
Oui, je sais, il y a quelques temps, j'avais écrit sur ce blog que c'était la première et la dernière fois que je publiais en contribution un courrier de Georges Charollois, Président de le
Convention pour une écologie radicale. Je sais, je sais. Ne me le faites pas remarquer, je m'en souviens très bien. Cependant, je n'avais pas dit que je cesserai de le diffuser auprès
de certains de mes amis, Or, dès réception du courriel, Kolova m'a demandé si je le mettais ce texte sur mon blog. Ma réponse :
"Si tu me voyais---je suis en train de m'en mordre les doigts!"
Réponse de Kolova à ma réponse "On peut changer d'avis quand c'est important tout de même ! C'est tellement bien dit."
Donc, voilà----- si je suis parjure, c'est à cause d'elle.
Au fait, vous vous souvenez, c'est bien Kolova qui écrivait il y a peu que ce que dit Gérard Charollois, c'est tellement implacable que ça coupe un peu les jambes----
Allez, soyons magnanimes, Kolova elle aussi a le droit de changer d'avis.
Moi, le texte ci-dessous me fait penser haut et fort à François Terrasson et à l'oeuvre de sa vie.
Comment? J'en vois ici qui ne savent pas encore qui était François Terrasson!
Bon, dans quelques temps, promis, on en parle.
www.ecologie-radicale.org
« la voix de la Résistance ».
Gérard CONDORCET le dimanche 21 octobre 2007
TEL . 06 76 99 84 65
Culture et Nature.
Dans son délire mégalomaniaque et son auto-adoration l’humain a voulu
s’affranchir, s’extraire, se distinguer de la Nature, oubliant vite
qu’il est d’abord un être biologique soumis à ce titre aux lois de la
biologie.
Si vous le lui rappelez, il grognera que vous l’invitez à marcher à
quatre pattes et que votre affirmation ridicule nie les plus
élémentaires évidences.
L’humain, voyons, vous rétorquera le conformiste bêlant, a produit des
œuvres d’art, de la littérature, des fusées, des scanners, des drogues
efficientes contre la souffrance et la maladie, de la protection
sociale et des bombes atomiques, des hôpitaux et des camps
d’exterminations, des lois qui protègent et des firmes qui exploitent,
bref, il n’est ni un termite, bien qu’il prolifère, ni un grand singe
qui radote ses traditions sans être capable de progresser dans ses
connaissances et ses techniques.
Pour la pensée traditionnelle, il y a l’espèce humaine et la culture,
d’un côté, de l’autre, grouille le reste du vivant formant la Nature.
Pour elle, ces deux termes sont irréductibles, inconciliables,
intrinsèquement séparés.
Seul l’humain accède à la culture et celle-ci n’a rien de naturel
puisqu’elle est humaine et spécifiquement humaine.
Bien sûr, concède le penseur traditionaliste, l’homme, comme toutes les
autres espèces, est le fruit d’une évolution qui dura deux millions
d’années à moins que ce soit six millions (les paléontologues ne sont
pas encore fixés).
Désormais, être parachevé, parfait, indépassable, quasi-divin,
l’humain ne saurait plus évoluer et muter dans les millénaires à venir.
Toutefois, un doute tout récent s’insinue en Occident à la lumière des
acquis nouveaux de la science.
La biologie ne serait-t-elle pas prochainement en mesure de générer
intentionnellement des mutations jugées salutaires de l’espèce ?
L’homme, maître du génome et des techniques de mutation cellulaire, ne
pourra-t-il pas s’auto-transformer pour accroître ses performances et
pérenniser sa santé ?
Jusqu’à présent la Nature, c’est-à-dire ce que l’homme juge extérieur
à lui, était génitrice des évolutions. L’homme de demain ne
deviendrait-il pas le facteur de sa propre évolution ?
D’objet de la transformation, il deviendrait auteur.
Ainsi, l’humain s’effraie ou s’éblouit en pensant échapper à la Nature,
à sa Nature propre.
A le supposer, il ne s’agirait au mieux ou au pire que d’un mirage,
d’une ivresse, d’une erreur, non pas dans l’efficience mais dans la
portée de cette emprise. L’homme n’échappera jamais à la Nature,
puisqu’il en est une partie intégrante.
Tout ce que l’humain conçoit, réalise, œuvres d’art ou de techniques,
thérapeutiques efficientes ou armes de destructions massives, tout ce
qu’il a pensé et édifié et tout ce qu’il fera ne seront jamais que des
ouvrages de la Nature.
Car, il n’y a pas d’opposition entre culture et Nature.
La culture n’est que la Nature de l’humain.
Nature qui le pousse à l’intelligence et à la générosité, ou Nature qui
l’incite à la violence et à la prévarication, puisque la Nature et la
culture ne sont ni bonnes ni mauvaises : elles sont.
Ce qui se déroule dans une masse neuronale de 1400 grammes, à l’abri
d’un crâne, n’est pas moins biologiquement naturel que ce qui advint
dans l’océan primitif où apparurent les premières algues bleues.
Tout ce que l’humain fait, c’est la Nature, sa nature, qui le fait.
C’est la raison pour laquelle la séparation entre Culture et Nature est
un leurre. Nous reconnaissons l’unité profonde du vivant, unité
acceptant diversité et immense complexité, Mais unité appelant à la
solidarité,invitant à la compassion pour tout ce qui vit.
Gérard CONDORCET.
CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE

Les photos, montagnes de Baigorri et Pottokak y évoluant, sont de Jean Hicaubert, l'etxeko jaun de Ahuntzainea. Milesker handi bat, Jon.