ETO (1) sont eux aussi des experts particulièrement chevronnés en matière d'élevage et de gardiennage des troupeaux. Ils sont d'ailleurs recrutés sur ces bases là.
 
D'autre part, et cet article s'inscrit dans ce mouvement, face aux mesonges et délits des ultrapastoraux, de plus en plus de citoyens, excédés de voir comment une minorité agissante est en train de réussir à anéantier l'ours dans notre pays, se sont intéressés à la question et deviennent à même de la comprendre, de l'expliquer et de dénoncer des mensonges reconnus comme tels par les experts officiels (le cas des veaux d'Aston où les anti-ours avaient tenté de mettre sur le dos de l'ours des bovins morts de la maladie du charbon est éloquent. Fort heureusement, des experts indépendants du monde de l'élevage avaient pu enquêter pour lever le poteau rose...).
 
Mais revenons au cas de l'estive de Melles : dans le Rapport 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants, on peut lire aussi que, cette estive étant désormais protégée, "les prédations de Vhala se sont décalées vers l'Est, en Ariège". Etait-ce étonnant ? Non seulement c'est logique mais en plus, c'était évidemment prévisible. On sait depuis toujours que si l'on protège d'un côté et pas de l'autre, le prédateur fait vite son choix, en toute intelligence : c'est globalement que ces mesures de protection doivent être envisagées. La mauvaise volonté des éleveurs de l'estive de St Lary, à l'Est de l'estive de Melles est responsable d'une situation que les ultrapastoraux présentent ainsi (AG de l'ASPAP, 1er février 2008): 

Estive du Barestet : une mauvaise volonté aux lourdes conséquences
 
L'ASPAP affirme pour les éleveurs du Groupement pastoral du Barestet à saint Lary que "Vhala a sévi tout l'été : bilan 9 attaques officielles, 30 bêtes indémnisées, le désordre permanent tou l'été pour retrouver les bêtes manquantes, 80 bêtes disparues... malgré le berger itinérant du suivi qui passait la nuit dans sa tente au milieu des bêtes."
 
Pourquoi ces éleveurs n'ont-ils pas mis en place les mesures de protection aidées par l'Etat qui auraient permis d'éviter la situation de cet été là et qu'ils auraient dû tester dès 2006 ?
En effet, on apprend que sur cette estive, déjà fréquentée par Vhala en 2006, aucune mesure de protection réelle n'a été anticipée ! Voilà ce que l'on sait de cette estive : "Troupeau d'environ 1200 brebis appartenant à au moins 7 éleveurs. Aucun chien de protection n'est présent pendant la saison d'estive et le groupement nocturne se fait en couchade libre." (Rapport 2007 des TPI). On aurait voulu créer la situation de l'été 2007 avec un garde-manger en libre-service pour l'ourse "Vhala" qu'on ne s'y serait pas pris autrement... Là encore, la version des ultrapastoraux ne mentionne pas cet absence total de mesures de protection.
Résultat, malgré un regroupement de 7 éleveurs (donc 7 employeurs potentiels), aucun renfort conséquent en terme de poste de berger n'a été prévu (malgré les aides possibles de l'Etat) et ce sont les TPI de l'ETO (1) qui s'y sont collés, gratuitement : (Rapport d'activité 2007 des TPI)"Plus de 100 nuits de protection ont été effectuées sur St Lary avec l'objectif de limiter les prédations en 2007". Et ce que les ultrapastoraux de l'ASPAP présentent comme un carnage "malgré le berger itinérant du suivi qui passait la nuit dans sa tente au milieu des bêtes." (AG de l'ASPAP) devient en réalité (Rapport d'activité 2007 des TPI)pour St Lary : "Ainsi, 77% des attaques et 91% des dégâts ont eu lieu en l'absence de TPI. Seules 3 attaques ont été effectives en présence des TPI, avec 1 brebis touchée par attaque dont 2 brebis blessées et euthanasiées par la suite."
Toujours rien sur ces dernières données dans la version ultrapastorale de la situation. Il est vrai qu'il est fort gênant pour eux de constater que lorsque le berger (TPI) est bien là et regroupe les bêtes la nuit, les prédations sont très faibles. Trop difficile aussi pour les ultrapastoraux d'avouer qu'à contrario, 91% des dégâts ont eu lieu en l'absence des TPI !
Enfin, suir cette estive, ce sont "13 attaques pour 34 animaux prédatés" qui sont reconnus officiellement (donc indemnisés) comme l'indique le rapport des TPI et non pas seulement "9 attaques officielles, 30 bêtes indemnisées"(ASPAP AG 2008) comme le disent les militants anti-ours pour essayer de dénoncer une sous-estimation officielle chronique des dégâts qui est imaginaire. Le dérochement d'Orlu tend d'ailleurs lui aussi à prouver le caractère imaginaire de ces sous-estimations.


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Aube basco-béarnaise : les Pyrénées, montagnes de l'ours, espèce toujours menacée de disparition si plusieurs nouveaux lâchers de femelles ne sont pas menés dans les mois ou années à venir.
 
Le dérochement d'Orlu : indemnisé "au bénéfice du doute"
 
Les anti-ours de l'ASPAP (AG 2008) expliquent que sur l'estive de Mourtès (commune d'Orlu) "L'ours a même précipité début juillet un lot de 94 brebis dans un ravin, depuis leur couche à 2400 mètres d'altitude (...) où le berger les avait regroupées pour la nuit. Trois patous étaient présents". Si l'on parcourt consciencieusement le Rapport 2007 des TPI, on constate qu'il n'y avait pas trois mais "deux patous" et surtout, que "la responsabilité de l'ours n'a pu être démontrée techniquement. Cependant, des dérochements ont été indemnisées au bénéfice du doute par l'administration, car le présence ursine était avérée sur ces mêmes secteurs à des dates similaires."
Dommage que l'ASPAP laisse entendre que l'ours est en cause de façon certaine et ne mentionne pas que l'indemnisation fut totale, car cela signifie la grande mansuétude très fréquente de l'administration pour indemniser des bêtes "au bénéfice du doute" (ce qui est une très bonne chose tant que cela reste honnête). A la décharge de l'ours, on sait qu'il y a toujours eu des dérochements massifs en montagne, l'expression populaire "moutons de Panurge" est forgée sur cette particularité chez les ovins. Combien de ces dérochements ont été prêtés à l'ours sans aucune preuve ? Ce fut le cas bien des fois les années précédentes. Les éléveurs, les bergers et les défenseurs de l'ours le savent en réalité très bien.
 
Les fabliaux de l'ASPAP
 
Toujours dans le compte-rendu de son AG 2008, l'ASPAP tente de nous convaincre la larme à l'oeil qu' "avant l'ours, un troupeau perdait moins d'une dizaine de bêtes en transhumance, dont la plupart étaient retrouvées et identifiées". Tout connaisseur ou observateur du pastoralisme pyrénéen ne peut que s'amuser de lire de tels mensonges. Qui compte-t-on embrouiller ?
 
De ces différents cas de figure, il ressort une mauvaise volonté manifeste de certains éleveurs et bergers ainsi que des tentatives répétées voire systématiques de travestir la situation réelle.

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Vue sur les falaises d'Urdos d'où la dernière femelle béarnaise, Canelle, fut tuée par le chasseur René Marquèze le 1er novembre 2001 avant que le corps de l'ours ne chute en contrebas de la paroi.
 
Aider les bonnes volontés, sanctionner les éradicateurs
 
Ainsi, au sujet des trois mesures de protection garantissant des moyennes de plus de 90% de baisse de toute forme de prédation sur les estives (2), les conclusions du Rapport d'activités 2007 des Techniciens Pastoraux Itinérants (TPI), sont sans ambiguïté :
"Malgré l'acceptation des TPI, il nous semble que peu d'éleveurs ou de bergers souhaitent changer leurs méthodes de travail suite aux prédations. Il est bien évident que de tels changements sont très lours à mettre en oeuvre et souvent plus contraignant que l'existant."
 
 
Si "peu d'éleveurs ou de bergers" évoluent, l'ours brun disparaîtra, c'est certain. Il faut agir sur ce facteur limitant considérable si l'on souhaite réellement un avenir pour cette espèce.
 
Or, comme pour les calamités écologiques graves qui frappent ce début de XXIème siècle (changement climatique, épuisement des ressources...), la société et les décideurs semblent dans une période de prise de conscience avec une volonté forte et sincère de changer de comportement afin de trouver et mettre en oeuvre des solutions pour sortir de la crise. Etudes, mesures techniques, juridiques, fiscales, financières et humaines sont convoquées pour apporter des solutions multiformes. Comme pour l'ours, ces solutions existent et sont connues, elles sont à portée de main ou existent déjà.
 
L'ours des Pyrénées peut-être placé dans cette perspective sur le thème de la perte de la biodiversité. La société (3), l'Etat (4), l'Europe(5), ont pris conscience de la nécessité d'agir efficacement pour qu'il puisse continuer d'exister des ours dans les Pyrénées comme depuis la nuit des temps.
 
A l'heure des conclusions de la mission d'évaluation à mi-parcours du plan de renforcement ursin 2006-2009, la balle est dans le camp de l'Etat : à lui de favoriser considérablement grâces aux mesures-solutions listées ci-dessus, les éleveurs et bergers qui font l'effort de cohabiter avec succès avec l'ours des Pyrénées. A l'Etat aussi de pénaliser fortement les formes d'élevage qui portent atteinte à l'ours. Surtout quand on sait que ce sont ces formes d'"élevage" sans gardiennage des bêtes et donc sans hommes en montagne de façon permanent en été, qui jouent le rôle le plus faible en matière d'entretien du paysage, d'ouverture des milieux (si le milieu a réellement besoin de rester "ouvert"...le débat est sociétale, philosophique et politique...) et de maintien de l'homme dans les zones rurales de montagne.(6)
 
Sauver l'ours des Pyrénées, c'est donc renouveler l'arsenal juridique contre les braconnages (toujours importants) et contre les atteintes à son biotope, c'est surtout poursuivre et augmenter les aides au gardiennage en zone à ours (aides à l'embauche de bergers) ainsi que toutes les mesures du plan ours actuel (héliportages de début et fin d'estive, indémnisation solide des pertes de bétail, aides techniques, prise en charge de l'achat des barrières de protection, de l'acquisition, de la nourriture et du suivi des chiens patous, amélioration des cabanes...etc...).
C'est, en contrepartie, agir réellement pour strictement conditionner toutes les aides à l'élevage en montagne à l'acceptation de l'ours et à la mise en place des trois mesures de protection connues et efficaces contre la prédation.Ceci, qu'il s'agisse des aides nationales ou européennes, aujourd'hui très importantes vis à vis de l'élevage ovin puisque seules ces aides lui permettent de perdurer voire de se développer. Sous des formes parfois préjudiciables à l'ours qu'il est alors indispensable de faire évoluer et non d'encourager telles quelles.
 
C'est à ce prix qu'un pastoralisme du XXIème siècle, cohérent, reponsable et en paix avec les attentes de la société pourra garantir le maintien de l'ours brun des Pyrénées au lieu de chercher, toujours en 2008, son éradication passive ou active :
"Garantir la survie de l'Ours brun d'Europe, c'est précisément conserver plusieurs noyaux stables partout où il est encore présent. (---) Quelle que soit l'espèce, reporter sur d'autres pays la responsabilité de sa conservation, c'est travailler, sans le dire, à sa disparition. Or la population pyrénéenne actuelle d'Ours bruns n'est pas viable". Ministère de l'écologie. 2006.
 
 
Tranchant avec cette prise de position officielle responsable, prélude au plan ours 2006-2009, les ultrapastoraux de l'ASPAP, de l'ADDIP et autres associations anti-ours s'enferment dans l'archaïsme en revendiquant (et en agissant hélas) pour l'éradication de l'ours des Pyrénées. Que ce soit une éradication active (battues contre l'ourse Franska jusqu'à l'acculer sur la route où elle fut percutée mortellement par une voiture en aout dernier et où elle fut retrouvée avec une quarantaine de plombs de chasse dans le corps) ou une éradication passive en faisant pression sur l'Etat pour qu'il laisse tomber l'ours, le laissant disparaitre en silence. Début février 2008 lors de son assemblée générale, l'ASPAP n'a-telle pas en core déclarée sans ambiguïté elle non plus, sa : "détermination à faire cesser définitivement le plan ours, et [sa] vigilance notamment face à la menace du remplacement des deux ourses mortes accidentellement." C'est faire clairement le choix d'abandonner définitivement l'ours dans les Pyrénées alors que de nouveau lâchers sont indispensable pour sauver l'espèce de la disparition (7)
 
Or, sur le terrain, la réussite et l'espoir sont là, il faut les favoriser à tout prix si notre pays tient vraiment à l'ours brun comme le disent des éleveurs et des bergers eux-mêmes :
"(---) ces réintroductions d'ours doivent bénéficier au pastoralisme, elles doivent permettre une meilleure prise en compte des besoins du pastoralisme, doivent lui permettre de moderniser ses équipements, de mieux faire vivre les bergers, de mieux entretenir la montagne.
Nous pensons que c'est sur ces thèmes qu'il faut réfléchir, agir, revendiquer. Si demain les ours étaient tous retirés des montagnes, est-ce que pour autant les problèmes du pastoralisme seraient résolus? Evidemment non(---) Le maintien de l'agriculture de montagne et de la faune sauvage pyrénéenne n'est pas impossible. Des éleveurs de groupements pastoraux ont déjà franchi le pas, les résultats sont là. Oui, les moyens de protection des troupeaux face aux prédateurs sont efficaces.(---) Association de Cohabitation Pastorale (La lettre de l'ACP Août 2007.
 

Nous pensons que ce sont sur ces thèmes qu’il faut réfléchir, agir, revendiquer ; si demain les ours étaient tous retirés des montagnes, est-ce que pour autant tous les problèmes du pastoralisme seraient résolus ? Évidemment non.(...)" "(...) Le maintien de l’agriculture de montagne et de la faune sauvage pyrénéenne n’est pas impossible. Des éleveurs, des groupements pastoraux ont déjà franchi le pas, les résultats sont là. Oui, les moyens de protection des troupeaux face aux prédateurs sont efficaces (...)" Association de Cohabitation Pastorale (La Lettre de l'ACP, aout 2007).


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La forêt de Melles, habitat de l'ourse Vhala et de ses deux oursonnes, Bambou et Pollen, l'espoir des Pyrénées pour les ours du "noyau central.

 A l'Etat de faire désormais ses choix : éradication passive de l'ours ou consolidation de sa présence avec soutien appuyé, renouvelé, renforcées aux bonnes volontés et sanctions strictes et sévères renforcées elles aussi contre les destructeurs de ce patrimoine naturel et culturel des Pyrénées et de l'humanité(8).
Une évolution législative est nécessaire : un délit d'apologie à la destruction d'espèce protégée est par exemple à créer, les sanctions en cas de dérangement volontaire ou de nouvelles "battues" (elles furent fatales à Franska) doivent être augmentées. Peut-on accepter qu'en 2008 une minorité fasse de la destruction de l'ours brun le moteur de son action ? La société, l'Etat doivent-ils laisser faire alors que de réelles solutions de cohabitation existent et sont appliquées sur le terrain chaque été dans les Pyrénées ? Peut-on accepter d'entendre aujourd'hui une minorité violente affirmer : "S'ils réintroduisent des ours, nous mettrons le feu à la montagne !" (de la bouche de la porte-parole de l'ADDIP en 2007 juste après que l'ours Franska ait été percutée par une voiture).
 
Enfin, l'Etat doit-il laisser l'ours dans cette situation alors que sans nouveaux lâchers dans un délai rapide, l'ours disparaîtra à coup sûr des Pyrénées ? Au-delà des remplacement évidents de Palouma et Franska, ce ne sont pas moins de 8 ours qu'il est urgent de lâcher dans les Pyrénées pour espérer sauver l'espèce et non simplement la laisser vivoter(7). Les français et les pyrénéens le veulent (3). Ce n'est pas une utopie : les italiens ont lâché avec succès 10 ours en 4 ans de 1999 à 2002 dans le Trentin. Dans les Pyrénées, les bonnes volontés sont là, il faut les faire fructifier et se montrer intransigeants envers les éradicateurs de l'ours, c'est aussi une question de démocratie.
 
Patrick PAPPOLA,
Simple citoyen attaché à des Pyrénées vivantes et sauvages AVEC l'ours.

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"Le Pic du Midi d'Ossau ne veille plus suffisament sur l'ours : de 6-8 en 1994 dont deux femelles, ils ne sont plus que 3  mâles à hanter les lieux. Les femelles (y compris Vhala et ses oursonnes) sont trop loin pour espérer les voir en Béarn. Seuls des lâchers de femelles en Haut-Béarn ("noyau occidental") permettraient d'éviter l'insupportable gaspillage d'un biotope très favorables à l'ours avec 3 mâles qui se morfondent sans femelles... avec leur patrimoine génétique unique en perdition."

 (1) l'ETO : Equipe Technique Ours regroupant les techniciens chargés du suivi des ours dans les Pyrénées. Les Techniciens Pastoraux Itinérants sont rattachés à l'ETO qui dépend de l'ONCFS (Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage).

(2) "La protection des troupeaux : fonctionnement efficacité, limites et optimisation", ACP, Pays de l'Ours ADET 2006. Cette étude menée de 2003 à 2005 auprès de 37 éleveurs et sur 18 estives montre que la seule mesure de protection "chien patou" (qui fait fuir l'ours) a fait baisser les pertes de ... 90 % !

(3) 100% des études d'opinion réalisées depuis une décennie montrent une adhésion sans faille et très fortement majoritaire des français et des pyrénéens au sauvetage de l'ours des Pyrénées. Deux exemples : "Les pyrénéens et la conservation de l'ours - Sondage IFOP- Pays de l'Ours ADET - février 2005" et "Les Français plébiscitent la présence de l'Ours dans les Pyrénées - WWF-ADET Enquête IFOP 2003".

(4) Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises - 2006-2009.

(5) L'Union Européenne soutient l'ours des Pyrénées à travers le programme "Life-Coex" concernant la coexistence entre les activités humaines et la présence de l'ours.

(6) Il est beaucoup plus facile d'agir pour la biodiversité en montagne avec des troupeaux en gardiennage, c'est à dire avec berger présent tout l'été et non pas seulement une fois par semaine puisque ces actions favorables à la biodiversité végétale consistent à faire pâturer les bêtes où elles ne vont jamais et où les versants s'embroussaillent. Sans berger, livrées à elles mêmes, les bêtes n'ont pas une tendance "naturelle" à s'aventurer dens ces zones broussailleuses pour s'en nourrir. De même, davantage d'ours dans les Pyrénées, c'est davantage de bergers en estive donc des Pyrénées "vivantes" (avec des hommes sur le terrain) et "sauvages" (avec une faune variée et respectée qui fait la joie de tous les visiteurs).

(7) "Avant les 5 lâchers de 2006, une étude publiée dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences (G. Chapron et al., CR Biologies 326, 2003), basée sur des modèles démographiques, préconisait les lâchers rapides d'au minimum 11 ours. Différée de 10 ans, l'opération ne réduirait plus le risque d'extinction. Or en 2006, seuls 5 ours ont été lâchés et deux sont morts ce qui fait 3 ours au lieu de 11 ... presque 4 fois moins que nécessaire !
Laisser la population d'ours française dans l'état actuel, c'est faire une croix définitive sur cette espèce et adopter une position revenant à éradiquer l'ours en France.
Sur base scientifique, on peut affirmer que si de nouveaux lâchers ne sont pas effectués rapidement, tout ce qui a été organisé depuis 1996 pour l'ours n'aura servi à rien". (extrait de "OURS : 10 erreurs fréquentes")

(8) Sait-on par exemple quel trésor de biodiversité nous avons perdu avec l'anéantissement par l'IPHB (Institution Patrimoniale du Haut-Béarn) des derniers ours pyrénéens de souche qui renfermaient dans leur patrimoine génétique les gènes les plus anciens de tous les ours de la planète ? (Recherches du Museum National d'Histoire Naturelle). Ne restent plus que le vieux mâle "Camille", le mâle "Aspe-Ouest" et le jeune mâle "Mohican" (dit aussi "Canellito"), l'ourson de "Cannelle", la dernière femelle béarnaise tuée par un chasseur le 1er novembre 2004. Ces trois derniers mâles recherchent désespérément leur femelle en l'absence de lâcher d'ourse décidées sur leurs territoires du Haut-Béarn et d'Aragon. Un énorme gâchis... que l'on pourrait alléger du jour au lendemain en décidant ces lâchers avant que les gènes de ces ours ne disparaissent définitivement avec la mort de leurs trois derniers porteurs.

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Le patou vient au contact dès qu'un élément nouveau (homme, ours, loup, renard, chien...etc...) s'approche du troupeau, pour le repousser ou le combattre lorsqu'il s'agit d'un prédateur. Il est légitime que les éléveurs qui l'utilisent comme un réel moyen de protection continuent de recevoir des aides de l'Etat. Mais la mise en place du patou dans le troupeau doit se faire avant la montée en estive pour que chacun prenne ses marques. L'idéal étant que le chiot dès son plus jeune âge s'imprègne du troupeau.
 

 

par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Jeudi 24 janvier 2008
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FERUS hostile au rétablissement des aides de l'Etat à l'IPHB.
 
Alors que le bilan à mi-parcours du plan de renforcement 2006-2009 de la population d'ours des Pyrénées n'a pas encore été écrit et qu'aucune concertation n'a commencé, la presse locale a fait état de la satisfaction  du président de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), qui espère conclure un nouvel accord financier avec le ministère chargé de l'Ecologie.
 
A plusieurs reprises, FERUS a dénoncé la duplicité de l'IPHB. Pendant plus de 10 ans, cette institution, inventée et présidée par le député Jean LASSALLE, a profité du manque de rigueur et de la pusillanimité de l’Etat. L'IPHB devait démontrer  la supériorité d'un organisme dominé par les élus locaux, sans capacité réglementaire, dans une contrée où l'Etat et ses prérogatives régaliennes n'ont jamais eu bonne presse.
 
L’IPHB a reçu pour son fonctionnement un apport financier très important du ministère de l'Environnement, prélevé sur le budget de la protection de la nature. Beaucoup ont critiqué ce choix qui obérait des crédits déjà scandaleusement faibles, mais ont attendu de pouvoir juger les résultats. Si le fameux « contrat d’honneur et de confiance », si mal nommé, restait flou sur le devenir de la population d’ours, les conventions passées régulièrement entre les services de l'Etat et l’IPHB impliquaient des actions vigoureuses en sa faveur.
 
Transférer de facto la responsabilité de la protection du patrimoine naturel aux seuls acteurs locaux et, en fait, aux élus de deux cantons aurait pu être un pari audacieux mais réussi, ouvrant de nouvelles perspectives dans un domaine où notre pays est loin d'être exemplaire. Hélas, l'IPHB  s'est immédiatement révélée comme une véritable imposture, parlant haut et fort de patrimoine et d'authenticité dans les médias nationaux, mais consacrant toute son énergie et tous ses importants moyens financiers à combattre pêle-mêle Natura 2000, les ours et les vautours tout en épuisant en vaines palabres pendant une décennie la patience et la bonne volonté des associations naturalistes locales.
 
Ceux qui avaient demandé qu' on juge aux résultats ont déchanté : au cours de cette période, le nombre d’ours en Béarn n’a cessé de chuter dramatiquement et, aujourd’hui, les Pyrénées-Atlantiques ne comptent AUCUNE femelle et au plus quatre ours mâles dont un issu de la réintroduction 1996-1997. La démonstration de la supériorité des méthodes inspirées par les chantres de la « gestion patrimoniale » n’a pas été faite, c’est le moins qu’on puisse dire, d’autant plus que dans le même temps les ours passaient de zéro à près de vingt dans les Pyrénées Centrales.
 
La stratégie du président de l’IPHB fondée sur l’instrumentalisation de l’ours et sur l’exacerbation permanente des rapports de forces, notamment avec les services de l'Etat, explique la caricature de débat qui prévaut dans le Béarn depuis des années. Plus personne ne croit sérieusement qu'il en sortira autre chose que des mots.         
 
Tout récemment, l'IPHB a administré une nouvelle  preuve de son manque de fiabilité. De manière classique en présence d'une extinction évidente, le syndicat n'a eu de cesse de faire croire  qu'il y avait sans doute plus d'ours que ceux que comptait le Réseau Ours Brun (pourtant l'organisme de référence du suivi de la population d'ours). L'IPHB propageait régulièrement des bruits relatifs à d'hypothétiques femelles, pour gommer la désastreuse impression laissée par la mort de Cannelle.
 
A l'occasion du Conseil de Gestion Patrimoniale du Comité Syndical, le 29 octobre 2007, un tableau « Informations ours transmises à l'IPHB par des observateurs locaux - Année 2007 » a été publié. On pouvait y lire que fin juin - début juillet 2007, un ours et un ourson avaient été photographiés sur Gourette / Eaux-Bonnes. Mais le Réseau Ours Brun, souhaitant pousser l'investigation avant d'annoncer une aussi bonne nouvelle, se rendit compte que l'ourse et l'ourson observés et photographiés n'étaient autres qu'une marmotte et un marmotton ! Confirmation que pour l'IPHB, tout est prétexte (même une photo de marmottes !) pour faire croire à l'existence de femelles survivantes dans le noyau béarnais, afin d'empêcher un renforcement de la population d'ours en Pyrénées-Atlantiques.,
 
Dans une lettre à Nathalie Kosciusko-Morizet, FERUS a dénoncé le projet de rétablissement des crédits de l'Etat au profit de l'IPHB, projet qui est sans doute très peu inspiré par le devenir de l'ours et beaucoup par la perspective d'un débauchage politique au MODEM. Il lui a demandé, en tout cas, d'être extrêmement vigilante et de ne pas signer de chèque en blanc à ce syndicat.
 
 Réintroduire l'IPHB dans le jeu, redonner à son président un rôle dans la conservation de la nature, lui qui a ruiné l'image du parc national des Pyrénées occidentales qu'il a longtemps présidé tout en bataillant farouchement pour ouvrir une grande liaison routière au col du Somport, serait un signal très négatif adressé aux ONG. On aimerait pouvoir dire "à moins que l'IPHB  s'engage fermement et de manière irrévocable à réintroduire deux ourses en Béarn d'ici 2009", mais des engagements semblables ont si souvent été trahis dans le passé....
 
L’ours a un avenir dans les Pyrénées-Atlantiques, il est simplement nécessaire de privilégier enfin les échanges d’arguments rationnels puis l’action aux discours populistes.  Il en va de la crédibilité de la France aux yeux de la communauté naturaliste internationale et de la crédibilité du gouvernement en matière de biodiversité dans la suite logique du Grenelle. Pas d'ourses en Béarn, pas d'argent.
 
 
 
 
Sandrine ANDRIEUX
Chargée de communication / contact presse
06-14-64-18-00
Rédactrice en chef "La Gazette des Grands Prédateurs"
 
par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Mercredi 2 janvier 2008
Ci-dessous, la superbe contribution de Françoise Chambier, depuis ses montagnes jurassiennes.
Et ce n'est qu'un début------

 L'OURS, roi des animaux ?


L'ours était, en Europe, le roi des animaux. L'Eglise l'a diabolisé et puis dompté. Dans un livre passionnant, Michel Pastoureau raconte l'histoire de cette désacralisation.

Cette lecture m'a donné l'envie de partir sur les traces laissées dans les monuments religieux (et ailleurs, mais ce sera un autre courrier) :

Mon préféré : dans la crypte de la cathédrale de Bourges, on peut admirer l'ours présent au pied du gisant de Jean de Berry. Le duc est représenté en tenue d'apparat, ceint de la couronne ducale, un ours enchaîné de fleurs de lys à ses pieds (sculpté vers 1504).
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Au détour d'un chapiteau de l'église de Collonges-la-Rouge (Corrèze), un montreur et son ours, déjà bien asservi.

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Dans le Jura, à Saint-Claude, la visite des superbes stalles de la cathédrale Saint Pierre, permet d'observer un ours, et la tête d'un ours émergeant de feuilles, (vers1450).

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Dans l'église de Saint-Aventin , près de Luchon, un panneau montre l'ours venu demander à l'ermite de lui retirer l'épine plantée dans la patte.

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L'ours de Mauriac, (Cantal), se livre à une activité qui montre une autre occasion de dévaloriser l'image de l'ours, symbole de lubricité ici, de gourmandise ou de paresse ailleurs !

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Etrange, cet ours à l'extérieur de l'église Saint-Alban à Elven (Morbihan)? Appuyé sur un bâton, il tient compagnie à un moine et à un chien.

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L'ours n'est pas rare dans les églises, il nous reste encore beaucoup d'autres bâtiments à explorer et d'ours à… chasser !

 

Pour se régaler :

Michel Pastoureau  : L'ours, histoire d'un roi déchu (Seuil)

Jean-Dominique Lajoux : L'homme et l'Ours (Glénat)

 

 

 

 
         

 

par Jeno l'écolo publié dans : Frère l'Ours. Anaï Hartza.
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Jeudi 13 décembre 2007

A l'occasion de l'exposition "Bêtes et Hommes" qui a lieu jusqu'au 20 Janvier à La Villette, je vous livre  une contribution de Patrick Pappola, le "Papours" des forums pour la cohabitation pastorale.

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1 - Pas assez de concertation avant les lâchers de 2006 ?

Plus de 122 réunions de concertation sur l'ours ont été menées par l'Etat sur toute la chaîne pyrénéenne en 10 ans ! 70 en 1995-1996 et plus de 50 en 2005 pour les 5 lâchers de 2006.
La porte parole de l'ADDIP, association anti-ours, déclarait encore en aout 2007 : "S'ils réintroduisent des ours, nous mettrons le feu à la montagne !". 
Pour ces "ultrapastoraux"*, l'ours n'est acceptable qu'enfermé ou mort et refuser tout soutien à l'ours est leur position butée depuis le départ. Voilà en réalité le préalable qu'ils imposent à l'Etat et qu'ils veulent nommer "concertation". Voilà pourquoi ils ont saboté (vacarme incessant) ou boycotté la plupart des réunions de concertation de 2005.

2 - D'origine slovène, les ours sont "trop" carnivores ?
Les ours d'origine slovènes sont de la même espèce et mieux, de la "même lignée génétique" que les ours pyrénéens originels : la lignée Ouest.
Impossible de lâcher dans les Pyrénées des ours d'Espagne des Cantabriques pour cause de population encore trop faible et impossible choix Croate pour cause de rage.
Le choix Slovène a aussi été orienté par la très grande adaptation aux Pyrénées des 3 ours slovènes lâchés il y a 10 ans : de 3 en 1997, ils sont désormais une quinzaine sur 20 ours !
Qu'ils soient slovènes ou pyrénéens de souche, dans les Pyrénées, les ours ont strictement le même régime alimentaire et sont végétariens pour 60 à 80 % de leur alimentation. Plus de 10 ans de recul le prouvent : ce n'est pas son origine qui fait de l'ours un gros consommateur de brebis : c'est bien la différence de mode de gardiennage des troupeaux. Omnivore dit "opportuniste", l'ours attaquera toujours davantage les troupeaux dépourvus de mesures de protection. Quoi de plus logique ?

3 - Les ours  slovènes inadaptés aux Pyrénées ?
Parceque "Palouma" s'est tuée après avoir glissé sur une barre rocheuse ? La Slovénie n'est pas un pays de plaine et les ours y ont l'habitude de reliefs escarpés (le karst slovène est constellé de failles et de gouffres). Ce type d'accident arrive en Slovénie mais aussi ... à toute sorte d'animaux de montagne de quelque pays que ce soit.
Alors c'est l'accident de "Franska" qui prouverait que ces ours ne sont pas adaptés ? Franska a été traquée illégalement pendant des mois par les ultrapastoraux* qui se sont vantés d'avoir pour objectif de la faire redescendre en plaine vers la route nationale... ou de l'éliminer : on a retrouvé plus de 40 plombs de chasse dans son corps ! En Slovénie, ces 5 dernières années, 103 ours ont été tués dans des accidents de circulation.
Et surtout, quoi de plus fiable que des reproductions réussies pour juger de la bonne adaptation d'un animal à son milieu ? D'ores et déjà, "Hvala" lâchée en 2006 a apporté 2 oursons aux Pyrénées !
Les ours d'origine slovène ont même fait mieux dans les Pyrénées que les ours pyrénéens originels eux-mêmes avec des reproductions en âge précoce, des portées en moyenne plus importantes et un taux de survie des oursons supérieur.

4 - Ours et pastoralisme, cohabitation impossible ?
Non seulement la cohabitation existe et est pratiquée par un nombre grandissant d'éleveurs et de bergers mais en plus, elle a fait  ses preuves et permet de régler bien plus de problèmes que seulement celui posé par l'ours (autres prédations,vol etc...).
Une étude menée de 2003 à 2005 auprès de 37 éleveurs et sur 18 estives montre que la seule mesure de protection "chien patou" (qui fait fuir l'ours) a fait baisser les pertes de ... 90 % !  A cette mesure doivent s'en ajouter deux :
- regroupement nocturne du troupeau  en enclos cloturé (électriquement ou pas).
- présence effective du berger  (au quotidien et pas de façon simplement hebdomadaire)
Dans tous ces domaines, l'Etat propose des aides non négligeables.
Mieux, l'ours a permis en bien des lieux des Pyrénées une constante amélioration des conditions de vie des bergers et des éleveurs grâce aux financements qu'il a généré : le FIEP (Fond d'Intervention Eco-Pastoral, association de protection de la nature favorable à l'ours) en Haut-Béarn est à l'origine des primes de dérangement en cas d'attaques d'ours. En début et fin d'estive, sur toute la chaîne des Pyrénées, l'élevage en zone à ours bénéficie d'héliportages gratuits. La présence de l'ours a permis aussi de restaurer des dizaines de cabanes de bergers et évidemment, d'embaucher des bergers et toute une équipe de bergers itinérants chargés de mettre ces mesures en place. Le plan ours 2006-2009 redistribue ainsi 50% de son budget au pastoralisme ! Mais le pastoralisme bénéficie aussi de nombreuses autres aides publiques.
5 - Les ours en "réserve", un compromis ?
Les deux associations anti-ours ou leurs membres ont déjà plusieurs fois exprimé leur souhait d'en finir physiquement avec l'ours dans les Pyrénées. Ils sont prêts à la faire de façon passive (convaincre les autorités de ne plus rien faire pour  l'ours) ou de façon active comme ce fut le cas avec "Franska".
Par souci de "communication", les ultrapastoraux* laissent maintenant entendre, qu'ils sont favorables (!) à la présence d'ours... mais dans une "réserve" de 5 à 8000 hectares ! Or 20 ours ne resteront jamais perclus dans 8000 hectares. Cela signifie qu'il faudrait soit clôturer cette "zone", soit y exercer une surveillance des ours incompatible avec la définition même de ce qu'est un animal sauvage. L'Etat reconnaît que c'est "impossible à réaliser techniquement et pose un problème d'éthique en terme de conservation de la nature."
Mais pour les ultrapastoraux*, mettre en place dans les Pyrénées un monde à l'envers avec "Les animaux sauvages, en enclos ;  les animaux domestiques, en liberté !" semble devenu une priorité. En guise de compromis, c'est une négation pure et simple de l'ours qui est proposée à la société entière.

6 - Il n'y avait pas urgence à  renforcer , attendons encore !
Sur les 20 ours pyrénéens présents en 2007, seuls 2 (!) mâles ne doivent rien aux programmes de renforcement de 1996-97 et de 2006. C'est dire si les renforcements étaient nécessaires. Avant les 5 lâchers de 2006, une étude publiée dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences (G. Chapron et al., CR Biologies 326, 2003), basée sur des modèles démographiques, préconisait les lâchers rapides d'au minimum 11 ours. Différée de 10 ans, l'opération ne réduirait plus le risque d'extinction. Or en 2006, seuls 5 ours ont été lâchés et deux sont morts ce qui fait 3 ours au lieu de 11 ... presque 4 fois moins que nécessaire !
Laisser la population d'ours française dans l'état actuel, c'est faire une croix définitive sur cette espèce et adopter une position revenant à éradiquer l'ours en France.
Sur base scientifique, on peut affirmer que si de nouveaux lâchers ne sont pas  effectués rapidement, tout ce qui a été organisé depuis 1996 pour l'ours  n'aura servi à rien.

7 - L'ourse "Franska", trop "carnivore" ?
Dès son lâcher, l'ourse "Franska" a dû faire les frais des méthodes ultrapastorales*: pots de miel contenant du verre pillé dispersé dans son secteur (11 pots!), traques et battues incessantes, jusqu'à la repousser (volontairement) sur la route qui lui fut fatale.
Or, comme l'indique Le Dr Claude Guiraud, vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne. (GEEFSM)  : « (...)Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits… exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette.(...)>>  (La dépêche du Midi du 11 août 2007)

8 - Seuls les élus locaux devraient gérer l'ours ?
La plupart des élus locaux pyrénéens n'ont pas brillé par leur atttitude à l'égard de l'ours : au lieu de jouer leur rôle de médiateurs, de facilitateurs, de pédagogues, ils ont préféré griller l'ours comme un vulgaire fusible pour paraître comme des défenseurs des éleveurs... alors que bien souvent, ironie du sort, leurs décisions et leurs politiques n'ont pas servi le pastoralisme quand elles ne l'ont pas fragilisé.
Faut-il vraiment compter sur une gestion de l'ours à l'échelon local, sans un contrôle rigoureux de l'Etat ? Quand on sait qu'en Ariège, Augustin Bonrepaux, ex député et président du département participe  en personne à des battues anti-ours ? Quand le député Jean Lassalle crée une Institution (l'IPHB: Institution Patrimoniale du Haut Béarn) soit disant destinée à l'acceptation de l'ours ... tout en jouant les leaders anti-ours zélés dans les réunions publiques  ? Quand des élus ceints de l'écharpe tricolore viennent encourager le saccage d'un village pyrénéen qui s'est déclaré favorable à l'ours (Arbas, le 1er avril 2006) ?
Mais le "record" en matière de gestion locale de l'ours revient quand même à l'IPHB qui en 12 ans a perçu plus de 10 millions d'euros pour l'ours mais dont plus de 90% ont servi aux forestiers, chasseurs, éleveurs ... mais pas à l'ours dont la population est passée dans le même laps de temps, faute de lâcher et à force de temporiser pour courtiser tout ce monde, de 6-8 ... à 2 ours mâles ! Par contre, l'électorat de Jean Lassalle a bénéficié de la manne.
Pour l'ours, en dehors des communes de l'ADET Pays de l'Ours qui ont choisi un projet de territoire volontariste autour de l'ours et de son acceptation, l'échelon décisionnel local, sans réel contrat de droit avec l'Etat, n'a jamais été le garant de l'efficacité ni de l'acceptation de l'ours, il a au contraire servi pour amplifier la construction de son rejet et le clientélisme.

9 - Les pyrénéens sont contre l'ours ?
De loin, il peut sembler que toutes les Pyrénées se sont embrasées contre l'ours en 2006.
Quand on y regarde de plus près et quand on laisse aux pyrénéens la possibilité de s'exprimer sans pression et sans intimidation, on s'aperçoit que c'est toujours très majoritairement que les Pyrénéens se sont prononcés pour l'ours dans toutes les enquêtes rigoureusement étalonnées disponibles : en 2003 sur 409 personnes pour l'ADET et le WWF, ARSH en 2004  sur  400 personnes pour Pyrénées Magazine, Ifop en 2005 sur 900 personnes pour l'ADET et la totalité des consultations organisés par la presse sur internet depuis 2005.
Mieux, lors des 3 forums de concertation officiels où les personnes étaient choisies selon des "critères de représentativité de la population de montagne", des pyrénéens ont dit clairement leur souhait de pouvoir s'exprimer sur l'ours en dehors de la tutelle des élus, véritable aveu de cette "chappe de plomb" sur leur tête et sur le dos de l'ours.
Enfin, n'oublions pas les pressions violentes que les anti-ours font subir à tous ceux qui se prononcent pour l'ours (dégradations de biens, insultes, censure par la force...)
Dans un contexte où cette minorité terrorise ceux qui osent penser, parler, agir différemment, comment imaginer que le son de cloche favorable à l'ours puisse être audible  ?

10 - L'ours menace la biodiversité ?
C'est le nouveau discours des ultrapastoraux pour tenter de coller à l'actualité.
L'association FERUS  a regretté le 25 octobre dernier cette : " propension à trier entre les bonnes et les mauvaises causes (...). Si l’on accepte de perdre "quelques" espèces, on se résigne au fil du temps à en voir disparaître beaucoup plus."
Protéger l'ours, c'est protéger la grande diversité de ses habitats dans la montagne pyrénéenne. Les scientifiques disent de l'ours qu'il est une "espèce parapluie", abritant derrière sa protection un cortège impressionnant de plantes et  d'animaux pyrénéens.
L'étude des "cahiers d'habitat" du réseau Natura 2000 (MNHN) montre que pour les habitats naturels pyrénéens, les préconisations de gestion idéales lorsqu'il s'agit de recourir à des troupeaux pour garder ces habitats en "bon état de conservation", sont très majoritairement les solutions les plus compatibles avec les mesures de protection liées à l'ours : troupeaux au parcours contrôlable (grâce aux chiens et au berger) et où le gardiennage est effectif et constant.
La ministre de l'écologie n'avait-elle pas déjà fort justement indiqué en préface du plan de renforcement 2006-2009 :
"Garantir la survie de l'ours brun d'Europe, c'est précisément conserver plusieurs noyaux stables partout où il est encore présent. (...) Quelle que soit l'espèce, reporter sur d'autres pays la responsabilité de sa conservation c'est travailler, sans le dire, à sa disparition."

*Les ultrapastoraux : tous les éleveurs et bergers pyrénéens sont loin d'être devenus des "ultras" anti-ours. L'"ultrapastoralisme" n'est que la frange extrémiste d'un pastoralisme (élevage transhumant en montagne) qui se trompe de cible et selon lequel seules ses activités agricoles ont droit de cité en montagne, au détriment des espèces animales qui gènent la pratique exclusive de troupeaux  non "gardés" mais seulement "surveillés" de loin (dans l'espace et le temps). Leur hostilité concerne aussi certains autres types d'activités de montagne, en particulier le tourisme de découverte doux lié à la présence de l'ours. Les ultrapastoraux n'ont pas reculé devant la violence, le mensonge et l'intimidation pour parvenir à leurs fins et ils  refusent en général l'idée même d'essayer les mesures de protection des troupeaux. Ces "ultras" réclament une "concertation" au sujet de l'ours qui ne serait en réalité que la chambre d'enregistrement de leur volonté de voir totalement disparaître l'ours comme animal libre et sauvage dans les Pyrénées. Entretenant des liens avec CPNT ou la FNSEA, ils sont regroupés en associations fédérées par  l'ADDIP (ASPAP=09/ADIP=31/ASPP=65/FTEM=64). Bien que minoritaires, ils tiennent le haut du pavé médiatique depuis les lâchers de 2006.

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Document réalisé par un groupe de citoyens attachés à des Pyrénées sauvages et vivantes, avec l'ours, où l'homme et le sauvage cohabitent en bonne intelligence. Or ... c'est imparable :

L'ours disparaîtra des Pyrénées de façon certaine
si de nouveaux lâchers n'ont pas lieu rapidement.

Soutenez les associations pyrénéennes et nationales qui oeuvrent pour  des Pyrénées AVEC l'ours :
FERUS, ADET, SEPANSO, ACP, FIEP, Amopyc, WWF sur la toile : La Buvette des alpages et IPHB.org

L'ours, c'est surtout ce supplément d'âme qu'il donne aux Pyrénées par sa simple présence :
à chaque instant, la possibilité de l'apercevoir ou de trouver sa trace y est préservée,
c'est une richesse inestimable tant il est vrai qu'en Europe  ...
"une forêt sans ours n'est pas une vraie forêt" (Robert Hainard)
Paroles d'éleveurs et bergers pyrénéens cohabitant avec l'ours 
 
Heureusement, les pratiques et les aberrations ultrapastorales n'ont pas gagné l'ensemble du monde de l'élevage et des bergers des Pyrénées. Au contraire : nombreux sont ceux qui se sentent déshonnorés dans leur profession par autant d'outrances. Voilà quelques propos de montagnards pyrénéens qui prouvent que l'ours a toute sa place dans ces montagnes :

"(...) Nous pouvons profiter de l'image de l'ours comme un symbole de qualité pour valoriser nos produits, pour marquer notre spécificité tout en renforçant des professions en voie de disparition (bergers, éleveurs, prestataires de portages par bât ...). Nous voulons affirmer aux opposants que s'entêter dans la non-cohabitation en refusant d'utiliser les moyens de protection ne peut cautionner une "battue à l'ours" au XXIème siècle"
Communiqué de l'ACP (Association de Cohabitation Pastorale), 9 juin 2004

"L’association des bergers des vallées d’Ossau, Aspe et Barétous, (...) Réaffirme son engagement pour une montagne pyrénéenne où cohabitent un pastoralisme vivant et l’ours brun, souhaite que tout soit fait pour assurer, dans la concertation, un avenir à la population d’ours brun sur l’ensemble des Pyrénées et notamment dans le Béarn, souligne la nécessité de pérenniser les mesures en faveur des bergers transhumants dans la zone à ours des Pyrénées-Atlantiques."                         
Association des bergers des vallées d’Ossau, Aspe et Barétous, 6 juin 2005

"En estive, réputée difficile, nous avons préféré nous battre aupres du ministère de l'agriculte pour qu'il nous finance un 2ème berger plutôt que de nous battre contre l'ours. C'est vrai que cela n'est pas facile de changer de pratique. Mais je ne comprends pas que certains éleveurs qui savent que l'ours traverse leur exploitation ou leur estive ne mettent pas en place ces moyens de protections. Non ne me dites pas que cela n'est pas possible (beaucoups d'éleveur le font, plus que l'on ne le croit), que le gardiennage fait maigrir (le berger à quoi sert-il alors). Ne me dites pas que sans gardiennage les bêtes ne disparaissent pas, connaissent la limite de votre exploitation ou de l'estive."  (mai 2006)
"Hier au journal de 20 heures à la télévision, un gros titre « un ours a prédaté dans une bergerie en Haute Ariège ». Attention, le débat se réveille!
Pourtant, quoi d'extraordinaire qu'un prédateur fasse des dégât sur des troupeaux non protégés, que du bétail domestique fasse des dégâts dans des jardins mal clôturés, qu'un renard où un rapace entre dans une cour de ferme pour prendre poulets, canetons, que des ongulés sauvages fassent des dommages dans les champs de céréales non protégés. Les exemples ne manquent pas.
Que sommes nous devenus, nous paysans, pour affirmer que la cohabitation est impossible, être incapable de faire face à ce