Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.

04/08/2009
Machja NICCI
Carpes, tanches et autres perches... Hier matin, pas moins de 5 m3 de poissons au total ont été retrouvés ventre à l'air à la surface du lac Marion à Biarritz. Aussitôt alertées, les autorités biarrotes ont privilégié la thèse d'une cause naturelle, plus probable selon eux qu'une éventuelle pollution accidentelle, rare en de tels milieux fermés.
Même si toutes les espèces ont été touchées, il restait l'hypothèse d'une attaque virale ou parasitaire. Des analyses ont donc été réalisées à partir des spécimens décédés. Les scientifiques chargés des recherches ont validé la cause naturelle. Elle résulterait des nombreuses vagues de chaleurs successives qui auraient entraîné une eutrophisation du milieu lacustre.
Morts par asphyxie
Manque d'oxygénation fatal pour les espèces aérobies (qui ont besoin d'air pour vivre) comme les poissons, l'eutrophisation peut résulter d'une stagnation prolongée des eaux ou de l'envahissement d'algues qui en épuisent les ressources vitales ; le premier phénomène pouvant entraîner le second.
S'étendant sur une surface de cinq hectares pour 18 mètres de profondeur, le lac Marion est alimenté par des sources souterraines. Les pluies de samedi ne semblent pas avoir suffi à augmenter le débit de ces résurgences, semble-t-il, assez altérées par les récentes sécheresses. S'est sans doute ajoutée à cela une diminution de la solubilité de l'oxygène dans l'eau, généralement observée lorsque les températures augmentent.
Les poissons seraient donc morts asphyxiés, ce qui explique une mortalité égale parmi toutes les espèces. Ce phénomène avait déjà été observé ponctuellement sur le lac Marion mais dans des proportions bien moins impressionnantes. Des recherches plus poussées vont toutefois être menées pour confirmer ou infirmer les premières analyses.
Un milieu riche à protéger
Le lac Marion et son pourtour (17 hectares au total) sont des espaces naturels rétro-littoraux (en retrait de la côte) riches en faune et en flore typiques des milieux humides. Cette richesse -qui fait la joie des naturalistes comme des pêcheurs- est mise en valeur et protégée depuis 1997 par le Conservatoire du littoral qui en propriétaire. C'est donc lui qui, logiquement, devrait décider des moyens à mettre en oeuvre pour limiter ce phénomène d'eutrophisation, dans la mesure où il s'avérerait durable. Et ce afin qu'il ne porte pas plus atteinte encore à l'écosystème local.