Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
Par Jeno l'écolo
Mon amie Pantxika a participé cette année au Transpyr, c'est- à -dire au comptage des oiseaux migrateurs qui passent par les Pyrénées.
Ci-dessous, elle nous livre ses impressions.
Une précision tout de même. Quand elle se traite elle-même de vieille dame, elle en rajoute un peu. Dis, Françoise, ce ne serait pas un peu de coquecoquetterie, ça?
Cinq jours de Transpyr au col d’Organbidexka avec "Organbidexka Col Libre".
http://www.organbidexka.org/navigati.htm

C’était un vieux rêve et le voilà réalisé ! J’arrivai un peu circonspecte au col, le lundi matin… une vieille dame et en plus sans connaissances particulières en
ornithologie. Qu’allaient-ils pouvoir faire de moi ?
Et bien tout simplement, m’informer, me former, me faire découvrir le monde de la migration. Que demander de plus ? Merci encore à Julien et Jules, les deux permanents saisonniers pour tout ce
qu’ils m’ont appris. Tombés dans la marmite de l’ornithologie quand ils étaient petits, ils sont aujourd’hui à 25 ans, impressionnants par leur savoir. Rien n’échappe à leur œil acéré : l’oiseau
au loin que je ne vois encore pas, eux annoncent tranquillement son nom, son âge, son genre. Ouaouh ! Je reste admirative devant leur connaissance et aussi, de cette passion des oiseaux qui les
anime. Grâce à eux, j’ai appris à reconnaître les milans royaux, les vautours, les faucons, les busards, les aigles bottés, les pigeons colombins et ramiers etc. Qu’ils en soient remerciés. La
vie s’écoulait à un autre rythme. Cinq jours à balayer l’horizon à coups de jumelles, à discuter de tout et de rien dans les moments creux…c’est comment dire ? c’est le temps qui s’étire
doucement mais sans jamais apporter l’ennui car on est toujours aux aguets. Une sensation de vivre à un rythme hors du temps.
Et puis, il y a la ruche, centre névralgique du Transpyr. Une yourte en bois au confort certes rudimentaire, mais remarquablement conçue. Elle
offre un logis idéal pour celui qui préfère les rencontres et l’échange au confort standardisé des chalets. Et puis, c’est tellement bien de vivre autrement, de se défaire de la couette du
confort ! J’y ai rencontré des Bretons, des Lyonnais, des Limougeauds et à chaque fois, des vies, des expériences différentes. Mais, tous ceux qui passent là, ont un point commun : l’amour de la
nature et le goût des choses simples. Le soir, les discussions à la lueur des bougies avaient un petit côté « Retour vers le futur » plein de charme !
Ces cinq jours ont été un régal. Il y aurait des tas de choses à raconter. Anecdotes, évolutions des migrations etc. Parmi tout cela, deux choses
resteront ancrées, je crois, dans ma mémoire. D’abord, le respect né pour les hirondelles et tous les passereaux qui par milliers migraient. J’ai été touchée par ces petites boules de plumes
prêtes à tout braver, vents et montagnes pour rejoindre d’autres cieux. Ce mélange de fragilité et de force qui en émane, c’est extraordinaire…Et, puis, une nuit, sous le ciel étoilé, un
grondement de cris qui roule au dessus de nos têtes : c’était un groupe de hérons qui survolait le col. Là aussi, on se sent tout petit devant cette force et cette puissance de la nature.
Je crois que l’an prochain, je ne pourrai pas passer l’automne sans retourner au col.
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