Toxin's
viande sur l'avenue du Maréchal Foch.
Les choses étaient faites en grand hier à Bayonne. Présence aux arènes d'huiles UMP oblige, il y avait du CRS en veux-tu en voilà.
Suite à l'arrêté du roi Jean Grenet, impossible pour la manif abolitionniste de s'approcher du lieu de torture. Il a fallu se contenter des rues adjacentes et la
frustration était grande.
Au retour de la mairie, nous nous sommes trouvés bloqués, carrément dans l'impossibilité de rejoindre nos véhicules. Là, un cafetier nous a lancé une injure
quelconque à laquelle un manifestant a répondu. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, une fille a surgi de la terrasse du café et s'est jetée sur plusieurs manifestants, faisant tomber
une femme et une petite fille. Des manifestants ont tenté de la ceinturer mais ce n'était pas une mince affaire. Elle se jetait sur d'autres personnes. Les CRS l'ont raccompagnée au café mais de
nouveau, elle s'est jetée sur les manifestants, réussissant à faire tomber quelqu'un de son vélo.
Fin de bousculade.
Un café fort peu accueillant, sauf pour les aficionados, leurs ringardes
espagnolades et leur porte-monnaie.
Puisque nous ne pouvions passer, nous sommes restés sur place, nous engageant auprès de la police à laisser passer les aficionados qui sortaient par l'une des trois portes, dans le silence le
plus complet. Et nous y sommes presque arrivés, malgé les sourires ironiques et les provocations grasses et cyniques de plusieurs taurins et hélassssssssssssssss taurines, . En ce début
Septembre, la clientèle de ce spectacle immonde n'était pas celle des touristes qui viennent "pour voir " et ne reviendront jamais, au grand dam des poches avides et jamais rassasiées de la mafia
tauromachique. C'était bien celle des aficionados, repoussante de suffisance et de vulgarité, pour la plupart de vieilles baudruches friquées qui font le tour des arènes des villes
sanguinolentes. Grosses bagnoles (beaucoup d'immatriculation 40) et de nombreux coussins pour le confort des culs délicats sur les gradins (il paraît que le taureau ne souffre pas, mais le
cul des aficinados, si. Ne me demandez pas pourquoi, c'est ainsi. Même de nombreux vétérinaires vous le diront. Ils ont fait des études et ils savent. En +, ils aiment les animaux puisqu'ils sont
vétérinaires------- Vous n'arrivez à croire rien de tout ça? Moi non plus! ). A propos de coussins, quelqu'un m'a dit fièrement qu'ils étaient vendus au bénéfice de la Croix Rouge. Cette
personne, qui sortait des arènes, ( un psychiatre---, c'est rassurant, hein? ), devant mon air scandalisé, m'a dit "Alors, vous êtes contre la croix rouge? Vous voyez bien que vous aimez les
animaux mais pas les humains!". Oooooooooh, la ficelle, vieille et grosse ficelle!
En ce qui me concerne, je n'ai vu sortir des arènes que deux personnes de ma connaissance dont---- Barthelemy Aguerre,Conseiller Général d'Amikuze
(Saint-Palais) et bras droit (chargé des routes) de l'ex président du CG64, Jean-Jacques Lasserre, dont l'association LEIA a combattu pendant 10 ans (hasta la victoria) le projet de couloir à
camions à travers les pyrénées basques. Là, vraiment, je vous assure qu'il m'a été dur de respecter ma promesse de silence.! Et que je suis doublement fière d'avoir été de ceux et celles
qui ont enrubanné sa voiture à Larceveau une nuit de printemps, l'ont bloquée par deux énormes bottes de pailles dans le petit village d'Arhansus par un jour clair et frisquet de
Février et l'ont réveillé à son domicile un 26 Décembre aux alentours de cinq heures du matin à renforts d'enregistrements tonitruants de camions sur une autoroute!
Voilà. Ce sont toujours des moments très durs, très lourds. On est là, tout près d'un lieu où des êtres vivants, sensibles et innocents, possédant le même système nerveux que le nôtre sont en
train de se faire torturer atrocement en un spectacle hautement pervers où s'entassent toutes les vieilles draperies moisies d'une fausse mythologie, de religiosité de super marché, de romantisme
de pacotille, d'art dévoyé, ---- et on ne peut rien faire, rien d'autre que pleurer intérieurement en maudissant la part la plus glauque de l'esprit humain, en se maudissant soi-même de faire
partie de cette engeance humaine qui au bout de tant et tant de temps n'a pas encore réussi à s'humaniser.
N'oublions pas le groupe qui nous a
accompagnés lors de cet après-midi, de manière fort chaleureuse et sympathique.
Au loin, la banderole du CRAC Europe et , la soutenant, ma fifille frigorifiée dans sa petite robe bouffante: Message aux romantiques échevelés qui se la
jouent "sol y sombra" : Bayonne, question élévation du mercure, ce n'est pas Séville!