Le blog de Jenofa, citoyenne du monde enracinée en Pays Basque, petite fourmi de l'écologie.Jenofa, ekologiaren xinaurri ttipi bat.
Par Jeno l'écolo
"Là un dard venimeux
"Au fond de la matière pousse une végétation obscure ; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires. Elles ont déjà leurs velours et la formule de leur parfum.
La mort quotidienne n'est pas la mort exubérante du feu qui perce le ciel de ses flèches ; la mort quotidienne est la mort de l'eau.
L'eau coule toujours, l'eau tombe toujours, elle finit toujours en sa mort horizontale. Dans d'innombrables exemples nous verrons que pour l'imagination matérialisante la mort de l'eau est plus
songeuse que la mort de la terre : la peine de l'eau est infinie.
C'est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur.
C' est près de l'eau que j'ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des
choses par l'intermédiaire d'un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l'eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays
de ruisseaux et de rivières, dans un coin de Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux
d'un vallon, au bord d'une eau vive, dans l'ombre courte des saules et des osières.
Pour certains rêveurs, l’eau est le mouvement nouveau qui nous invite au voyage jamais fait.
Ce départ matériel nous enlève à la matière de la terre.
Aussi quelle étonnante grandeur il a, ce vers de Baudelaire, cette image subite comme elle va au cœur de notre mystère :
« Ô mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’ancre. »
Gaston Bachelard "L'eau et les rêves" 1942.

Les photos de ce billet ont été prises au mois de Mars, (oserais-je écrire "dans le courant" du mois de Mars?)
sur mon "Petit arpent du Bon Dieu".
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