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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 11:21
Karine

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

à Karine P.

 

 

Quand sonnent les matines

Dans son jardin voilà Karine

Qui turbine, bine et s'échine

 

 

Parfois la buse enquiquine

La bonne et douce Karine

Cachée dans les glycines

 

 

Faut pas que tu te mines

Dans tes serres Karine

Tu n'es pas dans la débine

 

 

Nul besoin de ballerines

Mais des sabots pour Karine

Dans les carrés d'aubergines

 

 

Souvent elle susurre en sourdine

Des refrains pour ses légumes racines

Jamais pour la buse reine de la rapine

 

 

Point de poisons ni de quinine

Dans l'humus des champs de Karine

Petit paradis que la vie illumine

 

 

 

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 14:17
Prince charmant?

Une contribution de Bernard Caussade

(le titre est de la blogueuse).

 

Rejeton catalan réfugié en pouvoir, en terres droits de l’homme, il fit beau mariage avec le patronat et les forces d’argent.

Entré par effraction rue de Solferino, il avait su convaincre ce petit roi perdu, qui manquait d’envergure, occupé en alcôves par quelques courtisanes, Et petit à petit,  autour de Matignon, le pouvoir s’organise en force parallèle. Il claque des talons, matador en puissance, il impose ses hommes en postes stratégiques, les armées en Bretagne, police en Normandie… les femmes en maladie ou en écologie et puis quelques fusibles et quelques pots de fleur, en cas d’intempéries on déplace les pots, on change les fusibles… 

Il offrit aux puissants en gage d’amitié, la clé des libertés conquises par le peuple et les codes des coffres. Ces derniers, incrédules pillèrent sans scrupules tout en cupidité. Le prince catalan avide de pouvoir bradait au plus bas prix les acquis les plus chers, les conquêtes de sang contre plus de pouvoir, limite dictature…

Et puis un beau matin, en cour de corrida alors qu’il s’apprêtait à passer l’estocade en présence de belles et d’aficionados, la jeunesse en colère, les forces ouvrières descendues dans l’arène, ont  sauvé le taureau. Le petit matador range sa muleta.

Au prochain rendez-vous, prochaine corrida, il se peut que le peuple s’offre comme trophée les oreilles et la queue du petit torero…     

Prince charmant?
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 16:28
Le daim et le dindon

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

 

 

 

C'est un daim ami d'un dindon d'Inde

Sous le ciel indigo le dindon dîne

Sans sa dinde partie en Inde.

 

 

Dindon, dis à ton copain daim

De trouver un indic pour dire à ta dinde

Que son dindon déprime sans sa dinde.

 

 

Cette dinde est un peu dingue

D'être partie sur un dinghy

Pour dériver sur la mer d'Inde

 

 

Mais le daim n'a que dédain

Pour les dingueries du dindon

Amoureux d'une dinde dingo.

 

 

Dis-donc grand dadais de daim

Pourquoi ce dédain pour le dindon

Qui n'a qu'un dada, sa dinde.

 

 

Dig ! Ding ! Dong !

Dig ! Daim ! Dong !

Dig ! Dindon !

 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 13:02
Mon général---
Mon général---
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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 16:25

Une contribution d'André Cazetien.

Briser tous les fusils.
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 12:43
David Bowie

Look up here, I'm in heaven « Lazarus »

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

 

Exit les frasques... Exit les extravagances... Exit les mutations iguanesques... Tout finit en cendres... Tout se termine dans un silence d'étoile noire, un silence de trou noir dans l'infini des galaxies perdues de l'univers...

 

L'étoile de Bowie à brillé de millions de feux, partout, aux quatre coins de la planète, résonnaient ses refrains. Sa musique mutait sans cesse , laissant souvent abasourdis ceux qui l'écoutaient plus que religieusement.

 

Le monsieur cultivait l'élégance avec un naturel déconcertant mais s'amusait à brouiller les pistes avec une aisance qui n'appartenait qu'à lui.

 

Aujourd'hui nous restent une bonne poignée d'albums qui ont marqué plusieurs décennies, certains novateurs, d'autres qui ont perdu de leur éclat.

 

Le tout dernier « Black Star » est un chant du cygne magistral, une apothéose en guise d'adieu où l'homme s'est mis à nu face la mort : il aura eu dix-huit mois pour se préparer à se dépouiller de son corps.

 

Il a eu la décence de fermer la porte aux nécrophages des médias, s'enfermant dans sa solitude pour préparer ce testament musical d'une beauté glaciale tout en vivant l'épreuve de la maladie.

 

Bowie aimait la lumière de l'Ombrie en Italie, les fresques de Giotto, lisait les philosophes, n'était pas dupe de la gloire et de ses contradictions.

Sa quête de lumière faisait montre d'une exigence intérieure liée à un sens aigu de la liberté dans l'extrême solitude de l'artiste.

 

Écoutons cet album magnifique, sombre mais d'une beauté poignante.

 

Le rideau noir est tiré... Now, Bowie is in heaven...

 

 

 

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 10:09
L'agneau de Noël

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

C'est le plus doux des animaux

Il est caressé par les anges.

Poème d'enfant anonyme

 

 

                       Moi qui pensais vivre tranquille jusqu'à la date de Pâques où le risque est grand de me retrouver sous forme de gigot sur la table pascale avant la dégustation d'un gigantesque œuf en chocolat : oui, aujourd'hui, je suis menacé de mort !

 

Vous êtes étonnés, mais je vous assure que bon nombre de mes congénères trépassent au moment de la naissance du Sauveur car la nouvelle mode de l'agneau de Noël est en train de se répandre de la ville jusqu'au fin fond des campagnes.

 

Au secours Saint-François d'Assise, vous qui fûtes l'ami des animaux, intervenez ! De grâce ! J'aimerais tant m'installer sur la paille douce de la crèche tout près de ce bébé merveilleux au regard lumineux.

 

Il fait si bon dans cette étable où le bœuf et l'âne vous soufflent sur le visage avec tant de bienveillance.

Marie, la maman, pourrait me caresser l'échine et je bêlerai tout doucement une berceuse pour Jésus naissant : je suis sûr qu'il serait très content et qu'il ferait de beaux rêves.

 

Oui, c'est vrai , moi aussi, je suis en train de rêver dans ce monde où le bonheur se fait parfois un peu rare, oui, ça tire, ça bombarde, je ne comprends vraiment pas les humains qui perdent leur temps à se faire la guerre.

 

Moi, je suis un petit agneau de quelques semaines, je suis né dans une prairie où je me suis mis à téter ma mère tout de suite après ma naissance. J'aime faire le fou avec mes copains, nous jouons dans l'herbe tendre comme des enfants dans la cour d'une école. Mon Dieu ! Quel bonheur de vivre

libre !

 

Aujourd'hui, j'ai peur, j'ai très peur, j'ai l'impression que ma dernière heure va arriver d'un instant à l'autre, je sens que je vais être sacrifié ! Pour cela, il vous suffirait de changer de menu : mangez de la dinde ou bien mangez une bonne garbure, après la messe de minuit, ça réchauffe.

 

Laissez-moi vivre au moins jusqu'au printemps, je voudrais voir les flocons de neige tomber sur ma toison et, surtout, je voudrais aussi tellement voir les enfants rendre visite au messager d'amour né dans une misérable étable et contempler leur regard émerveillé.

 

Je compte sur le berger pour me porter sur ses épaules puis il me déposera délicatement près du berceau, ce sera pour moi un bonheur absolument extraordinaire.

 

En attendant, je viens de bêler, de pleurer toutes les larmes de mon corps devant la porte d'une maîtresse d'école chargée de distribuer des colis d'agneau de Noël.

Que son frère me laisse la vie sauve ! Que cette dame cesse cette activité commerciale tachée de sang !

 

Oui, maîtresse au grand cœur, je te promets de brouter toutes les mauvaises herbes de ton jardin et de ton verger, je suis même prêt à mâcher les orties qui poussent au bord du ruisseau.

 

L'agneau de Noël a vraiment sa place dans la crèche pour veiller sur un ange.

 

Daniel LABEYRIE

 

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 12:21
Dessin de Marc Large

Dessin de Marc Large

NOT AFRAID, MAIS QUAND MÊME...

Une contribution de Gérard Roy

 

 

<> Not afraid, qu'ils disent, même pas peur ! Ben non, on ne va pas se mettre à avoir tous la trouille, à ne plus oser mettre un pied dehors - surtout si on habite un bled paumé où les montbéliardes sont bien plus nombreuses que les habitants -, à jeter un œil suspicieux sur les gens qu'on croise ou qui nous suivent... On ne va pas « leur » faire ce plaisir, à ces salauds : manquerait plus que, sur leurs sites à la mords-moi-la-Kalachnikov, des vidéos nous montrent rasant les murs et baissant la tête ; pour le coup, ils auraient vraiment gagné ! N'empêche qu'on ne peut pas s'empêcher d' « y » penser, et si on n'a pas vraiment la pétoche, qui peut prétendre aujourd'hui - d'autant plus qu'on sait que ça va recommencer, demain, dans un mois, dans un an, ou plus, mais un jour, forcément - ne ressentir absolument aucune appréhension, si ce n'est pour soi-même, du moins pour ses amis, ses enfants, qui vivent dans les villes, qui vont au resto ou au ciné, ces lieux de débauche où l'on est « enchaîné à ses plus vils instincts » (1) et que les fous d'Allah veulent purifier ? Mine de rien, voilà qui risque de nous rendre un peu (plus) cinglés, hein, docteur ?...

 

<> Depuis quelques années, il était de bon ton, dans la presse bien-pensante (2), de casser du bobo à tire-larigot. Et que je me paie la tête de ces « bourgeois-bohèmes », qui ont le cœur à gauche et le porte-monnaie à droite, qui bouffent bio, votent écolo, font du vélo, écoutent Delerm et font grimper les prix des logements à Montreuil ou à la Croix-Rousse, les salauds ! Et que je fais d'eux, à grands renforts de pseudo-dossiers et de couvertures-choc, le sujet qui fait vendre, à l'instar des francs-maçons ou du prix de l'immobilier. Et que je les désigne à la vindicte populaire : tout juste s'ils ne sont pas responsables de tout ce qui cloche dans notre beau pays... Et voilà que ces tarés de Daesh font des cartons sur – justement – des bobos, dans un quartier bobo d'une capitale en voie de boboïsation accélérée. Du coup, la hargne anti-bobos va peut-être se calmer, au moins pour quelque temps. C'est pas moi que ça gênera : je préférerai toujours un bobo votant à gauche à un prolo votant FN (comme, paraît-il, 45 % des ouvriers).

 

<> Depuis le 13 novembre, je lis à peu près tout ce qui me tombe sous la main (et sur l'écran), et Allah sait s'il y en a eu, des pages écrites à propos des attentats ! Du bon et du lamentable, de l'émouvant et du répugnant, du subtil et du benêt... Merci au dessinateur Joann Sfar (qui collabora un temps à Charlie Hebdo) et à sa réponse au hashtag #PrayForParis lancé dès le 14 à partir des États-Unis. Sur Instagram, le créateur du Chat du rabbin écrit : « Amis du monde entier, merci pour #PrayForParis, mais nous n'avons pas besoin d'encore plus de religion. Notre foi va à la musique ! Aux baisers ! À la vie ! Au champagne et à la joie !#Parisestlavie. »

 

<> Dans le même registre, François Morel, sur France Inter, le 27 novembre : « Imams et curés, s'il vous plaît, partez en vacances ensemble, le plus loin possible de la Terre, vers les paradis où vous espérez trouver la félicité, et ne revenez jamais. » François Morel, l'indispensable du vendredi matin (3).

 

<> « Nous nous sommes cachés derrière des discours lénifiants et sympathiques (« l'islam est une religion de paix », « l'islam est l'ennemi de la violence ») incontestablement vrais, mais qui oublient que l'islam, c'est aussi ce qu'en font les musulmans. Et, notamment, les musulmans qui font le plus de bruit. […] Il faut sortir de la posture victimaire : « victimes de la colonisation », « victimes des inégalités sociales », « victimes des terroristes »... Nous ne sommes pas victimes. Nous ne sommes pas faibles. Nous sommes responsables. » (Hakim El Karoui, tribune parue dans Le Monde du 20 novembre.) Tout commentaire serait superflu, non ?...

 

<> Migrants, réfugiés, islamisme, terrorisme, etc. Euh... quelqu'un saurait-il où est passée l'Europe ?...

 

<> « Une attaque bénie dont Allah a facilité les causes », « [Paris] capitale des abominations et de la perversion », « les deux pays croisés, la France et l'Allemagne », « l'imbécile de France François Hollande », « des centaines d'idolâtres dans une fête de perversité »... Ici Raqqa : les demeurés parlent aux demeurés.

 

<> Thomas Legrand, a jugé, dans sa chronique du 27 novembre sur France Inter, que le drapeau tricolore arboré un peu partout depuis le terrible vendredi (il paraît que fabricants et commerçants sont en rupture de stock) était celui de Delacroix (La Liberté guidant le peuple) plutôt que celui de Déroulède, l'idole des franchouillards les plus obtus. Je le crois bien volontiers. Il n'empêche que, pour rien au monde, je ne hisserai le drapeau bleu-blanc-rouge (ni aucun autre, d'ailleurs), ni a fortiori ne chanterai La Marseillaise. Et cela pour deux raisons, que je me garderai bien de hiérarchiser. D'une part parce que, quelles que soient les circonstances, même les plus dramatiques, ce n'est pas « français » que je me sens, mais au minimum européen, et même plutôt « citoyen du monde », à la manière de Garry Davis (4). Et d'autre part parce que, en dépit de tout, ces deux symboles sont aujourd'hui bien trop connotés (la droite, l'extrême droite, le nationalisme, la franchouillardise...), et que je ne crois pas qu'on puisse avant longtemps les « récupérer », les arracher au FN et aux autres canailles identitaires et/ou intégristes qui en ont si bien réussi la captation.

 

<> « Ils sont morts au nom d'une cause folle et d'un dieu trahi », a déclaré François Hollande lors de la cérémonie aux Invalides. Ferais-je un malheureux contresens sur cette phrase (c'est en tout cas ce qu'on me dit) ? Suis-je le seul à comprendre que s'il y a eu trahison d'un dieu, c'est bien qu'il y a un dieu ? Ce qui, dans la bouche du président d'une République laïque, me paraît... comment dire ?... déplacé...

 

<> Les kamikazes islamistes croient si fort qu'ils vont baiser à couilles rabattues au Paradis qu'ils protègent, paraît-il, leurs génitoires en enfilant maintes épaisseurs de slips successifs avant de se faire sauter (sans jeu de mots). Pas sûr que ce soit très efficace et qu'on ne ramasse pas après coup des bouts de glands (ah ! là, il y en a un, de jeu de mots...). Au fait, les femmes kamikazes, est-ce qu'elles se protègent la foufoune ? Le Coran est muet à ce sujet, c'est con.

 

<> À Paris comme à Saint-Denis, des témoins qui ont filmé les attentats ou les opérations de police (y compris un des bistrotiers agressés) ont monnayé leurs vidéos amateurs. La crapulerie humaine est sans limites.

 

<> L'épouse de Tignous et la fille d'Honoré - deux des dessinateurs de Charlie assassinés par les frères Kouachi – sont personae non gratae au marché de Noël de Sancerre. Raison de plus pour haïr les marchés de Noël (mais quand même pas le sancerre, qui n'y est pour rien).

 

<> À lire, deux ouvrages tout récents. De Paul Veyne, Palmyre, l'irremplaçable trésor (Albin Michel), dédié au directeur général des antiquités du site syrien, décapité en août par Daech pour « s'être intéressé aux idoles ». Et de Boualem Sansal, 2084, la fin du monde (NRF Gallimard), une sorte de 1984 transposé dans une société totalement mondialisée et dans laquelle on reconnaît sans peine, mais à la puissance 10, un certain « califat ». Un peu confus lorsqu'il narre les aventures de son héros Ati, Sansal excelle en revanche à décrire les rouages kafkaiens d'une dictature religieuse aussi sanguinaire qu'hypocrite, aussi parano que bigote (oui, je sais, voilà une accumulation de pléonasmes).

 

<> Et puis revu, à la télé, Le Destin, de Youssef Chahine. Intégrisme, fanatisme, manipulation des masses ; haine de l'intelligence, des livres, de la culture, de la vie, quoi ; lâcheté ou double jeu, complicité plus ou moins consciente du pouvoir... Tout est d'une étonnante actualité dans ce film (visionnaire ?) de 1997.

 

<> Le Hamas palestinien dénonce dans les tueries parisiennes des « actes d'agression et de barbarie ». Paroles d'experts... Il paraît que même Al Qaida a fait part de sa réprobation ! On croit rêver...

 

<> À propos de barbarie... En Afghanistan, une jeune femme lapidée à mort début novembre pour avoir voulu fuir avec son amant. Chez nos amis saoudiens, un poète palestinien (arrêté en 2013 par le Comité pour la Promotion de la vertu et la Prévention du vice, ce qui n'est tout de même pas de la petite merde) menacé de décapitation pour « apostasie ». Chez ces autres grands défenseurs de la vertu et contempteurs du vice que sont les mollahs iraniens, un cinéaste condamné à six ans de prison et 223 (si, si !) coups de fouet pour « insulte envers le sacré ». Au Maroc, l'actrice Loubna Abidar, violemment agressée pour avoir tourné dans le film Much Loved (interdit avant que quiconque ait pu le voir), accusée par la police. Au Bangladesh, pays théoriquement laïc, les islamistes radicaux (pléonasme ?) menacent, agressent, assassinent ceux qui défendent le sécularisme et ceux qui – comme la jeune blogueuse Shammi Hoque – critiquent la religion... Ça suffit comme ça ou vous en voulez encore ?...

  •  

<> Eva Joly : « Nous sommes d'un laxisme coupable avec les pétromonarchies wahhabites. » Un « laxisme coupable » ! Eva Joly manie l'euphémisme avec talent : quand on vend des armes à ces royaumes dont le kitsch serait d'opérette s'ils ne finançaient le salafisme et ses succursales, ça ne s'appellerait pas plutôt de la complicité, par hasard ?

 

<> Certains me reprochent d'être « islamophobe » et de juger que « l'islam est la plus conne des religions ». Allah fasse que jamais je ne professe cette houellebecquerie, vu les tombereaux de crétineries que toutes les religions présentent comme vérités révélées et qui ont de tout temps participé à l'abrutissement généralisé - raison pour laquelle, oui, je déteste les religions, et pas seulement l'islam (je croyais l'avoir dit et répété mille fois, mais il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre). Si l'islam n'est pas « la plus conne des religions », ce n'est pas intrinsèquement, par essence, mais parce que je ne vois pas l'intérêt d'établir une hiérarchie ; mais il se trouve (c'est pas ma faute, m'sieur !) qu'actuellement, c'est celle qui fout le plus de bordel sur une planète qui n'en a vraiment pas besoin. On peut refuser de l'admettre, mais comme le disait le regretté camarade Vladimir Illich Oulianov, « les faits sont têtus ».

Et puis, les musulmans (ou du moins les gens « de culture musulmane », pour employer un lieu commun bien pratique) qui, peu ou prou, défendent (avec plus de talent) les mêmes points de vue que moi, comme Boualem Sansal, comme Kamel Daoud, comme Ayaan Hirsi Ali, ou comme ce El Karoui que je cite plus haut, sont-ils eux aussi d'infâmes islamophobes juste préoccupés de « jeter de l'huile sur le feu » - comme je le fais, paraît-il ? Imaginons que ce soit une variété quelconque du christianisme qui sème dans le monde actuel le même bordel que le salafisme aujourd'hui (ce con de correcteur automatique veut me faire écrire… satanisme !!) : de quel côté seraient alors ceux qui jugent stigmatisante ma détestation de la foi mahométane et estiment qu'on déteste forcément les croyants si on déteste leur croyance ? Appelleraient-ils à ne pas désespérer sinon Billancourt, du moins la Vendée ou Saint-Nicolas-du-Chardonnet, pour ne pas « jeter de l'huile sur le feu »?

<> « Viva la muerte ! » (5) criaient les franquistes pendant la Guerre civile espagnole, tandis que les SS allemands arboraient fièrement leur Totenkopf (6). Et de Ben Laden à Mohamed Merah et aux assassins du vendredi 13, c'est la même rengaine qui revient : « Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie. » Eh ! bien, crevez, charognes fascistes, on ne vous retient pas, et foutez-nous la paix !

<> Comment qualifier l'aveuglement et la lâcheté dont on a collectivement fait preuve depuis 20 ou 25 ans, en laissant non seulement l'islam, mais aussi et surtout l'islamisme, se répandre dans la vie sociale de tant de quartiers ? Le Monde du 30 octobre, donc avant les attentats de Paris, titrait : « Dix ans après les émeutes, l'islam irrigue la vie sociale des cités. La religion est devenue un support de mobilisation collective en banlieue. » Je préférais nettement, tant qu'à faire, quand c'était le PC qui jouait ce rôle... Horaires aménagés, salles de prière dans certaines entreprises, mixité bafouée dans certaines piscines, refus d'être soigné par un médecin de l'autre sexe, j'en passe et des meilleures : on a à peu près tout accepté, ou laissé faire, en détournant pudiquement le regard, sous prétexte de ne pas attiser les tensions, de ne pas stigmatiser les musulmans et de ne pas faire monter le Front national : belle réussite ! Aujourd'hui, on paie - et ce n'est pas fini - cette tolérance, voire cette complicité, que je ne peux expliquer, du moins en ce qui concerne la gôche (la droite, je m'en fous, je n'ai jamais rien attendu d'elle) que par la mauvaise conscience de l'ex-colonisateur et par la crasse bêtise de croire acheter ainsi la paix sociale. Ce que les Belges sont les premiers à reconnaître, à propos de Molenbeek et d'ailleurs – à l'instar de l'écrivain Pierre Mertens (7). Sans compter que cette attitude particulièrement stupide a, en quelque sorte, délégué à l'extrême droite, au FN, aux identitaires, à Riposte laïque, la « défense » (tu parles !) d'une laïcité dont ces salopards se contrefoutent. On sera proprement effaré le jour où on dressera le bilan de 25 ans de renoncements de la gôche, dans tous les domaines, à défendre ses principes.

 

<> Que dire de l'extraordinaire bêtise (à moins que ce ne soit conscient, auquel cas c'est encore bien plus grave) d'une certaine extrême gauche, qui ne répugne aucunement à s'allier - par exemple dans les manifs pro-palestiniennes - aux pires représentants autoproclamés de ces nouveaux « damnés de la terre » que seraient tous les musulmans, pourvu que lesdits représentants (à l'antisémitisme même pas discret) soient anti-américains et anti-israéliens ?

 

<> Entre 1992 et 1995, les « démocraties » ont laissé les musulmans de Bosnie se faire massacrer par les Serbes sans lever le petit doigt. Qui est venu alors « aider » les coreligionnaires bosniaques ? Et qui est resté sur place une fois la « paix » revenue, qui y a envoyé massivement imams et fric pour bâtir les mosquées les plus énormes et les plus prétentieusement moches des Balkans ? Et on feint de s'étonner aujourd'hui que, par rapport à sa population, ce tout petit pays, qui pratiquait jusqu'alors un islam light et tolérant, soit celui qui envoie les plus gros bataillons faire le djihad en Syrie ? Quelle hypocrisie ! Et plus à l'est, n'aurait-on pas laissé - ça ne nous regardait pas, hein ? - Eltsine, puis Poutine écrabouiller une rébellion tchétchène qui, au départ, se voulait surtout autonomiste ? Avec pour résultat prévisible, dans ce pays d'islam modéré, de livrer ladite rébellion aux pires extrémistes, qu'on retrouve aujourd'hui, en masse, dans le djihad moyen-oriental...

 

<> Bon, c'est bien gentil, tout ça, mais il y a plus grave dans la vie, hein ! Quand je pense à ces pauvres Valbuena et Benzema (auxquels le très respectable et responsable Monde n'en finit pas de consacrer des pages), à Platini, menacé d'une suspension à vie, ou à Tapie, « ruiné de chez ruiné », je me dis qu'on ne se rend pas toujours compte de la misère du monde...

 

Gérard Roy

 

  1. Dar Al-Islam, magazine de propagande francophone en ligne de l'EI, fin novembre.
  2.  Faut-il préciser que ça désigne, autant que celle de droite, celle de la gôche « raisonnable », type Obs, ou de l'extrême gauche ouvriériste, genre Politis  ?
  3. Comme Sophia Aram l'est du lundi matin, sur la même radio.
  4. Militant pacifiste américain, 1921-2013.
  5. « Vive la mort ! » Une invention de José Millàn-Astray, qui ne dédaignait pas non plus « À bas l'intelligence ! ».
  6. Tête de mort.
  7. Tribune dans Le Monde du 19 novembre : « La Belgique de Molenbeek : une bien longue servilité à l'intolérable ».

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 12:56

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

La ronde autour du monde

 

 

Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main,

Tout autour de la mer elles pourraient faire une ronde.

 

 

Si tous les gars du monde voulaient bien être marins,

Ils feraient avec leurs barques un joli pont sur l'onde.

 

 

Alors on pourrait faire une ronde autour du monde,

Si tous les gens du monde voulaient se donner la main

 

 

Paul FORT

 

 

 

 

Il faut nous aimer sur terre

Il faut nous aimer vivants

 

 

Ne crois pas au cimetière

Il faut nous aimer avant

 

 

Ta poussière et ma poussière

Deviendront le gré des vents

 

 

Paul FORT

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 13:38
25 novembre, le jour des arbres.

"Puisqu'il faut changer les choses

Aux arbres citoyens!

Il est grand temps qu'on propose

Un monde pour demain".

Ci-dessous, une contribution de Daniel Labeyrie

25 novembre, le jour des arbres.
25 novembre, le jour des arbres.
Le texte est extrait de "Rencontres déraisonnables", voir lien ci-dessous.

Le texte est extrait de "Rencontres déraisonnables", voir lien ci-dessous.

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