Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.


Gérard CONDORCET le dimanche 22 février 2009
L’oisiveté devient vertu quand le travail se fait pervers.
Incapables de changer de paradigmes, les réactionnaires chantent toujours, dans le naufrage de leur système, les psaumes traditionalistes : « travail, famille, patrie ».
Ils parviennent même à inculquer dans l’inconscient collectif l’idée que le manque de « travail » est un mal en soi.
Or il y a des travaux pervers et bien plus d’honneur à être chômeur que gardiens de camps de concentrations, promoteurs autoroutiers, spéculateurs financiers, et plus généralement pollueurs, destructeurs de vies, exploiteurs d’humains et de Nature.
L’homme n’a pas besoin de travail, dans l’acception punitive et aliénante de la notion, mais de moyens de vivre. La collectivité a besoin de services de qualité, de produits utiles et durables, de dévouement de chacun au bien public et non d’individus soumis, condamnés à on ne sait qu’elle malédiction.
Dans une société où un humain fait en une heure ce qu’hier cent humains neparvenaient pas à faire en cent heures, le travail, au sens pré-technologique n’a plus sa place de vertu sociale première.
Le constater n’est point un choix éthique mais une évidence objective : les machines et les productions automatisées, la société numérique appellent des changements radicaux de paradigmes.
N’en déplaise aux sado-masochistes de la réaction, le travail fut une nécessité, une fatalité, une contrainte qui disparaît d’une société où la machine d’abord, l’informatisation désormais, suppléent aux « travailleurs » d’antan.
Il ne conviendrait de se lamenter que si le « travail », non vécu comme une passion épanouissante, constituait l’unique solution pour conférer aux humains « niveau de vie » et dignité.
Mais, il faudra bien demain découpler le revenu et le statut de l’individu de son rôle dans l’appareil de production.
Tout simplement par la redistribution, la création d’emplois publics d’utilité générale et sans aucune visée mercantile, sans souci de ce concept répugnant qu’est la Rentabilité.
Bref, l’inverse de ce que ressassent nos réactionnaires se noyant sous leurs contradictions : leur système tarit l’emploi et leur morale demeure celle des siècles passés.
Cette remise en cause des dogmes d’antan n’est ni utopique, ni iconoclaste. Elle s’imposera par la force des choses et par les données objectives d’un monde massifié.
Il semble en passe de disparaître ce monde qui inspira au poète cette utile réflexion : « Tandis qu’à leurs œuvres perverses les hommes courent haletant, mars qui rit malgré les averses prépare en secret le printemps ».
Après la mort de la biodiversité et ses printemps silencieux, c’est à la mort du travail que nous assistons sans mesurer l’ampleur du changement.
Notre slogan : « travailler moins, pour vivre mieux et davantage respecter la Nature ».
Consommer intelligemment, contre l’intérêt des spéculateurs voraces, produire des biens durables, substituer en toute chose la qualité à la quantité.
Voilà un champ de contestation que nos archéo-révolutionnaires devraient bien investir.
Mais, pour cela, il leur faudrait comprendre que l’écologie n’est pas un vague environnementalisme de décor.
L’échec des motions de défense des animaux dans certains partis présumés progressistes prouvent leur anachronisme et leur nostalgie de « luttes révolues ».
Décidément, le siècle dernier avec ses crimes et ses erreurs ne passe pas.
Gérard CONDORCET
CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE.
Tiens, justement, je viens de retrouver un texte que j'avais écrit quand j'avais 16 ans, c'est à dire en 69. Je vous en livre un extrait : Ca se rapproche de ce qui précède, non? Il faut vous dire qu'à l'époque, parmi mes lectures favorites, on trouvait "Travailler deux heures par jour " (oeuvre d'un collectif )
http://www.livrenpoche.com/livre/Travailler-deux-heures-par-jour/12654.html
et "Eloge de la Paresse", de Paul Lafargue, http://www.aredje.net/lecture.txt/paresse0.htm
sans oublier, bien entendu les écrits d'Ivan Illich http://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Illich
qui posait les questions de la productivité et de la contre productivité, de l'autonomie et de l'hétéronomie.
---" A côté des métiers dits "de nature", il existe à mon sens une certaine manière de vivre à la campagne en produisant un maximum de choses soi-même, en commençant par les denrées de première nécessité.
En effet, il faut et il faudra apprendre à consommer de moins en moins de produits manufacturés. Pensez aux économies d'emballage, de transport, de pollution qui seraient réalisées si chaque famille qui possède un petit lopin de terre, s'efforçait de produire ce dont elle a besoin pour sa propre consommation; légumes, oeufs, miel, etc.
Il en est de même pour les vêtements. Si dans nos achats, nous préferions les matériaux naturels aux fibres synthétiques, là encore nous éviterions bien des poluutions ou nuisances. Je laisse, pour appuyer cette affirmation, la parole à Barry Commoner, Directeur du Centre de Biologie des Systèmes naturels à l'Université de Washington
"La production du nylon n'implique pas moins de ,dix opérations de synthèses chimique dont chacune exige des quantités considérables d'énergie. Les fibres synthétiques, comme le nylon, n'étant pas naturelles, leurs déc hets constituent aussi une plus grande atteinte à l'environnement. Le moindre fragment de fibre ou de plymère synthétique produit sur Terre doit être produit par combustion, ce qui pollue l'air, ou bien s'accumule sous forme de déchets."
Ces principes devront être étendus, grâce aux méthotes de technologie douce, aux groupes d'habitations, aux villages, aux petites villes. Non, il n'est pas utopique d'imaginer demain chaque village produisant proprement l'électricité dont il a besoin. Ce qui est utopique, c'est de croire que nous pourrons produire toujours plus d'énergie sans épuiser les ressources naturelles de la planète et sans provoquer des pollutions dde plus en plus insupportables.
Je ne crois pas qu'il soit possible pour un défenseur de la nature de se dire" Je veux vivre à la campagne, je serai géomètre remembreur, marchand de pesticides, organisateur de rallyes automobiles, etc."
Ce dessin accompagnait le texte ci-dessus. A ma grande honte, je ne me souviens plus quel était le copain qui me l'avait offert pour illustration. S'il reconnaît sa patte, qu'il me pardonne.
Quant aux autres illustrations, je les ai photographiées à l'instant sur les murs de mon bureau. C'est dire que je n'ai pas trop changé---
"La pauvreté, c'est l'état de mesure", comme disait Jean Giono.