Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 11:00



Gaston Couté m'a toujours accompagnée. Mon père avait onze  ans quand est mort le poète mais je me souviens qu'il lui portait une grande admiration et beaucoup de tendresse, qu'il m'a transmises.
Alors voilà, au risque d'être prise pour une radoteuse,  je vais vous  dire de nouveau qu'il se passe dans ma vie depuis un an des choses graves, très dures à vivre, une redistribution des alliances, des amitiés, des relations. Un jour, je vous raconterai. Pour le moment, ce n'est pas encore possible.
Quoiqu'il en soit, je publie ci-dessous l'un des textes les plus connus de Couté. En le relisant, il me semblerait presque aujourd'hui que je serais en mesure de me raconter de la même manière. A deux exceptions quand-même: Je n'ai jamais déniché d'oiseaux et, quant aux prostituées---
 Plus de quarante ans de militantisme acharné dans des organisations bien structurées, associatives ou politique n'ont pas réussi à extirper le fond libertaire qui est en moi. C'est inconfortable, mais je ne suis encore jamais tombée du fil.
C'est dire si je me sens en fraternité avec cet anarchiste,  fils d'un meunier de Meung sur Loire, et qui ne s'est jamais trahi lui-même.

Le Gâs qu’a mal tourné


Dans les temps qu’j’allais à l’école,
— Oùsqu’on m’vouéyait jamés bieaucoup, —
Je n’voulais pâs en fout’e un coup ;
J’m’en sauvais fér’ des caberioles,
Dénicher les nids des bissons,
Sublailler, en becquant des mûres
Qui m’barbouillin tout’la figure,
Au yeu d’aller apprend’ mes l’çons ;
C’qui fait qu’un jour qu’j’étais en classe,
(Tombait d’ l’ieau, j’pouvions pâs m’prom’ner !)
L’ mét’e i’ m’dit, en s’levant d’ sa place :
« Toué !... t’en vienras à mal tourner ! »
 
Il avait ben raison nout’ mét’e,
C’t’houmm’-là, i’d’vait m’counnét’ par cœur !
J’ai trop voulu fére à ma tête
Et ça m’a point porté bounheur ;
J’ai trop aimé voulouèr ét’ lib’e
Coumm’ du temps qu’ j’étais écoyier ;
J’ai pâs pu t’ni’ en équilib’e
Dans eun’ plac’, dans un atéyier,
Dans un burieau... ben qu’on n’y foute
Pâs grand chous’ de tout’ la journée...
J’ai enfilé la mauvais’ route !
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !
 
À c’tt’ heur’, tous mes copains d’école,
Les ceuss’ qu’appernin l’A B C
Et qu’écoutin les bounn’s paroles,
I’s sont casés, et ben casés !
Gn’en a qui sont clercs de notaire,
D’aut’s qui sont commis épiciers,
D’aut’s qu’a les protections du maire
Pour avouèr un post’ d’empléyé...
Ça s’léss’ viv’ coumm’ moutons en plaine,
Ça sait compter, pas raisounner !
J’pense queuqu’foués... et ça m’fait d’la peine :
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !
 
Et pus tard, quand qu’i’s s’ront en âge,
Leu’ barbe v’nu, leu’ temps fini,
I’s vouéront à s’mett’e en ménage ;
I’s s’appont’ront un bon p’tit nid
Oùsque vienra nicher l’ ben-êt’e
Avec eun’ femm’... devant la Loué !
Ça douét êt’ bon d’la femme hounnête :
Gn’a qu’les putains qui veul’nt ben d’moué.
Et ça s’comprend, moué, j’ai pas d’rentes,
Parsounn’ n’a eun’ dot à m’dounner,
J’ai pas un méquier dont qu’on s’vante...
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !
 
I’s s’ront ben vus par tout l’village,
Pasqu’i’s gangn’ront pas mal d’argent
À fér des p’tits tripatrouillages
Au préjudic’ des pauv’ers gens
Ou ben à licher les darrières
Des grouss’es légum’s, des hauts placés.
Et quand, qu’à la fin d’leu carrière,
I’s vouérront qu’i’s ont ben assez
Volé, liché pour pus ren n’fére,
Tous les lichés, tous les ruinés
Diront qu’i’s ont fait leu’s affères...
Moué ! j’s’rai un gâs qu’a mal tourné !
 
C’est égal ! Si jamés je r’tourne
Un joure r’prend’ l’air du pat’lin
Ousqu’à mon sujet les langu’s tournent
Qu’ça en est comm’ des rou’s d’moulin,
Eh ben ! i’ faura que j’leu dise
Aux gâs r’tirés ou établis
Qu’a pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm’ des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu’ j’leu’ dis’ qu’ j’ai pas mis l’nez
Dans la pâté’ sal’ de leu-z-auge...
Et qu’c’est pour ça qu’j’ai mal tourné !...


En savoir + sur Gaston Couté:

 

http://gastoncoute.free.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Cout%C3%A9

http://poesie.webnet.fr/auteurs/coute.html

http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/coute_gaston.html
http://roudondiffusion.free.fr/Catalogues.html
et bien d'autres encore!

 

Repost 0
Published by Jeno l'écolo - dans Les écrivains Idazleak
commenter cet article
1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 10:00

Tout à l'heure---, vous allez rire---, j'étais dans un supermarché. Vous ne me croyez pas? Et pourtant, c'est vrai. Cela m'arrive de temps à autres. Que voulez-vous, personne n'est parfait, même pas mo@.
Une employée était en train de placer des livres à l'étalage. Et là, j'ai vu, en collection de poche, plusieurs livres de Jean Giono, choses assez rare dans un magasin à grande surface,  pour que je le remarque et que je m'en réjouisse--- jusqu'au moment où je me suis aperçue que ces livres étaient dans un présentoir spécifique qui ne contenait que des oeuvres d'auteurs classés  généralement dans la catégorie des "écrivains régionalistes", vous savez, euh---- comment vous dire, un peu comme Pagnol, quoi, mais en moins connus.

Jusqu'à quand la mystification continuera-t-elle? Je ne considère pas que le fait d'être un écrivain régionaliste soit répréhensible, loin de là. Mais Giono est de tous les écrivains que je connaisse, c'est certain, le moins régionaliste et le plus universel.

Ca m'énerve! Si vous saviez ce que ça m'énerve! Plus, ça me met en colère! Et je n'ai pas trop le temps de vous expliquer pourquoi. Ce sera pour plus tard. En attendant, cette phrase manuscrite de Giono et une citation de Pierre Citron, l'un de ses biographes. Et puis quand-même: Si j'ai survécu à Paris pendant 20 ans, dans les couloirs de son métro, dans ses rues  sans joie et sur ses esplanades glacées , c'est en grande partie grâce à l'oeuvre l'Homme du Contadour, cet homme chatoyant, aux multiples facettes, qui se moquait de lui-même "J'étais un couillon au Contadour". Moi qui ai mis, dans toute ma vie, une fois les pieds en Haute Provence quand j'avais dix-huit ans et lui ai préféré pour y vivre le mouillé des montagnes basques, vous croyez vraiment qu'il m'aurait ainsi aidée à vivre s'il n'avait été qu'un écrivain régionaliste pétrifié sur son lopin de terre aride? Trop drôle!

Allez-y! Lisez tout Giono!

Pour vous y  inciter, je vous conseille une petite visite : 

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=335


texte.jpgJean Giono
(1895-1970)

"... il (Giono) ne fait guère partie de l'histoire des idées en son temps. Il ne s'est mis dans le sillage de personne , il n'a pas fait école. On ne peut lui coller d'étiquette , ni résumer son œuvre en une ou deux formules : il s'est profondément renouvelé. Si des romans comme Un de Baumugnes, Batailles dans la montagne, Pour saluer Melville, Mort d'un personnage, Les Ames fortes et Ennemonde parvenaient sans nom d'auteur aux siècles à venir, y décèlerait-on la présence d'un même écrivain ? Quiconque n'a lu qu'un ou deux romans de lui n'a aucune idée de ce qu'il est : il faut lire tout Giono comme il faut lire tout Balzac."Pierre Citron
Giono , Collection Ecrivains de Toujours,
Editions Seuil
editionnoe.jpg

 

  Tiens, justement, depuis quelques jours, je me délecte  de la lecture d'un livre de Pierre Magnan,  http://www.lemda.com.fr/

"L"amant du poivre d'âne". J'aime énormément Pierre Magnan, l'auteur, entre autres,  de "La Maison assassinée", "La naine", "Périple d'un cachalot", "Les charbonniers de la mort " et père du fameux Commmissaire Laviolette.

Et vous savez quoi? Pierre Magnan est un fou de Giono. Je vous conseille son "Pour saluer Giono", dont le titre paraphrase le "Pour saluer Melville"  du dit Giono. Parce que, le saviez vous, le traducteur de l'Anglais au Français  du célèbre Moby Dick n'était autre que Monsieur Giono lui-même.

Repost 0
Published by Jeno l'écolo - dans Les écrivains Idazleak
commenter cet article
10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 13:55

Pochette.jpg
En Mai dernier, j'avais écrit cet article pour le Journal du Pays Basque :


Arcangues, le château, le golf, les nostalgiques de Luis Mariano qui se succèdent sur la tombe du cimetière en terrasses , le c¦ur du village si délicatement ouvragé par un certain Pierre d’Arcangues, l’église à l’intérieur flamboyant et au lourd clocher terrien où il n’y a pas encore si longtemps la famille d’Arcangues possédait son espace réservé et inviolable, tant et tant de détails encore qui m’avaient, conduite, de manière définitive le croyais-je, à classer les poèmes de Guy d’Arcangues dans la catégorie "Textes mondains et superficiels". Aveuglement et ignorance crasse, quand vous nous tenezŠ

Bien entendu, je savais que Martine Caplanne avait enregistré il y a déjà un fameux bail un disque (épuisé) de textes de ce poète que sans l’avoir lu, je classais chez les "convenus". Erreur de jeunesse, pensais-je, tout le monde a droit à l’erreur, même "l’hirondelle des poètes", que l’on ne peut, elle, taxer de superficialité ni de légèreté, encore moins de recherche de la "convenance".

Par ces quelques lignes, je veux battre ma coulpe, et devant Martine et devant l’âme du poète disparu. J’étais au Colisée de Biarritzle 28 Avril dernier et j’ai assisté à l’hommage rendu par la chanteuse, son complice le guitariste Albert Eyheramendy ainsi que Laure Buchheit et René Hervé, deux artistes de l’association "Escalazur".
 esclogo.gifEt là, je suis restée pétrifiée. Pas par la voix ni par l’interprétation de Martine dont je connais depuis belle lurette le charisme et la puissance émotive transmissible, pas non plus par la virtuosité du guitariste basque dont j’avais déjà maintes fois ressenti le "feeling", mais par les textes de ce d’Arcangues qui a quitté ce monde et son village tant aimé il y a trois ans de cela. Tout y est : la profondeur, la gravité, l’émerveillement, la joie qui surgit là où on l’attend le moins, l’amour, la tendresse. Et l’humour et l’humanisme. L’engagement aussi, pas dogmatique mais d’une fulgurante évidence, remarquable en particulier durant cette occupation nazie où d’autres, "bien" nés ou "mal" nés du Pays Basque ou d’ailleurs ne se posaient de question que celle de savoir de quel côté de la tartine se trouvait le beurre, question à laquelle hélas, certains ont rapidement trouvé une réponse. Martine a fait défiler devant nous cette vie, depuis l’enfance de "l’aristo" conscient déjà que le monde ne s’arrêtait pas à ses dentelles et ses velours à celle du grand-père habité par le souci de la transmission pas celle des paillettes et du patrimoine, mais celle du vécu dans le charnu, des yeux et du c¦ur grands ouverts en passant par la fraternité, la dénonciation de l’horreur au Chili et ailleurs. Une vie d’homme, tout simplement. Comme il est lourd à porter de ne pas se trouver d’excuse à soi-même, je me souviens que gamine, lors de mes visites en famille au village d’Arcangues, je ressentais une trouble émotion : j’aimais la joliesse du village d’opérette mais il me semblait bien que derrière cette image de carte postale, se cachait autre chose. Que dans ce lieu, soufflait l’esprit. Peut-être aura-t-il fallu toutes ces années et une soirée au Colisée biarrot pour que se lève enfin le rideau obturateur.

Maintenant, après avoir découvert l’âme d’Arcangues, comment ne pas souhaiter encore plus fort qu’il ne devienne pas une banlieue, même dorée, en ces temps de grignotage accéléré du territoire ?

En tout cas, croix de bois, croix de fer, avant de me faire une opinion, à partir de ce jour, je me renseignerai. Une belle leçon, merci.

  JC

Une bonne nouvelle:

presse1-copie-1.gif


Les poèmes mis en musique et interprétés le 28 Avril 2007 avait été enregistrés en 33 tours ( épuisé depuis belle lurette) en 1988
Ce disque vient d'être édité en CD. On peut se le procurer au prix de 15€ à cette adresse : Martine Caplanne, Domaine de Mugron D2, 64200 Biarritz. 
On y remarque la participation du guitariste Albert Eyheramendy , de  Philippe Ferrière, de Gérard et Sylvain Luc. On y entend aussi la voix de Guy d’Arcangues.
Christian Laborde a assuré les arrangements, prise de son, remix et remasterisation de l’enregistrement original d e1988.
A partir du 15 Novembre, il faudra ajouter 2 € pour les frais de port. Qu'on se le dise!
http://martine-caplanne.com/

Peuple.jpg

 

Repost 0
Published by Jeno l'écolo - dans Les écrivains Idazleak
commenter cet article
31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 09:15
ombre15438.jpg

"La chasse, chez nous, c'est la vie", c'est l'intitulé d'un autocollant qui a fleuri longtemps dans nos campagnes, plus souvent d'ailleurs, sur des 4x4 rutilants que sur la 4L du pauvre. Un peu contradictoire, cette affirmation concernant une activité dont le but est quand-même d'envoyer des êtres vivants ad patres.
Pour moi, comme pour beaucoup de mes amis (n'est-ce pas Lurbeltz?), la lecture, c'est la vie. Et plus précisément la littérature.
C'est Christian Bobin qui écrit dans l'un de ses petits bijoux de livres que celui qui ne lit pas ne vit qu'une seule vie.
Je viens juste de terminer un roman qui m'a enthousiasmée et que je vais porter en moi longtemps, toujours sans doute. Il s'appelle "L'ombre du vent". La version originale est en Espagnol et l'auteur se nomme Carlos Ruiz Zafon.
A travers le prisme d'une histoire rocambolesque où les intrigues s'entrecroisent et s'imbriquent comme des poupées gigognes, ce beau texte est un hommage, un cri d'amour à la littérature. C'est aussi une réflexion profonde et sereine sur la transmission.
Je vous en livre un court passage " Béa prétend que l'art de la lecture meurt de mort lente, que c'est un rituel intime, qu'un livre est un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous, que lire est engager son esprit et son âme, des biens qui se font de plus en plus rares".
On est bien loin du culte des loisirs consommation!
Repost 0
Published by Jeno l'écolo - dans Les écrivains Idazleak
commenter cet article
18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 18:46

leclerc5.jpg

Annie Leclerc

Annie Leclerc, à l'âge de 16 ans, ce fut ma fulgurance féministe et philosophique.
Ses textes sont ancrés en moi, dans la moindre de mes cellules.
Je ne lui ai jamais parlé, je ne lui ai jamais écrit.
Mais c'était mon amie, c'était l'une de mes si rares lumières.
L'écoloféminisme, il était admis de toutes parts que c'était Françoise d'Eaubonne, à qui l'on doit le mot "phallocrate", et ce n'est pas rien.
Et je l'aimais, Françoise, et je l'aime! Et j'ai salué son départ en l'an 2005.
Mais Annie Leclerc, c'était, que dis-je - c'est  la JUBILATION qui pousse aux combats justes et non-violents, la jouissance de vivre, le chant de la Vie du côté des femmes, du côté de la sereine densité du vivre, du côté où pas une seule cellule de prison n'est supportable et acceptable, où pouvoir et puissance sont des mots-coquilles vides.
Mais voilà--- cette amie indispensable, je n'ai pas su qu'elle passait sur l'autre rive en Octobre 2006. Je viens seulement de l'apprendre. Merci internet.
Je n'ai pas vu sa lumière s'éteindre. Tout simplement, sans doute, parce que jamais elle ne s'éteindra.
Ce soir, je suis trop bouleversée pour vous parler d'elle.
Je fais confiance à Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Leclerc
Qu'il vous ouvre les portes de son monde, un monde où la mesquinerie n'a pas droit de cité, un monde où l'on respire.
Ouvrez grand vos poumons.

Repost 0
Published by Jeno l'écolo - dans Les écrivains Idazleak
commenter cet article
19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 15:33

Un beau soir de Septembre 2006, j’accueillais pour la première fois chez moi Alain Bauguil et son « Théâtre chez l’habitant ».

Au programme, ce soir là « Ennemonde  et autres caractères », de Jean Giono, pour moi l’écrivain parmi les écrivains, celui dont je me nourris depuis mon adolescence, le plus vital d’entre tous. Et c’est une hétérotextuelle, voire même obsédée textuelle qui vous parle.

Cette année, le mercredi 5 Septembre au soir, je recommence, avec cette fois encore, un texte de Giono « Le piéton de Marseille », extrait de Noé. «Il n’y avait pas d’arche. Mais non ! Il n’y avait pas de bateau de cent, de trois cents ou de mille coudées, de cent, de trois cents ou de mille enjambées, d’aucune mesure matérielle. Il y avait le cœur de Noé. Un point c’est tout. Comme il y a le cœur de tout homme, un point c’est tout. »

Vous trouverez ci-dessous quelques lignes qui parlent de l’écrivain Giono et quelques autres lignes qui parlent du livre « Noé ».

Je vous rappelle le principe du « Théâtre chez l’habitant ». A 20 h, le spectacle grâce à Alain Bauguil. Ensuite, tous ensemble, on mange et on boit ce que chacun(e) apporté. L’entrée est au prix de 10 euros.

Pour des questions évidentes d’organisation, j’aurais besoin d’avoir aux alentours du 15 Août une idée approximative du nombre de participants. Ceci dit, si vous pouviez me faire savoir dès maintenant si je dois vous réserver une ou plusieurs places ( attention ! Elles sont comptées !---une trentaine--- mieux vaut se décider tôt ), ce n’en serait évidemment que mieux et je vous en serais reconnaissante. Je suis, bien entendu, à votre entière disposition pour tout renseignement dont vous pourriez avoir besoin.

A bientôt, donc.

jenolekolo@gmail.com 


Alain Bauguil comme à la maison, avec ses amis écrivains...
(texte écrit après la soirée de septembre 2006)
5-Septembre.jpg“Les routes font prudemment le tour du Haut Pays. Certaines fermes sont à dix ou vingt kilomètres de leur voisin le plus proche ; souvent, c’est un homme seul qui devrait faire ces kilomètres pour rencontrer un homme seul…” Le ton est donné.

Théâtre citoyen

Nous vivons là l’une des nombreuses soirées de “Théâtre chez l’habitant”, théâtre citoyen s’il en est, un vrai bijou proposé par Alain Bauguil, acteur et metteur en scène de théâtre. Seul sur cette “scène” qui n’en est pas une, sous la lumière discrète de deux petits projecteurs dont il se demande s’ils ne sont déjà pas de trop, il permet à Ennemonde de continuer à vivre dans les esprits et dans les coeurs. Cette femme, personnage truculent et tragique, née en 1968 sous la plume de l’auteur et deux ans avant sa mort, abrite en son sein tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a souffert, tout ce qu’il a compris, tout ce qu’on lui a pris, tout ce qu’il a donné. Car Giono, qui avait connu les tranchées de 14-18, avait cru toucher le fond. Et pourtant, avec les horreurs de la guerre suivante, il s’était vu contraint à la prison à deux reprises, pour une “raison” et son exact contraire. De quoi rendre aigri, ce qu’il ne fut jamais.

“L’homme est sans remède. Il est bien entendu que, le sachant, je pense à mille remèdes”. En Ennemonde et ses “autres caractères”, il a mis cet humour qui surprenait toujours chez cet homme, vu par beaucoup comme un ermite, et toute la puissance tellurique qui l’habitait, lui qui déclarait : “la vérité objective n’existe pas, ce qui compte c’est d’être enchanté”. Attention ! Que l’on ne s 'y trompe pas. Il ne s’agit pas là d’une histoire pittoresque, d’une galéjade aux relents de Canebière, accent forcé à la clef. À des milliers de kilomètres de ce régionalisme factice, l’oeuvre exprime à merveille ce que déclarait Giono : “l’écrivain qui a le mieux décrit cette Provence, c’est Shakespeare”.

Provocation majeure… “Nous sommes des hommes, tout simplement, avec des femmes, avant d’être des Provençaux ; par conséquent n’importe qui peut nous décrire, et quand Shakespeare décrit des passions dans ses drames, il décrit les passions provençales.”

Pendant une heure et quarante minutes, ce petit coin de Basse Navarre, ce soir-là, est relié à cet universel, à cette permanence. Car Alain Bauguil sert Giono à la perfection, comme on sert quand on aime, avec émerveillement, tendresse et humilité, de sa haute stature et de sa voix forte. Voilà déjà longtemps qu’il a découvert Giono, avec ses Ecrits pacifistes dont la superbe Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, si cruellement visionnaire en ces temps d’agonie de la civilisation paysanne qui cherche encore des ours-émissaires.

Performance

ennemonde.jpgMais l’acteur ne se met pas au service que du seul fils de Jean le Bleu

Ce sont les hôtes du théâtre chez l’habitant qui choisissent. Passant de l’un à l’autre, il interprète seul leurs oeuvres et met aussi en scène sa prestation. Chaque soir, il lui faut entrer en lui-même pour réinvestir à nouveau l’univers si singulier de chacune de ces personnalités, sans rien perdre de ce qu’il y a d’universel en elles, sans rien gâcher non plus de leur lucidité chaleureuse, de leur générosité éloignée de toute mièvrerie.

“Quand on a connu cette aventure du théâtre chez l’habitant, on s’ennuie dans le théâtre conventionnel” dit-il. Sans doute, mais cela ne retire rien à l’exploit. Ce soir-là , aucun rideau ne s’est levé, aucun, donc, ne s’est refermé. Ni dans la salle, ni dans les têtes, ni dans les coeurs. Quelques adresses ont été échangées. Quand Alain Bauguil reviendra-t-il en Pays Basque ?

Chez qui, au service de quel texte et de quel(le) auteur(e) ?

Repost 0
Published by Jeno l'écolo - dans Les écrivains Idazleak
commenter cet article

Présentation.agerpen

  • : Le blog de Jeno l'écolo Jenofanimalhumaniste
  • Le blog de Jeno l'écolo Jenofanimalhumaniste
  • : Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
  • Contact

Rechercher Sekatu.