Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
Par Jeno l'écolo
Une contribution de Daniel Labeyrie
Un beau matin…
Un beau matin… Ah non, Areski, c’est matin chagrin : tu nous as fait un sale coup, prendre la tangente, comme ça, tu nous laisses sur le carreau, sonnés, assommés. Tu aurais pu prolonger ton séjour terrestre au moins de quelques ans, car tu vaux mille fois tous les affreux qui nous pourrissent la vie.
Sacré bonhomme, avec Brigitte Fontaine, vous avez déliré comme des as, avez su porter l’art de la chanson, du théâtre, de la création, de la composition en iconoclastes géniaux. Votre reconnaissance artistique de ces dernières années fut amplement méritée après des périodes de vache enragée où votre gamelle se contenta de pâtes à l’eau pendant des mois.
Funambules, vous enchantiez la rue, les scènes improbables et tous ces lieux où vous jaillissiez en provocateurs pétris de fantaisie, tel des lutins venus d’ailleurs, « peut-être, il n’y a pas d’ailleurs, d’ailleurs ailleurs n’est que peut-être ».
Ton dernier « Long courrier », poétique, délicat, sensible, fut ton chant du cygne, un buisson ardent, comme une pause après des décennies de compositions musicales, de percussions orientales, de recherches hors des sentiers balisés de la french song.
Ton ailleurs lumineux, tu t’en abreuvais dans l’onde précieuse de la source qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à la belle à la Fontaine.
« Faut-il que l’on se quitte, ça se pose un peu tard » chantais-tu il y a quelques mois dans ton ultime opus ?
Allez, les potes, croquons un bon morceau de nougat, en ton honneur, ça vaut tous les prêchi-prêcha !
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog