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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 17:00

Année scolaire 91-92 Les CE2 de "Garaziko ikastola", à Lasse, avec Irène, leur "andereño"

C'est avec plaisir et conviction que je publie ci-dessous une contribution de
babel  http://www.myspace.com/lebabel
Je n'ai pas d'intérêt personnel dans l'affaire, n'étant moi-même pas enseignante ni rien d'autre d'ailleurs. Je ne suis rien, si ce n'est bénévole et militante professionnelle , ce qui ne nourrit pas vraiment sa bonne femme, mais c'est une autre histoire.
Quand une société va mal, elle se tourne vers la pensée la plus simpliste qui soit et qui l'amène à chercher des boucs-émissaires. La nôtre s'en fabrique à la chaîne et à la vitesse grand V, ces derniers temps.
Les gens dégoisent sur "les fonctionnaires", qu'ils érigent en bloc monolithe, et sont fous de colère lorsque l'un de leurs proches, en mauvaise posture, doit attendre trop longtemps au service des urgences de l'hopital public.
Ils s'en prennent aussi aux enseignants sans se rendre compte que c'est ainsi sur la tête de leurs enfants qu'ils crachent. Quel singulier manque de générosité envers l'avenir!


Ah, les enseignants!

Les écoles en France seront en repos du 20 décembre au 5 janvier. C'est facile à calculer, en fait : en moyenne il y a deux semaines de congés toutes les sept semaines de cours. J'ai dit « les écoles », pas les profs ! Certains — c'est vrai —  se la coulent douce, comme partout. Mais un bon nombre vont garder leur cartable à portée de main : correction et préparation de cours. D'autres encore, pour qui être prof, c'est participer à la vie intellectuelle vont, comme moi, profiter de ce temps pour travailler plus sur les recherches connexes à leur enseignement (lesquelles ne sont pas payées, quand on n'enseigne pas en université !).
Outre le fait que le statut des prof n’a pas été revalorisé depuis 1950, que leur grille de salaire est l’objet du calcul suivant :
soit n, le salaire de base du fonctionnaire,
alors le salaire du prof est de n fois 10 divisé par 12 : ni juillet ni août ne sont payés, même quand le bac embarque les profs jusqu’au 5 juillet, ou au sept, qu’on rentre le 28 août....
ces 10 douzièmes font mal au porte-monnaie quand depuis des années, l’indice de payement n’est pas revalorisé... car il se calcule sur bac + 3, pour un concours accordé à bac + 5 !
Mais, plaie d’argent n’est pas mortelle.
 Voici un constat — un peu long — que font 95 % des enseignants... pas contents du tout.

En France, ce ne sont pas les personnes (élèves ou profs) qui sont au centre du système scolaire, ni les savoirs, mais les pourcentages. Alors, pour obtenir ces quotas qui apportent des crédits, des élèves quittent le collège pour le lycée avec des moyennes allant de 1 à 4 sur 20 en Français ou en math, et le reste à l'avenant, mais avec des 16 ou 18 en musique et arts plastiques (qui disparaissent au lycée) et sport : on peut donc calculer une moyenne flirtant avec les 9,9/20 ! Bien sûr ces élèves, issus des milieux pauvres, souvent immigrés échouent dans ces filières. Il aurait fallu les mettre dans des filières « professionnelles ». Mais avec eux, on note une rapide et belle augmentation des chiffres de la réussite des élèves, principalement immigrés, à la fin du collège... Tant pis si, au bout de de deux ans et de deux redoublements, ils n'ont légalement plus aucune priorité pour s'inscrire dans une filière professionnelle : ils prennent ce qui reste, avec ou sans plaisir, qu'importe : le chiffre des élèves maintenus en lycée malgré l'échec scolaire est en augmentation !
« Personne n'est laissé tombé », comme le dit l'école aux USA. À la fin du secondaire, le fameux baccalauréat attend. Le ministère a décidé d'amener 80 % d'une classe d'âge au bac. En fait, c'est 80 % des lycéens des filières générales et technologiques (pas professionnelles) qui y parviennent et comment ?
Quand les résultats sont trop faibles, ou que des grèves ont diminué le temps d'apprentissage, « ordre » est donné à la commission d'examen de « repêcher » (= admettre) des élèves parfois jusqu'à 8/20. Inscrits à l'université, ils n'ont plus le droit d'être inscrits au chômage, donc le chiffre du chômage est diminué d'autant, et les facs sont invitées à garder les étudiants en échec le plus longtemps possible !
Pour savoir combien d'étudiants sont ainsi manipulés, eh bien regardons les locaux universitaires. Je connais tout un tas d'universités où il y a 2 amphis de 600 places pour les premières années (selon le patronyme commençant par A-L ou K-Z), et un amphi de 300 places pour la 3ème année, qui est la première à accorder un diplôme ! 300 élèves sont donc inscrits (et passeront le premier examen diplômant, ils ne l'ont pas encore en poche, loin de là) et 900 sont repartis  vers la vie active après 2 à 4 ans de vie étudiante, mais sans diplôme, et un bac général ne sert à rien sur le marché du travail. Vous pouvez appliquer aux 300 restants le taux de réussite global de ces années : un tiers maximum, donc 100 étudiants maximum. Avec ceux qui insisteront encore l'année suivante, et parfois même une troisième année, on arrive à des chiffres affolants, entre les filières les plus dures (médecines, droit) et la majorité des autres, la fourchette de réussite varie entre 17 et 40 % (pour les facs les plus faciles, mais avec le moins de débouchés, au moins 6 étudiants sur 10 n'auront jamais aucun diplôme !).
Les jeunes qui partent ainsi sans diplômes dans la vie active ne comprennent pas : ils ont 22, 23 ans, ils se croient « bons » puisqu'ils ont fait plusieurs années de fac, mais ne trouvent aucun boulot, car en fait, ils n'ont été formé à rien, et dès le départ, leur niveau n’était pas bon.
Les élèves ayant passé des diplômes professionnels au niveau bac sont bien avant eux dans les entreprises. Ces ex-étudiants vivent dans un sentiment d'injustice et de révolte sourde. S'ils viennent de banlieue, et ont un nom aux saveurs d'épices, ils concluent au racisme, au système d'exclusion, sans savoir que c'est idem pour le fils de paysan ou de cadre. On s’ennuie plus à 15 ans dans un village sans TNT que dans une cité péri-urbaine, car en plus, on y est souvent seul, dépendant du scooter, dont la bougie est dans la poche du père... Là encore, on nous gave de contre-vérités : une heure de bus pour aller à l’école, vous trouvez que ce sont des conditions idéales ?
Donc, les profs ont le sentiment d'être utilisés, manœuvrés, non pour former, ou transmettre des savoirs, mais pour dégonfler artificiellement le paysage social, les chiffres du chômage, et créer l'illusion de la réussite en matière d'intégration des immigrés et des couches populaires. Ils ont le sentiment de faire de la « garderie », parfois dangereuse. Ils se sentent quantité négligeable, et négligée, que leurs compétences, leur culture (on est pourtant dans les écoles !!!) ne sont pas du tout reconnues.
Donc, quand vous entendrez pour la énième fois, les profs se faire traiter de nantis, de fainéants, de jamais-contents, j'espère que vous comprendrez qu'en ajoutant ces mensonges, ces insultes à la réalité, on est en train foutre l'avenir de nos gamins à la poubelle, mais en jurant que ce n'est pas vrai, ou bien. En affirmant que c'est à cause des profs incapables de bien faire leur boulot, bien sûr.
Alors, soyez-en certains aussi, si rien ne change, sans doute bientôt, la marmite éclatera :
C’est simple, il suffit de continuer à laisser fermenter, en restant assis sur le couvercle.

babel, décembre 2008

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 17:00

Desiderius Erasmus, peinture de Hans Holbein le Jeune
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rasme

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République à propos de son discours du 2 décembre 2008 à l’hôpital Erasme d’ANTONY concernant une réforme de l’hospitalisation en psychiatrie.
Etampes, le 8 décembre 2008
Monsieur le Président,
Eluard écrit dans Souvenirs de la Maison des Fous « ma souffrance est souillée ».
Après le meurtre de Grenoble, votre impatience à répondre dans l’instant à l’aspiration au pire, qu’il vaudrait mieux laisser dormir en chacun d’entre nous, et que vous avez semble t-il tant de difficulté à contenir, vous a amené dans votre discours du 2 décembre à l’hôpital Erasme d’Antony à souiller la souffrance de nos patients.
Erasme, l’auteur de « L’Eloge de la Folie » eut pu mieux vous inspirer, vous qui en un discours avez montré votre intention d’en finir avec plus d’un demi siècle de lutte contre le mauvais sort fait à la folie : l’enfermement derrière les hauts murs, lui appliquant les traitements les plus dégradants, leur extermination en premier, quand la barbarie prétendit purifier la race, la stigmatisation au quotidien du fait simplement d’être fou.
Vous avez à Antony insulté la mémoire des Bonnafé, Le Guillant, Lacan, Daumaison et tant d’autres, dont ma génération a hérité du travail magnifique, et qui ont fait de leur pratique, œuvre de libération des fécondités dont la folie est porteuse, œuvre de libération aussi de la pensée de tous, rendant à la population son honneur perdu à maltraiter les plus vulnérables d’entre nous. Lacan n’écrit-il pas « l’homme moderne est voué à la plus formidable galère sociale que nous recueillions quand elle vient à nous, c’est à cet être de néant que notre tâche quotidienne est d’ouvrir à nouveau la voie de son sens dans une fraternité discrète, à la mesure de laquelle nous sommes toujours trop inégaux ».
Et voilà qu’après un drame, certes, mais seulement un drame, vous proposez une fois encore le dérisoire panégérique de ceux que vous allez plus tard insulter leur demandant d’accomplir votre basse besogne, que les portes se referment sur les cohortes de patients.
De ce drame, vous faites une généralité, vous désignez ainsi nos patients comme dangereux, alors que tout le monde s’entend à dire qu’ils sont plus vulnérables que dangereux.
Mesurez-vous, Monsieur le Président, l’incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ?
Vous donnez consistance à toutes les craintes les moins rationnelles, qui désignant tel ou tel, l’assignent dans les lieux de réclusion.
Vous venez de finir d’ouvrir la boîte de Pandore et d’achever ce que vous avez commencé à l’occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l’agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelques soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l’excès masquent mal la violence qu’il tente de dissimuler.
Vous avez donc, sous l’apparence du discours d’ordre, contribué à créer un désordre majeur, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale en désignant à ceux qui ne demandent que cela, des boucs émissaires, dont mes années de pratique m’ont montré que justement, ils ne pouvaient pas se défendre.
Face à votre violence, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans mon métier, qu’à résister autant que possible.
J’affirme ici mon ardente obligation à ne pas mettre en œuvre vos propositions dégradantes d’exclure du paysage social les plus vulnérables.
Il en va des lois comme des pensées, certaines ne sont pas respectables ; je ne respecterai donc pas celle dont vous nous annoncez la promulgation prochaine.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, la très haute considération que je porte à votre fonction.
                                  Docteur Michaël GUYADER
                                  Chef de service du 8ème secteur
                                        De psychiatrie générale de l’Essonne,
                                  Psychanalyste.
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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 12:20

Une contribution de Françoise Chambier:

http://lacabornedelourse.blogspot.com/




Ours : une civilisation de l'image…

La belle image du camembert de l'ours publiée récemment…http://jenolekolo.over-blog.com/article-22025094.html

Comme souvent, l'être humain n'est pas à un paradoxe près !

Si la présence d'une vingtaine d'ours dans les Pyrénées françaises semble insupportable et donne lieu à des polémiques stériles, d'autres (ou les mêmes ) n'hésitent pas à utiliser l'image de l'ours, quand elle les arrange, et toujours quand le profit est en jeu : monde du sport, de l'alimentation et de …la chasse .

Quelques exemples tirés de ma collection de publicités, liste non-exhaustive.

FC.














  Un pt'it tour?
http://www.ecoblanchiment.com/index.php?page=TOTAL1

 

 

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 17:00


On vit une époque formidable! Et on n'a pas tout vu!

Ce texte bouleversant provient du site de la FCPE http://www.fcpe.asso.fr/

Tous résistants!


La journée d'Enzo 3 septembre 2012

 
      Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe, trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une  dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se  souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
 Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
 Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de  son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3 ans.
mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer  les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les
 enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une  vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.  Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a  toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer lesjournaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite.
 Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du   jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Elèves. Il ne reviendra  jamais. Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotte. Il parait qu'il n'avait  pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
 Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens.
 L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP  (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.
  Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu'il n'y
a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il  ne l'a pas  vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est  très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
  Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse   dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que  c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.
 Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac   +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a  pas assez d'argent pour se payer un loyer.
  Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par cœur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront  convoqués pour le soutien...
 Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n'a pas   une maîtresse toute l'année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages.
 Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n'a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.
 
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 23:00



Depuis Janvier, je suis face à de drôles de gens. Certains sont apparus dans ma vie il y  a peu. J'en connais d'autres depuis fort longtemps, j'avais de l'estime pour eux  et je découvre seulement maintenant que leur sale comportement peut être aux antipodes de leurs discours enjôleurs.


Quand je les vois rassemblés, chacun donnant,  dans la laideur et la vilenie,  du courage au groupe et le groupe à chacun, je me sens en voyage dans cette nouvelle d'Edgar Allan Poe où les "aliénés "sont à l'extérieur  et les médecins à l'intérieur et où, par moments, on se demande si ce ne serait pas mieux comme ça dans la vraie vie.
Il faut que je vous dise que ces gens là ont un leitmotiv, celui qui prétend que ma place, et ça urge, est en Hopital Psychiatrique. D'ailleurs, à chaque fois que quelqu'un et surtout quelqu'une se met en travers de leur chemin, c'est le premier "argument(?) qui leur vient à l'esprit. Dites, rappelez-moi, ça s'appelle comment déjà un régime où l'on interne les opposants en HP???? Et dire que je croyais que nous menions ensemble un combat contre cette société de plus en plus étouffante et normative!
J'ignore ce que cela inspire à mes compagnons et compagnes d'infortune. Moi, en définitive, cela me porte à réflexion.
Et le premier résultat de cette réflexion, c'est que mieux vaudrait être internée en compagnie,  entre autres, de :


Camille Claudel
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Claudel

Antonin Artaud 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonin_Artaud


Emille Nelligan

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nelligan


Vincent Van Gogh

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_van_Gogh


que dehors avec ceux qui, malgré les apparences, sont déjà des morts vivants puisqu'ils ont vendu leur âme, si toutefois ils en ont jamais eu une.



J'suis prête! J'ai déjà l'entonnoir!
Ici à Bayonne lors d'une manif  (Juin 1995) contre la reprise des essais nucléaires à Moruroa.

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 17:00



Sitelle Torchepot dans le très vieux poirier devant ma fenêtre. Photo Lolo. Encore merci, Lolo.

Connaissez-vous  ce texte de Milan Kundera, dans "Les testaments trahis"?
Bien que pas encore à l'agonie, je  profite de cette présentation pour lancer un appel à ma fifille:  Itziar, quand la Sitelle et moi ne serons plus là, laisse tranquille le vieux poirier qui est devant la fenêtre.
Et tous les autres arbres, d'ailleurs!






"Ah, il est si facile de désobéir à un mort. Si malgré cela, parfois, on se soumet à sa volonté, ce n'est pas par peur, au contraire, c'est parce qu'on on l'aime et qu'on refuse de le croire mort. Si un vieux paysan à l'agonie a prié son fils de ne pas abattre le vieux poirier devant la fenêtre, le poirier ne sera pas abattu tant que le fils se souviendra avec amour de son père.
 
Cela n'a pas grand chose à faire avec une foi religieuse en la vie éternelle de l'âme. Tout simplement un mort que j'aime ne sera jamais mort pour moi: je l'ai aimé; non, je l'aime.
 
Et si je refuse de parler de mon amour pour lui au temps passé, cela veut dire que celui qui est mort est. C'est là peut-être que se trouve la dimension religieuse de 'homme. En effet, l'obéissance à la dernière volonté  est mystérieuse : elle dépasse toute réflexion pratique et rationnelle: le vieux paysan ne saura jamais, dans sa tombe si le vieux poirier est abattu ou non; pourtant il est impossible au fils qui l'aime de ne pas lui obéir.
 
Dans un souvenir, on ne retrouve pas la présence du mort; les souvenirs ne sont que la confirmation de son absence: dans les souvenirs, le mort n'est qu'un passé qui pâlit, qui s'éloigne, inaccessible. Pourtant, s'il m'est impossible de jamais tenir pour mort l'être que j'aime, comment se manifestera sa présence? Dans sa volonté que je connais et à laquelle je resterai fidèle. Je pense au vieux poirier qui restera devant la fenêtre tant que le fils du paysan sera vivant."

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 07:00
http://www.fcpn.org/
Contez les arbres
Participez au concours de conte et de poésie organisé par la FCPN et La Garance voyageuse. De nombreux lots à gagner !
La FCPN propose
sa nouvelle campagne
d’éducation à la nature
ADOPTER un arbre près de chez soi
DÉCOUVRIR la vie des arbres
SOIGNER les arbres malades
DISSÉMINER des graines et des plants d’arbre

Participez à la campagne en téléchargeant le livret "Aux arbres, citoyens !"



 
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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 09:00

Merci de faire circuler au maximum le lien du blog de soutien à Laborantza Ganbara !
http://www.ehlgdoitvivre.org/

Blog honen bisitatzeko denbora hartu, merezi du ...
 
Merci également de l'insérer dans le maximum d'autres blog afin que les moteurs de recherche le référencent ++++

Blog huntan Euskal Herriko Laborantza Ganbara sustengatzeko manera guziak eta informazione guziak atxemanen dituzue.

Signez la pétition!
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 17:53


Bon, je vais vous le dire en Français: Mikel Laboa est passé sur l'autre rive.

C'est un poète, un musicien, un chanteur exceptionnel qui vient de nous quitter. Oh la la! Je suis fatiguée, émue,  j'ai du mal à trouver mes mots. C'est idiot ce que je viens d'écrire là "exceptionnel", ça ne veut pas dire grand chose, peut-être même rien du tout. Disons plutôt alors que cet artiste me touche, me bouleverse.  Si l'on doit absolument le comparer à un artiste francophone pour éclairer un peu ceux qui ne le connaissent pas du tout, que ce soit à Léo Ferré. Dans ma tête et dans mon coeur, je les sens comme deux frères.

Quand j'ai découvert  Mikel Laboa en 1973, je ne comprenais pas un traître mot de Basque, mais j'ai été immédiatement fascinée par le culot musical, par la beauté des textes, par les délires vocaux. Enfin bon, j'ai été fascinée, quoi. On pourrait même dire pétrifiée. Charmée aussi par son approche de Rimbaud ou de Brecht. Comment vous dire? Laboa, ou bien vous êtes totalement hermétique et vous ne pouvez pas supporter, ou bien, que vous soyez ou non bascophone,  ça vous passe partout et ça vous transporte.

"Les rois encombrent quand ils vivent, les poètes quand ils meurent", disait Felix Leclerc. Mikel Laboa n'a pas fini de nous encombrer.

 

Mikel Laboa en 2005, lors de la présentation de son dernier album.

 


Mikel Laboa, la voix du Pays Basque, s'éteint

avatar Eitb.com  | Bilbao | 
Le célèbre chanteur basque Mikel Laboa, compositeur du chant mythique "Txoria txori", est décédé à l'âge de 74 ans, ce lundi matin.


Le célèbre chanteur et compositeur basque Mikel Laboa est décédé aujourd'hui, à l'âge de 74 ans.

Selon la compagnie discographique Elkar, il est décédé vers 5 heures du matin pour des causes encore inconnues.

Mikel Laboa a récemment reçu la Médaille d'Or de Gipuzkoa, la récompense maximale offerte par la Députation forale (équivalent du Conseil général). Il avait l'intention de recueillir lui-même la médaille lors d'une cérémonie officielle prévue le 23 décembre.

Né en 1934 dans le vieux quartier de Saint-Sébastien (Donostia), Laboa est considéré comme un des plus grands patriarches de la musique du Pays Basque grâce à son ardeur pour revitaliser et moderniser la tradition orale basque.

Mikel Laboa commençait à jouer de la guitare en 1950, quand il parvenait à concilier ses études de médecine avec sa passion pour la musique. Une passion qui l'a mené à récupérer des chansons traditionnelles et à se produire pour la première fois dans le Théâtre Gayarre de Pampelune.

Marié en 1964 avec Marisol Bastida, une figure clé dans sa vie artistique, Laboa a toujours combiné son travail de médecin, notamment à l'Unité de neuropsychiatrie infantile du Patronato San Miguel à Saint-Sébastien, où il a travaillé près de 20 ans, avec sa trajectoire musicale, au long de laquelle il a produit d'innombrables concerts, participé à des spectacles avant-gardistes et enregistré une quinzaine de disques, la plupart avec la compagnie discographique Elkar.

Il est en outre le compositeur de la bande sonore du film de Julio Medem La pelote basque. En 2006, il a participé au concert de Bob Dylan sur la plage de La Zurriola à Saint-Sébastien. Ses apparitions publiques avaient considérablement diminué ces derniers temps à cause de son état de santé délicat.


Vous voulez écouter Txoria txori?

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=6O3HTqa7l3A
et aussi
http://www.youtube.com/watch?v=WO5mXG2RX_s&feature=related

 

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 17:00


Photo : Luc Romann.

http://agenda.compositeur.net/



J'ai demandé à Jean-Claude Touzeil : 

http://biloba.over-blog.com/

http://donner-a-voir.com/auteurs/auteur_touzeil.html

de me présenter l'association "50 000 Chênes". Il l'a fait. En voici la preuve :

Il y a une quinzaine d'années, la communauté de communes du bocage d'Athis, dans l'Orne (61),souhaitait créer une association pour faciliter la mise en place d'une opération de plantation et/ou restauration des haies dans le bocage. Avec un groupe d'amis des arbres, nous nous sommes proposés pour animer l'association "50.000 chênes". C'est une association de type loi 1901 avec déclaration en préfecture et tout et tout.

Au début, notre rôle était de constituer une sorte de courroie de transmission entre la Communauté des Communes. et les planteurs. Parallèlement, ce projet se doublait d'une volonté de faire de la réinsertion puisque (pour ceux qui le désiraient) les plantations étaient assurées par une équipe de travailleurs dits "sociaux"...
Plus tard, nous est venue l'idée de créer un arboretum "éclaté" sur les 16 communes de la communauté en y plantant une bonne centaine de chênes, tous différents, mais tous appartenant au genre "Quercus". C'est maintenant chose faite et nous procédons actuellement à leur "immatriculation" avec une belle plaque fixée sur un rocher de granite, la pierre noble de la région.
Ce qui m'a plu dans le projet, c'est le fait de planter pour les 100 ou 200 ans (au minimum !) à venir... Et j'ai apprécié que le "politique" nous suive.




Dans  un jeune chêne d'Uhaldia. Photo Lolo. Merci Lolo!


L’Histoire nous apprend qu’au XI° siècle Guillaume le Conquérant fit abattre 50 à 60.000 chênes  pédonculés, prélevés dans le bocage normand, pour construire la flotte qui lui permit de conquérir l’Angleterre.

  Sous l’égide de la Communauté de Communes du Bocage d’Athis, l’association « 50.000 chênes » a été créée en 1996, dans le but d’entretenir ou de restaurer le paysage bocager par la plantation d’arbres et arbustes, d’une trentaine d’espèces locales.
Depuis cette date, plusieurs dizaines de kilomètres de haies et de chemins ont été régénérés, pour le plaisir de tous et le mieux-être de la nature.
Parallèlement, l’association a planté, sur le territoire de la Communauté de Communes. et à proximité des chemins de randonnée, plus d’une centaine de chênes « remarquables » d’espèces différentes, constituant ainsi un arboretum « éclaté », probablement unique en France.Le visiteur un peu curieux remarquera qu’un symbole permet de localiser sur la carte la plupart des chênes de l'arboretum.  D’autre part, sur le terrain, chaque sujet est identifié par une plaque scellée sur une pierre de granite.
L’amateur de Quercus pourra se procurer la liste complète des chênes de l’arboretum avec leur situation précise au Point Régional d’Information de la Roche d’Oëtre ou à l’Office du Tourisme d’Athis.


La soeur des arbres que je suis ne peut que se réjouir à cette évocation, d'autant que je me souviens de certaine promenade en bocage Domfrontais, au tout début des années 70, avec François Terrasson, 
http://www.bibliecologie.com/e-terrasson.html
fondateur de "Défense et Renaissance du Bocage".




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