Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
Par Jeno l'écolo
Une contribution de Daniel Labeyrie
Voici le septième opus de Pierre Delorme, toujours fidèle à son cheminement artistique, loin des frasques et des facilités de ces temps de confusion.
L'auteur compositeur, comme à chaque production discographique, prend son temps, polit son œuvre, la débarrasse de ses fioritures inutiles pour aller à l'essentiel, œuvre d'artisan rigoureux et respectueux de la belle ouvrage.
Douze titres se succèdent harmonieusement, tels des tableaux de peintre avec ce qu'il faut d'émotion pour laisser courir des frissons .
Le thème principal de cet album est le temps, le temps de naviguer sur le rafiot de la vie en écopant à chaque coup de vent , en raccommodant l'esquif avec des bouts de ficelle, en s'accrochant à la voile de la tendresse, même si nous ne sommes que poussières d'éternité.
Les paysages du corps féminin se découvrent au gré d'une porte entrebâillée, au creux d'un vallon à la faveur d'une promenade, sur une humble pelouse, dans le souvenir des amours de jeunesse quand les oiseaux survolaient la marquise de la gare.
Maître François Villon vient s'inviter dans une ballade poignante que ne renierait pas tonton Georges.
Vieil enfant du baby-boom, Pierre se rappelle du temps des coquelicots, du temps où les usines crachaient leurs fumées charbonneuses et des tables des bistrots d'où s'envolaient les premières rimes entres deux baisers adolescents.
Sans oublier cette armée des invisibles, effaçant la poussière au-dessous de nos pas, anonymes en détresse ignorés par ce monde injuste.
Le chanteur ne se complaît jamais dans les émotions faciles mais se fait témoin de son époque, en troussant ici douze petites merveilles de chansons habillées de cordes de guitare usant d'un jeu tout aussi subtil qu'harmonieux.
Une contrebasse et des percussions discrètes soulignent la réussite sans faille de l'un des plus beaux albums de l'année qui s'achève par la mise en musique d'un poème de Raymond Busquet, poème d'une concision et d'une profondeur rares.
Daniel LABEYRIE
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