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Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.

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Furonculose de vandales pubeux.


"La France est un beau pays." par Philippe Val

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Belle campagne, jolis reliefs... Des collines, des cours d’eau, une belle diversité d’arbres, des vaches bien grasses qui paissent dans des champs bien verts, des hameaux où, à la tombée du soir, on peut encore admirer, assis sous un portail, quelques beaux spécimens de fermières qui reviennent de la cueillette des glands, les bras chargés de bouquets, en fredonnant du Patrick BRUEL.

Au cours de mes vingt années de tournées avec Patrick Font, il m’a été donné de sillonner en tous sens ce beau pays, dont Joachim du Bellay, en son temps, disait qu’il préférait le petit Lirée au mont Palatin. Ah ! oui, qu’elle serait belle, la France, si elle n’était atteinte d’une maladie, un mildiou, une lèpre, une teigne, une vérole, une horrible furonculose, une peste qui la dévore : les panneaux publicitaires.

Vous êtes sur la route. Vous dites : Tiens, on arrive bientôt à Tours. C’est beau, Tours. Avec ses maisons blanches en pierres de tuffeaux. Vous vous souvenez avec émotion que c’est la ville de Balzac. D’accord, le maire est atteint d’un mal étrange, comme des gens qui étouffent en avalant leur langue, sauf que lui, ce n’est pas exactement sa langue qu’il a avalée. Vous voulez savoir ce que c’est ? Heu... C’est un organe qui a la forme d’une banane. Bref, vous arrivez à Tours. Je dis Tours, mais ça pourrait aussi bien être Saint-Brieuc, Montélimar ou Carcassonne. Vingt kilomètres avant d’arriver, vous avez le moral qui commence à dégringoler, parce que vous traversez la zone industrielle. Toute la laideur du monde s’est donné rendez-vous autour de toutes les villes françaises. Au centre, on fait un petit quartier piétonnier de quelques centaines de mètres, avec bacs en ciment pour foutre des géraniums, boutiques de fringues, de godasses et parfumeurs. Un petit machin mignonnet et sans vie, avec petits pavés à l’ancienne, et mort absolue dès la fermeture des boutiques. Des petits centres-villes ennuyeux, proprets et prétentieux. Mais autour de la ville, les vandales se défoulent. Dédales de parkings, Monsieur Meuble, Tousalon, parkings, grandes affiches de ventes promotionnelles avec photo pisseuse de Jacques Martin, supermarchés géants, parkings, laideur, laideur, sur des kilomètres, entrepôts, pub géante pour marque d’essence. Mais ça sert à quoi, la pub pour l’essence ? Quand le réservoir est vide, on s’arrête, on fait le plein. On n’en a rien à foutre de la marque. Et surtout, on en a marre du Tigre Esso qui nous empêche de voir les clochers de Combray et de Martinville. Marre des panneaux immenses qui vantent le nouveau camescope qui tient dans la main d’un crétin, mais qui nous empêche de voir avec nos vrais yeux une île sur la Loire. Marre des panneaux pour machine à laver avec crédit gratuit quand, justement, on est sur la route pour oublier tout le linge sale de l’univers. Fatigués de ces pubs géantes pour slip d’homme, avec le sapin des poils qui descend du nombril vers les deux boules sous vide. Pub encore une fois inutile. Comme toute la pub, d’ailleurs. Quand on n’a plus de slip, on en rachète. La marque, on s’en fout. Ce n’est pas ça qui va faire qu’on va emballer ou non. Il m’est même arrivé de séduire alors que je n’en portais pas. Parfaitement. Même en vrac, on peut plaire aux femmes.

Quoi qu’il en soit, depuis plus de vingt ans que je voyage en France, je n’ai jamais pu m’habituer à ce terrorisme esthétique. Mais qui a permis cet affront à la beauté des choses ? Comment se fait-il qu’il y ait des gens qui ont le droit de nous imposer de la laideur ? Que fout le législateur pour protéger le citoyen contre la mocheté qui pourrit sa vie ? L’espace, la vue, le point de vue, c’est à tout le monde. Alors qui se permet de le vendre à monsieur Sony, à monsieur Dim ou à monsieur Shell ? Qui autorise les maires des villes à transformer notre espace aérien en pognon ? Et qu’attendre des maires alors qu’eux-mêmes, dans nombre de grandes villes, ont fait installer par l’ignoble Decaux, un des grands responsables de l’enlaidissement irrémédiable de Paris, les maires, donc, ont implanté dans leur commune des réseaux d’affichage électronique dont le seul but est de vanter les succès de leur gestion géniale. Ils se payent ainsi, avec les sous de la collectivité, des campagnes électorales à l’année. On appelle ça : dépense de mobilier urbain, et c’est quand même une petite combine bien obscène. Dans le temps, il y avait des hommes-sandwichs, des pauvres gars qui marchaient dans les rues avec des mines de paria, avec une affiche sur le ventre et une sur le dos. Eh bien ! Nos villes sont devenues des villes-sandwichs, des villes paria qui gagnent leur vie en vendant leur beauté à des marques de bagnole ou de lessive.

Il y a une lueur d’espoir, cependant. Dans la seule ville de Nantes, il y avait 2 380 panneaux. Le maire s’est fait engueuler par ses administrés, et il a ordonné le démontage d’un millier de ces cochonneries. A Rennes, même phénomène. 220 panneaux sur 1 100 vont être démontés. La résistance s’organise. On dira que c’est une lutte futile. Non. La laideur, c’est le décor de la barbarie. La laideur anesthésie l’intelligence, étouffe insidieusement la joie de vivre, pourrit lentement nos facultés d’émerveillement, nous transforme en carpettes intellectuelles, en mous du bulbe, en grignoteurs de Tranxène.

Publicitaires, il y a quelques années, vous avez enlevé le haut, ce n’était pas mal. Puis vous avez enlevé le bas, c’était mieux. Eh bien, maintenant, enlevez tout et barrez-vous, ce sera parfait.

Extrait de "Allez-y, vous n’en reviendrez pas" de Philippe VAL (Éditions du Cherche-Midi - 1994)
































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J
En def, ce qui me frappe dans cet article, c'est qu'on dirait du Lurbeltz. Tu le mets dans "Pensements", ça ne détone pas.
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J
Là, effectivement, je vois que tu n'as pas bien suivi.<br /> Les traces de l'antisémitisme affiché de Siné ne datent pas d'hier.<br /> De +, dire de quelqu'un, fut-ce Jean Sarkozy qu'il va épouser une Juive- friquée, of course, c'est du racisme, pas de l'antisionisme. <br /> Il n'a pas été foutu à la porte. Il a refusé d'écrire quelques mots, même pas d'excuses, seulement d'explications et il s'est cassé. Il a 78 ans, c'est l'âge pour la retraite, me semble--t-il et les 400 euros hebdo pour le cacabouilla merdique qu'il commettait iront à quelqu'un d'autre et moi, je pourrai tranquillement lire mon Charlie la conscience en paix.<br /> Voilà, j'aurais encore bien des choses à dire, mais 1), il est très tard,ou très tôt--, ça dépend par quel bout on prend le blème 2) Je n'avais vraiment pas envie de parler de ça.<br /> Ah oui, quand-même, dès le premier numéro de son canard, il y avait de la pub pour resto à foie gras. Rien que ça-----
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L
Ben disons que pour lui, l'affaire est plus difficile à gérer que celle des caricatures de Mahomet. Là, à vrai dire, je ne sais qu'en penser. C'est pas Voltaire qui disait : "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire " ? <br /> Voir ici par exemple où il en prend pour son grade : http://www.politis.fr/L-affaire-Sine,4287.html<br /> Bon après j'ai pas suivi l'affaire de très prés mais je n'ai pas compris ce qui justifiait l'éviction de Siné. <br /> Je suis loin d'être un spécialiste mais ne confondons-nous pas antisionisme et antisémitisme ?<br /> Autre lien : http://www.telerama.fr/idees/l-affaire-sine-une-chronologie,31699.php
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J
Comme il est, Lurbeltz!<br /> D'abord, je ne crois pas vraiment que Val soit dans le besoin que l'on vole à son secours.<br /> Deuxièmement, le temps ne fait rien à l'affaire , comme disait Tonton Georges. Il y a presque dix ans que j'ai commencé à batailler pour trouver une place à cet article dans feu "Iguzki Lore", le Journal des Verts du Pays Basque, le grand homme (tu sais à qui je fais allusion) trouvant toujours quelque chose de plus important à ses yeux. J'ai enfin réussi à le faire passer il y a quatre ans.<br /> Je l'avais engrangé depuis plusieurs mois, depuis Mai pour être exacte, dans les brouillons de ce blog. Je ne l'ai pas publié plus tôt, parce que je trouvais toujours quelque chose qui me semblait plus coller à l'actualité, ces saloperies de panneaux publicitaires commençant déjà à représenter une certaine intemporalité. Et oui!<br /> Ceci dit, je vais être honnête, si je ne suis pas une groopie et une inconditionnelle de Val, j'avoue que Siné, depuis toujours,agit sur moi comme un repoussoir. J'ai lu longtemps Charlie pour Pierre Fournier. Depuis un bail, je le lisais malgré Siné que je préférais ignorer superbement.<br /> Je ne pensais pas parler de ça ici. Merci de m'avoir permis de le faire, même si je m'attire les foudres et le mépris de certains.
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K
et comment!<br /> Je rejoins les secours !!!<br /> Comme c'est bien vu ! Vive Val !
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