Photo Leblogadupduphttp://www.leblogadupdup.org/2008/04/22/dans-lintimite-du-blaireau-1/
Les 16, 17 et 18 mai 2008 est programmé à Cluny (Saône-et-Loire) un « championnat de France » de déterrage. Il s’agit d’un concours de chiens de chasse, dont les terrains de jeu seront les milieux
naturels, et les « cibles » des animaux sauvages, en particulier des
blaireaux.
Le déterrage, ou vénerie sous terre, consiste à faire capturer par des chiens un animal dans son terrier, puis à creuser une tranchée avec des pelles ou autres outils de terrassement, pour le
saisir après plusieurs heures de harcèlement à l’aide de pinces métalliques dans l’accul où le maintiennent les chiens.
S’il est encore chassé en France, le blaireau ne fait pourtant plus partie de la liste des espèces nuisibles depuis 1988 ! Chez nos voisins belges, la chasse au blaireau est interdite
depuis 1973 et l’espèce est protégée depuis 1992. C’est également le cas en Grande-Bretagne, Italie, Irlande, Espagne, Grèce, Pays-Bas et au Luxembourg.
Le Blaireau est une espèce patrimoniale fragile, avec un faible taux de reproduction, et une dynamique de renouvellement lente. Il facilite la régénération et la dispersion de certaines graines. Il
participe sans doute à la régulation de pullulation de rongeurs en
forêt.
L’espèce est indiquée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature comme espèce à surveiller ; elle peut être considérée comme indicatrice de biodiversité et du bon fonctionnement
de grands ensembles paysagers. Le récent Grenelle de l’environnement
a pointé l’appauvrissement de la biodiversité comme l’un des aspects les plus préoccupants de la crise écologique mondiale.
Pratiqué dans le seul but de faire concourir des chiens pour le « loisir » de quelques-uns, le déterrage ne présente aucune utilité publique. Ce championnat, activité traumatisante pour les
animaux, est organisé au coeur de la période de reproduction (de mi-janvier à
fin juillet). Comment justifier une chasse « concours » pendant la fermeture générale de la chasse, quand les espèces se reproduisent et que la meilleure chose à faire serait de les laisser
tranquilles ? Le déterrage ne doit pas être considéré comme une « activité sportive».
Rien ne justifie, en effet, d’intervenir sur une espèce patrimoniale peu prolifique à une période clé de son cycle biologique.
Les associations signataires contestent la tenue d’un tel évènement et demandent au préfet de Saône-et-Loire de ne pas l’autoriser, considérant qu’il va nuire à la faune sauvage en perturbant un
nombre important d’animaux et en détruisant leurs terriers.
Le fait que les terriers puissent être utilisés pendant des décennies, voire des siècles, par des générations successives et qu’ils représentent le lieu quasi exclusif de mise bas leur confère un
rôle-clé dans la politique de conservation du blaireau. A la date prévue les jeunes blaireautins ne sont pas encore indépendants de leurs parents : la destruction des terriers a alors un impact
aggravé. Certaines espèces, dont la plupart sont protégées, profitent aussi de ces terriers, comme le chat forestier, les chauves souris,
le renard, les amphibiens, etc. La protection des animaux va donc de pair avec celles des terriers !
L’observation des animaux sauvages dans la nature, l’information scientifique et la pédagogie de la préservation sont des activités accessibles à tous et plus éducatives pour valoriser et préserver
la nature que cette « technique de chasse » cruelle et anachronique que nous condamnons.
La faune sauvage est une richesse. Ensemble, agissons pour protéger
notre patrimoine naturel
Coordination : FNE - CAPEN :
Les cyber @ctions ça marche ! Exemple du renard http://www.cyberacteurs.org/actions/archive.php?id=177
La mairie de Champs-sur-Marne a affirmé qu’elle prendrait en considération toutes les informations que l’ASPAS et le RAC ont
véhiculé à travers cette action. Nous allons lui faire parvenir tout
un dossier “argumentaire” sur la maladie de l’échinococcose et le
rôle écologique du renard. Nous pouvons déjà affirmer que cette
action a été une réussite. Elle a été suivie par un grand nombre
d’entre vous (plus de 5200 participants) et a suscité beaucoup
d’agitation au sein de la mairie de Champs-sur-Marne. Elle a soulevé
beaucoup d’interrogations à la DDAF sur leur rôle en matière
d’environnement. Elle a participé à un sursaut des associations de
protection de la nature locales. Nous avons assisté à une prise de
conscience de la défaillance du Conseil Départemental de la Chasse et
de la Faune Sauvage et de toutes les lacunes de mesures de protection
autour des nuisibles et de la chasse en général. Cette cyber action a
participé activement à la restitution de la vérité des faits et à la
sensibilisation de l’opinion publique au statut de bouc émissaire du
renard et des “nuisibles”.