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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 15:33

Une contribution de Daniel Labeyrie

Buon viaggio… Maestro…

    Dans une extrême discrétion, le maestro s’est envolé un jour de mai sans que la nouvelle ne s’ébruite au pied de nos Pyrénées. Couvert de roses blanches et jaune sa dépouille, habillée de l’azur sicilien, se faufila légère sur la petite route du village de Milo où il résidait.
Nous eussions aimé vous écouter encore et encore, longtemps, longtemps mais, vous voilà parti dans les nuées, dans la mémoire des étoiles des mondes lointains. 
Maestro, vous voici délivré de votre fardeau corporel qui vous obligea à lâcher peu à peu la bride de votre carrière artistique.

Originaire de Sicile, le chanteur faisait l’objet d’une véritable vénération faite de respect et d’admiration. Musicien, compositeur, poète, interprète, l’artiste a exploré tous les styles musicaux allant de la musique contemporaine à la musique électronique, en passant par le rock, la pop, le classique. Il composa même une « Missa Arcaica », somptueuse composition empreinte de profonde spiritualité.

Nourri de textes fondamentaux de l’Inde, d’enseignements soufis, de mystiques chrétiens, de poésie orientale, Franco a édifié une œuvre originale à la portée de tous les amateurs de musique, intégrant une éthique de vie, une quête existentielle intense sans la moindre démagogie.
Il mêlait l’usage des langues, de l’italien au français, de l’anglais à l’arabe, de l’allemand au persan, invitant des interprètes divers à le rejoindre sur scène et dans les studios d’enregistrements.
Ses concerts l’ont mené de l’Italie à l’Espagne, en Europe du nord, à Bagdad avec un orchestre symphonique avant que le bruit et la fureur n’écrasent le pays. Il s’est hélas fort peu produit en France. Beaucoup d’Italiens le considèrent comme faisant partie du patrimoine mondial de la musique, de la poésie. C’est pour cela qu‘on l’appelait respectueusement Maestro.

Lucide sur les temps présents, BATTIATO n’a jamais semé la haine, sa révolte intérieure débouchait toujours sur la beauté mélodique de ses compositions alliée à une poésie toujours fraternelle et transcendante : c’est pour cela que nous nous retrouvons intensément dans son art.
Sa disparition a suscité un chagrin immense dans son pays mais aussi bien au-delà. La force de ses chansons fut un baume pour les blessés de la vie que nous sommes tous à des degrés divers.
 Sa dernière chanson enregistrée « Torneremo ancora » (Nous reviendrons) interprétée d’une voix fragile, tremblante, accompagnée d’un orchestre symphonique, fut son chant du cygne. 
  Maestro… Riposa in pace…


 

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 17:59

Une contribution de Daniel Labeyrie


Partie, l’Angélique en plein été…Vous voici maintenant dans la lumière intense d’Hélios le soleil. On vous croyait éternelle, vous, la voix des poètes grecs. Qui portera désormais leur chant dans le désert de nos vies chambardées ?
Fière, sensible, vous fûtes une artiste essentielle, l’intensité de votre chant nous déchirait l’âme. Les blessures profondes de votre exil au temps des sinistres colonels ont forgé au fer rouge votre destin d’artiste. Des cordes de votre guitare et de vos cordes vocales s’élevait un chant profond, universel, fraternel bien au-delà des frontières.
Angélique que votre âme repose, sereine, sur la crête des vagues se brisant sur les roches blanches d’une île grecque.
« Les poètes sont en exil. Dans notre monde soumis à une nouvelle barbarie, celle de la ploutocratie, il faut les interroger pour retrouver la mémoire et l’utopie tout à la fois. Ce sont eux qui veillent sur notre humanité ». 
Merci Angélique.

Daniel LABEYRIE

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 09:51

Une contribution de Daniel Labeyrie
 

L’Hélènie, le jardin des poètes
 

Le poète est notre secret le plus fort, le plus inaltérable.
Sa vie c’est la vie. Où qu’il se niche, où qu’il se cache, où qu’il veille, je le devine, je l’interpelle avec l’extrême précaution dont lui-même est vêtu, dont il m’entoure et m’enrichit.


    Une vie, toute une vie à servir la poésie, à nous l’offrir à portée d’oreille, à portée d’âme. Notre chère Hélène s’en est allée, toute en discrétion, toute en humilité. Elle nous laisse un jardin sonore d’une beauté éblouissante, une fontaine où s’abreuver quand la vie nous malmène, quand nous éclabousse la boue de ce temps qui lamine inexorablement la beauté.

    Contre vents contraires et marées d’indifférence, Hélène a bâti son œuvre avec la détermination d’une artisane. Le bleu de sa colline provençale l’a probablement bien aidée à enluminer tous les poèmes qu’elle a habillés de mélodies fluides et enchantées.

    De Giono à Neruda, de Bérimont à Char, d’Aragon à Labé, de Genet à Martin, de Desnoues à Rimbaud, de Gougaud à Eluard, de Seghers à Moulin, la chanteuse a donné des ailes à la poésie.
    « La ballade de Bessie Smith », « Femmes du feu », « Sur mon cou » (repris aussi par Etienne Daho), « Rue du château », « Mes amis, mes amours… », des colliers et des colliers de petites merveilles pour nourrir le restant de nos jours.

    En Hélènie, la voix chaude d’Hélène s’invite au tréfonds de nous, nous pénètre, nous berce, nous chavire, nous élève vers un peu plus d’humanité, nous invite à résister à l’abrutissement du monde médiatique, à célébrer la femme et la part féminine qui est en nous.

    Que nous ne soyons qu’une poignée de maquisards de la beauté à vous remercier, à vous célébrer, peu importe, Hélène, reine en Hélènie, merci !!!


    
 

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 16:18

Une contribution de Daniel Labeyrie
 

Juste chanter pour mieux se taire

    A perte de vue, la grande faucheuse n’a de cesse de nous prendre nos artistes, nos veilleurs, en ces temps de désespérance où la voix de nos chanteurs-poètes allège nos fardeaux.
    Contre vents et marées d’indifférence, Morice Benin a poursuivi sa route pendant des décennies, modeste et lucide, toujours avec cette fidèle lumière dans son œuvre.
    Nous n’oublierons pas ses chants sous la voûte étoilée, emmitouflés dans nos duvets sur le plateau du Larzac. Benin était un maquisard de la chanson, un arpenteur des sentes de solitude, un artisan à l’écriture lumineuse, toujours la fraternité en bandoulière.
    De sa voix chaude, Cadou, Dauchez, Ruiz, Vasca, Ferré et bien d’autres venaient à nous en vols de colombes.
Morice, de sa voix chaude, nous laisse une œuvre immense où l’on perçoit la lente évolution du militant écolo-anar vivant en communauté sur les hauteurs d’Ariège à l’artiste exigeant n’ayant jamais renié ses révoltes.
     Benin a lentement mûri, peaufinant ses compositions, les enveloppant d’une aura d’harmonie. Chansons parfois mystiques, souvent panthéistes mais toujours légères où s’insinuaient les parfums du Maroc de son enfance.
    Il s’en est allé, Momo, sans froisser la moindre page d’un quotidien, sans que la moindre chaine de radio n’en touche mot.
Et pourtant… Nous sommes nombreux à le pleurer, loin des places publiques, loin des écrans télévisuels, loin de l’agitation médiatique. 
Irréductible maquisard de fraternité, Morice Benin nous laisse de beaux albums où se nichent des perles. A nous de les découvrir, de nous en nourrir intérieurement.
 A toi… l’éternité…
« Quand je m’endormirai pour la nuit éternelle
   Mon pays survivra dans les miens comme un soleil » (Mon pays)


Daniel LABEYRIE

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 08:45

Une contribtion de Daniel Labeyrie


Deuil national d’une journée au Portugal en hommage à la disparition d’un maître du fado, Carlos Do CARMO.
Fils de Lucilia DO CARMO, le fadiste, disparu le jour de l’An, était considéré comme un trésor vivant.
Après la Révolution des Œillets, le fado a été secoué par quelques turbulences avant de retrouver son aura.
Cette tradition musicale portugaise, unique au monde, a acquis ses lettres de noblesse grâce, notamment, à l’extraordinaire Amàlia RODRIGUÊS.

Carlos DO CARMO n’a cessé de célébrer Lisbonne : ses quartiers, ses rues, le Tage, le port, les travailleurs. En fin observateur, tout était pour lui matière à chanson : une vieille dame sur un banc, les azulejos, la couleur jaune des bus de la capitale, le marchand de marrons grillés, des amoureux, une mouette…
Les textes de son répertoire ont été souvent confiés à des écrivains. De sa voix chaude, habitée, l’artiste magnifiait les choses simples de la vie quotidienne. Il a secoué la tradition du fado, s’accompagnant d’un pianiste, de synthétiseurs ou d’un orchestre à cordes sans oublier la guitare portugaise appelée « viola ».

Ainsi, il a ouvert la voix à la nouvelle génération du fado : Camané, Dulce Pontes, Katia Guerreiro, Ana Moura, Misia et bien d’autres.
Pendant longtemps, Carlos subit un manque de reconnaissance mais tenace et authentique, il a réussi à être reconnu avant de devenir le digne représentant du fado de Lisbonne.

 Obrigado Carlos. Temos saudade. Paz a sua alma.

 

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 11:52

Une contribution de Daniel Labeyrie

« En plein décembre
J’ai trouvé la rose
La rose qui me ressemblait
Aux pétales de givre
Non pas la rose d’un été
Non pas la rose d’un bouquet. »
La rose décembre

Ce premier décembre, la journée était grise, triste comme ces jours d’hiver où la mélancolie suit la chute inexorable des feuilles mortes.
Madame Sylvestre, vous n’avez pas attendu le dernier jour de l’an pour filer éternellement à l’anglaise.
Oui, quel coup de massue alors que vous vous prépariez à remonter sur scène dans les jours prochains. Vous nous laissez, là, au bord du chemin, complètement abasourdis par cette triste nouvelle.

C’était toujours un plaisir infini de vous écouter sur les planches de la grande cour du château de Barjac, de vous croiser dans les ruelles sous le soleil de plomb de l’été cévenol. Vigie attentive, vous veilliez sur les jeunes pousses de la chanson avec sollicitude et tendresse.

Toujours fidèle, toujours droite, jamais vous n’avez démérité : voix des sans voix, orfèvre d’un immense collier de chansons essentielles qui nous trottent dans la tête, couplets ciselés loin de la guimauve ambiante. 
« Une sorcière comme les autres » est un hymne incontournable à la condition féminine, un hommage à la mère, aux femmes qui nous ont tous construits physiquement, humainement, affectivement : assurément un chef d’œuvre !
Votre patrimoine discographique recèle des dizaines de joyaux, de perles, sans oublier vos fabulettes qui berçaient les têtes blondes et brunes que nous fûmes.

Des blessures intimes ne vous ont pas ménagée mais votre pudeur, votre discrétion ne les étalaient pas sur la place publique. Nous avons tous « un mur pour pleurer » pour laisser s’épancher un immense chagrin aux grosses larmes, comme des marins à la dérive ayant perdu leur boussole.
En ce début décembre, quelques roses se dressent encore, fières et fraternelles ; un peu de givre les habille : ces roses vous ressemblent. Nous vous les offrons pour en faire un bouquet d’éternité.

 

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 16:22

Adieu frère de Kabylie

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

 

Pas possible ! Idir s'en est allé tout doucement, tout simplement sur la pointe de sa douceur et de sa discrétion légendaires.

 

Les montagnes du Djurdjura, les églantiers, les orangers, les dernières neiges de là-bas sont en train de fondre et l'on pleure dans les villages le bel ambassadeur de la culture kabyle qui a poussé la porte de l'éternité.

 

Monsieur Idir, vous faisiez partie de notre paysage culturel si diversifié. Chez vous, pas d'éclats de voix, pas de cris, pas de slogans, pas d'invectives mais une belle volonté artistique et humaine pour la reconnaissance de votre culture.

 

Votre ballade, la berceuse « Avava Inouva » a traversé les pays et les continents plus que durablement. En la chantant aujourd'hui, nous avons un grand chagrin d'enfants orphelins car on ne voulait pas que votre voix se taise tant elle nous était indispensable pour la fraternité en ces temps si rudes.

 

Vous êtes parti au mois de mai, dans la splendeur du printemps, dans la beauté des roses. Les sunlights et la gloire n'ont jamais brûlé les ailes de votre belle âme. Artiste humble et chaleureux, vous l'êtes resté jusqu'à la fin de votre voyage terrestre.

 

Cher Idir, reposez en paix et l'on ne peut que vous dire un immense merci pour vos chansons et pour le bel humain que vous fûtes.

Vous avez rejoint votre maman adorée partie il n'y a pas si longtemps : madame, comment vous remercier de nous avoir donné un fils de cette envergure?

 

 

Daniel LABEYRIE

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 14:11

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

 

La douce sérénade de la désescalade...

Il faut mes frères préparer le jour de clarté...

 

Nous t'avons chanté, déclamé, de feux de camp sous les étoiles en rencontres fraternelles, sur les hauteurs du Larzac, sous les chapiteaux des théâtres ambulants, dans les soirées au coin du feu, dans la cour du château de Barjac il n'y a pas si longtemps, sur le sable frais des plages à l'heure du couchant...

Tu as revisité la Marseillaise devenu grâce à toi un chant fraternel sans fleuve de sang coulant dans les sillons.

 

Sacré Graeme, baladin aux pieds nus, quelle vie ! Elle est loin ton enfance à Wellington en Nouvelle-Zélande où tu partageais la tarte aux pommes avec ta maman et ton vieux papa. Tu as trimé comme un forçat sur le rafiot qui t'a mené en France, tu as charrié la terre dans les vignobles de Bourgogne puis trente six métiers, parfois un peu beaucoup de misère avant de prendre la guitare pour notre plus grand bonheur.

C'est Colette Magny et Mouloudji qui t'ont mis sur les rails de la chanson à l'aube de la quarantaine.

 

Parfaite harmonie entre ton chant et ta vie, pas de complaisance avec les ors do showbiz, tu menais ta barque en homme libre. A l'heure du succès, tu n'as pas hésité à prendre la route des Indes, de l'Éthiopie, de Madagascar pour te frotter à la réalité du monde nourrissant ton âme des richesses intérieures des peuples visités.

Tu maniais la houe dans les jardins d'Auroville, cultivais ton jardin dans l'île de la Réunion où tu séjournas durant quelques années. L'intensité de ta vie spirituelle nourrissait tes ballades dans un respect de tout être vivant, avec toujours cette soif de justice sans jamais jeter l'anathème.

 

Cohen, Dylan, Guthrie et bien d'autres folksingers ont été adaptés en français avec une extrême justesse. Nous n'oublierons pas « Suzanne », « Petites boîtes », « Le trimardeur », « L'étranger », « Emmène-moi, le magnifique et bouleversant « Message » du moine vietnamien Thich Nhat Hanh et tant d'autres pépites.

 

Cher Graeme, te voilà dans la mémoire des étoiles, troubadour céleste, chante-nous encore ta Marseillaise et que les maîtres du monde tendent l'oreille car il y a urgence, extrême urgence !

 

Daniel LABEYRIE

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 13:29

Ciao, le marchand de bonheur

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

Le dernier des Compagnons de la Chanson s'est envolé quelques semaines après son frère. Nous n'oublierons pas la voix unique du soliste du groupe, timbre reconnaissable entre mille.

Le groupe a porté la chanson francophone aux quatre coins du monde. Chansons originales ou reprises ont émaillé la belle carrière des Compagnons.

 

Chansons populaires au sens noble du terme, mélodies bien charpentées, harmonie des voix, présence scénique incontestable, musiciens de haut jouant toutes sortes d'instruments, le récital du groupe tenait la route.

Révélés par la chanson « Les trois cloches » chantée avec Edith Piaf, les neuf garçons ont eu une carrière exemplaire.

 

Personne n'oubliera « La chanson de Lara », « Le marchand de bonheur » «  Un violon sur le toit » mais aussi les belles interprétations de « La mamma », « Les comédiens » d'Aznavour », « Qu'il est difficile d'aimer » de Vigneault, des « Copains d'abord », de « L'auvergnat » de Brassens sans oublier la délicate « Sur la mort d'une cousine de sept ans », poème mis en musique par tonton Georges en personne dont la mélodie et le texte sont poignants, où la voix de Fred fait merveille;

 

Monsieur Mella, vous avez droit à une place de choix au paradis des musiciens où vous avez rejoint une pléiade d'artistes de haut vol mais aussi de belles personnes qui appréciaient particulièrement vos chansons.

Oui, vous n'aviez que des chansons à mettre dans les cœurs mais dans toutes ces chansons coulait le bonheur en abondance.

 

Daniel LABEYRIE

 

 

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 09:14

Marquis de Sade - Marc Seberg – Marquis de Sade...

La vie est brève, la braise est vive.

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

 

 

Figure emblématique de la scène rock rennaise, Philippe Pascal s'est fait la belle en septembre alors qu'il avait repris du service avec la renaissance du mythique « Marquis de Sade » qui s'était sabordé il y a une bonne trentaine d'années.

Deux disques sortis à l'époque sont demeurés des jalons incontournables. Visage sombre et présence scénique inouïe, Pascal vivait les chansons avec une intensité qui touchait à l'extrême.

 

Philippe Pascal a repris le flambeau dans les années 80 avec le groupe Marc Seberg qui a sorti quatre albums avec des compositions en français. On retiendra l'incroyable mise en musique du poème de Baudelaire « Recueillement » ainsi que d'autres titres « Le chant des terres », «  Le bout des nerfs »...

Le chanteur écrivait les paroles des chansons sur des thèmes d'un surréalisme assez sombre. Il est certain que la scène était le lieu où l'artiste donnait le meilleur de lui-même : le charisme et la force de l'interprète chaviraient le public.

Fragile, sensible, déchiré, Philippe Pascal a géré le groupe Marc Seberg jusqu'à sa dissolution.

 

De longues années de silence, une très longue absence scénique avec de rares apparitions dans des petits lieux puis le miracle de la reformation de Marquis de Sade en 2017 que personne n'attendait.

Plusieurs concerts époustouflants à Rennes et dans quelques villes se sont déroulés à guichets fermés.

Alors que tout semblait aller bien, l'artiste s'est envolé au cœur de septembre.

Dommage !

 

Daniel LABEYRIE

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