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Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.

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Mal tourné? Plutôt deux fois qu'une!




Gaston Couté m'a toujours accompagnée. Mon père avait onze  ans quand est mort le poète mais je me souviens qu'il lui portait une grande admiration et beaucoup de tendresse, qu'il m'a transmises.
Alors voilà, au risque d'être prise pour une radoteuse,  je vais vous  dire de nouveau qu'il se passe dans ma vie depuis un an des choses graves, très dures à vivre, une redistribution des alliances, des amitiés, des relations. Un jour, je vous raconterai. Pour le moment, ce n'est pas encore possible.
Quoiqu'il en soit, je publie ci-dessous l'un des textes les plus connus de Couté. En le relisant, il me semblerait presque aujourd'hui que je serais en mesure de me raconter de la même manière. A deux exceptions quand-même: Je n'ai jamais déniché d'oiseaux et, quant aux prostituées---
 Plus de quarante ans de militantisme acharné dans des organisations bien structurées, associatives ou politique n'ont pas réussi à extirper le fond libertaire qui est en moi. C'est inconfortable, mais je ne suis encore jamais tombée du fil.
C'est dire si je me sens en fraternité avec cet anarchiste,  fils d'un meunier de Meung sur Loire, et qui ne s'est jamais trahi lui-même.
Le Gâs qu’a mal tourné

Dans les temps qu’j’allais à l’école,
— Oùsqu’on m’vouéyait jamés bieaucoup, —
Je n’voulais pâs en fout’e un coup ;
J’m’en sauvais fér’ des caberioles,
Dénicher les nids des bissons,
Sublailler, en becquant des mûres
Qui m’barbouillin tout’la figure,
Au yeu d’aller apprend’ mes l’çons ;
C’qui fait qu’un jour qu’j’étais en classe,
(Tombait d’ l’ieau, j’pouvions pâs m’prom’ner !)
L’ mét’e i’ m’dit, en s’levant d’ sa place :
« Toué !... t’en vienras à mal tourner ! »
 
Il avait ben raison nout’ mét’e,
C’t’houmm’-là, i’d’vait m’counnét’ par cœur !
J’ai trop voulu fére à ma tête
Et ça m’a point porté bounheur ;
J’ai trop aimé voulouèr ét’ lib’e
Coumm’ du temps qu’ j’étais écoyier ;
J’ai pâs pu t’ni’ en équilib’e
Dans eun’ plac’, dans un atéyier,
Dans un burieau... ben qu’on n’y foute
Pâs grand chous’ de tout’ la journée...
J’ai enfilé la mauvais’ route !
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !
 
À c’tt’ heur’, tous mes copains d’école,
Les ceuss’ qu’appernin l’A B C
Et qu’écoutin les bounn’s paroles,
I’s sont casés, et ben casés !
Gn’en a qui sont clercs de notaire,
D’aut’s qui sont commis épiciers,
D’aut’s qu’a les protections du maire
Pour avouèr un post’ d’empléyé...
Ça s’léss’ viv’ coumm’ moutons en plaine,
Ça sait compter, pas raisounner !
J’pense queuqu’foués... et ça m’fait d’la peine :
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !
 
Et pus tard, quand qu’i’s s’ront en âge,
Leu’ barbe v’nu, leu’ temps fini,
I’s vouéront à s’mett’e en ménage ;
I’s s’appont’ront un bon p’tit nid
Oùsque vienra nicher l’ ben-êt’e
Avec eun’ femm’... devant la Loué !
Ça douét êt’ bon d’la femme hounnête :
Gn’a qu’les putains qui veul’nt ben d’moué.
Et ça s’comprend, moué, j’ai pas d’rentes,
Parsounn’ n’a eun’ dot à m’dounner,
J’ai pas un méquier dont qu’on s’vante...
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !
 
I’s s’ront ben vus par tout l’village,
Pasqu’i’s gangn’ront pas mal d’argent
À fér des p’tits tripatrouillages
Au préjudic’ des pauv’ers gens
Ou ben à licher les darrières
Des grouss’es légum’s, des hauts placés.
Et quand, qu’à la fin d’leu carrière,
I’s vouérront qu’i’s ont ben assez
Volé, liché pour pus ren n’fére,
Tous les lichés, tous les ruinés
Diront qu’i’s ont fait leu’s affères...
Moué ! j’s’rai un gâs qu’a mal tourné !
 
C’est égal ! Si jamés je r’tourne
Un joure r’prend’ l’air du pat’lin
Ousqu’à mon sujet les langu’s tournent
Qu’ça en est comm’ des rou’s d’moulin,
Eh ben ! i’ faura que j’leu dise
Aux gâs r’tirés ou établis
Qu’a pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm’ des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu’ j’leu’ dis’ qu’ j’ai pas mis l’nez
Dans la pâté’ sal’ de leu-z-auge...
Et qu’c’est pour ça qu’j’ai mal tourné !...


En savoir + sur Gaston Couté:

 

http://gastoncoute.free.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Cout%C3%A9

http://poesie.webnet.fr/auteurs/coute.html

http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/coute_gaston.html
http://roudondiffusion.free.fr/Catalogues.html
et bien d'autres encore!

 

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J
Si tu vas sur les sites consacrés à Couté, tu trouveras plusieurs fois "Avant Brassens" ou l'équivalent.
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L
NOn je ne connaissais pas Gaston Couté. Quand j'ai lu ce texte ça m'a fait penser à Brassens.<br /> Ce qui est beau c'est de lire quelque chose qui sort comme cela de la personne comme une extension de la personne.<br /> Je crois que c'est bien là la définition de l'art.
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D
Tiens, effectivement je vais aller m'é-Couté un disque du Gaston !<br /> Celui de Gérard Pierron et Marc Robine, qui est le seul que je connaisse !
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M
Merci Jenofa. Par les temps qui courent cela fait du bien.<br /> A écouter : Gérad Pierron, Bernard Meulien chantent Couté.
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J
Avec un bouquet de Mauves?
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