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Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.

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Fraternité du vivant.


undefined "Ce ne sont pas les Animaux ou les Hommes, ce sont les Animaux et les Hommes. Ce n'est pas A ou B, c'est A + B. Et je crains que pour ceux qui nous reprochent notre action ce ne soit ni A, ni B".
  Théodore Monod.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_Monod


Ces paroles  de Théodore Monod, combien de fois, en une journée, n'avons-nous pas envie de les renvoyer à ceux qui nous disent  "Au lieu de vous occuper de ceci ou bien de cela, vous feriez mieux de vous intéresser à-------". Et là, la liste pourrait être interminable. Les sujets de préoccupation peuvent varier à l'infini, en fonction de la personnalité de chacun(e) et bien souvent hélas de sa motivation à ne rien faire, à ne rien donner de son temps pour qui que ce soit ou quoi que ce soit.
Je me suis délectée des romans de Maurice Genevoix, "poilu" en 14-18 et qui passa ensuite sa vie à observer et protéger la vie sous toutes ses formes. J'ai entendu parler d'hommes qui avaient connu l'enfer  des tranchées de cette même guerre et qui, rentrés à la maison,  cachaient aux chasseurs les lapins proches de chez eux, des rescapés des camps nazis qui n'allaient jamais se promener dans la campagne sans un bâtonnet à la main pour sauver de la noyade les insectes tombés dans l'eau des abreuvoirs. Je pense à la soeur d'Ingrid Bétancourt et à son fils Lorenzo, qui ne supportent pas l'idée de la torture taureaumachique et qui ont signé la pétition du CRAC  pour l'abolition de la corrida----
A tous ceux-là et à tant d'autres encore,  vivants ou déjà passés sur l'autre rive, à Laurence et Stephan  http://www.hegalaldia.org/  également qui consacrent leur vie à soigner les animaux sauvages mazoutés, empoisonnés, blessés par la bêtise humaine et qui le font, chose peu commune dans le monde des protecteurs de la nature, avec un égal souci de l'animal en tant  qu'individu que de la dynamique des populations,  je tiens à offrir  en remerciement les quelques lignes ci-dessous. Elles ont été écrites par Patrick Declerck, 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Declerckphilosophe, philosophe,  anthropologue, psychanaliste et qui a suivi la population des clochards de Paris pendant quinze  ans. Cette "expérience" (le mot est presque obscène, pas très beau ni très adapté à la sincérité de la démarche,  mais je n'en trouve pas d'autre), il l'a racontée dans un livre bouleversant d'humanité "Les naufragés". Ce livre a été publié chez Plon en 2001 dans la collection "Terre humaine", dirigée par Jean Malaurie  http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Malaurie

Le texte que je choisis est extrait d'une lettre que Patrick Declerck écrivait à Jean Malaurie, auteur, entre autres, de l'inoubliable "Les derniers rois de Thulé". Cette lettre est publiée dans "Les naufragés".

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                                         Guillemot soigné et relâché par le Centre Hegalaldia.
                                          http://www.hegalaldia.org/



"Plus je vieillis, plus la vie sous toutes ses formes me semble infiniment rare et précieuse. Je ne tue pas les insectes qui fréquentent mon logement. S'ils me dérangent, je les éconduis. J'ai honte de n'avoir pas (encore?) le courage d'être végétarien.
Il y a quelques jours, au bord de la mer, j'ai trouvé, surnageant avec difficulté dans le ressac, et trop faible pour se tenir debout sur le sable, un huîtrier pie. Petit oiseau marin noir et blanc au long bec rouge. Les ailes écartées pour mieux se maintenir à la surface, il s'épuisait en se noyant lentement. Je me suis avancé dans l'eau pour le prendre. Il s'est laissé faire avec une sorte de soulagement. Je l'ai maintenu contre mon ventre pour le réchauffer. Il tenait tout entier dans ma main. Je l'ai porté chez un vétérinaire. L'affaire prit un peu plus d'une heure. Une heure, durant laquelle cet animal sauvage et moi vécurent dans une sorte de communion. Nous nous regardions. Son petit oeil noir clignait de temps en temps. Il était au-delà de la peur et s'abandonnait à moi. De temps en temps, ses forces le lâchaient, il fermait alors les yeux et appuyait la tête contre ma peau. Je le remis aux soignants. Il mourut quelques minutes plus tard. Une radiographie révéla la présence de trois plombs de chasse. Deux dans la poitrine et un dans le bec---
Quelle grande chose, quelle merveille, quel mystère qu'un animal sauvage au bord de la mer s'en remette sans crainte à l'homme, dans l'extraordinaire moment d'une relation entre espèces, une fraternité dernière entre les vivants. L'homme, me suis-je dit en songeant à Heidegger, est vraiment le berger de l'être. Hélas, le berger est le plus souvent méchant, imbécile et fou.
J'entends d'ici les ricanements: sensiblerie, gâtisme, etc. Comme s'il était possible d'être trop sensible à la souffrance des vivants---"

 

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                                                            Patrick Declerck.

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B
J’ai regardé le bord de mon corps…là où commence l’inconnu<br /> Je ne serai pas démocrate tant que le bonheur des uns fera le malheur des autres, je suis abeille<br /> Je ne serai pas républicain tant que le bien commun ne sera pour personne, je suis bactérie<br /> Je ne serai pas anarchiste tant que la loi du plus fort finira par triompher, je suis herbe souple<br /> Je ne serai pas monarchiste tant que les symboles resteront immuables, je suis roche et lave<br /> Je ne serai pas totalitaire tant que la totalité souffrira un par un, je suis gorille<br /> J’ai regardé le bord de mon corps…au premier pas de mon élan<br /> Le débat ? Il faut nommer qui a tort et qui a raison ; il ne longe que les tombeaux des « autres ». Chers autres, qui fondez mes armes ! je suis arachnide.<br /> La lutte ? Il faut nommer le vainqueur et le vaincu ; elle ne ronge que ce qui est aux « autres » <br /> L’indifférence ?, Elle ne nomme ni victime ni bourreau, elle ne songe pas aux « autres »<br /> La résignation ? Elle ne nomme ni les uns ni les autres, elle ne plonge que dans le vouloir d’un « autre »<br /> J’ai regardé le bord de mon corps…là où je ne suis plus seul. bordé de rien.<br /> Tous les Ceci et les Cela une fois prouvés font loi, <br /> Lus et approuvés quelquefois<br /> Durs et éprouvants souvent<br /> Le désordre vert des arbres au printemps, la rengaine des radios, le parfum du café au lait, même le glissement des cartes sur le tapis portent en leur face cachée une dédicace, l'épitaphe des combats inutiles, des armées identiques. Le rideau des peupliers sous la pluie, au bord du fleuve, le long de la route nationale, encagent mon horizon dans une grammaire invisible à force de quotidiens.<br /> Un matin, déposer mes oriflammes et mes bûchers, et <br /> Jusqu’au bord de mon corps, devenir ce que je suis :<br /> Je suis le sang, je suis la sève, l’eau des torrents et le grain de la pierre. Je suis un suc dans la branche, une veine dans le bras, une rigole sur la grève. Je serai hier, Je suis demain, j’étais maintenant. <br /> J’ai regardé le bord de mon corps : les atomes ne dessinaient aucune frontière. Seuls dansaient des amas de microparticules, toutes de la même facture. L’orgue des choses a réglé ma dette : elle joue la musique de mes sphères moléculaires, et mon âme danse. J’ai voulu toucher le bout de mon monde, le bord de mon corps. Je n’ai rien touché du tout. Tous les mondes sont un seul, et hors d’eux, rien…J’ai bien des limites, mais je ne trouve pas ma frontière. <br /> Je ne suis qu’un résumé des autres choses, mises autrement dit, pour un temps par ici. Une des combinaisons possibles de particules à jamais séparables.<br /> Et à ce jour, consanguin de toute chose.
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A
Bonjour, je suis en pleine création d'entreprise, je me suis rendue à un colloque sur le développement durable, j'ai aussi pris contact avec la responsable de l'économie sociale et solidaire de ma communauté urbaine etc... Résultat des courses: de belles paroles, de grandes leçons de morale sur la protection de l'environnement, sur la solidarité, mais lorsque l'on veut connaître ce que tous ces gens là proposent de manière pratico-pratique pour être citoyen tout en étant entrepreneur, ben là, il n'y a plus personne ! La plupart font semblant de s'y intéresser mais ce n'est que parce que c'est la mode ou pour se racheter une conscience, comme c'est le cas pour une grande société pétrolière présente notamment à ce colloque. Quand ils sortent fumer leur clope, tous sans exception jettent leur mégot par terre. Bonjour l'engagement !<br /> Vous avez sans doute raison de penser que je suis mauvaise langue. Et oui, j'oubliais en effet qu'on nous a servis des petits fours bio....<br /> Tout ça pour dire que je suis complètement d'accord avec vos propos et le non-engagement des personnes. Le texte de Patrick Declerck est tristement beau.<br /> Merci pour votre article.
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L
Tu as raison Jeno. On reproche notamment aux écolos de ne pas s'occuper des petit-enfants-qui-crèvent-de-fin. Outre le fait que c''est totalement faux, c'est une démonstration qui ne tient pas la route. Le plus grave, c'est lorsqu'on entendant cet argument de gens qui ne font rien, ni pour les hommes, ni pour les animaux. Parce qu'à ce compte là il faudrait faire une enquête auprès des clubs de pétanque et leur dire un truc du genre... Euh ! Vous savez que pendant que vous vous amusez à jeter des grosses boules en féraille contre une plus petite et ben il y a des enfants qui crève la dalle... Assassin !
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