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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 21:49

Depuis quelques jours, je songe à un article pour ce blog, qui ferait allusion aux maisons , à la  maison, aux mères, à la "matrie"(?).

Et voilà que je reçois cette contribution de Brigitte Fraval. Comme un cadeau, comme un signe.

Une série de "post" sur ce thème, ça vous branche? J'attends vos propositions.

 

IMGP2286.JPG

 

Quand on est enfant tous les adultes sont vieux qu'ils aient trente ou soixante -dix ans, c'est ainsi. J'avais une grand mère maternelle extraordinaire ,capable de monter sur la table en chemise de nuit et chapeau mou pour nous faire rire d'une chanson improvisée qu'elle entonnait d'une voix de ténor contrarié,faisant monter en nous des rires en cascade jusqu'à la contraction douloureuse de nos abdominaux.

Je ne pouvais même imaginer passer mes vacances ailleurs que chez elle dans cette grande maison nichée entre montagnes noires et monts d'Arrée au pays des fées et des korrigans,terre de légendes ou les embruns se mêlent intimement aux bruyères mauves des landes arides.

Grande maison perdue au milieu de nulle part avec pour seul voisinage une ferme comme il en existait encore ,ou le cheval traçait inlassablement les sillons dans la terre brune et odorante,ou l'on amenait dans la charrette cahotante, le long du canal noyé de brume, les sacs de blé blond à moudre au petit meunier du coin.

Une campagne de carte postale, sans tracteurs ni autre engin rutilant et grondant pour éteindre le chant des oiseaux ,le souffle du vent ou le puissant ahane-ment des hommes ployant sous le poids de la fourche qui s'élance dans l'éclat doré de sa charge vers le sommet de la charrette déjà lourde d'une paille bruissante qui fera le bonheur ,à l'étable ,le soir venu,des vaches aux grands yeux doux .

Chaque jour était une aventure pleine de petits bonheurs qui me sont aujourd'hui devenus les fondements même de ma vie d'adulte. Entre moissons ,soins des bêtes , arrachage des pommes de terre et veillées au coin du feu , d'y penser me vient à la bouche le goût des patates cuites sous la cendre, j'ai appris le chant des oiseaux , l'inquiétant hululement de la chouette à la lune claire, le chatoiement des ailes des papillons, l'odeur des fleurs et la ténacité des hommes enracinés à la terre.

J'habite aujourd'hui cette maison .Malgré la difficulté à la garder ,je n'ai pas pu l'abandonner en d'autre mains ,Ma grand mère n'est plus mais je me plais à croire qu'elle garde un oëil bienveillant sur ma grande et séculaire bâtisse,

Aujourd'hui encore , j'ouvre mes volets sur un paysage préservé ,sur le grand chêne là bas au fond de la belle friche qui me sert de jardin et qui accueille tout ce qui veut y faire son nid,

Mais déjà ,voilà que le rugissement des tracteurs et autres engins dévoués au sacro-saint et illusoire progrès , étouffe le chant du ruisseau et du rouge-gorge,

Voilà que la salamandre qui s'introduisait régulièrement ,par on ne sait ou,dans la grande maison, se fait rare même au jardin, La chouette nous joue moins souvent sa sérénade et ne reste des puissants chevaux de trait à la robe luisante de sueur que l'écurie qui elle aussi ne sera bientôt plus qu'un souvenir .

 

J'ai plus sûrement gravé dans ma mémoire ces images là ,cette vie là ,que tout ce que j'ai pu vivre après ... hier ..aujourd'hui.

Que garderont en mémoire nos enfants ?

Brigitte Fraval.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 15:48

 

 

"Des arbres dont on a coupé tous les membres, il n'en reste que le tronc mutilé. Chaque amputation a laissé une trace ronde de cicatrice sèche. Au pied, quelques branches encore, avec les autres. On a fait des fagots. Et ce carnage n'impressionne pas: aucune plaie ne saigne. D'autres branches poussent avec une nouvelle force. Méfions-nous. Il y a des hommes, dont je suis, qui exagèrent la sensibilité des arbres".

Jules Renard

 

Pour accompagner  ces quelques phrases de Jules Renard, une illustration de Prunelle :

http://prunodagen.free.fr/bio.html


 

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Prunelle dit d'elle même qu'elle est l'une de ces femmes "qui exagèrent la sensibilité des arbres"; Tant mieux, Prunelle, cela vaut mieux que de la nier.

 

L'oeuvre ci-dessus fait partie de la série "Silence"

"Ils portent de lourds ornements, 
divines parures protectrices
véritables talismans
Ils découpent leur monde pour construire ce masque qui leur voile la face 
puis attendent aveuglement une réponse du dieu qu'ils ont créés.
Ils portent une nudité fragile, 
vulnérables être noyés d'immensité.
Ils portent le masque de la stérilité qu'il ont engendrée."
Prunelle

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 20:00

Conference-Garazi.jpg

 

Conférence sur le frelon asiatique

Tout droit arrivé du sud est de l'Asie, Vespa velutina nigrithorax plus connu sous le nom de

frelon asiatique envahit la France depuis 2004. La région du sud ouest est la plus touchée par ce

véritable fléau et se doit de réagir au plus vite car ce sont la biodiversité et notre sécurité qui sont

mises en jeu.

Quels dangers représente-t-il? Comment se fait-il qu'il prolifère aussi vite? Que faire pour

lutter contre cette invasion? Vous trouverez des réponses à ces questions en venant assister ce

vendredi 21 janvier 2011 à 20h30 à la salle du sous sol de la cité administrative de SAINT

JEAN PIED DE PORT à une conférence consacrée au frelon asiatique. Au programme, une heure

sera dédiée à la présentation de l'espèce, sa biologie, son mode de vie et ses points faibles qui sera

suivi de la projection du film ''Frelon asiatique, un loup dans la bergerie''.

Cinq autres conférences sont prévues dans les villes de Saint Palais, Cambo les Bains, Bidache,

Mauléon et Bayonne.

Dates des conférences sur le frelon asiatique en Pays basque:

le vendredi 4 février à 20h30, salle verte

à SAINT PALAIS

le vendredi 18 février à 20h30, salle Larrazkena

à CAMBO LES BAINS

le vendredi 25 février à 20h30, salle de la mairie

à BIDACHE

le vendredi 4 mars à 20h30, salle Irati (Centre Multi-Service)

à MAULEON SOULE

Conférence gratuite et ouverte à tous.

Organisée par le CPIE Pays basque

Pour tout renseignements contacter le CPIE Pays basque au 05 59 37 47 20

ou par mail: cpie.pays.basque@wanadoo.fr
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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 13:26


 

 

Alain Minc et les soins pour les vieux: le sarkozysme à visage inhumain?

Les propos d'Alain Minc se demandant s'il est bien nécessaire que la collectivité nationale s'offre le « luxe » de soigner les plus vieux de ses membres alors que ça coûte cher sont insupportables (21.03').

(Source: France Info)


Le propre du « sarkozysme » et de ses représentants est de réussir à ouvrir des débats qui ne devraient même pas être. Même les plus odieux. Et ça marche. Des gogos sont déjà tombés dans le panneau et dissertent de la proposition de Minc. Lorsque l'on lit le blog de Martin Hirsch (qui fut parait-il un homme de gauche avant que de servir l'actuel pouvoir), on ne peut que constater les dégâts moraux et intellectuels causés par cet incroyable pouvoir que les Français se sont infligé il y a trois ans.

La question que pose Minc est limpide: la collectivité nationale doit-elle payer les soins offerts à de vieilles personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l'espérance de vie est réduite?

Lisez et relisez la question ainsi formulée. Elle est odieuse. Son principe même est odieux. Et l'emploi du mot « luxe » pour évoquer la situation rend la question encore plus odieuse. Elle suggère que la solidarité nationale devrait s'exercer plus ou moins selon l'idée que l'on se fait de l'utilité nationale de ses membres en fonction de leur âge. Et que dire du préambule qui suggère que c'est au nom du progrès social que Minc se livre à son petit numéro?

Il se trouve que je viens de traverser une épreuve semblable à celle de Minc. Une personne âgée de mon entourage proche a bénéficié de soins intensifs qui ont coûté également près de 100 000 euros à la collectivité nationale. Soit 35 jours dans un service où la journée d'hospitalisation coûte 3000 euros. Lorsque j'ai découvert le montant astronomique de ce qu'avait représenté cette prise en charge, j'ai été un peu décontenancé. Mais je ne me suis jamais posé la question « Mincienne » sur le bien-fondé de savoir s'il était juste que la collectivité paye les soins prodigués à cette personne. Celle-ci avait cotisé toute sa vie durant à tous les organismes de sécurité sociale, possibles et inimaginables. Pourquoi aurait-elle dû être privée de la prise en charge de ses soins au moment où, pour la première fois de son existence, elle en avait le plus besoin? Pourquoi la priver de la manifestation de la solidarité nationale alors qu'elle même avait respecté et honoré ce pacte républicain d'un bout à l'autre de sa vie de citoyen?

Ça n'était pas un cadeau, « à l'oeil » mais une dette remboursée, le juste retour transgénérationnel de la manifestation de la solidarité nationale.

La question que pose Minc est inhumaine parce qu'elle rabaisse le rôle de chaque individu à une fonction économique et sociale réduite au temps présent. Elle fait fi de l'histoire, du rapport au passé, de la transmission de la mémoire, du relais entre les générations, de l'apport de chacune d'entre elles à la suivante.

Le lecteur pardonnera la simplicité du propos, voire sa naïveté. Il s'en trouvera sans doute qui viendront objecter que les déficits sont là et patati et patata... Qui trouveront que Minc pose une bonne question du point de vue économique... Qui diront que l'on ne peut pas tout se permettre en période de crise... Qui estimeront qu'il est juste de réfuter point par point la suggestion de Minc...

C'est bien là qu'est le piège. Se retrouver à débattre d'une question qui ne doit pas se poser, d'un débat qui n'est plus à trancher. C'est une constante du sarkozysme, via ses hérauts, que de réussir, depuis près de huit ans, à inventer et imposer des débats qui portent en eux une inhumanité terrifiante.

On se permettra donc ici de formuler à nouveau la question que pose Minc, afin de bien en mesurer le caractère insupportable:

La collectivité nationale doit-elle payer les soins offerts à de vieilles personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l'espérance de vie est réduite?

Il parait qu'un écrivain africain de renom a dit un jour: "un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle". Avec sa sortie sur les soins aux vieux, Minc complète la pensée de Guaino (inoubliable auteur du fameux "Discours de Dakar"); l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire, les vieux non plus.

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 11:55

Une contribution de babel http://www.myspace.com/lebabel

longicorne-1.jpgPhoto: Richard Cuisset.

          

Un jour, j’irai où les oiseaux ne meurent pas en grappes, tombant tels des fruits renonçant à mûrir sur un pan du ciel.
J’irai embrasser les gargouilles d’une église détrempée, rongée jusqu’au cœur de la pierre par les pluies acides,
et sous la chaleur du baiser, les chéneaux à larges gueules redeviendront ce qu’ils étaient avant que la stupeur les pétrifie : des anges.
Ce sera un matin où la brume s’écarte comme un rideau de douche.
Puis un peu de parfum nous vient.
Alors on sait que vêtue de bleu tendre, une belle arrive, fraîche portion de ciel en printemps, même avant la saison.
Ce sera le cri d’un amandier qui refuse le gel, ce sera un mimosa nourri de cendres après plusieurs étés d’incendies.
Je n’entendrai plus le vacarme assourdissant des hâbleurs
 me promettant la lune si j’accepte de les pousser vers les hautes fonctions dorées
comme un bouton d’académicien sous les lustres de la République.
Non, ce sera un jour de silence.
Au-dessus de moi tournoieront des étourneaux,
ou peut-être des corbeaux, ou bien je ne sais quelles plumes…
Je verrai tenir debout le lierre sans la maison,
il s’accrochera au vent ou à ses habitudes,
 aucun arbre n’étouffera sous son embrassade.
Un jour, j’irai où les enfants ont le temps de jouer sans devenir
ni soldats, ni prédateurs en chef de la cour de récréation, ni délateurs ou zélotes.
Dans un barouf ronflant, les bras écartés, ils me frôleront
comme des biplans, écharpes au vent.
Ce sera sous un tilleul pleurant le jaune de ses fleurs entre l’ombre de ses feuilles,
nous aurons, nous aussi, le temps de prendre nos âges par la main,
pour les laisser nous guider d’année en année,
sans devoir gagner une vie que l’on a déjà.
Un jour, j’irai là-bas, où les oiseaux ne se laissent pas choir sur le bitume
à la recherche d’un pont où se noyer.                                             

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 20:24

Et oui, 25 Novembre! L'anniversaire de ma fille et le jour où tout bois prend racine!

En Basque, automne se dit  "Udazkena", ce qui signifie "Le dernier été".

Quelques petits problèmes d'ordre technique entre temps. Donc, je vous le sers seulement maintenant, ce beau texte de  Daniel Labeyrie, dont l'amitié est aussi immuable que le déroulement des saisons.

 

Gaztain-neguan-013.jpg

 

Le 25 Novembre

 Quand la bûche siffle et chante... BAUDELAIRE

 

 

            Après avoir ouvert les volets de la cuisine, j'ai pris une brassée de petit bois bien sec avec quelques pages d'un vieux journal  que j'ai froissées puis, avec une allumette,  j'ai allumé le feu dans la cheminée...Très vite, le feu a pris ses aises pour se nourrir de ce bon combustible : la pièce s'est éclairée, une douce chaleur s'est répandue grâce à la pose de bonnes bûches de derrière les fagots.

            J'ai laissé le feu à ses occupations pour aller déposer des graines dans la mangeoire des oiseaux,  placée sur une branche du laurier-sauce ainsi qu'un pain de margarine pour les mésanges et autres passereaux: le temps étant très maussade, j'avais pris soin de chausser ma paire de bottes. Bien vite, les mésanges bleues, merveilleuses équilibristes, sont venues becqueter la provende hebdomadaire.

            Les sautes de vent aussi capricieuses que les averses de grésil alternaient avec quelques fugaces rayons de soleil donnant au paysage une douce lumière. La pluie chantait dans les gouttières et des petits ruisseaux inattendus se promenaient dans l'allée pour aller rejoindre le ru en contrebas qui lui aussi entonnait son refrain.

            A la faveur des bourrasques, quelques corneilles sillonnaient les gris du ciel  et c'était un grand plaisir de marcher sur le sol spongieux du verger où les bottes s'enfonçaient … Il me revenait à l'esprit le sentiment quelque peu nostalgique de l' enfance où le petit garçon cherchait une harmonie avec le monde, harmonie qui par la suite se révéla à la lecture des poètes des quatre coins du monde.

            Entre deux averses, sur le dernier pommier, trônait la dernière pomme, haut perchée sur une branche de la cime; ce dernier fruit de l'année ravira quelque oiseau ou quelque frelon téméraire non encore vaincu par les premiers frimas.

            Les platanes s'amusaient à laisser tomber leurs feuilles une à une dans l'allée: muni du râteau, je les rassemblais pour les entasser dans la brouette: elles furent répandues sur le chemin de terre.

       Dans la ferme voisine, la cheminée ne fume plus: il n'y a plus de feu , feu le voisin s'en est allé dans l'au-delà sur la pointe des  derniers jours d'automne et il me fait peine de ne plus voir la moindre volute au- dessus des tuiles rouges.

            Dans le trou du vieux mur, pas le moindre bourdonnement : les abeilles ont pris leurs quartiers d'hiver; il faudra attendre le mois de mars pour les revoir fêter la floraison des pruniers.

            De retour dans la cuisine, une soupe fumante aura eu le mérite de réchauffer mes vieux os. Derrière les carreaux de la fenêtre, la pluie redouble d'énergie et les petits oiseaux mouillés viennent s'abriter  sur le fil à linge  de l'auvent. Le feu semble content ,il compose ses flammes ondoyantes en spirales subtiles et chatoyantes;

            Et si le bonheur n'était que cela, un sentiment de bien-être, une heureuse simplicité, un regard  léger qui se dépose sur les choses  sans les retenir, une contemplation de l'éphémère.

 

Daniel LABEYRIE

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 21:00

Bernard Sauvat , ancien professeur de mathématiques, était ami avec l'un de mes copains, objecteur de conscience à "Cotravaux",  qui organisait avec moi et quelques autres ( de Jeunes et Nature, les Amis de la Terre, Etudes et Chantiers, etc)  la première "Semaine de la Terre" C'était en? 1970? 1971? 1972? Je ne sais plus trop. 

Mais je me souviens bien de cette chanson.

Et je dédie cette vidéo à Pierre Leclerc, mon professeur de maths, plus connu dans le monde artistique sous le nom de Pierre Londiche http://www.pierrelondiche.fr/biographie.php

Je pensais lui avoir laissé le plus épouvantable des souvenirs. Or, je crois bien, en définitive, ne pas lui en avoir laissé du tout.

Et à moi que le seul nom de mathématiques fait frémir de terreur depuis et pour toujours, il en a laissé un à ranger dans les bons.

Qu'il me pardonne cette impertinence.


 

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 11:34

 


 
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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 13:10
dimanche 3 janvier 2010 à 16:37
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Paris-Dakar : déjà un mort et des dizaines de milliers de tonnes de CO 2

Déjà un mort et plusieurs personnes sérieusement blessées dans le Paris-Dakar délocalisé en Argentine (Un peu, parce que des associations ont râlé fort l’année dernière) et au Chili (Beaucoup parce qu’y règne encore un culte de la voiture très américain). Cette course de fous de la bagnole qui ne se rendent pas encore compte à quel point ils sont ringards, a donc commencé à ravager des routes déjà difficiles pour les habitants, surtout dans le nord, parce que mal entretenues e traversant des zones escarpées. Malgré les réclamations des Indiens qui tentent d’y survivre d’une agriculture vivrière et souvent bio. Comme au nord de Riojas où la caravane pétaradante est arrivée dimanche. Mais, c’est bien connu, les rallyes « sportifs » affectionnent les pays aux économies incertaines parce qu’ils y trouvent des voies de communication en mauvais état. En Argentine s’y ajoutent les effets d’une terrible sécheresse qui détruit depuis prés de quatre ans, la pampa (déjà affectée par les maïs et soja OGM) et certaines provinces du nord que le rallye va consciencieusement labourer ou couvrir de poussière. Notamment dans la région chilienne du lac salé d’Atacama. Un monument naturel et aussi un havre pour de nombreux oiseaux, notamment des flamants roses, qui sont tous protégés. Comme les vigognes qui survivent dans le Nord de l’Argentine et du Chili où elles restent menacées.

Le promoteur de ce rallye aux relents faussement sportif n’est qu’une entreprise commerciale (ASO) destinée à faire du fric. Elle est également organisatrice du Tour de France et liée au groupe de presse des journaux Le Parisien/Aujourd’hui et L’Equipe. Ce qui explique que dans son édition de dimanche, l’information sur l’accident soit traitée en six lignes. A France Télévision (plus discrète cette année dans ses retransmissions), ils ont été plus pervers, expliquant, comme les organisateurs, que la responsabilité de l’accident incombait aux téléspectateurs (dont un enfant de neuf ans dans un état grave) qui « n’auraient pas du être là ».

Les organisateurs ont eu du mal à boucler leur budget malgré la générosité de Total, de Novotel et de France Télévision car le nombre des participants est en chute libre : ils étaient plus de 500 l’année dernière et ils n’étaient plus que 361 au départ dont 160 motos, 62 camions et 27 quads. Renault, la firme automobile qui nous explique laborieusement dans ses pubs télévisés de début d’année qu’elle est devenu « pure écolo », a inscrit dans la course un engin qui s’appelle le Sherpa. Une sorte d’hybride militaire à mi-chemin entre le char et le camion. Ce 6X6 sert habituellement à transporter des lance-missiles ou des armes lourdes. Le blindage est en option. Mais avec ou sans sa carapace, cet engin contribue à l’émission pendant le rallye d’environ 30 000 tonnes de CO 2 (1) : pour la course, pour les organisateurs et pour le transport de la caravane depuis la France. Il faut y ajouter l’utilisation quotidienne des deux Hercules, des deux Folker et des hélicoptères qui trimballent tous les jours plusieurs centaines de journalistes. Quant aux quads ils ne participent qu rallye que pour fabriquer de l’image destinée à appuyer les campagnes publicitaires vantant et vendant ces engins à travers les campagnes où ils continuent à circuler en dépit des interdictions légales et municipales. En fait, le rallye ne sert qu’à cela : s’efforcer désespérément d’entretenir « l’image » des sports motorisés et de la voiture « source de liberté. Cela doit correspondre à ce que Renault explique dans sa publicité télévisée : « Faire avancer l’automobile dans le sens de l’homme et de la vie ».

Pour céder à l’autre mode, celle qui les dérange, leur pourrit la vie et à écarté quelques mécènes, les organisateurs versent une « éco-contribution » à des associations de protection de la nature dont nul ne sait qui elles sont et où elles travaillent. Mais, de toute façon, cela ne sort pas de la poche de ASO puisque cet argent est collecté, de 50 à 150 euros, auprès des concurrents. Ce qui ne règle pas la question des ordures, des déchets plastiques aux huiles en passant par les boites de conserves, qui jalonnent encore le parcours et les bivouacs de l’année dernière.

Pour terminer, il faut rappeler que ce rallye fut glorifié pendant douze ans par un photographe et écologiste bien connu nommé Yann Arthus-Bertrand qui le suivait pour le compte des organisateurs et pour Paris-Match. Le même qui préfaça en 2004 une brochure de Total, une firme « qui place en tête de ses priorités le respect des hommes et de l’environnement ». Le même « écolo » fut le photographe de Ferrari et de Disney Land. Malheureusement c’est son film financé par l’industriel qui (par Conforama interposé) importe des fauteuils pollués de Chine que célèbre la presse, impressionnée par les « belles images » sans êtres humains visibles. Alors que l’excellent film de Nicolas Hulot, « Le syndrome du Titanic » se traîne dans les profondeurs du « box office » des entrées. Parce qu’il est courageux et ne sacrifie pas à l’esthétisme.

Ci-joint quelques vues des lieux que le rallye va polluer...

(1) Pour les sceptiques : le chiffre est fourni par les organisateur sous le contrôle de l’Ademe...

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 14:07

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