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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 10:40
Les mineurs doivent être épargnés de la violence des corridas

Aujourd'hui, Mediapart.

 

Le Comité des Droits de l'Enfant, organe de l'ONU, dans le cadre de son rapport sur le Portugal en février dernier, a recommandé de protéger les mineurs de la violence des corridas. En cette période estivale de férias, des professionnels de la psychologie et du droit interpellent le gouvernement français sur les mesures qu'il compte prendre.

 

 

En France, les corridas sont interdites sur les neuf-dixièmes du territoire français dans le cadre des "sévices graves et actes de cruauté" sur animaux (article 521-1 du code pénal), mais sont tolérées dans une soixantaine de municipalités situées dans onze départements du Sud, au titre de la "tradition".

A l'échelon international, les courses de taureaux sanglantes se pratiquent encore dans 8 pays, dont 3 en Europe : l'Espagne, le Portugal et la France.

Au Portugal, des lances et des banderilles sont plantées par un cavalier dans le taureau, puis celui-ci est achevé hors la vue du public.

Les 7 autres pays (dont la France) pratiquent essentiellement des corridas espagnoles : des piques et des banderilles sont plantées dans le taureau, puis celui-ci est mis à mort en public.

Depuis ces dernières décennies, les corridas font l'objet d'une contestation croissante dans les 8 pays où elles sont pratiquées. Elles symbolisent en effet des conceptions devenues négatives à la lumière des avancées éthiques et scientifiques : le goût de la violence et de la souffrance, le mépris de la sensibilité des animaux, et la domination impérative de l'homme sur la nature.

Et dans tous ces pays, depuis une dizaine d'années, s'est ajoutée une logique de protection de la jeunesse. Dans le sud de la France, non seulement les mineurs ont librement accès aux corridas, mais ils bénéficient souvent de la gratuité. De plus, il existe dans les municipalités de Nîmes (30), d'Arles (13), de Béziers (34) et de Cauna (40), des écoles taurines, associations bénéficiant le plus souvent de subventions publiques, dont l'objet est d'entraîner les enfants, dès 10 ans, à planter des banderilles et des épées dans des veaux.

Des scientifiques et des juristes se sont inquiétés des effets de la corrida sur les mineurs, notamment les effets traumatiques et l'accoutumance à la violence.

Cette année, une étape capitale a été franchie en ce sens à l'échelon international. En février 2014, le Comité des Droits de l'Enfant, organe de l'ONU chargé de veiller à l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant, a fait part de ses préoccupations concernant l'impact des corridas sur les mineurs (dans le cadre de cette Convention, le terme "enfant" siginifie mineur de 18 ans).

En effet, dans son rapport du 5 février 2014 sur les droits de l'enfant au Portugal, le Comité s'est déclaré préoccupé par l'impact de la violence des corridas sur les enfants, et a explicitement exhorté l'État, d'une part à prendre des mesures visant à protéger les enfants des corridas, d'autre part à mener des campagnes de sensibilisation sur l'impact envers les enfants de la violence physique et mentale liée aux corridas.

Plusieurs professionnels français de la psychologie et du droit (*), au nom de leurs confrères qui partagent cette préoccupation, ont donc adressé une LETTRE OUVERTE au président Hollande et aux ministres concernés pour leur demander quelles mesures ils comptaient mettre en œuvre. D'autant que le Comité des Droits de l’Enfant doit rendre son rapport sur la France en octobre 2015.

Ils demandent notamment au gouvernement quel âge minimum il entend imposer pour l'assistance, la participation, et l'entraînement aux spectacles tauromachiques sanglants, et quelle est sa position vis-à-vis des écoles taurines dédiées à la corrida espagnole.

Chaque relais de cette lettre auprès du Président et du Premier ministre sera le bienvenu !

Bien entendu, les signataires ont parfaitement conscience des autres formes de violences auxquelles sont soumis les mineurs, en France comme à l'étranger. A commencer par les dramatiques violences dont ceux-ci sont actuellement victimes dans plusieurs régions du Proche-Orient, et auxquelles personne ne peut rester indifférent. Mais le pire, fût-il extrême, ne saurait justifier le "moins pire", sauf à relever des sophismes que dénonçait le philosophe Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, spécialiste de l'éthique comme du droit international, justement à propos de la corrida comme telle.

 

Les signataires sont :

Pr Laurent BÈGUE, Professeur de Psychologie sociale à l'Université de Grenoble, directeur de la MSH-Alpes, membre honoraire de l'IUF, membre du Comité scientifique de la délégation ministérielle contre les violences en milieu scolaire.

Pr Jacques LEROY, Professeur de Droit à l’Université d’Orléans, Doyen honoraire.

Pr Jean-Pierre MARGUÉNAUD, Professeur de Droit à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de Limoges, Chercheur à l’Institut de Droit Européen des droits de l'Homme de l’Université de Montpellier I.

Pr Hubert MONTAGNER, Docteur ès Sciences, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de recherche et ancien Directeur de l’Unité « Enfance inadaptée » à l’INSERM

Dr Jean-Paul RICHIER, psychiatre, praticien hospitalier, coordinateur du collectif PROTEC (http://www.collectif-protec.fr)

 

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 17:59
Quelle belle chose que la culture!

Quelle belle chose que la culture!

Un communiqué du CRAC Europe.

 

Bayonne, 9 août 2014 – Grande première dans le mouvement anti-corrida français, une municipalité pro-corrida – celle de Bayonne – a accepté de recevoir une délégation du CRAC Europe en préalable d’une manifestation autorisée dans cette ville le même jour. La réunion a rassemblé d’une part Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne, accompagné de son directeur de cabinet, de son adjoint à la Culture et de son adjoint aux Finances et d’autre part, trois représentants du CRAC Europe pour la protection de l’enfance, Jean-Pierre Garrigues, président, Roger Lahana, vice-président, et Carole Saldain, déléguée pour les Pyrénées-Atlantiques.

Le but de la réunion pour les abolitionnistes était de présenter leur point de vue sur trois sujets : demande de référendum sur le maintien ou l’abolition de la corrida à Bayonne, arrêt de la gratuité d’accès aux corridas pour les enfants, arrêt du financement public des corridas.

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Lors de la réunion, qui s’est déroulée dans une ambiance respectueuse mais sans concessions, les points suivants ont été établis :

• Le maire n’a aucune intention d’organiser un référendum, tout en reconnaissant qu’une consultation analogue qui avait eu lieu il y a une vingtaine d’années avait révélé que 19% de Bayonnais seulement disaient apprécier les corridas. Ce pourcentage n’a pu que décroître depuis avec la désaffection constante du public pour les spectacles de ce genre, ce que l’équipe municipale ne conteste pas. On comprend donc pourquoi elle ne souhaite pas une nouvelle consultation.

• Concernant l’arrêt de la gratuité pour les enfants, à l’instar du maire d’Alès qui avait accepté la même demande du CRAC en 2009, Jean-René Etchegaray a indiqué qu’il avait au contraire décidé d’étendre l’accès gratuit jusqu’à l’âge de 15 ans. De toute évidence, le vieillissement du public des arènes est la raison réelle et impérieuse qui pousse un certain nombre de villes taurines à procéder à un racolage aussi large que possible d’un public jeune à la personnalité malléable.

• Enfin, l’adjoint aux Finances a précisé que les corridas étaient organisées à Bayonne par la municipalité en régie directe, c’est-à-dire sur le budget municipal. Il a confirmé que les corridas avaient accusé un déficit d’environ 400 000 euros en 2011 mais a nié que les années précédentes avaient été déficitaires et a affirmé que globalement, les comptes étaient revenus à l’équilibre en 2013. Selon lui, les déficits des années antérieures étaient « des mensonges des médias ». Un rapport de la Cour des Comptes confirme pourtant que la corrida a été déficitaire de 2006 à 2012, avec un déficit cumulé de près de 800 000 euros, à la charge des contribuables bayonnais. Prétendre que le déficit record de 2011 était un événement isolé est donc factuellement inexact. De plus, il semble irréaliste de penser qu’une perte aussi importante a pu être compensée depuis. Jean-Pierre Garrigues a fait remarquer de surcroît que la gratuité offerte à la tranche d’âge 0-15 ans n’allait certainement pas aider à équilibrer les comptes.

En résumé, le nouveau maire et ses adjoints ont montré que leur réaction à une situation financièrement catastrophique à la charge du budget de la ville était d’en minimiser, voire d’en nier la réalité et de procéder à une tentative désespérée de racolage envers des spectateurs mineurs pour freiner l’érosion de la fréquentation des corridas principalement due à un désintérêt croissant des jeunes générations. Le CRAC y voit un effet direct des actions inlassables menées par les militants anti-corridas depuis des décennies afin de montrer le plus largement possible la réalité sans masque d’un passe-temps cruel d’un autre âge.

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Dans l’après-midi, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés place de la Mairie et ont déambulé dans la ville pour informer non seulement les Bayonnais mais également les touristes sur ces différents thèmes. En dehors de quelques incidents mineurs avec des aficionados très agressifs et visiblement ivres, la manifestation s’est parfaitement déroulée avec un point d’arrivée à quelques centaines de mètres des arènes où un cordon de CRS empêchait le cortège de se rapprocher plus.

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L’adjoint à la culture ayant reconnu lors de la réunion du matin que la « violence » des anticorridas se limitait au fait que leurs manifestations étaient selon lui trop bruyantes, les manifestants se sont fait un plaisir de faire résonner de puissantes sirènes afin de perturber le plus possible le début de la corrida qui se tenait à ce moment-là.

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Sous la pression de responsables des arènes non identifiés, les forces de l’ordre ont fini par exiger avec brutalité l’arrêt des sirènes que l’arrêté municipal n’interdisait pourtant pas. Le CRAC Europe dénonce ce nouvel abus de pouvoir qui confirme un mépris de la légalité récurrent dans les villes taurines.

Roger Lahana
Vice-président du CRAC Europe

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 18:08
Manuel Valls a honte de la corrida, qu’il l’abolisse !

Un communiqué du CRAC Europe.

 

C’est un immense éclat de rire qui a marqué la journée d’hier dans les milieux anticorrida français et probablement bien au-delà : le quotidien Sud-Ouest a révélé que Manuel Valls venait d’interdire à ses ministres d’aller assister à une corrida. Valls, l’aficionado suprême, l’homme politique le plus puissant de France, avait peur – oui, peur – que des photos montrant des membres du gouvernement se régaler à voir ces spectacles sordides de torture aient un effet désastreux dans les médias. Un sacré coup entre les deux oreilles pour les aficionados…

 

En 2011, tout juste nommé ministre de l’Intérieur, il venait déclarer avec bonhomie au micro de RMC : « C’est quelque chose que j’aime ». Et ce n’était pas à n’importe quel moment, mais juste quand la question de l’abolition de la corrida était en cours d’examen par le Conseil constitutionnel. Les soi-disant « sages » avaient décidé qu’il était constitutionnel de torturer légalement des animaux en public dans 11 départements, tout en punissant sévèrement ceux qui le feraient dans les 90 autres.

Mais là, fini le sale vieux temps de la mort-spectacle où il était bien vu de s’afficher. Même Valls trouve qu’il est honteux d’aller à une corrida. Pour lui, comme pour Fillon et Sarkozy sous la présidence de ce dernier, aller se montrer au milieu des sadiques avides d’agonies programmées, c’est devenu indécent, ça ne se fait pas, ça vous salit. Qu’on nous permette d’y voir une conséquence évidente de toutes les actions que nous menons depuis des décennies pour que le grand public en soit de plus en plus conscient. D’ailleurs, l’actuel ministre du Travail, François Rebsamen, est signataire du manifeste du CRAC Europe, comme quelques autres de ses collègues ministres.

Malgré l’attitude systématique de déni des aficionados, malgré leurs mensonges, malgré leur mauvaise foi, tôt ou tard la réalité s’impose : supplicier et tuer un bovin dans une arène n’a rien de digne, rien de beau, rien de brave, rien de respectable. C’est de la barbarie, du sadisme, de la perversion. Et, oui, c’est une honte que d’y participer. Même Manuel Valls vient enfin de le réaliser.

Les aficionados eux-mêmes le savent et le disent, la corrida va disparaître. Rien ne la justifie. Cette horreur ne survit qu’à cause des magouilles crapuleuses de ceux qui l’organisent en s’enrichissant sur le dos des subventions locales et européennes. Combien de taureaux et de veaux doivent-ils encore succomber avant que ce supplice soit enfin renvoyé aux bas-fonds de l’Histoire ?

Allez, Monsieur Valls, soyez cohérent jusqu’au bout, vous qui êtes réputé pour agir avec fermeté et détermination : abolissez cette pratique dont vous avouez vous-même qu’elle est honteuse. Vous en avez le pouvoir.

 

A Luc Romann, à Gilles Marchal.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 15:06
Photo Babinfo

Photo Babinfo

Gilles Servat pour l'abolition de la corrida.
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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 14:44
Lettre ouverte à "La semaine du Pays Basque".

Mesdames, Messieurs,

 

Je vous adresse un grand merci pour avoir organisé sur internet un sondage sur le thème "Etes vous pour ou contre la corrida?".

Le résultat de ce sondage est de manière écrasante en faveur de l'abolition, comme vous l'avez annoncé dans votre édition papier: 97% pour l'abolition, 2% contre, 1% ne se prononce pas.

Soixante-deux commentaires étaient publiés sur le site internet. Tous, sans la moindre exception étaient des réquisitoires argumentés contre la corrida. Dans l'édition papier, vous en avez publié encore d'autres, tout aussi bien argumentés et également en totale opposition avec la tauromachie. Beaucoup de ces commentaires émanaient de gens jeunes, voire très jeunes, qui résident à Bayonne ou dans ses environs proches.

Le résultat sans appel de ce sondage se trouve être en complète opposition avec l'habituelle ligne éditoriale de votre hebdomadaire qui à certaines périodes de l'année ouvre plus que largement ses colonnes à des chroniques tauromachiques sans, vous l'avouerez, la moindre réflexion critique vis-à vis- de ce spectacle de torture et de sadisme.

J'espère, et tous les abolitionnistes avec moi, que vous en tirerez les leçons et retravaillerez votre ligne éditoriale dans le sens des résultats de cet éloquent sondage. Dans le cas contraire, chacun serait en droit de se demander pourquoi avoir posé la question.

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs de la Rédaction, mes salutations radicalement anti-corrida.

Jenofa Cuisset.

 

Témoignage authentique de Matodoso, 63 ans, extrait du sondage "Pour ou contre la corrida?" de "La Semaine du Pays Basque du 30 mai au 5 juin, page 8."
Âmes sensibles s'abstenir...


"Quelques jours avant le jour J commence leur supplice. On les laisse sans manger ni boire, de façon à ce qu'avant le " spectacle", le pauvre taureau mange et boive abondamment, ce qui le rendra bien lourd et le mettra en situation d' inconfort extrême pour se mouvoir.
Les yeux: enduits de vaseline pour désorienter l'animal.
Les membres: enduits d'essence de térébenthine , qui lui procure des brûlures insupportables, dans le but de l'empêcher de rester tranquille.
Les testicules: dans lesquels on insère des aiguilles cassées dans le but de l'empêcher de s'asseoir ou de s'affaler.
Les naseaux: dans lesquels du coton est enfoncé et descend jusque dans la gorge dans le but de rendre la respiration de l'animal plus difficile.
L'échine, les reins: auxquels sont infligés des coups de pied et de planches. Ces coups ne laissent aucune trace.
Juste avant de rentrer dans l'arène , il peut arriver que l'on laisse tomber une trentaine de fois sur l'animal immobilisé des sacs de sable de 100 kg. L'usage en dose massive de tranquillisants, d'hypnotiques, voire même de spray paralysant ( identiques à ceux utilisés par les forces de l'ordre et altérant la vue) a déjà également été constaté. Pour finir, massacré par un lâche sadique, le corps dépecé, atterré, sans comprendre le pourquoi de cette barbarie. Voilà "pourquoi" je suis contre, cela vous paraît suffisant?"

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 17:30
Fadjen, taureau sauvé de la corrida.

Fadjen, taureau sauvé de la corrida.

Une contribution de Sylvie Laulom

Réponse à celui qui compare la participation à une corrida à un bain de plage, seule personne interrogée dans le seul reportage télévisé visible hier après cette première novillada de l'année 2014, dont je trouve le propos presque banalisé extrêmement choquant ... et aussi à tous ceux qui se vantent d'être amoureux de cette chose.

 

Mais non, Monsieur l'aficionado, ne faites pas comme si vous alliez au cinéma, ce n'est pas du cinéma ce qui se passe dans les arènes lors de la corrida, c'est réel, la torture de ces animaux vivants est réelle.

Parce que le torero est déguisé en joli bonbon vous pensez que vous êtes dans un rêve ?

Non, il s'agit d'un ACTE délibéré et organisé de cruauté extrême.

Alors ne faites pas s'il vous plaît le parallèle pour les faire taire avec les supposés loisirs de ses opposants, loisirs de bien être en plus, comme la plage !

 

J'ajoute que s'il s'agissait d'un film sur le thème des mêmes activités, il serait fait sous contrôle total de non blessures (même psychologiques...) sur les animaux, et il serait interdit aux enfants bien sûr.

Non, votre « spectacle » ce n'est pas du cinéma, ni art, ni culture, c'est une action d'acharnement sur un animal vivant et en dehors de l'exception sous laquelle vous vous cachez encore, vous seriez puni avec des années de prison ferme.

 

Et à côté de cela, peut être même juste en sortant des arènes, vous défendrez vos enfants des scènes violentes à la télévision ? Vous promènerez votre petit bichon en le protégeant de la moindre petite chiquenaude ? Vous demanderez pour vous, vos proches, la société, plus de sécurité, plus d'harmonie, plus de bien être ?

Alors, à quoi pensez vous donc lorsque vous vous levez de votre banc pour applaudir un tel carnage ? Il est vrai, le « spectacle » est un peu caché par une muleta, et puis un peu aveuglé par le presque fluo du costume de votre champion, vous êtes ébloui peut être ?

Mais vous n'êtes pas devenu aveugle pour autant ?...

 

 

 

 

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 18:00
Etre le plus fort ne donne pas des droits, mais des devoirs.

Historiquement (hystériquement faudrait-il ajouter), même si la corrida pourrait s’apparenter aux jeux du cirque de l’ancienne Rome, au moment où ces spectacles de tuerie, de combat entre hommes et animaux, sonnaient l’heure de la plongée de la civilisation romaine dans la décadence, la corrida est née dans les abattoirs.
Voici ce qu'il en est de la tradition, voilà ce qu'il en est de la culture.
C’est dans les abattoirs que les bouchers et leurs commis, avant de tuer les taureaux, s’amusaient, et amusaient leurs femmes, puis, moyennant finance, les bourgeoises et les bourgeois à les faire courir, à les piquer, à les poignarder, à les couper, à les saigner vivants, à les tailler en pièces pour distribuer queue, testicules, oreilles aux spectatrices et aux spectateurs fétichistes.
Certes il est nécessaire de considérer la terreur infligée aux animaux qui satisfait les perversions voyeuristes, fétichistes et sadiques des spectateurs, compte tenu de la pulsion d'emprise perverse qui veut considérer l'autre (le faible : l'entravé, l'enfant, la femme, l'animal sans voix : la victime potentielle) comme un objet, en une conjugaison archaïque qui mêle pulsion de destruction et pulsion érotique.
La violence tortionnaire proposée en spectacle esthétique sublime une expression sadique complexe, masquée, ambivalente, issue de la pulsion de destruction, mais, plus certainement encore, issue de la pulsion perverse.
L'autre comme objet.
Complexité, car l'expression tauromachique se construit sur l'anthropocentrisme dont il est difficile de sortir et selon lequel c'est le point de vue de l'observateur (du voyeur) qui est privilégié, malgré le cortège d'arguments formels sur l'esthétique appelé en renfort. Justification complexe de la pulsion scopique voyeuriste donc. L'esthétique doit-il prendre le pas sur la souffrance ?
Masque, car l'énergie du taureau peut facilement le faire passer pour un animal agressif par nature, alors que tout est fait, dans son éducation (inculcation, incarcération, déportation, contention, brutalité) pour réduire l'animal à une chose répondant au désir d'un commerce fondé sur l'abaissement au rang de chair à peuple, d'un mammifère unique dans l'imposition de sa noblesse. La violence du taureau pour que cesse sa peur et sa souffrance est construite par les organisateurs dans son combat contre le torero, c'est-à-dire contre ce que ses tortionnaires focalisent sur le soi-disant auteur de ses affres, le torero, alors que les coups se portent sur le taureau de toutes parts.
Ambivalence, car la violence impressionnante des tableaux qui se succèdent devant le foule avide relève la double continuité de la douleur de la bête et de l'acharnement de l'humain au rang d'énergie vitale orientée à la fois vers l'esthétique (le spectacle, l'énergie, la geste, les couleurs, des hommes et une victime) et vers la mort (le sang, le noir, les tripes, l'odeur, l'horreur) au point de faire oublier au spectateur que le soi-disant respect dont il est parfois question pour justifier la tenue des tortionnaires et des aficionados, ces lâches tortionnaires par personne interposée, ne devrait pas s'appliquer au crime sur un condamné.
Enfin, la question que pose l’exhibition du spectacle mortifère n’est pas due seulement au développement d’une mise en scène sadique improvisée et fruste dans son principe (fatiguer, saigner et tuer un animal qui ne veut que faire cesser son calvaire), manifestement valorisée par les costumes brillants et la mise en scène colorée qui ne font que camoufler le côté sombre, obscur de la référence à la mort.
C’est aussi que cette manifestation d’un autre âge, l’âge de cette pulsion parmi les premières, de la bête qu’on craint et qu’on torture pour repousser l'angoisse d'être par elle blessé, dans la nuit des temps des premiers hommes, que l’on sacrifie aux peurs les plus immédiates, d'être blessé par la crise, la guerre, le mésamour, est proposé en un spectacle admis, toléré, légal.
C’est spécialement là que le bât blesse.
Il existe dans ce spectacle de torture une contradiction dans les faits. Ce qui est encore légalement toléré représente d'une part le règne du plus fort - quel exemple dans une démocratie que ce totalitarisme accepté -, le règne de ceux qui, contre l’animal seul déféquant de peur, ont le plus grand nombre, les chevaux, les épées, les pointes, les protections, ne laissent aucune chance à la bête nue jetée dans l’arène. Mais, d'autre part, la poursuite de ce rituel qu'on caractérisera un jour comme l'un des derniers crimes du vingtième siècle, implique philosophiquement que l'absence d'empathie, l'impossibilité de se mettre à la place de l'autre souffrant, à l'origine des pathologies narcissiques, entraîne la possibilité de tous les crimes.
Or, on l'a vu, la conjonction apparemment absurde de la pulsion sadique avec le légal n’est rien moins qu’un exercice de la perversité. Le pervers et sa confrontation avec la loi sont les deux conditions sine qua non de l’élaboration pathologique narcissique. Le crime doit être montré, infligeant ainsi au spectateur la confusion grotesque du bien de la lumière et du mal du sang noir.

Alexandre SANTEUIL
Le 1er décembre 2008

 

 

 

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 16:50

Violence insoutenable des écoles taurines, où l'on apprend à des enfants à massacrer des veaux.

 

Vous m'accorderez que je publie fort peu de vidéos trash anti-corrida sur ce blog.

J'ai vraiment, pour une fois, envie de faire connaître celle-ci. Et même si les images sont difficilement soutenables, je ne prendrai pas l'habituelle précaution "Ames sensibles s'abstenir".

Parce que pour moi, elle montre mieux que toutes celles que j'ai regardées jusqu'à présent la perversion exercée par des sadiques sur des enfants qu'ils veulent façonner à leur image.

La mort par torture d'un petit veau, c'est déjà insupportable. Mais la souillure de deux innocences, celle d'un enfant d'homme et d'un jeune animal!

Alors, s'il vous plaît, ayez le courage de regarder et rejoignez-nous dans la lutte. Il n'existe peut-être pas de combat plus humaniste!

Merci à Lena qui ne me ménage pas et qui m'a fait connaître cette vidéo.

Et---, au passage---- certes des femmes suivent mais pensez-vous que des femmes auraient pu, depuis le début de l'histoire de la torturomachie, avoir l'idée de telles abominations et les mettre en scène? Féministes qui ne nous rejoignez pas, vous vous en moquez sans doute, mais je vous donne tort.

Et puis voilà, c'est tout. Ouf!

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 19:19

Il est vrai que ça mérite quelques applaudissements---- L'art mérite toujours des applaudissements.

La foule ne risque rien…

Dans une corrida, ce qui m’écoeure, c’est la foule. Là, la foule donne libre cours à ses instincts de grossièreté, de férocité, avec une ardeur plus véhémente que dans une émeute ou à la guerre, car elle sait qu’elle ne risque rien. Là, l’homme du monde y devient pareil au pire voyou de la rue, et derrière la balustrade solide, il vocifère comme un dément, dans son désir de sang et carnage. La lâcheté de tous ces gens excitant les autres à s’entretuer est, à mon sens, une des choses les plus ignobles qui soit au monde, c’est un odieux assassinat de chevaux et de taureaux.

 

Blasco Ibañez. Arènes sanglantes.

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 10:00

et qui ne la bradent pas.

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