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Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.

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Et Albertine?

L'article ci-dessous était prêt depuis quelques jours. Je pensais attendre encore un peu  pour le publier.

Mais aujourd'hui, à 14 heures, commencera la cérémonie des obsèques de Francine Comte.

En guise d'adieu et d'hommage, je programme donc ce texte aujourd'hui, pour cette heure là, avec une pensée très chaleureuse pour Alain Lipietz et toute la famille de Francine. C'est peut-être très prétentieux, mais je suis certaine que cet article l'aurait touchée.

 



Vous, je ne sais pas. Moi, ces ressassements médiatiques au sujet de Jacques Mesrine qui apparaissent, disparaissent et réapparaissent depuis sa mort avec la même régularité que le déroulement des saisons, ça me fatigue. Et cet automne, avec la sortie du film, c'est le pompon. N'en jetez plus, la cour est pleine.Que l'on ne se méprenne pas! Je n'ai jamais approuvé et désapprouverai toujours la façon dont cet homme a été abattu sans sommations par la police.   Il n'empêche que le personnage n'était tout de même pas extrêmement sympathique et que j'ai bien du mal à comprendre ses motivations. Quand le bruit autour de lui se fait trop fort, je ne peux m'empêcher de repenser à Albertine Sarrazin, singulièrement oubliée, elle, des cinéastes, des écrivains, sociologues, politologues, journalistes, militants(es) féministes, j'en passe et des meilleurs.

Avec Albertine je me sens en fraternité, en sororité, enfin, appelez ça comme vous voulez. Pourquoi elle? Peut-être en premier parce qu'il s'agit d'une femme. Peut-être ensuite parce que j'avais 14 ans quand elle a trouvé la mort dans une clinique  et qu'à cet âge là, on est une éponge. Peut-être aussi parce que les écrivains sont parmi les artistes, les passeurs qui me sont le plus indispensables et qu'Albertine s'est révélée être un véritable écrivain, ou une véritable écrivaine, ou une femme de lettres (là encore, à vous de choisir). J'ai dévoré ses livres, au sens premier du terme, c'est à dire que je m'en suis véritablement nourrie.

Je ne sais pas si l'on peut considérer qu'une injustice est plus ou moins grave qu'une autre, mais je constate que nul ne parle plus aujourd'hui de la  véritable injustice que fut la mort de cette femme âgée de 29 ans. Dans l'article que je recopie ci-dessous, il est fait mention du procès engagé par Julien Sarrazin, son mari, contre les responsables de la mort d'Albertine. Etrangement encore, c'est oublier  ou occulter  le fait que Julien n'était pas seul dans cette bataille. En 1967, un très important mouvement de solidarité avait vu le jour, en particulier autour du  "Canard enchaîné". Qui s'en souvient aujourd'hui? Si je peux vous en parler, c'est parce que mon père, grand lecteur du "Canard", s'était associé à ce mouvement et que je l'entends encore en parler à table. Une grande suspicion régnait, qui prenait parfois la forme d'accusations. Les médecins de la clinique n'avaient-ils pas inconsciemment quelque peu  négligé cette patiente, qui, célèbre ou non, n'était après tout --- qu'une ancienne prostituée, une ancienne voleuse, une ancienne taularde, l'épouse d'un ancien taulard?

 Je n'ai pas oublié. Mon père m'a transmis sa colère à laquelle sont  venues s'ajouter depuis, compassion et surtout tendresse pour la personne d'Albertine ainsi qu'une grande admiration pour son oeuvre littéraire. Je suis heureuse de pouvoir ici, bien modestement, lui rendre hommage.


Deux citations d'Albertine Sarrazin  qui m'ont particulièrement marquée :

"Je pense à ces imbéciles de vacanciers qui s'obstinent à pourchasser un Râ malade, au lieu de changer tout simplement d'itinéraire vers des pays où la pluie est seyante."
"Quelle tristesse d'être obligée de se distraire!".

 

Albertine Sarrazin (17 septembre 1937, Alger – 10 juillet 1967, Montpellier) fut une écrivaine, première femme à raconter sa vie de prostituée et de délinquante.

Sources :

http://montpellier.pas.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=103


ALBERTINE SARRAZIN (1937-1967)

Le souvenir d'Albertine Sarrazin reste intact dans la région du Pic St Loup, près de Montpellier, plus de trente ans après sa disparition.
Jeune femme hors du commun, exemple de rage de vivre et de liberté pour des générations, son parcours lui a valu une renommée mondiale.

Née à Alger en 1937, elle est déposée à l'assistance publique où elle reçoit le nom d'Albertine Damien. Adoptée par un médecin colonel (son père biologique qui avait ordonné quelques mois plus tôt à la petite bonne de 15 ans qu'il avait engrossée, de l'abandonner, Note de la blogueuse) et son épouse (qui ignore cette filiation, encore note de la blogueuse), la famille quitte Alger pour s'installer à Aix-en-Provence.
L'enfance d'Albertine n'est que souffrance et humiliations : l'assistance publique, un viol à 10 ans par un membre de sa famille adoptive, un conflit permanent avec ses parents. Son caractère va s'affirmer par réaction et elle dénigrera par la suite avec force les conventions et cette société qui l'a si mal lotie.
Albertine se révèle toutefois très douée pour les études. Ses matières de prédilection sont les matières artistiques et principalement la littérature. Dès l'âge de 14 ans elle tient un journal qu'elle continuera pratiquement jusqu'à sa mort et qui sera par la suite publié.
Mais son caractère indomptable et les difficiles de relations avec ses parents  la conduisent dans une maison d'éducation surveillée : le Bon Pasteur à Marseille. Elle s'en évadera le jour de son oral du bac pour se rendre à Paris.
Commence alors pour elle une vie clandestine peu recommandable. Car, même si elle en profite pour satisfaire ses goûts artistiques en visitant les musées et en lisant énormément, elle fait la douloureuse expérience de la prostitution. Et en 1953, un hold-up manqué l'envoie en prison à Fresnes puis à la prison-école de Doullens où elle est transférée en 1956.
C'est en s'évadant de cette prison, le 19 avril 1957, en sautant d'un rempart de 10 mètres, qu'Albertine se casse l'astragale.
Un homme passe, la recueille et la soigne : c'est Julien Sarrazin, qui deviendra son mari deux ans plus tard.
Pour eux, commence alors une longue période d'aventures diverses et de cambriolages. Ils vont d'arrestations en évasions, se croisant mais ne se retrouvant presque jamais. Si leurs corps et leur santé s'affaiblissent (grave accident de voiture en 1961 suivi d'une opération en 1963 pour Albertine) leur amour, lui, va grandissant. Il sera d'ailleurs à l'origine d'une correspondance qui prendra dignement sa place dans la littérature épistolaire amoureuse.
Pendant ses séjours en prison, Albertine rédige ses deux premiers romans : La Cavale et L'Astragale.
En 1964 enfin, Albertine et Julien, libres, se retrouvent et s'installent dans une vieille maison des Cévennes.
Elle apprend dans la foulée que ses romans vont être publiés par l'éditeur Jean-Jacques Pauvert. Le succès est immédiat.
Adulée par ceux-là même qui l'avaient méprisée, elle est traduite dans toutes les langues. On la sollicite, on la photographie, on lui demande des autographes. C'est sa revanche sur ses malheurs passés.
Sa singulière beauté, sa spiritualité, sa fantaisie sont appréciées et elle multiplie les interviews. Albertine est ravie de cette nouvelle gloire dont elle ne doutait pas et qu'elle attendait avec impatience ; même si elle n'est pas dupe, sachant reconnaître l'hypocrisie où elle se trouve, sachant que certains ne sont pas mus par l'admiration de son oeuvre mais bien par une curiosité malsaine. Qui est donc cette jeune femme au passé tumultueux et qui a passé la majeure partie de son existence en prison ?
1965. Albertine et Julien s'installent à Montpellier. Ils achètent l'Oratoire, un vieux mas situé aux Matelles, tout près de Montpellier. Ils s'y installeront en janvier 1967.
Entre temps, Albertine publie son troisième roman, La Traversière, ouvrage écrit en liberté contrairement aux deux autres. Là encore, c'est un franc succès.
Mais elle n'a guère le temps d'en profiter ; la malchance ne l'ayant pas quittée totalement, elle doit subir plusieurs opérations de l'astragale. Et de complications en erreurs et négligences médicales, Albertine, au sommet de sa gloire, succombe sur la table d'opération d'une clinique montpelliéraine le 10 juillet 1967. Julien intentera contre les médecins un procès qu'il gagnera.

Albertine était emplie d'une magnifique rage de vivre. Elle avait beaucoup de projets, en particulier l'adaptation au cinéma de L'Astragale. Son voeu a été réalisé, mais elle n'a pas eu le temps d'en jouir. Elle n'a jamais su que ses romans étaient naturellement entrés dans la littérature classique, qu'ils étaient étudiés en Faculté, qu'ils faisaient l'objet de sujets aux examens littéraires, que ses poèmes avaient été mis en chansons. Elle n'a jamais su non plus combien de thèses avaient été produites en France et à l'étranger à son sujet, combien de témoignages on trouve à sa mémoire : Julien a fondé une maison d'édition pour publier les inédits de sa femme. Montpellier a sa Maison pour tous Albertine Sarrazin. Les Matelles a donné à son foyer rural le nom d'Albertine Sarrazin. Et Valflaunès, petite commune voisine des Matelles, par l'organisation d'un concours de nouvelles, le Prix Albertine Sarrazin, participe chaque année à prolonger le souvenir de l'auteur.


 
 
Je vous conseille egalement  ce site :

http://www.albertine-sarrazin.fr/


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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H
j'ai dévoré ses livres où sa personnalité naissait au bout de sa plume authentique <br /> que son âme repose en paix ainsi que son amour de Julien <br /> toujours émue par leur histoire <br /> faute à l'amour faute à la chance ......
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J
J'espère bien!<br /> Tu me ferais de la peine!
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L
Voilà là une auteure, effectivement que je ne connaissais absolument pas. Je prends note.
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V
bonne continuation pour ce blog trés interressant
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