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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:17

pour_jenofa.jpg

 

 

Connaissez-vous le projet « Wüste » ?

En français, on pourrait dire le projet « désert ». Il consistait à soutenir l’effort de guerre par l’extraction de combustible à partir de schiste bitumineux.

Cela ne vous rappelle rien, dans l’actualité ?

La mortalité était telle sur ces chantiers pour une production si nulle que les conditions de survie n’avaient rien à envier aux pires grands camps. Peu de chantiers furent ouverts, mais il y eut un petit Kommando dans l’actuelle Moselle française qui accueillit ces premiers essais mis au rebut par la reddition nazie. Ce que vous lirez ici et là sur les sites contre le gaz de schiste et le nazisme est mal documenté : une recherche en français sur le oueb, sur Wikipédia ne donnera rien. Vous devez pour comprendre relire l’histoire du Camp de Natzweiler, le seul situé en territoire aujourd’hui français, souvent nommé Struthof. Drancy et les autres « camps » étaient des camps de rétention. Rien à voir avec un Camp de niveau III, donc destiné à exterminer par le travail. Vous avez un lien en bas de ce papier. Lisez ce qui a trait aux gaz bitumineux, sachez que le dossier est incomplet. Et si vous parlez allemand, alors la version allemande de Wikipedia vous dira tout sur le « Projekt Wüste ».

Franchissons le point Goldwinn. Malgré l’esclavagisme, le fanatisme de l’effort de guerre, le mépris de l’environnement, alors que le principe technique n’a pas évolué, ce fut un échec total. Ne pourrait-on pas y réfléchir ? Pourquoi ce projet s’appelait-t-il : « Désert ? »

Je me pose cette question tout en lisant « homo disparitus ». Là sur Google vous en trouverez plein. Beau livre ! On enlève l’espèce homo sapiens de la planète Terre, ne restent que ses traces, que se passe-t-il ?

« La nature reprend ses droits », dit-on souvent. Et c’est idiot. Car l’homo sapiens est un produit de la nature, un génie échappé de sa lampe qui cherche à réaliser ses vœux, frustré par trop captivité dans sa « nature » de prédateur.

C’est un livre à lire pour se rassurer : la Terre survivra bien à l’homme. C’est un livre pour s’inquiéter : la Terre en aura pour des millénaires à effacer l’homme.

C’est un livre en tous points made in USA. La forme, le fond, et là, les critiques peuvent pleuvoir. On y visite, dans l’ordre et après l’homme, des villes redevenues « sauvages » (avec les animaux du zoo ?), l’avenir des plastiques et pétroles, les animaux, les pierres, les œuvres d’art et merveilles du monde. Sans cesse, la théorie Gaïa pointe le bout de son nez. Cette théorie Gaïa est le très faible retour d’un concept bien plus ancien : l’âme du monde. Née dans un moyen-âge où le microcosme, le monde à l’échelle de l’homme, était le reflet miniature du macrocosme, à l’échelle de l’âme… d’un créateur, cette théorie renfermait trop de contradictions pour passer la barre du XIVe siècle. La première étant de retrouver un peu partout de l’anthropocentrisme, car nous ne parlons d’âme qu’à partir de la nôtre, pour peu qu’on en ait une, ajoutent certains. Trop de contradictions en cette Anima Mundi. Il fallut attendre le XIXe siècle pour que le mot ‘écologie’ soit inventé. Concept scientifico-philosophique, les crises pétrolières relancèrent les débats dans le dernier quart du XXe siècle. Là encore, il y eut deux mouvements, deux fées penchées sur le berceau. D’une part, des partisans d’une condamnation globale des systèmes capitalistes industriels relancèrent le retour à la terre. Moins connue mais tout aussi fonctionnelle, l’Église catholique a fondé une ribambelle de groupes de réflexions nommés « Justice, Paix et Sauvegarde de la Création ». Ce type d’actions, ouvertes à toutes les confessions chrétiennes, sont très efficaces au-delà dans du tissu chrétien des pays européens et latino-américains. Représentées par un cardinal à Rome, elles furent à l’origine du vocabulaire de Gorbatchev sur l’Europe comme « maison commune » : en grec oikoumené, qui est le lieu de l’oikou-logia. Leur dernière victoire en date ? Les cercles de silence qui se réunissent pour dénoncer le sort fait aux migrants et aux plus pauvres et qui depuis 3 – 4 ans se sont répandus en France. Souvenez-vous des premières photos : dans chacun de ces cercles un capuchon de franciscain, ou la robe droite d’une franciscaine… 

Pourquoi un tel succès pour un groupe venu du monde catho ? Parce qu’ils ont compris que la triade « justice, paix, sauvegarde de la nature » était indissociable. Toute action injuste finit par détruire ou collaborer à détruire la paix et la terre. Idem toute action belliqueuse nie la justice et détruit la terre. Idem toute destruction de notre monde cache des injustices et une guerre, économique, sociale ou plus traditionnelle.

Voilà pourquoi le passé des gaz de schiste, le Projekt Wüste doivent être pris au sérieux. Vous voulez que je résume ?

Parce que l’écololâtrie bêlante des campagnes électorales amène à nier les liens entre écologie, paix et justice, parce que l’écolocratie inocule la peste et le choléra à l’écologie en lui donnant des sièges dorés par les Raisons d’État. Voilà pourquoi.

Je vous souhaite donc, sans cynisme ni pessimisme, une moins pire année que les dernières… en cette saison, on peut même utiliser une citation biblique. Je vais vous laisser avec l’origine biblique, psaume 74, de cette triade. Il y a aussi de la sagesse dans la bible. C’est un souhait que je vous partage : « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent », et de nos jours ce galant rendez-vous enfante la protection de ce que les croyants nomment : la création.

P.S : Voici le lien pour le projet « Wüste » en français :

 http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=52&pChapitreId=34607&pSousChapitreId=34611&pArticleLib=Le+%AB%A0Projekt+W%FCste%A0%BB+%5BStruthof%2C+camp+de+concentration+nazi-%3EStruthof%2C+camp+de+concentration+nazi%5D

le babel

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 13:00

Rat

 

 

 

 

 

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

 

Rat plus n'en peut

Rat ne se meut que peu

 

 

Rat tout rabougri

 Dans son manteau gris

 

 

Rat se fera rare

Avalé  trop de curare

 

 

De la simple mort-aux rats

Vite un ratafia pour le rat

 

 

Au diable les bagarres

Rat a reçu le coup de barre

 

 

Rat rantanplan

 Rat raplapla sur le flanc

 

 

Rat  ne rira pas

Rat passera à trépas

 

 

Les quatre fers en l'air

Rat mord la poussière

 

 

Ratiboisé le vieux rat

Ratatiné par le ratafia

 

 

 

Daniel LABEYRIE

 

Note de la blogueuse: Tiens, aujourd'hui, c'est la fête des Jenofa, raplaplas ou pas! Ca tombe à plat--- euh--- à pic!

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 09:00

 

http://pierredelorme.free.fr/nouvelalbum.jpg

 

Une contribution de Daniel Labeyrie

            Voici le septième opus de Pierre Delorme, toujours fidèle à son cheminement artistique, loin des frasques et des facilités de ces temps de confusion.

            L'auteur compositeur, comme à chaque production discographique, prend son temps, polit son œuvre, la débarrasse de ses fioritures inutiles pour aller à l'essentiel, œuvre d'artisan rigoureux et respectueux de la belle ouvrage.

 

            Douze titres se succèdent harmonieusement, tels des tableaux de peintre avec ce qu'il faut d'émotion pour laisser courir des frissons .

            Le thème principal de cet album est le temps, le temps de naviguer sur le rafiot de la vie en écopant à chaque coup de vent , en raccommodant l'esquif avec des bouts de ficelle, en s'accrochant à la voile de la tendresse, même si nous ne sommes que poussières d'éternité.

            Les paysages du corps féminin  se découvrent au gré d'une porte entrebâillée, au creux d'un vallon à la faveur d'une promenade, sur une humble pelouse, dans le souvenir des amours de jeunesse quand les oiseaux survolaient la marquise de la gare.

            Maître François Villon vient s'inviter dans une ballade poignante que ne renierait pas tonton Georges.

            Vieil enfant du baby-boom, Pierre se rappelle du temps des coquelicots, du temps où les usines crachaient leurs fumées charbonneuses et des tables des bistrots d'où s'envolaient les premières rimes entres deux baisers adolescents.

            Sans oublier cette armée des invisibles, effaçant la poussière au-dessous de nos pas, anonymes en détresse ignorés par ce monde injuste.

 

            Le chanteur ne se complaît jamais dans les émotions faciles mais se fait témoin de son époque, en troussant ici douze petites merveilles de chansons habillées de cordes de guitare usant d'un jeu tout aussi subtil qu'harmonieux.

            Une contrebasse et des percussions discrètes soulignent la réussite sans faille de l'un des plus beaux albums de l'année qui s'achève par la mise en musique d'un poème de Raymond Busquet, poème d'une concision et d'une profondeur rares.

 

Daniel LABEYRIE

 

 

Site : http://pierredelorme.free.fr/

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:39

 

 

 

 

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

Pluie ô pluie ô pluie ô ! ô pluie ô pluie ô pluie !

                                      Raymond QUENEAU

 

 

 

Dis, la pluie, t'es à sec ?

Que fais-tu de nos gosiers secs ?

 

 

Depuis des mois il n'a pas plu

Ce qui au surplus nous a  déplu

 

 

Tes gouttes d'eau se baladent en nuages

Mais pas le moindre atterrissage

 

 

Le parapluie joue au parasol

Sous le regard amusé du campagnol

 

 

 La limace de mauvaise grâce

Ne se montre même pas vorace

 

 

Dis, la pluie, faut-il des processions

Pour te faire entendre raison ?

 

 

Que vite s'ouvrent les paragouttes

Que pianotent des milliers de gouttes !

 

 

Chantez gouttières et rigoles

Madame la pluie danse la farandole

 

 

 

Daniel LABEYRIE

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 11:39

Quelques poèmes de Brigitte Fraval.

 

 

saule-tombe-016.jpgMerci Brigitte!

Merci pour tout!

Et même au-delà de tout.


  Lune 

 

Silhouette ciselée sur la lune claire,

Sourire à peine esquissé , mystère,

Elle attend le réveil des réverbères ,

Le bruit de ses pas durs sur la terre

Bruissante des givres de l'Hiver .

Il viendra celui qu'elle espère .

Il viendra dans une brume légère

Ses yeux d'ombre grand ouverts ,

Jetant à la nuit son rire solaire .

Il viendra goûter la lumière

Qu'elle a scellée à ses paupières .

Sur la table ,quelques branches de lierre,

Une carafe rubis et deux verres.

Il viendra , C'est comme une prière

Tant que les réverbères encore éclairent,

Boire le vin et caresser sa peau amère

Il viendra avant que ne se referme la terre

Sur le silence de ses rêves éphémères .

 

L'absence 

 

La morsure au creux du ventre,

Fleur vénéneuse du doute

Roule sa houle douloureuse

Là où le cri prend vie,

Là dans l'étranglement.

Gorge dure nouée au silence .

Les secondes coulent les heures

Au sable froid de l'attente .

Terreur muette de l'oubli,

Lames glacées en fulgurance

Les battements lourds du coeur

Cognent aux tempes , durs , lancinants .

une porte claque , espoir meurtrier ,

Sussuré par un vent mauvais

Qui vient battre au seuil

Le rappel de l'absence .

 

Petite vie

 

Recroquevillée , tête dans les genoux ,

Petite vie sans horizon ,

Petites envies sans passion ,

J'ai oublié d'être debout .

Le regard vrillé sur l'horizon ,

Pulsations à peine au creux du cou

Comme des mots trop doux

J'ai oublié le feu de la déraison .

Mains ouvertes ,vides de tout ,

A peine l'espoir d'un bourgeon

Dans l'entrelac des sillons ,

J'ai oublié d'aimer les vents fous .

Détenue consentante d'une prison,

Où dorment tous mes dégoûts ,

Gisent mes rêves sens dessus -dessous ,

J'ai oublié que la vie se fait de moissons .

Dans un murmure , un souffle , un rien , un tout

Une dernière lueur ,ultime oraison .

 

Saisons

 

Laisse filer le vent

Sur les plaines sombres .

L'été s'est immolé

Aux derniers feux

Des rires clairs de la mer.

Laisse venir le givre

Aux herbes perlées .

L'automne s'en est allé

Dans l'odeur puissante

De la terre endormie.

Laisse les parfums frémir

Aux matins de soie pâle .

L'hiver a déposé ses brumes

Aux voiles légers

Des aubes nouvelles.

Laisse éclater les ors

Au ciel ivre de bleu.

Le Printemps s'est esquivé

Accrochant son velours frais

Aux regrets des lilas éteints.

Laisse glisser le temps

Au sablier des heures.

Il est la vague

Qui porte à sa frange

L'entêtement farouche de la vie.

 

Vertige

 

Ligne d'horizon

Nette , tranchante ,

Si loin de sa source d'ambre .

Ni or , ni brume ,

Juste un trait  .

Dur sur l'encre des abîmes.

Etreinte du vent

Apre , glacée

Si loin du feu des étés .

Ni chant ,ni caresse ,

Juste une lame .

Silex sur le silence de la grève.

Sur ma peau impatiente

Inquiète ,absente ,ta main

Si loin de ce qui fût .

Ni glace ,ni braise.

Juste un leurre

Sur mes paupières closes.

 

 

 

  NB; J'ai emprunté le titre de ce "post" à une chanson de Véronique Pestel.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 16:52

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/30/Corbeau_branche_Kyo.jpg/250px-Corbeau_branche_Kyo.jpgChaque matin sur le lampadaire

Tu me croasses un drôle d'air

A l'heure pâle de l'angélus

Sache que je n'en peux plus

Si tu daignais changer de refrain

Tu me rendrais moins chagrin

Oui, corbeau je t'appelle

Mais tu n'es qu'une noire corneille

Avec tes brèves vocalises rouillées

Voilà mes bouts de rêves brouillés

Sacré vieux corvidé monocorde

Tu tires vraiment trop sur ma corde

Pose-toi sur le haut platane là-bas

Et laisse-moi me cacher sous les draps

                                                                                                Daniel LABEYRIE

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 08:00

 

Une contribution de babel.

 

  Le titre est de la blogueuse.

 

317740_197290110345094_1588486971_n.jpgPhoto : Merci à Luc Bersauter. http://www.bersauter.com/


C’est un temps qui dure encore un peu ici et là. Il n’y en avait que pour le guitariste. Les plus rusés passaient la première heure à gravement accorder l’engin, si possible dit « Folk », entrecoupant chaque couinement d’ébauches de conversations à demi sans importance, mais qui retardaient d’autant plus l’heure de vérité, en laissant l’ivresse bue ou fumée, l’habiller de rêves. Il n’y en avait que pour le guitariste, romantique, quattrocento angélique, raphaélique, pape de musique pop, pope de scopitones.
D’autres s’échinaient à la cuisine à faire des tartines. De vraies tartines avec du pain. D’autres tartines de couleurs, de mots. Dans leur cas, copier n’était pas jouer : interdit. Alors, aussi jeunes que rageurs, car il n’y en avait que pour le guitariste, ils l’écoutaient finalement attaquer le crépi de la maison bleue. Fréquemment les accords ou la voix, si ce n’est les deux avaient besoin d’échauffement, ou alors c’était la fumée. Oui, en ce moment, il travaillait sur une chanson, une écrite par lui « mais non, tu vois, c’est pas au point encore, mais attends j’en ai appris une super des Qui, ou de Reine, tu sais ? » Les excuses, il n’y en avait que pour le guitariste. Après trois ou quatre tiers de cinq chansons, on entendait un soupir, les boucles d’une besace et un froissement de pages. Et à nouveau, il accordait sa guitare, tandis que la fumée des bidis – « non non Msieur, que c’est de l’eucalyptus indien » – se mêlait aux hennés dans les cheveux des filles.
À la cuisine, il n’y avait plus de tartines. Pas moyen d’écrire dans cette ambiance, surtout quand on ne peut recopier simplement une ou deux pages de Verlaine, et qu’il est injurieux de souligner la niaiserie de chansons qui affirment que, je cite, « Elle a un titre de transport, mais s’en moque », ou bien « que si je suis tout seul, tout triste, Maman Mary vient à moi : ainsi soit-il », ou bien cette ultime rébellion : « Oh toi, je vais te dire quelque chose : je veux te prendre la main ». D’autant que chantées dans la pièce à côté, toutes les paroles étaient traduites en yaourt. Ainsi, il n’y en avait que pour le guitariste.
J’ai brûlé ou perdu tout ce que j’avais écrit alors, mais conservé en mémoire certaines trames que j’ai reprisées plus tard, quand il n’y avait plus de guitariste.
Il faut dire qu’avec l’âge, les temps donnent l’illusion de changer. Soudain, l’intérêt se porte aussi sur celui et celle, qui tentent de peindre, de danser, d’écrire. Les cheveux ont perdu en volume et couleurs lorsque ces deux ont signifié le conformisme. Beaucoup de guitares furent rangées pour cause de c’est la vie. Les stylos servirent à rédiger des lettres de motivations. Les pinceaux relégués au dimanche, puis à Pâques ou la Trinité. Ziggy Stardust est mort dans les bras d’un dandy qui l’a porté jusqu’aux poussières d’étoiles. Lassés de devenir des chiens, les Laquais ont laissé leur iguane vivre sa vie. Lou Reed a adopté la silhouette sombre d’un instrumentiste immobile déversant ses poèmes sur six cordes tendues sur un manche sans aucun relief. Quelques tombes fleurissent des accords de regrets Le Velours Souterrain s’est retrouvé tendu sur les sièges d’une buvette, « Chez Guevarra », où les fils de famille peuvent s’encanailler sans risque, abrités par l’icône d’un ministre de la justice sanguinaire devenu christique, mais aussi beau qu’un guitariste à cheveux longs.
Cependant, les temps ne donnent que l’illusion de changer. Dans les groupes de lycéens et d’étudiants assis dans le parc, regardez bien : il n’y en a que pour le guitariste.
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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 15:29

 

 

 

Maryse, une habituée de ce blogue, m'envoie cette courte note de lecture:

 

Bonjour,
Je viens de terminer le très beau livre/récit de Sylvain Tesson
"dans les forêts de Sibérie", et ne peux résister à l'envie de vous
le signaler, il me semble que vous devriez l'aimer ....................

Quelques passages : ...


".... aimer c'est reconnaitre la valeur de ce qu'on ne pourra jamais connaître.
" Et non pas célébrer son propre reflet dans le visage d'un semblable.
" Aimer un Papou, un enfant ou son voisin, rien que de très facile. Mais une
" éponge ! Un lichen ! Une de ces petites plantes que le vent malmène !
"Voilà l'ardu : éprouver une infinie tendresse pour la fourmi qui restaure sa
"cité........."


la page avant celle - ci est un magnifique plaidoyer à la reconnaissance
de l'animal en tant qu' être conscient, sensible, etc

... "des milliers d'années de pensée aristotélicienne, chrétienne et
" cartésienne nous cadenassent dans la certitude qu'une marche infranchissable
" nous sépare de la bête...... pourtant, au fond des bois, il est troublant
"le spectacle des bêtes. Comment être certain que la danse des moucherons dans
" le rayon du soir n'a pas une signification ? Que savons-nous des pensées de l'ours ?...
".... et comment mesurer l'émoi des passereaux lorsqu'ils saluent l'aurore sur les
"plus hautes branches ?

 

Sylvain Tesson. "Dans les forêts de Sibérie. Gallimard. Collection blanche. 17 euros 90    http://www.gallimard.fr/rentreelitteraire/SylvainTesson.htm

 


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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 11:53

J'ai dit à babel il y a deux jours: "Je peux te prendre ce texte pour mon blogue?" (babel tient à ce que l'on écrive blogue)

Je me souvenais avoir beaucoup aimé ces lignes quelques mois auparavant parce qu'elles résonnaient  déjà en moi

babel me donne son accord (babel me donne toujours son accord, pourvu que ça dure!).

Et puis un doute, je regarde dans les archives du blogue et m'aperçois que j'avais déjà publié cette contribution un an plus tôt jour pour jour!

Vous croyez au hasard, vous?

Il y a un an, je pensais avoir déposé les armes. Mais voilà, combattante-militante-guerrière qui se croyait pacifiste, je ne me rendais pas compte qu'il m'en restait quelques-unes au fond de mes poches.

Aujourd'hui, un an plus tard, je dépose ces dernières armes. Pas indifférente, non, pas j' menfoutiste; toujours aux aguets, en colère et révoltée plus que jamais  mais tout à coup consciente que vouloir avoir raison à tout prix, ne serait-ce qu'avec des mots, est la première des violences .

Merci à babel et merci à la personne dont j'ai croisé le chemin il y a peu, et qui sans même s'en rendre compte, m'a aidée à vider mes poches. Je me sens plus légère, plus vivante  et plus libre.

 

 

 

 

Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 12:33

Une contribution de babel.

 

J’ai regardé le bord de mon corps…là où commence l’inconnu

 

Je ne serai pas démocrate :

le bonheur des uns fait le malheur des autres

Je ne serai pas républicain :

le bien commun n’est pour personne

Je ne serai pas anarchiste :

la loi du plus fort finit par triompher

Je ne serai pas monarchiste :

les symboles ne sont pas immuables

Je ne serai pas totalitaire quand la totalité souffre un par un

Aristote, réveille-moi : ils sont redevenus fous.

 

J’ai regardé le bord de mon corps…au premier pas de mon élan

Là où ma peau devient de l’air

 

Le débat ? Il faut nommer qui a tort et qui a raison ; il ne longe que les tombeaux des « autres »

La lutte ? Il faut nommer le vainqueur et le vaincu ; elle ne ronge que ce qui est aux « autres »

L’indifférence ? Elle ne nomme ni victime ni bourreau, elle ne songe pas aux « autres »

La résignation ? Elle ne nomme ni les uns ni les autres, elle ne plonge que dans le vouloir d’un « autre »

 

J’ai regardé le bord de mon corps…là où je ne suis plus seul

avant que l'ocre du chemin se noie dans l'ombre bleue des sapins

Là où le vent et mon cuir s’épousent

 

Tous les Ceci et les Cela une fois prouvés font loi,

Lus et approuvés quelquefois

Durs et éprouvants souvent

Le désordre vert des arbres au printemps,

la rengaine des radios, le parfum du café au lait,

même le glissement des cartes sur le tapis portent

en leur face cachée

une dédicace, l'épitaphe des combats inutiles, des armées identiques.

Le rideau des peupliers sous la pluie,

au bord du fleuve, le long de la route nationale,

encage mon horizon dans une grammaire invisible à force de quotidiens.

 

Au matin, déposer mes oriflammes, feue la nuit, mes bûchers, et

Assis dans le chenal de mes rides, en bordure de mon corps, lisière

Jusqu’au bord de ce corps, devenir ce que je suis :

 

Je suis de sang, je suis de sève, d’eau en torrent et de grain en la pierre.

Je suis suc dans la branche, veine dans le bras, rigole sur la grève, 

Je serai hier, Je suis demain, j’étais maintenant.

 

J’ai regardé le bord de mon corps :

les atomes ne dessinaient aucune douane

 pas un seul pointillé entre eux et les autres

Seuls dansaient des amas de microparticules,

Toutes de la même facture.

 

L’orgue des choses a réglé ma dette :

il joue la musique de mes sphères moléculaires, mon âme danse.

J’ai voulu toucher le bout de mon monde, le bord de mon corps.

Je n’ai rien touché du tout.

Tous les mondes sont un seul, et hors d’eux, rien…

 

J’ai bien des limites, mais je ne trouve pas ma frontière.

Je ne suis qu’un résumé des autres choses,

mises autrement, autrement dites, pour un temps par ici.

Une des combinaisons possibles de particules à jamais séparables.

Et à ce jour, consanguin de toute chose.

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 19:00

 

 

 

 

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

Je ne crois plus qu'en un petit brin d'herbe

égaré sur la voie ferrée

 

Brigitte FONTAINE

 

 

        Résistantes des fossés, des bords des routes, des chemins défoncés, des prairies à l'abandon, des lisières des forêts, des jardins sauvages, des ornières boueuses, des bordures de champs brûlées, des fentes des trottoirs, des murettes branlantes, des places de village peu fréquentées, des terrains vagues, des friches industrielles... Vous parvenez vaillamment, lors de chaque prin-temps, à montrer vos corolles à l'insu d'une adversité qui n'a de cesse de vous confiner dans de minuscules espaces improbables.

        Et pourtant, vous êtes toujours là, modestes fleurs, inflorescences des mauvaises herbes que l'on qualifie de « folles »: permettez-moi de vous rendre un hommage qui peut sembler insolite, en ces temps où l'on anéantit inexorablement ces révoltées saisonnières  ne donnant que le meilleur d'elles-mêmes, quelques éclats de couleurs éphémères.

        Les jardiniers vous jettent un regard  fort  peu  compassé   arborant

une houe aussi affûtée qu'un cimeterre ou vous infligent un bouillon

d'onze heures aussi radical que la ciguë pour un certain philosophe grec.

        Chère ficaire aux pétales luisants, tu annonces l'imminence de la venue du printemps: le poète, René-Guy Cadou te vouait une grande tendresse : lorsqu'il quittait son école pour parcourir les chemins, tu te glissais subtilement dans son regard.

        Cardamines, vos longues tiges, s'élancent au-dessus des mousses tenaces, libérant vos fleurs mauves  avec  discrétion et modestie. Une  goutte de pluie, un soupçon de brise produit chez vous un balancement qui peut vous être fatal.

        Pissenlits, vous avez la force et le caractère ombrageux du mois de mars: vous n'hésitez pas imposer votre autorité dans la petite jungle végétale: vous savez aussi vous accommoder du soleil, de l'heure du jour, et quand vient le soir, vous vous refermez prudemment pour prolonger votre règne aussi longtemps que possible.

         Chères stellaires, vous êtes comme les étoiles, fragiles et délicates, vous avez grand plaisir à enchanter les bords des ruisseaux et si le myosotis a toujours la faveur des amoureux, vous méritez tout autant la bienveillance des promeneurs

        Campanules, vous vous faites parfois un peu rares car les pâquerettes carillonnent leurs cou-leurs  et vous sonnent les cloches

avec prétention. Les petites filles vous assemblent  délicatement  dans  leurs minuscules bouquets. Notre cher Julos Beaucarne ne dit-il pas que « Les campanules hululent le doux nom d'Amarylis » !

 

        Coquelicots, vous avez déserté les champs de blé depuis fort longtemps mais, malgré votre bannis-sement de l'univers céréalier, vous avez su prendre le large pour vous installer sur des îlots de terre ferme où vous tenez la dragée haute à vos ennemis en compagnie du lin qui vous tient discrètement compagnie.

        Asphodèles des landes, fleurs de coucou disséminées parmi les hautaines marguerites, mouron rouge ou blanc tant aimé des passereaux, chardons pubescents déchiquetés par la gourmandise mésangère, bugles insignifiants, consoude  à l'ombre des haies, ruine de Rome agrippée aux murs fatigués, graminées de toute texture peuplant les prairies...

 

        Tenaces rebelles, continuez à tenir tête à l'uniformité ambiante, colonisez la moindre monceau d'humus, recouvrez la peau desséchée des labours, les brèches des infâmes chantiers abandonnés... Fleurs sauvages des quatre vents, le printemps vous rend grâce d'exister.

 

 

 

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