Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
Par Jeno l'écolo
Tout à l'heure---, vous allez rire---, j'étais dans un supermarché. Vous ne me croyez pas? Et pourtant, c'est vrai. Cela m'arrive de temps à
autres. Que voulez-vous, personne n'est parfait, même pas mo@.
Une employée était en train de placer des livres à l'étalage. Et là, j'ai vu, en collection de poche, plusieurs livres de Jean Giono, choses assez rare dans un magasin à grande surface,
pour que je le remarque et que je m'en réjouisse--- jusqu'au moment où je me suis aperçue que ces livres étaient dans un présentoir spécifique qui ne contenait que des oeuvres d'auteurs
classés généralement dans la catégorie des "écrivains régionalistes", vous savez, euh---- comment vous dire, un peu comme Pagnol, quoi, mais en moins connus.
Jusqu'à quand la mystification continuera-t-elle? Je ne considère pas que le fait d'être un écrivain régionaliste soit répréhensible, loin de là. Mais Giono est de tous les écrivains que je connaisse, c'est certain, le moins régionaliste et le plus universel.
Ca m'énerve! Si vous saviez ce que ça m'énerve! Plus, ça me met en colère! Et je n'ai pas trop le temps de vous expliquer pourquoi. Ce sera pour
plus tard. En attendant, cette phrase manuscrite de Giono et une citation de Pierre Citron, l'un de ses biographes. Et puis quand-même: Si j'ai survécu à Paris pendant 20 ans, dans les couloirs
de son métro, dans ses rues sans joie et sur ses esplanades glacées , c'est en grande partie grâce à l'oeuvre l'Homme du Contadour, cet homme chatoyant, aux multiples facettes, qui se
moquait de lui-même "J'étais un couillon au Contadour". Moi qui ai mis, dans toute ma vie, une fois les pieds en Haute Provence quand j'avais dix-huit ans et lui ai préféré pour y vivre le
mouillé des montagnes basques, vous croyez vraiment qu'il m'aurait ainsi aidée à vivre s'il n'avait été qu'un écrivain régionaliste pétrifié sur son lopin de terre aride? Trop drôle!
Allez-y! Lisez tout Giono!
Pour vous y inciter, je vous conseille une petite visite :
http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=335
Jean Giono
(1895-1970)
"... il (Giono) ne fait guère partie de l'histoire des idées en son temps. Il ne s'est mis dans le sillage de personne , il n'a pas fait
école. On ne peut lui coller d'étiquette , ni résumer son œuvre en une ou deux formules : il s'est profondément renouvelé. Si des romans comme Un de Baumugnes, Batailles dans la montagne, Pour
saluer Melville, Mort d'un personnage, Les Ames fortes et Ennemonde parvenaient sans nom d'auteur aux siècles à venir, y décèlerait-on la présence d'un même écrivain ? Quiconque n'a lu qu'un ou
deux romans de lui n'a aucune idée de ce qu'il est : il faut lire tout Giono comme il faut lire tout Balzac."Pierre Citron
Giono , Collection Ecrivains de Toujours,
Editions Seuil
Tiens, justement, depuis quelques jours, je me délecte de la lecture d'un livre de Pierre Magnan, http://www.lemda.com.fr/
"L"amant du poivre d'âne". J'aime énormément Pierre Magnan, l'auteur, entre autres, de "La Maison assassinée", "La naine", "Périple d'un cachalot", "Les
charbonniers de la mort " et père du fameux Commmissaire Laviolette.
Et vous savez quoi? Pierre Magnan est un fou de Giono. Je vous conseille son "Pour saluer Giono", dont le titre paraphrase le "Pour saluer Melville" du dit Giono. Parce que, le saviez vous, le traducteur de l'Anglais au Français du célèbre Moby Dick n'était autre que Monsieur Giono lui-même.
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