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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 11:27

Tout bois prend racine---

Santa Katalina, Sainte Catherine
Santa Katalina, Sainte Catherine
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10 novembre 2022 4 10 /11 /novembre /2022 09:08
Isabelle Autissier soutient Su aski.

Communiqué de presse.  du 09 11 2022

Tenir bon la barre.

Dès sa création, Su aski a réfléchi en ces termes: «De la montagne à l’océan».

L’érosion accélérée produite par les déboisements et les feux pastoraux entraîne la terre arable vers les ruisseaux puis vers les nives (ou les gaves) et enfin l’océan. Non seulement cette érosion dénude nos sols et les conduit petit à petit vers l’état de désert stérile, mais la terre emportée par les pluies est souvent chargée de plomb, d’intrants chimiques, de désinfectants des bâtiments agricoles ainsi que de résidus de traitements vétérinaires. Nous n’en prendrons comme exemple que la disparition quasi-totale d’insectes comme les bousiers ou les papillons coprophages. Notre terre nourricière emporte avec elle cette pollution vers cet océan dont nous avons tous besoin (y compris pour notre respiration), quel que soit le lieu où nous habitons, et qui est déjà bien en souffrance.

Sur notre planète, tout est relié. Le moindre de nos gestes peut influer en bien ou en mal sur le reste du monde vivant. Le dérèglement climatique annoncé depuis 5O ans est bien là et ne fera qu’empirer avec son cortège de catastrophes pouvant aboutir à terme à la disparition de l’espèce humaine.

Nous ne pourrons pas, quels que soient nos efforts, perdre les degrés que nous avons gagnés mais si nous nous y mettons tous, sans pointer du doigt qui que ce soit ni quelque profession que ce soit, nous pouvons espérer contenir quelque peu cette montée en tempéature.

Pour notre survie, nous sommes condamnés (es) à la conscience et à la solidarité locales et planétaires.

C’est dans cet esprit que récemment, la célèbre navigatrice Isabelle Autissier nous a fait le grand honneur de nous faire part de son soutien. Or, le combat de Su aski est souvent mal compris, certains s’étant mis en tête que nous menions une guerre sans merci contre les paysans, alors qu’il n’en est rien, bien au contraire. C’est donc un combat où, à l’instar d’Isabelle Autissier, que nous remercions de sa confiance, nous allons devoir tenir bon la barre.

 

Prensagaria

Lemari lotu eta atxiki

Sortu zenetik« menditik itsasora » gai hau, izan du Su askik gogoeta ardatz. Suek eta oihangabetzeak ekarri lurzoruaren higadura zaluegiak darama alorlurra uhaitzetara ,uhaitzetatik ibaietara, ibaietatik itsasora. Higadura honi gure lurzorua husteaz eta emeki basamortu agor bilakatzeaz gain gehitzen zaio maiz euriek eraman lurra, berunez, osagai kimikoz, aberetegien desinfektagarriz eta albaitaritza tratamendu hondakinez betea dagoela.Adibide-eredua daukagu gorotzjale insektuen deagertzea. Denentzat behar-beharrezkoa (hatsa hartzeko baizik ez bada) dugun itsasora darama kutsadura hau edonongoak izanagatik, hau gabe jada aski kaltetua baitago ingurunea.

Dena elkarlotua dago gure planetan.Bizidunen munduari doakionez, gure denmendreeneko ekintzak eragin dezake onenera bezala txarrenera . Duela 50 urte iragarria zen aldaera klimatikoa hor dago orain eta areagotuz joanen da dakartzan hondamendiekin giza espeziea desagertzerainokoan.

Gure ahalegin guziekin ere ezin galduak izanen dira irabazi graduak baina denen indarra bilduz inori ezer egotzi gabe halaber edozein lanbideentzat, uste dugu bederen beroketa horren hein berean atxikitzea.

Duela guti,hau dena gogoan, Isabelle Autissier itsasturi famatuak ohoratu gaitu bere sustengua emanez. Alta Su askiren gudua usu gaizki ulertua,da, zenbaitzuk uste baitute abelzainen aurkako gerlan sartuak garela, hori ez delarik hala, alderantziz bai. Gudu hau izanen da,emaiten digun konfiantzaz eskertzen dugun Isabelle Autissierenaren gisakoa, ahalegin guziaz lemari lotzea eta atxikitzea.

 

 


 

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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 17:17
Pour et par les arbres

Journée de l’arbre 2022, 30 octobre

ll n’y a vraiment plus de doute. Le dérèglement climatique est bien là et il ne va qu’empirer.

Le dimanche 30 octobre, l’association Su aski a organisé sa «Journée de l’arbre» à Markista, Itxassou, chez Franck Noden, éleveur—-

parce que l’arbre a un effet ventilateur, brumisateur et source de rosée, éponge ( régulateur du système hydrique), un effet parapluie ou parasol, de restauration et d’enrichissement des sols,

parce que c’est un abri pour la faune, un puits et une pompe à carbone,

autrement dit parce qu’il est un climatisateur naturel et gratuit et qu’il représente sans doute notre seul et dernier espoir d’arriver à contenir le réchauffement de la planète dans des limites qui permettent à l’humanité de survivre.

C’est avec toutes ces raisons en tête qu’environ 25 personnes se sont retrouvées dans une ambiance amicale afin de sortir de terre de tout petits plants d’essences variées et les replanter en haie fourragère qui pourra également servir de pare-feux.

Notons en particulier la présence active de représentants de l’association Landarlan ainsi que de Baso biziak plataforma, toutes deux du Gipuzkoa.

Nul doute qu’une collaboration fructueuse de ces groupes très dynamiques du Pays basque Sud va s’engager avec Su aski au Nord.

Pour le bien des arbres, de la montagne, de la nature et des humains.

Pour et par les arbres

 

Zuhaitzaren eguna 2022, Urriaren 30 an

 

 

Ez dago dudamudarik. Hor dago aldaera klimatikoa eta areagotuko da.

Itsasu Markistan, Franck Noden abelzainaren etxeremuetan, urriak 30ko igandean apailatu eta egin du Su aski elkarteak bere «zuhaitzaren eguna»...zuhaitzak duelako hainbat eta hainbeste onura, haizeztagarri, laino eta ihintz iturri da, mustukaren gisara (urjarioaren orekatzailea da), ekiaren edo euriaren gehiegikerien aterkia da, biziberritzen eta aberasten du lurzorua, faunarentzat aterbe babesgarria baita, baita ere karbono irensle eta zurgatzailea, hots dohainik ari den klimatizatzaile naturala eta gure azken esperantza bakarra delako buru egiteko beroketa klimatikoari gizateriak bizirauteko ahala ukan dezan.

Hau dena gogoan eta giro ezin hobean, 25 bat pertsona bildu dira errotik kentzeko mota askotako landaretxoak eta landatzeko geroan-geroko hesiak nahiz, hesi bazkatzaile-babesleak eta suen aurkakoak.

Gipuzkoar Landarlan elkartea eta Baso biziak plataformako bazkideen horgo presentzia ere aipatzekoa da.

Hego Euskal Herriko talde dinamiko hauekiko lankidetza abiatuko da Su askirekin.

Zuhaitzen, mendiaren, izadiaren eta gizateriaren onurarako.

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22 octobre 2022 6 22 /10 /octobre /2022 09:36
Elagueurs? Et ta soeur?

Ah, Enedis, comme je t'en veux! Mais comme je t'en veux!
Il y aura 39 ans dans un mois, j'avais planté un tilleul la veille de la naissance de ma fille.
En 2015, j'ai vu débarquer des employés d'ENEDIS ou ERDF, enfin,, cette engeance armée de tronçonneuses et arborant des gilets qui proclamaient "élagueurs". Euh, en fait d'élagueurs, je dirais plutôt bouchers d'arbres.
Ils m'ont expliqué qu'ils devaient protéger la ligne électrique ( ce que je ne nie pas) et devant mon air effaré, m'ont assuré que l'arbre serait respecté, que je n'avais nul souci à me faire. 
Et j'ai dû assister à la mise à mort programmée de mon tilleul, littéralement massacré, entièrement déshabillé d'un seul côté comme vous pourrez le voir sur le lien suivant:   http://jenolekolo.over-blog.com/2015/05/non-les-tilleuls-ne-mentent-pas-eux.html?fbclid=IwAR29nh4t4OiVen0-1y5qTwUSaD_f6XcZTju1R8mGD_oamZfDqpi7TQUnRyY  Pendant l'opération, le chef, les mains dans les poches, m'expliquait que je me faisais du souci pour rien, m'affirmait que je ne devais pas être triste puisque de toute manière, des arbres, il y en a largement assez, voire trop (je vous jure qu'il disait ça! Si, si!)
Quand ils sont partis, j'ai dit à ma fille "Au premier coup de vent, il va tomber." Ca n'a pas été au premier coup de vent et il n'est pas tombé, il s'est ouvert en deux du haut en bas, cette scission le fragilisant encore plus.  Cet été, des failles apparaissaient dans le tronc et j'ai pensé que c'était son dernier été, avec comme raisons supplémentaires, les stress hydriques à répétition qui fragilisent les arbres depuis plusieurs années, celui que nous sommes en train de vivre depuis le printemps étant le plus agressif. 
Hier soir, aux premières rafales de la tempête, je me suis dit que je ne le retrouverai pas debout ce matin. Et dans la nuit, il s'est couché.
La dernière photo est celle du chêne majestueux de mon voisin, que j'ai eu aussi la douleur de trouver allongé en me levant ce matin.
Les arbres sont nos frères, les compagnons de nos vies,  ils sont nos seuls vrais alliés contre la folie climatique que nous avons déclenchée. Et à chaque tempête (elles sont de plus en plus  nombreuses et rapprochées), ce sont les premiers à souffrir. 
Protégeons les, plantons en!
"Quand on coupe un arbre, j'ai mal à ma jambe et à la littérature". Léo Ferré
ps ! pardon pour ce halo bizarre, pas encore trouvé la raison.

Elagueurs? Et ta soeur?
Elagueurs? Et ta soeur?
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12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 12:19

Une contribution de Cyril Duclos

C'est à l'automne 1996 que j'ai connu Luc Romann ; mon ami d'enfance et guitariste Frédéric Messine m'avait parlé d'un chanteur "des années soixante " qui cherchait des musiciens pour compléter son orchestre. Son idée était qu'un guitariste de jazz dans le style de Django pourrait l'intéresser.
Nous nous sommes donc rendus chez lui un après-midi alors qu'il répétait. Romann habitait une petite maison pittoresque au bout d'un chemin et l'ambiance était musicale et détendue en ce jour de répétition.
Il m'a proposé de m'assoir avec ma guitare au milieu des musiciens et de participer comme bon me semblait. Le groupe n'était pas encore très au point et j'imaginais qu'ils jouaient ensemble depuis peu. Nous avons passé une journée très agréable et le soir venant, nous nous sommes salués, puis Frédéric et moi avons chargé le matériel et les instruments dans le coffre de la voiture, prêts à partir.
C'est alors que Romann s'est approché pour bavarder encore quelques instants et m'a demandé si cela m'avait plu, ce à quoi je lui ai répondu sincèrement que j'avais apprécié son univers poétique et musical. Nous avons donc convenu de nous revoir prochainement et je l'ai invité à manger chez moi quelques jours plus tard en compagnie de l'ami d'enfance qui avait eu la bonne idée de nous présenter.
Nous avons partagé un repas et une soirée très chaleureuse pendant laquelle je découvrais un peu mieux ce personnage aussi étrange qu'exceptionnel. Il devait se produire en récital à Beaucourt, près de la frontière Suisse quelques jours plus tard et m'a proposé de me joindre à cette aventure musicale. J'ai immédiatement accepté et c'est ainsi que j'ai eu le bonheur de commencer mes premiers concerts avec l'immense Luc Romann.
Ce voyage et le spectacle en première partie d'Anne Vanderlove fut un véritable enchantement, je découvrais le répertoire des chansons de Romann sur scène, dans le feu de l'action car nous n'avions pas eu beaucoup de temps pour répéter et je me laissais guider par mon inspiration pour mes interventions à la guitare. Je le suivais à l'oreille et cette approche intuitive correspondait certainement à ce qu'il recherchait.
Je me souviens d'un petit échange juste avant de monter sur scène où je lui ai dit que j'essaierai humblement " d'ajouter un peu de ma poésie à sa poésie ".
Au retour de ce premier voyage notre collaboration est rapidement entrée dans une phase artistique et amicale intensive comme j'ai rarement connu. Romann était un être attachant, très original, avec une personnalité remarquable, authentique et manifestement à part dans tous les compartiments de l'existence.
" Appelle moi simplement Romann, mes amis m'appellent Romann ! " me dit-il, puis avec humour et entre deux éclats de rire : " tu te rends compte que je t'ai attendu toute ma vie ? Tu arrives tard cette fois ! " m'a-t-il déclaré lors d'un de nos premiers repas en tête à tête.
Nous étions à table depuis midi et vers 18 heures, alors qu'il me tardait de prendre enfin la guitare pour répéter et faire de la musique, il me dit avec les yeux plissés et une mine fabuleuse : " je crois que nous avons bien travaillé aujourd'hui, la musique se joue aussi dans les interstices, les espaces intermédiaires ".
Tout ce qu'il déclarait m'étonnait souvent au plus haut point, puis il m'a proposé de rester pour continuer à converser et festoyer avec lui toute la soirée, ce que nous avons fait allégrement en compagnie de ses chats complices. Nous avons finalement pris les guitares et joué vers les trois heures et demi du matin, l'atmosphère était extraordinaire, et lorsque nous avons finalement fait une pause, le jour se levait. Il m'a offert un café et je suis rentré chez moi avec de la musique plein la tête, il me tardait déjà notre prochaine entrevue.
Nous avons joué ensemble pendant environ quatre ans avec cette intensité. Puis, ses problèmes de santé l'ont obligé à s'arrêter. Nous avons conservé des liens amicaux pendant les dernières années de sa vie jusqu'à sa disparition. Pendant les années d'activité nous alternions répétions, enregistrements et tournées ; l'emploi du temps était assez complet car Romann avait à l'époque envie de relancer sa carrière et réactivait ses réseaux de connaissances pour cela. 
Je le rencontrai donc dans un début de cycle, un moment de renouveau et son inspiration artistique était d'ailleurs florissante.
Il n'était pas rare qu'il me présente deux ou trois chansons nouvelles lors de nos séances musicales pourtant fréquentes, il était très créatif à l'époque.  Sa musique était imprégnée de voyages merveilleux et d'une mémoire ethno-musicale si vaste qu'elle me paraissait couvrir de multiples styles, continents, origines, et temporalités, allant même jusqu'à emprunter des rythmes impairs très complexes dont il ignorait pourtant jusqu'à l'existence théorique. Romann était un funambule harmonique et rythmique, il avait cette aptitude phénoménale à infuser son inspiration dans la mémoire collective de l'humanité pour en collecter des trésors qu'il apprêtait de ses propres parures émotionnelles et narratives. Romann était un enchanteur et un génie des mille et une nuits de l'improvisation et de la composition, son talent était inouï. Quant à ses textes et poèmes, ils sont dignes des plus grands auteurs. C'était un expert impressionniste de la langue française qu'il aimait tant, recherchant toujours la simplicité, l'efficacité, l'authenticité et la beauté dans la combinaison des mots. C'était un sorcier, un conteur, un poète et lorsqu'il s'exprimait, il savait transporter ses interlocuteurs dans une autre dimension, comme dans une transe hypnotique induite par le rythme des mots et le son de sa voix. Cette faculté à charmer un auditoire entrait dans la plénitude de sa fonctionnalité dès qu'il se mettait à chanter, il sublimait l'ambiance et renouvelait ce prodige toute sa vie avec une aisance incomparable.
Pour les arrangements, il débordait tellement d'idées qu'ils variaient à chaque répétition. Finalement, je constatais qu'il appréciait que la musique soit spontanée, vivante et que ses chansons baignent dans une sorte de régénération créative permanente. Au fil des séances, à force d'improviser, je conservais pourtant certaines articulations ou mettais en place une sorte d'armature harmonique sur ses musiques mais l'improvisation conservait une place prépondérante et même vitale. L'instantanéité était résolument la marque de fabrique de notre association musicale et la variabilité des arrangements était une constante orchestrale.
Romann est certainement un des artistes les plus incroyables parmi ceux que j'ai accompagné et sans conteste celui avec lequel j'ai eu la plus grande connivence. Mais je pense qu'il faisait cet effet à tout le monde tant son aura spirituelle, artistique et humaine sortait de l'ordinaire. Sa longue expérience en faisait un livre d'histoire de la chanson française car il avait connu à peu près toutes les "vedettes" des années soixante. Et de temps à autre il lui arrivait de livrer quelques anecdotes croustillantes, mais jamais sur demande.
Il n'avait pas vraiment de nostalgie pour cette époque et savait éviter le piège de se valoriser en fonction de ces collaborations passées pourtant souvent prestigieuses. Il me décrit ainsi un jour sa rencontre avec Edith Piaf qui l'avait 'convoqué' chez elle pour lui demander de lui composer des chansons. Loin de se laisser impressionner, il avait trouvé Piaf déformée par le prisme de la célébrité, vivant avec une cour malsaine. Il avait à l'époque décider de décliner sa proposition et refusé d'écrire pour elle alors que la plupart des chansonniers de ce temps-là auraient donné beaucoup pour qu'elle ne leur prenne ne serait-ce qu'une chanson.
Il me faisait parfois penser à un mage, un prophète, un grand mystique, un devin, il semblait connaitre d'extraordinaires secrets sur la destinée de l'humanité, la cosmogonie, la transcendance, la thaumaturgie, l'ontologie ou la métaphysique, comme s'il avait vécu dans des époques reculées ou bibliques. C'était un grand sage surgit du fond des âges. Il se décrivait parfois comme un chaman et avait aussi des connaissances très poussées sur la nature, la cuisine, les plantes médicinales et l'art de rêver.
C'était un magicien et son rapport au métier de chanteur était d'ailleurs extrêmement spécial pour ne pas dire totalement unique et inédit. Je n'ai jamais connu un tel détachement associé à ce degré de lucidité. Romann était comme en contact avec sa partie subconsciente, sa connaissance de sa propre nature spirituelle était d'une ampleur incommensurable et un art de vivre intellectif. Il était réellement un Saint Homme, émouvant à chaque instant. Alors que la plupart des artistes démarchent et s'agitent autant qu'ils le peuvent pour se faire remarquer des producteurs et accéder à la célébrité tant convoitée, lui paraissait en contradiction complète avec cet aspect du show-business. Le destin semblait pourtant le poursuivre comme s'il s'acharnait à vouloir le rendre célèbre mais Romann donnait l'impression de s'appliquer à déjouer avec méthode et clairvoyance ce qu'il considérait comme un sortilège de la destinée.
Je me souviens de discours philosophiques mythiques qu'il professait parfois devant un petit feu de cheminée ou lors de voyages en train. "Je suis un amateur et j'entends bien le rester, j'aime les choses imparfaites en cours d'élaboration ", " n'oublie jamais de considérer l'envers de toute chose " et autres déclarations extraordinaires pendant lesquelles il m'affirmait que jamais plus il ne ferait confiance à un producteur, que ces gens appartenaient à un monde qui n'existe déjà plus. Il distinguait les êtres humains des hommes qui selon sa philosophie personnelle n'étaient pas de la même lignée spirituelle et qu'il ne fallait surtout pas confondre. Il considérait la célébrité comme une sorte d'anomalie, une conspiration universelle contre toute forme de créativité, une atteinte à l'identité artistique originelle.
L'industrie du disque n'était pour lui qu'un exemple moyen et médiocre du monde des hommes, malade de son système économique et élitiste. Il ne souhaitait pas y participer et cette décision avait été prise pratiquement dès le début de sa carrière.
Il me contait alors une anecdote qu'il présentait comme un tournant dans sa volonté de vivre son art en retrait. Alors qu'il commençait à être connu au début des années soixante, il entreprit des tournées à l'étranger. Et un jour, attendant son avion dans le restaurant d'un aéroport, il fit malencontreusement tomber un cendrier qui se brisa par terre en mille morceaux. Il assista alors à une scène qui allait profondément le bouleverser : il vit plusieurs de ses "fans" se précipiter pour ramasser et se disputer les morceaux du cendrier et l'un d'entre eux se blessa gravement à la main dans cette cohue. Cette dérive hystérique allait à l'encontre de sa nature profonde et il refusait catégoriquement l'idée d'être adulé.
Sa vision grandiose de l'être humain était inconciliable avec la manière dont se pratique le métier d'artiste dans ce monde et dans cette époque. Il ne connaissait que l'échange, la communion, l'offrande et considérait la notion de commercialisation comme le début de l'anéantissement des valeurs de fraternité qui étaient les siennes.
La compréhension et l'accomplissement de l'art selon Luc Romann et son génie pour le transcender relèvent de l'invocation cosmique, d'un partage infini dans le sens littéral du terme, c'est à dire dont on ne peut observer ni concevoir aucune limite. Je suis intimement convaincu qu'il poursuit cette œuvre dans ces sphères de l'existence supraconsciente dont il a su nous offrir un aperçu émotionnel dans ses chansons et dans ces instants inoubliables de simplicité.

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 10:53
Un rite, la photo sous le châtaignier
Un rite, la photo sous le châtaignier

Un rite, la photo sous le châtaignier

Voilà. Le dimanche 25 septembre, on  a ramené les loustics à la maison. La pluie tant espérée a eu la délicatesse d'attendre que nous soyons arrivés pour se mettre à tomber. Grande tristesse de voir vieille maman Gaztain très amaigrie et très fatiguée, ayant pour la première fois des difficultés à parcourir tout le chemin. Espérons qu'elle va se requinquer à la maison. Attendons impatiemment la visite de Veronique Zenoni la véto et   de Mathieu Semerena, le maréchal-ferrant. D'ici là, on peut compter sur Altxor pour veiller sur sa maman. 
Mais il va falloir se faire à l'idée que c'est peut-être la dernière transhumance à pied pour dame Gaztain. L'an prochain, un plan B location de van? 
Merci à tous les amis pour leur chaleureuse présence ainsi qu'à la chienne Xuria et à la courageuse Xipi, une autre vieille dame munie de fort petites pattes..

 

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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 13:19
Gilles Marchal, l'homme qui ne se parait pas des plumes du paon

Extrait de "Plumes de stars" de Claude Lemesle.

Gilles Marchal, l'homme qui ne se parait pas des plumes du paon
Gilles Marchal, l'homme qui ne se parait pas des plumes du paon
Gilles Marchal, l'homme qui ne se parait pas des plumes du paon
Gilles Marchal, l'homme qui ne se parait pas des plumes du paon

Ci-dessus, la preuve par l'exemple --- le loup solitaire ( sourire).

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 14:57

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 09:49

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 16:43

Comme tous les 2 septembre et les 11 avril depuis 2014, je suis allée faire une marche rituelle afin de retrouver quelqu'un qui n'est plus là ---mais allez savoir après tout.

Je ne suis montée vers nulle part. Nous avons tant manqué d'eau depuis le début du  printemps que je  suis restée en bas en permanence,  à portée de vue de la Nive d'Ezterenzubi. Giono n'écrivait-il pas "Le bonheur est au fond des petites vallées"?

Avant de regagner mes pénates et tout en pensant très fort aux taureaux en train de se faire massacrer à Bayonne devant une foule de gens stupides et cruels, je suis passée voir les deux loustics, Altxor et sa douce et vieille maman Gaztain. J'ai cru les entendre me susurrer à l'oreille de passer le bonjour au cow-boy qui défendait les taureaux et qui avait peur des chevaux. 

Nb: J'ai emprunté le titre à cette citation d'Henri Vincenot" Marcher, vains dieux de misère, c'est le secret libérateur. On ne peut asservir l'homme qui marche".

On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
On ne peut asservir la femme qui marche.
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