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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 07:00

 

 

 

 

              Demoiselles nocturnes, vous glissez, majestueuses, sur les ailes des ténèbres , vous fondant dans l'invisible.

 

            Lorsque la nuit, peu à peu, retire toute la gamme des couleurs  aux choses  et aux êtres, vous savez traverser les rayons de lune avec une discrétion irréprochable.

            Pendant l'hiver, le sommeil vous engourdit dans le secret des grottes, des greniers et des cavités jamais visitées puis, à la faveur des premières douceurs printanières,

vous réapparaissez au crépuscule, pareilles à des passereaux un peu malhabiles .

 

                        La chouette vous regarde du coin de l'oeil, enviant votre aisance à vous mouvoir sans jamais,  au grand jamais, succomber aux pièges des humains.

La fouine aimerait bien vous estourbir mais, du haut de son perchoir, elle sait bien que vous l'ignorez et que jamais au grand jamais elle ne se lèchera les babines avec  les quelques gouttes de sang qui vous habitent.

            Les petits enfants sont souvent très étonnés de vous savoir appartenir au même  règne            qu'eux, ils envient votre parfaite habilité            à passer à quelques centimètres de leurs cheveux  craignant un éventuel contact  tactile.                                                                                                                                                                                                                                                                    ;

                Chères noctambules, vous n'êtes pas du genre à hurler sous les lampadaires  des villes aux heures pâles du petit matin, avec dignité, vous ne proférez

 pas la moindre voyelle, le moindre cri , vous avez fait voeu de silence comme

ces ermites dans les grottes de l'Himalaya qui ne profèrent que la syllabe sacrée

« Om » pour les dieux qui, là-bas,ont encore droit de cité.

Dans ce monde de bruit et de fureurs incessantes, vous parvenez à survivre

malgré les coups de boutoir de la machinerie humaine.

 

                        Pipistrelles, comme il est bon de contempler vos spirales harmonieuses à la tombée de la nuit quand la douceur estivale apaise l'ardeur solaire du jour finissant. Finalement, la plupart des humains vous ignorent, cela est fort dommage.

 

                        En d'autres temps, le conte Dracula a entaché votre réputation mais aujourd'hui, Dieu merci, ce prince noir n'occupe plus que les écrans noirs et les cauchemars: d'ailleurs vous savez bien que les turpitudes de ce malheureux ne sont que le fruit de nos angoisses.

 

            Sans vous le clair de lune ne serait que blafard, la nuit ne serait que solitude, pipistrelles, vous êtes les reines de nos nuits d'été.

 

Daniel LABEYRIE

 

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 10:33

Une contribution de babel.

 

J’ai regardé le bord de mon corps…là où commence l’inconnu

 

Je ne serai pas démocrate :

le bonheur des uns fait le malheur des autres

Je ne serai pas républicain :

le bien commun n’est pour personne

Je ne serai pas anarchiste :

la loi du plus fort finit par triompher

Je ne serai pas monarchiste :

les symboles ne sont pas immuables

Je ne serai pas totalitaire quand la totalité souffre un par un

Aristote, réveille-moi : ils sont redevenus fous.

 

J’ai regardé le bord de mon corps…au premier pas de mon élan

Là où ma peau devient de l’air

 

Le débat ? Il faut nommer qui a tort et qui a raison ; il ne longe que les tombeaux des « autres »

La lutte ? Il faut nommer le vainqueur et le vaincu ; elle ne ronge que ce qui est aux « autres »

L’indifférence ? Elle ne nomme ni victime ni bourreau, elle ne songe pas aux « autres »

La résignation ? Elle ne nomme ni les uns ni les autres, elle ne plonge que dans le vouloir d’un « autre »

 

J’ai regardé le bord de mon corps…là où je ne suis plus seul

avant que l'ocre du chemin se noie dans l'ombre bleue des sapins

Là où le vent et mon cuir s’épousent

 

Tous les Ceci et les Cela une fois prouvés font loi,

Lus et approuvés quelquefois

Durs et éprouvants souvent

Le désordre vert des arbres au printemps,

la rengaine des radios, le parfum du café au lait,

même le glissement des cartes sur le tapis portent

en leur face cachée

une dédicace, l'épitaphe des combats inutiles, des armées identiques.

Le rideau des peupliers sous la pluie,

au bord du fleuve, le long de la route nationale,

encage mon horizon dans une grammaire invisible à force de quotidiens.

 

Au matin, déposer mes oriflammes, feue la nuit, mes bûchers, et

Assis dans le chenal de mes rides, en bordure de mon corps, lisière

Jusqu’au bord de ce corps, devenir ce que je suis :

 

Je suis de sang, je suis de sève, d’eau en torrent et de grain en la pierre.

Je suis suc dans la branche, veine dans le bras, rigole sur la grève, 

Je serai hier, Je suis demain, j’étais maintenant.

 

J’ai regardé le bord de mon corps :

les atomes ne dessinaient aucune douane

 pas un seul pointillé entre eux et les autres

Seuls dansaient des amas de microparticules,

Toutes de la même facture.

 

L’orgue des choses a réglé ma dette :

il joue la musique de mes sphères moléculaires, mon âme danse.

J’ai voulu toucher le bout de mon monde, le bord de mon corps.

Je n’ai rien touché du tout.

Tous les mondes sont un seul, et hors d’eux, rien…

 

J’ai bien des limites, mais je ne trouve pas ma frontière.

Je ne suis qu’un résumé des autres choses,

mises autrement, autrement dites, pour un temps par ici.

Une des combinaisons possibles de particules à jamais séparables.

Et à ce jour, consanguin de toute chose.

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 17:00

 

Une contribution de Brigitte Fraval.

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L'aube douce m'a menée

Au chaud de sa brume légère,

Tendrement enveloppée

Dans le ruban d'argent de sa rivière .

 

Les arbres bruissent encore

Sombres géants engourdis ,

Peinant à éclore leurs chatons d'or ,

Des cris silencieux de la nuit.

 

Le chemin serpente au fil de l'eau

Ennoyé de lambeaux évanescents,

Paisible dans l'étrange halo

Précédant l'embrasement du jour naissant.

 

Les menthes défroissent lentement

Leurs feuilles odorantes

Jetant au vent , murmure arrogant,

Leur audace entêtante.

 

Sur les pierres du halage ,

La lourde charrette de l'Ankou

Tire son sinistre bagage ,

Dans la plainte de ses roues.

 

L'heure n'est pas venue de l'éclat têtu

Qui teinte de mauve les bruyères ,

Reléguant la faucheuse déçue

A ses landes austères

 

Dors tranquille ,petit ,repose

Au singulier mystère de tes rêves

Garde tes paupières mi-closes

sur le jour qui lentement se lève.

 

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Les anciens celtes ne craignaient pas la mort , la considérant comme une chose simple et naturelle,le commencement d'une vie meilleure. Par contre ils avaient très peur de son serviteur l'Ankou .

Tantôt dépeint comme un homme très grand et très maigre aux cheveux longs et blancs,la figure cachée par un large chapeau ,tantôt comme un squelette drapé dans un linceul,l'Ankou circule la nuit debout sur une charrette(karrig an Ankou) dont les essieux grincent sous le poids des âmes des récents défunts. Dans un cas comme dans l'autre il tient à la main une faux dont le tranchant est tourné vers le dehors. On pourrait en fait l'assimiler à un passeur d'âmes.

Il n'est pas si lointain le temps ou ,en Bretagne, on racontait qu'entendre les roues du karrig ou croiser le sinistre attelage signifiait la mort d'un proche ou de soi même.Certains contes parlent d'autres signes comme ,des odeurs de bougie ,des bruits de clochettes ,le chant du coq au milieu de la nuit ...Mais la Bretagne est terre de légendes ….Alors laissons les légendes continuer à s'écrire .

Non il n'est pas si lointain le temps ou l'on faisait peur aux petits enfants trop téméraires en brandissant l'image de l'Ankou aux orbitres creuses qui les attend la nuit venue au détour d'un chemin qu'ils ne doivent pas emprunter. Peut être même que sa cape frôle encore ,en quelques campagnes reculées, le prochain défunt ,celui qui à son tour deviendra l'ouvrier de la mort l'Ankou.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 08:00

 

 


 

 

 

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

 

                                               Ma religion est celle de l'amour de l'oiseau

                                                                Gilles ELBAZ

 

 

 

                        A la première lueur blafarde d'un petit matin grisailleux, je t'ai aperçue , perchée sur la ramure la plus élevée d'un conifère. Interpellé par tes trilles,

j'ai levé la tête  et toi, la grive,

tu t'égosillais merveilleusement dans la cité encore endormie.

 

                        La tête haute, tu chantais  pour annoncer l'imminence de la venue du printemps à deux pas des barres d'immeubles en plein coeur de la ville; ton  chant résonnait sur les murs de béton comme un anachronisme rassurant.

 

                        Pas le moindre humain ne semblait entendre ta mélodie et , malgré l'absence d'auditeur, tu poursuivais ton concert , arborant ton poitrail moucheté à mon regard étonné. Dans les rares jardins alentour, quelques merles étaient en résonance avec toi mais, au sommet de ton arbre, 

tu chantais  tout seule la vie avec une dignité déconcertante.

 

                        Si le chant des oiseaux  se perd dans le tumulte ambiant , se noie dans l'indifférence, qui osera s'arrêter dans sa course infernale pour faire sien un hymne

 à la beauté et se laisser pénétrer par quelques volutes sonores apaisantes ?

 

                        Je doute que tu m'aies remarqué au pied de cet arbre quelconque,

 parfois visité par une corneille braillarde et querelleuse.

 

            Chère grive musicienne quand le jour se sera levé, lorsque le soleil aura mis en couleur le paysage urbain qui t'entoure, en quelques battements d'ailes,

 tu regagneras discrètement ton nid, ton modeste territoire inconnu pour

 subvenir aux besoins de quelques oisillons gourmands.

 

            La rumeur de la ville reprendra ses droits mais demeurera en moi ces quelques minutes fugitives  où le chant d'une grive a éclairé les gris de l'âme

d'un petit matin tristounet.

 

 

Daniel LABEYRIE

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 10:00

 

Une contribution de Brigitte Fraval.

 

 

 

On croit toujours à un tas de choses .

Enfant on croit au père Noël ,à la petite souris . On croit que les grands ils savent tout , que la vie sera toujours douce et tranquille avec du miel et des sourires .

Alors que notre corps entre en rébellion contre ses transformations éruptives ,nous croyons à notre éternité , à un avenir d'adulte fort et fier , à une vie dont nous serons les seuls décideurs , à une liberté que personne ne pourra nous enlever .

Nous croyons avec une confiance exacerbée à la beauté du monde et à sa pérennité, à l'amour avec un grand A et à notre capacité de changer le cours des choses . Nous sommes le monde!

Nous nous construisons des avenirs glorieux à l'image de ce que nous proposent les miroirs déformants des médias à la solde des gouvernements et des grands argentiers.

Nous serons médecins pour soigner nos concitoyens parce que nous aimons les autres ,ou pompiers pour les sauver de toutes les catastrophes qui émaillent leur chemin .

Ou vétérinaires tiens !! J'ai toujours admiré les vétérinaires . Pour moi un vétérinaire ça aime les animaux forcément ,,,tous les animaux .

Comment pourrait il en être autrement? Comment pourraient ils les soigner avec autant de dévouement sans les aimer ? C'est inconcevable !

Oui mais voilà ,le temps passe semant sounoisement rides et désillusions .

Notre liberté nous l'avons aliénée à l'argent , à notre pavillon témoin , aux crédits contractés pour le canapé cuir ou la cuisine aménagée de nos rêves étriqués . Qu'avons nous fait de nos idéaux échevelés ?

Nous défigurons la beauté du monde à coups de papiers gras , de cages de béton et de toxiques dont nous ignorons même les effets .

Nous renions ,détruisons sans états d'âme tout ce qui gêne notre confort , notre quête croissante de possession.

L'amour se réduit à un vague sentiment d'affection pour un compagnon ou une compagne de traversée , pour des enfants que nous éduquerons dans les mêmes petits désirs racornis que ceux dont nous nous contentons.

Les médecins expédient en cinq minutes chrono nos petits ou grands maux . Un autre client attend depuis un moment déjà . La secrétaire a pris trop de rendez-vous ...Faut bien amortir les frais fixes!

Les vétérinaires soignent les toutous ,les chats ,les vaches ,tout ce qui appartient à un maître doté d'un compte en banque mais n'ont qu'indifférence pour les animaux que l'on torture dans les arènes ,pour les espèces que l'on éradique allègrement.

Je pourrais continuer ainsi longtemps mais vous me taxeriez de pessimisme ,de négativisme ….Alors j'arrête …. Mais tout de même ,comment pouvons nous nous renier aussi totalement ?

 

Je voudrais toujours rester petite a chanté Leny Escudero Et bien moi je voudrais redevenir petite !

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 10:21

Une contribution de Ursoa Parot.

 

 


 

 
Je dis parfois, les jours de déprime (par.exemple. quand on va faire la guerre chez les autres pour du pétrole), que "Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien"...
Ils ont en effet plus de coeur que les humains..; mais, peut-être que caché sous le portefeuille, les humains en ont aussi un, allez savoir.. en forme d'euro sans doute?
Regardez ceci, ça se passe au Japon après le Tsunami
 
*******************
"Le Monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent et laissent faire." Einstein          
"Une erreur n'est pas une vérité parce qu'elle est partagée par beaucoup de gens, tout comme une vérité n'est pas fausse parce qu'elle est émise par un seul individu."   
Ghandi 
"Je sais comment on s’élève dans le monde ; en foulant à chaque marche quelque chose de sacré."
Henry de Montherlant
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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 12:00

 

http://storage.canalblog.com/58/13/177230/59962592_p.jpg

 

Une contribution de Gérard Roy.

           

C’est toutes les fois pareil : il suffit que j’aie envie de dire ou d’écrire quelque chose pour que, dans les jours, voire les heures, qui précèdent un passage à l’acte toujours un peu lent au démarrage, quelqu’un le dise ou l’écrive à ma place - et mieux que je ne l’aurais fait, en plus ! C’est rageant et vexant, à la fin ! Du coup, je remballe mes velléités d’expression et rumine mon désappointement. À moins que je ne m’obstine, auquel cas je ne fais guère que paraphraser (en moins bien, cf. supra) le discours de celui ou de celle qui a été plus rapide que moi, et les gens se disent à juste raison qu’ils ont déjà lu ou entendu “ça” quelque part...

            Pareille mésaventure vient juste de m’arriver... Il y a un moment que ça me démange de confier, une bonne fois pour toutes, ce que m’inspirent ceux qui votent pour un parti d’extrême droite - que ce soit le FN chez nous ou n’importe lequel, ailleurs, de ses douteux semblables. Eh ! bien, une fois de plus, je me fais coiffer au poteau. Et doublement ! Et de quelle façon !...

 

            Mercredi 23 mars, France Inter, chronique matinale de Sophia Aram (1). Résumons : après la poussée lepéniste aux cantonales, on nous dit qu’il faut arrêter de culpabiliser les électeurs du FN, qui sont soit des gens malheureux, soit des gens en colère, soit des gens qui ont peur. Ma foi, constate Sophia, “si on n’a plus le droit de dire que ce sont des gros cons, c’est quand même pas mal imité. [...] Et c’est pas parce qu’ils sont nombreux que ça leur donne raison. [...] Avec les gros cons, quand il y en a un, ça va ; c’est quand ils sont plusieurs que ça pose problème.” (2)

            Le même jour, dans Charlie Hebdo, double salve anti-gros cons tirée par un Charb survolté. Un dessin montre un mouton glissant dans l’urne un bulletin frontiste sous le slogan : “Connard, vote pour ton bourreau.” Et une chronique - qu’il faudrait citer in extenso - règle leur compte à tous “les racistes frustrés, les réacs honteux, les fachos rentrés, les ratés aigris” et toute la masse des “déçus”, assimilés à... devinez quoi... “des sales cons incapables d’aucune analyse politique”, “des impuissant[s] qui préfère[nt] castrer les autres plutôt que de se soigner.”

 

            J’en entends d’ici se récrier, outrés. Tu parles d’une analyse politique ! Des propos de Café du Commerce, oui !

            Ah ! bon ? Parce que vous croyez vraiment qu’elle pisse plus loin, l’analyse qui fait des électeurs frontistes de braves gens qui “se trompent de colère” ? Des gens comme vous et moi, pas plus méchants, pas (beaucoup) plus à droite, simplement un peu plus déboussolés, écœurés, mal dans leur peau et dans la société ? Des victimes, quoi, dont le vote pour Marine Le Pen n’est finalement rien d’autre qu’un appel au secours ?...

            Franchement, ça vous branche, cette compréhension, cette compassion dont on fait preuve, de gauche à droite (et même chez les écolos), pour des “désespérés” qui noient leur désespoir dans le vote FN ? Autant il serait idiot de nier la réalité de leurs problèmes (le chômage, voire la misère, l’insécurité - bien réelle ou plus fantasmée -, l’absence de perspectives, la nullité crasse d’une bonne partie du monde politique, etc.), autant il est stupide d’excuser de ce fait l’intolérance et la xénophobie dont témoigne l’adhésion, fût-elle superficielle, aux thèses frontistes. Vous n’êtes jamais tristes ou malheureux, vous ? Jamais en colère ? Vous n’avez jamais peur de l’avenir ? Et quand ça vous prend en période électorale, vous vous précipitez sur le premier bulletin Le Pen qui passe pour manifester la profondeur de votre désarroi ? Si oui, faites-moi signe sans plus attendre, que je vous raie définitivement de la liste de mes contacts !

            Ils veulent montrer leur colère, les électeurs du FN ? Mais bon dieu, pourquoi choisir justement ce  moyen-là pour le faire ? À la limite, je préférerais qu’ils descendent dans la rue pour tout casser : ce n’est certes pas plus malin, mais ça comporte au moins une prise de risque individuelle dont se garde bien le minable qui vote FN dans le secret de l’isoloir. Et dans les manifs, on le voit, le “mariniste” ? Et s’il veut protester avec son bulletin de vote, pourquoi celui de la bête immonde plutôt qu’un autre ? Dans chaque élection, il y a des candidatures purement protestataires (Mélanchon, etc.) pour lesquelles il n’est au moins pas honteux de voter ; d’ailleurs, l’électeur FN le fait parfois (j’en connais qui ont oscillé de Le Pen à Arlette), montrant par là la profondeur de sa conscience politique, l’essentiel semblant être de choisir, à un moment donné, celui ou celle qui gueule le plus fort... Et le vote blanc ou le vote nul, il n’en a jamais entendu parler, l’électeur du Front national ? Ça ne le défoulerait pas assez, sans doute...

 

            À l’exception des vrais fachos, dont je veux croire qu’ils sont minoritaires dans l’électorat d’extrême droite - mais qui sont les seuls pour qui on puisse admettre (sans l’approuver, bien sûr) le vote FN, puisqu’il est pour eux un vote idéologique, réfléchi -, les gens qui choisissent le bulletin lepéniste au lieu de tout autre ne sont rien d’autre que des irresponsables qui se conduisent en sales gosses capricieux. Le suffrage universel est pour eux un jouet qu’on casse pour montrer qu’on n’est pas content. Des victimes ? Oui, mais de leur connerie.

 

            Une autre fois, je vous confierai mon estime pour les abstentionnistes et, d’une façon générale, pour tous ceux qui préfèrent brailler au bistrot des phrases définitives plutôt que de se bouger un tant soit peu le cul. Marre des déçus de la politique, des déçus de la gauche, des déçus de la droite, des adeptes du “tous pareils, tous pourris”.

            Et puis franchement - même s’il n’est pas évident de mobiliser les électeurs en leur disant qu’il y a parmi eux 15 à 20 % de “gros cons” ! -, marre aussi de voir tous les politiques se pencher, les paroles et le regard pleins d’empathie, sur le grand corps malade de l’électorat FN plutôt que d’essayer de le responsabiliser en lui collant le nez dans sa merde. C’est finalement ce que font, à leur place, les humoristes : il y a là une inversion des rôles dont nul ne peu se féliciter.

 

                                                           Gérard Roy

 

(1) Que je vous conseille d’aller voir sur scène : elle a du culot et du talent, cette petite.

(2) Cette chronique a valu à son auteur de se faire traiter, sur une radio concurrente, de “petite conne” par un Guy Carlier qui fut jadis assez drôle... avant de virer gros con...

 

29.03.2011

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 10:00

 



 

Elégie à deux malandrins.

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

Chapeau messieurs, quelle discrétion, quand vous commîtes votre larcin à mon insu dans le train à quai en gare de Lisbonne à la faveur d'un bref

déplacement aux toilettes.

         Me délestant de mon modeste  sac  pesant un âne mort, vous avez pleinement contribué au confort de mon retour au bercail même si la pilule me fut vraiment très amère sur le moment.

 

                  Je voudrais vous remercier pour votre subtile discrétion mais également pour ne m'avoir ni molesté, ni agressé, m'évitant ainsi tout stress et toute montée de tension préjudiciables à ma santé et à mon équilibre; vous auriez probablement gâché ma nuit en couchette, ce qui ne fut point le cas.

         Quelques minutes avant les faits, j'avais déjà repéré vos deux visages vaguement patibulaires mais tout de même légèrement inquiétants; j'avoue  que l'insouciance du voyageur vous permit la réussite parfaite de votre exploit.

 

         Je souhaite que le petit  tas de linge sale ne rebutera pas trop vos narines et que vos épouses nettoieront cela sans ronchonner.

         Faites bon usage du beau pantalon neuf que je n'eus pas l'occasion d'étrenner: je vous conseille de vous en vêtir lors d'une prochaine fête de famille.

En ce qui concerne le beau pyjama marron écureuil , il vous sera très confortable pendant les nuits hivernales; quant à la belle chemise portugaise, hélas très défraîchie elle retrouvera, enfin, un buste d'origine après trois ans d'exil sur un corps étranger.

         La paire de chaussons élimés n'est guère confortable: prenez garde de ne pas glisser sur les carreaux mouillés de votre cuisine : une chute pourrait avoir pour conséquence de vous immobiliser,  réduisant  ainsi à néant votre gagne-pain.

 

         Si vos enfants sont enrhumés, munissez-les de mouchoirs en papier avant de se rendre à l'école: la réserve devrait suffire pour quelques jours.

 

         Le petit pot de miel de fleurs de montagne devrait adoucir vos gorges desséchées par les fuites rapides à l'issue de vos rapines.

 N'hésitez pas à user du petit sachet de piment fort de qualité première: vos épouses  sauront doser parfaitement cette épice dans un gratin de morue.
         Dégustez, tout en ayant une aimable pensée pour le gourmand qui sommeille en moi, les exquises « queijadas » et les succulents « bolos de amor » à la cannelle, célèbres pâtisseries lusitaniennes de Lisboa.

Cette fois-ci, veuillez m'en excuser,  je n'ai pas laissé la moindre piécette, le moindre petit billet qui vous eussent permis de boire  tranquillement une bière, voire de partager une bouteille de porto avec vos acolytes du pittoresque quartier d'Alfama, que Dieu me pardonne pour ce manque de générosité à votre égard.

Messieurs les monte-en-l'air, les temps sont difficiles, j'en conviens, surtout, ne prenez pas de risques inutiles car vous avez des bouches à nourrir... Les caméras de surveillance pleuvent à tous les coins de rue, sans parler des policiers qui arpentent tous les lieux publics , mon Dieu, quelle époque!

 

 

 

                                                                                                                                                                                     

 

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:01

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Quand le vent dans un long gémissement se coule, s'enroule sous le toit ,que la pluie crépite son staccato sur les ardoises bleutées,qu'il est doux de se calfeutrer au ventre chaud de la maison, les yeux perdus dans les feux joyeux de la grande cheminée qui chante sa mémoire du temps d'avant.

Quand la lune gratte de ses doigts d'argent aux ajourés des volets, le bois du vieil escalier grince, murs et planchers bruissent leur léger craquement, réminiscences émouvantes de vies oubliées,d'ancêtres bienveillants qui s'accrochent encore aux dentelles et malles dormantes au grenier,

Ma maison , mon antre ,mon repaire , petite trouée de lumière dans la nuit profonde,comme une île ou aborder ,un port ou s'abriter du fracas des tempêtes,

Entre armoires ventrues égratignées par le temps, vieilles photos jaunies en leurs cadres de dentelle cuivrée, c'est là sous les poutres noircies de tant de flambées échevelées ,que j'ai construit mon nid,le cocon de mes trois petites chenilles qui ont maintenant déployé leurs jolies ailes moirées.

Comme ma mère avant moi , ma mère qui me sourit ,du haut de la cheminée ,dans sa robe d'épousée , rayonnante au bras de mon père étonné, comme ma mère, j'ai écrit aux murs anciens les rires de mes enfants , mes larmes et mes joies , mes doutes et mes certitudes .

J'ai gravé à l'écorce des arbres du jardin mes secrets , mes espoirs et mes regrets.

Je remercie la vie pour ce cadeau ,ce repère , ma maison enracinée en sa terre comme je suis enracinée en elle,

Et je maudis ce monde qui n'offre à certains de ses enfants qu'un toit de tôle planté de guinguois sur une décharge putride,

Je maudis les hommes qui jettent sans scrupule des mioches aux grands yeux effrayés dans des vies d'errance et de désespoir.

Je pleure ces hommes vides de tout espoir ,qui n'ont pour seul abri , seule toute petite source de chaleur que les bouches d'aération du métro ou un tas de cartons souillés,

 

Chaque enfant ,chaque homme devrait avoir un toit ,une maison ,qu'elle soit de pierre ,de briques ou de bois, grande ou modeste , très belle ou très laide . Peu importe un endroit ,un chez -soi ou reprendre souffle , un lieu ou poser sa croix.

 

Brigitte Fraval.

 

 


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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 11:00

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

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Photo Richard Cuisset

         Lorsque tu t'invites dans la maison, l'automne s'installe et nous savons que peu à peu la mauvaise saison aura bientôt raison des journées lumineuses.

         Tu t'accroches aux rideaux, toujours un œil tourné vers l'extérieur, toi la punaise aux pattes fauves, insecte peu prisé des jardiniers: personne n'éprouve à ton égard la moindre sympathie.

 

         Il faut dire que ton écusson n'arbore pas la moindre audace chromatique, tu es du genre discrète et tu ne fais rien pour parader comme la coccinelle qui, elle, a la faveur de tout-un-chacun .

 

         Ton arme de guerre, tout le monde la connaît: à la moindre agression tu répands des effluves de pestilences  autour de toi, assurant ainsi une distance obligée à tes ennemis fussent-ils humains ou animaux.

 

         Dans la cuisine, quand le feu de cheminée réchauffe tes élytres, tu te permets un petit envol qui est loin d'avoir la grâce de celui du papillon ou de la guêpe puis, tu te poses sur le mur blanc: personne, bien entendu, n'osera te déloger sous peine  d'une réaction olfactive peu amène de ta part.

Nos frères humains te détestent allègrement, ne supportant guère tes intrusions.

 

         Tout le monde se demande comment tu survis pendant l'hiver: tu jeûnes des semaines durant et rien dans ta carcasse ne fait montre d'un moindre effet sur ta constitution: tu restes égale à toi-même.

 

         Ta réputation demeure inchangée depuis des lunes et des lunes mais cela ne t'empêche pas de perdurer en ces temps ou bien des espèces ne résistent pas à la dureté des temps.

 

         Qu'attends-tu? Qu'espères-tu? Un semblant de reconnaissance de notre part? Un minimum de tolérance?

 

         Ouvrir la fenêtre et te faire fuir du bout de l'ongle du pouce est un peu facile il en convient mais vraiment tu n'incites guère à la sympathie.

  

         Lorsque la chaleur de mai fera rougir les framboises, je te retrouverai incognito sur un fruit et, hop, d'un bref roulement de l'index sur le pouce, je t'expédierai dans les herbes folles du potager où tu me maudiras du bout de tes courtes antennes .

 

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