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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 09:00
Charlie et les animaux.

En juillet 1998, sur le col d'Organbidexka où nous comptions les oiseaux migrateurs en compagnie du chien Alaï et de l'ami Charlie. "Les curés en soutane sauvent les âmes et noient les scouts".C'était la "une".

 

Charlie m'a accompagnée depuis 1970. Avant lui, Hara Kiri. Et avant lui encore, le grand Duduche dans le journal Pilote et Cabu, son "papa" . Sans parler, bien évidemment de "La Gueule Ouverte", avec Pierre Fournier, qui fut si important pour le mouvement écologiste en dynamisant  le mouvement anti-nucléaire, bien entendu, mais aussi en rapprochant les milieux de la défense de la nature, le mouvement des communautés et celui de la non-violence active.

Charlie, ce ne sont pas que des dessins, comme me le faisait justement remarquer ma fille. Ce sont aussi des articles de fond. A Charlie, on ne passe pas tout son temps à "dégommer" les religions comme il semblerait que ce soit le cas si l'on en croit les médias depuis cet atroce mercredi. On parle de tout un tas de sujet et le souci de  l'écologie y est très présent depuis toujours (Fournier mais aussi Gébé, Reiser, Pasquini), et depuis quelques temps grâce à Fabrice Nicolino, grièvement blessé lors de l'attentat.

Faut-il rappeler par ailleurs que depuis des années, Charlie est le seul journal qui héberge une rubrique permanente pour la défense animale, sous la houlette de Luce Lapin et des célèbres "Puces"? Que Cabu était végétarien depuis bien longtemps, qu'il ne manquait pas une manif anti-chasse et que quelques heures avant de partir; il offrait un dessin dénonçant la barbarie du gavage pour le foie gras?  Et que chaque membre de l'équipe, ceux qui sont partis dans l'explosion d'une violence inimaginable, tout comme ceux qui restent , sont signataires de la pétition du CRAC pour l'abolition de la corrida, une corrida qu'ils se plaisaient à dénoncer dans les pages du journal de manière récurrente?

Ci-dessous, une sélection non exhaustive de quelques hommages, que je préfère appeler remerciements et qui émanent pour la plupart d'associations.

Tout comme  sur le sujet du précédent "post" ( racisme et vision fascisante et liberticide de la société), je suggérerais aux chasseurs, bâfreurs et  aficionados invétérés de réfléchir quelques minutes avant de crier haut et fort "Je suis Charlie".

 

 

France Nature Environnement est Charlie.

France Nature Environnement est Charlie.

Je ne peux pas m'empêcher---

Je ne peux pas m'empêcher---

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 10:41
Nous sommes Charlie.

Voilà. Un homme, un vrai, c'est ça.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 14:56
Théodore MONOD

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

Une bible, un cœur d'homme

Un petit gobelet d'aluminium

Alain SOUCHON

 

 

 

Explorateur des contrées arides, insoumis, prince des sables, fou du désert, mystique solaire, pèlerin de l'humanisme, seigneur des animaux, chrétien des chemins de traverse, chercheur éclectique, piéton émerveillé, écologiste sans drapeau, vous fûtes tout cela et bien plus encore.

 

Monsieur MONOD vous avez traversé de bout en bout un siècle de bruit et de fureur avec des pas d'oiseau sur les sables mouvants d'un monde qui n'en finit pas de crouler sous les coups de boutoir des humains sans conscience.

Vous avez marché... marché... marché... tenace, courageux suivant le sillage sablonneux des immensités désolées du Sahara. Les sens en éveil, votre humble silhouette peu à peu voûtée par le poids inexorable des ans vous avez cheminé... cheminé...

 

Vous l'honnête homme, vous saviez la fragilité éphémère de l'animal humain, vague et dérisoire poussière d'étoile perdue dans un coin de galaxie.

Toujours émerveillé, votre regard se posait sur le moindre fragment de roche, sur l'infime vestige d'une espèce inconnue. Vous avez tout noté sur votre calepin laminé par les nuits glaciales et les jours brûlants d'un désert revêche mais respecté.

 

La Bible ouverte sur les Béatitudes étalait vos espérances de l'homme fraternel dont vous attendiez l'avènement avec une patience infinie.

Cette météorite qui prenait plaisir à ne jamais vouloir se montrer n'était pour vous qu'une inaccessible étoile chevillée à vos rêves.

 

Hiroshima fut une écharde jamais guérie dans votre conscience éclairée mais jamais vous n'avez baissé pavillon .

La mort des oiseaux, les taureaux vaincus sous les « Olé », les enfants perdus, les sans-logis, les oiseaux déchirés par la mitraille vous les avez défendus avec dignité.

Monsieur MONOD, vous fûtes un petit brin d'étoile dans un ciel plombé, petit fétu d'espérance dans un siècle habillé de noir.

 

 

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 13:17
Alexandre Grothendiek, libre et désilusionné.

Communiqué EELV

 

EELV apprend la disparition d’Alexandre Grothendieck, considéré comme le plus grand mathématicien du XXème, décédé jeudi 13 novembre dans l’Ariège à l’âge de 86 ans.

EELV tient à rendre hommage à cette grande personnalité, médaille Fields en 1966, précurseur dans son domaine ainsi que dans la prise en compte des enjeux environnementaux et écologiques au cours du XXème siècle.

La «radicalité» de son engagement pacifiste et écologiste tenait au respect de ses convictions tout au long de sa vie, et ce quelles qu’en soient le prix. Pionnier, il a lancé le mouvement «Survivre et vivre» poursuivant la nécessité de faire comprendre l’urgence de la question de la survie de notre éco-système.

Alexandre Grothendieck illustre le combat des premières grandes luttes écologistes des années 70, dont l’argumentation, opposant légalité et légitimité, éclaire parfaitement celles d’aujourd’hui.

Discret et iconosclate, peu regardant de la «société du spectacle» et désireux d’exprimer son génie dans l’anonymat, il laisse derrière lui une œuvre majeure et une inspiration certaine pour les générations d’aujourd’hui.

EELV salue une dernière fois sa mémoire.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 19:55
Mourir pour défendre la Vie---
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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 08:00
Vassiliu parle aux anges

Une contribution de Daniel Labeyrie.

 

 

 

Drôle d'idée des parents d'un tel énergumène, le mettre à la porte de chez lui à dix-huit ans . Cette mise au large d'un jeune révolté sera la chance de sa vie, une vie en chemins de traverse, en voyages ici et ailleurs...

 

Les cabarets de la rive gauche, d'où émergèrent « la femme de sergent », « Charlotte », lui donnèrent l'occasion de se faire les dents ; c'est ainsi que l'artiste jeta du poil à gratter chez les bien pensants de l'époque. La censure l'égratigna quelque peu mais la guerre d'Algérie lui permit ne pas se faire d'illusions sur le monde politique.

 

Outre la chanson « Qui c'est celui-là ? » adaptée d'une chanson de Chico Buarque le Brésilien, la carrière atypique de Vassiliu fut une ouverture sur le monde, sur les rythmes africains au gré de superbes albums riches de petites perles inconnues du grand public.

 

Le succès n'était pas souvent au rendez-vous mais peu importe, la vie, les rencontres, voilà l'essentiel pour ce faux nonchalant amateur de bonne chère et de musiques métissées.

Sa « maison d'amour » fleurait bon la tendresse, la fraternité, la Provence, le chant des grillons.

 

Vassiliu, souffrant depuis quelques années, a quitté la scène par la petite porte mais aujourd'hui, il a le loisir de parler aux anges, ce qu'il savait faire de son vivant avec la délicatesse d'un bel humain.

 

 

 

 

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 09:26
Hervé Cristiani  1947- 2014

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

Oui, beaucoup l'ont vu voler, libre comme l'air, libre comme l'oiseau.

L'artiste a tiré sa révérence, discrètement, en plein cœur de l'été comme un météore propulsé dans les étoiles qu'il chantait si bien .

 

L'air de rien, Hervé guitariste aussi talentueux qu'émérite troussait des chansons de haute stature portées par des mélodies qui tenaient la route.

Mauvais élève turbulent dans sa jeunesse, il fut sauvé par la musique : le monsieur avait tous les ingrédients pour créer une œuvre des plus personnelles.

 

Outre le célébrissime « Il est libre Max », de magnifiques chansons se cachent dans sa discographie : « Antinoüs » ( en hommage aux Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar ), « Le poète est mort », « Florentine » ( dans son dernier album « Paix à nos os ») et beaucoup d'autres. Toujours avec ce fil de tendresse et d'émerveillement.

 

Caustique, généreux, Cristiani épinglait le showbizz et son commerce qui ont contribué à la disparition médiatique de nuées d'artistes plus que méritants.

 

Avant que le mal ne l'emporte, le chanteur passait sur de petites scènes ici et là avec enthousiasme mais avec de secrètes blessures qu'il cachait avec la pudeur et la gentillesse qu'on lui connaissait.

 

La quintessence de son œuvre se trouve dans son dernier album paru en 2008 « Paix à nos os ».

 

Paix à votre belle âme monsieur Cristiani !

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 11:03
La photo est d'Arnaud Baumann.

La photo est d'Arnaud Baumann.

 

Pour les habitants de Paris comme pour ceux qui viennent d'ailleurs, le Jardin des Plantes est un lieu où il y a des bêtes pas de chez nous qu'on vient regarder le dernier dimanche du mois, celui où l'on n'a plus de quoi payer l'essence pour aller jusqu'à la mer et en revenir. C'est réduire le Jardin à la seule ménagerie, qui nen occupe qu'une petite partie.
Tout gosse, j'aimais les bêtes. Comme tous les gosses, oui. Moi, plus. J'allais les voir. Au Jardin des Plantes. Au zoo de Vincennes. Tout ça était à portée de vélo. J'y prenais moins de plaisir que je m'en étais promis. Une tristesse me minait. J'ai fini par comprendre : la grille. Il y avait toujours une grille entre le lion et moi, entre moi et l'éléphant. La grille barrait tout. M'étant dit cela, je ne vis plus quelle. Et je me rendais compte que l'animal aussi ne voyait qu'elle. L'espace, pour lui, s'arrêtait là. Deux pas à gauche, deux pas à droite, deux en arrière, mais plus petits. Tristesse, tristesse, écrasante tristesse suintant des cages. Désespérante tristesse de ces corps magnifiques aveulis, de ces muscles qui ne bondissent jamais, de ces regards qui ne comprennent pas. J'ai cessé d'aller les voir.
C'est plus tard que j'ai su que le Jardin des Plantes était avant tout un jardin avec des plantes dedans. J'ai découvert les serres, le labyrinthe qui nen est pas un, la gloriette tout en haut, le jardin alpin... Le Jardin m'attira davantage que n'importe quel autre îlot de verdure dans Paris, plus même que le Luxembourg où, pourtant, Marius rencontra Cosette. Ces strictes géométries à la française , ces longues avenues d'ombre, ces studieux parterres de fleurs, cet invraisemblable silence parlaient à mon coeur, va savoir pourquoi. Peut-être aussi ce parfum tenace de désuétude, ces pierres rongées, tellement dix-huitième siècle ! Buffon y traînait ses souliers à boucles dans la poussière des allées, Jussieu arrosait son cèdre... Moi, j'y venais manger un sandwich sur un banc après avoir bouclé Hara Kiri ou Charlie Hebdo voire les deux ensemble.
Il m'arriva d'avoir à faire je ne sais quel reportage sur, justement, la ménagerie. Je n'y étais plus guère retourné depuis mes galopinades d'antan, je n'y allais pas de bon coeur. Ce devait être, il me semble, dans les années soixante-dix. Je m'en revenais quand, au beau milieu d'un vaste rond-point, elle m'apparut soudain dans toute sa gloire. Rousse intensément, vaste comme l'Univers, vautrée dans la paille en impératrice du monde, écartelée des quatre membres, sur son ventre immense une autre rousseur, son petit, agrippé à pleins poils à ses mamelles gonflées et dardant sur moi des yeux noirs plus qu'humains, c'était la féminité même, l'éclatant triomphe du principe femelle. Elle avait son petit, elle se savait belle, elle nous toisait de haut, nous la foule. La vitre tout autour, elle l'ignorait. C'était fatal: je suis tombé amoureux d'une dame orang-outan.
Je suis revenu la voir. Elle me fascinait. Je la trouvais immuablement dans la même hautaine posture. Affalée, nonchalante, grande ouverte. Souveraine. Toujours son petit aux yeux trop grands soudé à son ventre magnifique. J'appris son nom : Nénette. Je vous jure ! Capturée à Bornéo. Je suppose que dans un zoo new-yorkais on l'aurait appelée Honey, ou Sweetie. Elle s'en foutait. Elle avait fini par me remarquer. Me reconnaître. Elle esquissait un bref sourire, la tête renversée sur la nuque, un bras en l'air, le poing nonchalamment serré autour d'une de ces grosses cordes qui jouaient les lianes de la jungle. J'appris que les orang-outan (Faut-il un s au pluriel? Deux?) ne cessent jamais de se tenir à une liane ou à une branche, ne serait-ce que d'une main. Je regardais fonctionner les mains de ses pieds, délicates merveilles semblant agir pour leur propre compte, toutes rosés en dedans avec de ces lignes qui disent l'avenir.
La vie, vous savez... Je n'oubliai pas la belle captive. Mais je la vis moins, puis plus du tout. Je me le reprochais. Il y a quelque temps, à propos de je ne sais plus quoi, je mentionnai la splendide rousse du Jardin des Plantes. La petite Virginie courut la voir. Elle me dit : II y en a quatre, maintenant! Et Nénette? Elle est toujours là.
J'ai revu Nénette, puisque Nénette il y a. Elle n'était plus majestueusement seule. Il lui fallait partager l'espace. Elle étalait sa gloire flamboyante dans un angle, la paille autour d'elle comme un soleil. Sur son ventre, blotti en grande détresse, son dernier-né, Dayou, on m'a dit son nom. Déjà un grand garçon, mais mal portant, cramponné à sa mère, à ce bloc de vie. M'a-t-elle reconnu? Je suis tout blanc, maintenant.
J'appris les noms des autres: Tubo, encore un fils de Nénette (celui que je lui ai connu ?), et Wattana, fille prodige aux yeux avides d'apprendre, qui sait faire des noeuds (elles sont, paraît-il, deux au monde à en être capables), invente des jeux et vous met mal à l'aise par cette question qu'elle semble à tout moment vous poser, lèvres serrées sur un mince sourire.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que le petit Dayou vient de mourir. Il avait huit ans. Les amis des orang-outan le voyaient décliner depuis pas mal de temps. Négligence ? Les orang-outan sont les chouchous des soigneurs. Lacune vétérinaire? La question est posée. Toujours est-il que Tubo, grand frère de Dayou, n'a pas l'air très vaillant lui non plus. C'est le plus beau de tous.
Une chose est certaine. La place d'un orang-outan n'est pas derrière une vitre ou les barreaux d'une cage, aussi dorée soit-elle. Mais c'est le seul moyen pour que les enfants aient l'occasion de voir des animaux ! Non ! Les animaux ne sont pas faits (pour autant qu'ils aient été faits !) dans un dessein éducatif. Savoir qu'il y a quelque part des hardes d'éléphants, de buffles, de girafes (hardes de girafes ?) parcourant des savanes sans fin, même si je ne dois jamais les voir, me remplit d'une joie intense. Et d'abord, aujourd'hui, on a la télé. Jamais aucun safari (encore moins aucun zoo!) ne nous fera voir les animaux aussi intimement, aussi magnifiquement que les reportages faits par des gars qu'on n'admirera jamais assez.
Mais c'est le seul moyen pour conserver des spécimens, maintenant qu'on sait que toutes les espèces sauvages vont disparaître l'une après l'autre, c'est le progrès, que voulez-vous, et en plus avec le carburant vert et la déforestation...
Non et non ! Si des masochistes à bonne conscience peuvent trouver leur compte à contempler des êtres vivants prisonniers en se disant que ce sont les derniers, que tous les autres ont été massacrés, connement, méthodiquement, si vraiment il existe de pauvres ... que de tels spectacles puissent réjouir, qu'ils ne comptent pas sur moi pour les y encourager.
À bas les zoos ! Aussi modernes , aussi perfectionnés soient-ils, ce sont des prisons, des bagnes, des lieux d'infinie tristesse. À bas les ménageries, à bas les cirques, surtout itinérants ! À bas le dressage, à bas le domptage, à bas les spectacles d'animaux savants !
Arrêtez de faire chier les bêtes. Laissez les bêtes sauvages là où elles sont, c'est-à-dire chez elles. Contentez-vous de dévorer vos animaux d'élevage, et, s'il vous plaît, en les faisant souffrir le moins possible. À bas le foie gras !
C'est ça, ricanez. Rotez un bon coup et emmenez votre gosse voir les singes qui sont si laids avant d'aller éparpiller un peu de plomb sur des faisans d'élevage. Mais ne lisez pas ce journal, sale con de chasseur !
En attendant, gens du Jardin des Plantes, occupez-vous de Tubo, sans quoi il va y passer, comme son frère.

Cavanna
Charlie Hebdo n 801 mercredi 24 octobre 2007

 

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 16:14

Georges a rejoint le chanteur basque Imanol au paradis des musiciens.

Une contribution de Daniel Labeyrie

 

Humblement

 

         Humblement, il est parti, l'homme à la voix douce, l'homme libre qui toujours chérit la liberté et qui croqua le bonheur en étreintes sensuelles, parti du côté de la Méditerranée où la mémoire des vagues se souvient toujours des belles âmes.

 

         Le pâtre grec , cheveux tressés d'étoiles, maintenant tutoie les anges dans cet ailleurs que toujours les humains dessinent dans leur imaginaire.

 

         Monsieur Moustaki, vous avez cultivé l'art de la nonchalance  active en prenant votre temps pour coudre des refrains simples et profonds sans jamais frayer avec les vendeurs de vent. Chez vous soufflait un vent ou plutôt une brise de fraternité qui s'insinuait dans vos ballades dans un bel esprit d'universalité et de tolérance.

 

         Votre voix caressante jamais n'usa de l'invective mais le bel idéal de liberté était bien accroché à vos sandales de vagabond universel. Les frontières chez vous n'avaient pas la moindre réalité : de la Lusitanie au Brésil en passant par la Grèce et l'Espagne, la chanson naviguait allègrement toutes voiles dehors au son de la guitare et autres cordes sensibles.

 

         Monsieur Moustaki, vous n'avez jamais démérité, déclarant l'état de bonheur permanent même si les mercenaires cultivent toujours leurs champs de guerre aux quatre coins de la planète.

 

         Du petit garçon d'Alexandrie au baladin fauché de Paris, de l'homme à la moto à l'éternel amoureux, du saltimbanque lettré à l'amant du soleil, votre guitare s'est tue mais votre voix demeure en nous, bienveillante et bienfaisante.

 

         Monsieur Moustaki, merci !

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 16:53
A Guanes Etchegaray

Une contribution de Piarres Erdozaintzi.

 

Guanes,

 

Ta présence désormais se conjuguera au passé.

Tu nous manqueras cruellement.

Tu étais un artiste à facettes multiples, intelligent, cultivé et ouvert.

Pleinement engagé dans la sculpture  et la peinture, tu t’adonnais aussi à la percussion dans une formation musicale.

Ton art était ta raison de vivre, ton incessant cheminement vers la sagesse, la tâche à accomplir sans concession.

Le respect de l’autre, de la vie en général te caractérisait. Ainsi, tu as sans doute, pour l’essentiel travaillé sur des matériaux de récupération que tu recueillais au hasard de tes parcours. Matières diverses et variées des plus durables( bois, roche , métal) aux plus éphémères ( plastique, carton, corde) que tu savais façonner, assembler , colorer admirablement et aussi soumettre parfois à l’épreuve du feu. Ta peinture si subtile dans sa tendance figurative se dégage volontiers de la réalité pour la recréer et s’engage aussi audacieusement dans des compositions plus abstraites, originales d’une profonde sensibilité personnelle. Outre des fonds de pots qui constituaient souvent tes palettes enrichies de pigments naturels dont tu connaissais l’usage, tes palettes elles-mêmes constituaient par le hasard de la juxtaposition des couleurs, la trame d’une œuvre nouvelle.

Guanes, pour ton œuvre, ta sincérité, ta générosité d’artiste, ta grandeur et ton humanité, merci infiniment.

 

Piarres Erdozaintzi.

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