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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 09:00
Sur la Nive, sur l'Adour, Bayonne résiste.

Une contribution de Muriel Toty.

(Note de la blogueuse :   Cela fait déjà plusieurs années que je suis retirée de l'action politique et que j'en éprouve un sentiment de libération. Mais voilà: ces quelques lignes  d'une personne engagée dans la bataille des municipales à Bayonne pour 2014 m'a touchée au plus profond du coeur. Avec son assentiment, je vous les livre. Des paroles comme celles-ci me feraient presque regretter d'avoir choisi de ne pas vivre en ville.C'est dire!
 


Les trains pour Bayonne arrivent à St-Esprit. Comme une naissance, une première empreinte, la première vision, la première odeur, le premier croissant du matin pris par le voyageur fatigué le sera à Bayonne St Esprit. C’est le début du monde de Bayonne, capitale du Pays Basque. Début de tous les mondes, de toutes les diversités, de toutes les langues, de tous les parcours. Quand on cherche quelque chose de différent de particulier, ou que l’on a tout simplement une envie d’ailleurs, il suffit de franchir le pont St-Esprit. Vous remarquerez qu’il s’appelle St-Esprit ce pont et non pas grand Bayonne, réduit ou échauguette, non, c’est bien le pont St-Esprit, de St-Esprit, celui qui relie, qui réunit toutes les Bayonnaises et tous les Bayonnais.
Quand avec Baiona 2014 nous recherchions un local pour poser nos valises d’idées, de propositions et d’envie de changement, nous avons fureté un peu partout, à la recherche d’un bel endroit, clair, spacieux, ouvert et surtout proche des gens. Dès la première visite de « La Manufacture » rue Ste Catherine, l’évidence s’est imposée ; nous avions trouvé la bonne adresse au cœur d’un des quartiers les plus populaires de Bayonne. Et quand on a trouvé la bonne adresse, eh bien on pose ses valises !
La rue Ste Catherine. Véritable colonne vertébrale de St-Esprit distille ses odeurs, affiche sa différence. La rue Ste Catherine, abimée par la vie et des décisions aberrantes qui ont failli la tuer, la rue Ste Catherine résiste à tous les abandons. Elle est porteuse de vie et de diversité. Les boutiques africaines succèdent aux galeries d’art, attention pas l’art des salons que l’on met sous verre, non l’art de la rue, celui qui vit et qui véhicule la couleur et les idées.
On y sent des odeurs de couscous, de kebab, de pizzas, et l’on peut trinquer entre amis à la bolée autour d’une bonne crêpe. On y vient en bus ou à pied, mais on en repart à vélo. On peut se réfugier dans la caverne d’Ali Baba de la lecture pour dénicher des ouvrages improbables qui vous ouvriront des portes sur des mondes inconnus. On y croise des artistes, qui passent la guitare en bandoulière, des jeunes qui cherchent un loyer pas trop cher, des vieux, des mamies avec la baguette sous le bras, des enfants qui courent partout. Pas beaucoup de riches, dans la rue Ste-Catherine mais beaucoup de vie qui rebondit jusque là-haut sur le fronton du rail bayonnais.
Et au bout de la rue Ste-Catherine il y a le cinéma, le Vrai celui qu’on ne trouve qu’à St-Esprit, celui qui est né muet et qui vit dans la couleur du monde. Il nous fait voyager, rêver, rire, réfléchir, il permet les échanges, les discussions lui aussi est une vraie « manufacture d’idée »... Et c’est pour cela que l’équipe de Baiona 2014 ne pouvait pas s’installer ailleurs car elle porte en elle la même diversité de tous ces mondes. Des gens d’ici, de toujours, d’autres qui viennent d’arriver, peut-être de loin, des femmes des hommes investis. Dans notre manufacture on parle fort et longtemps mais on écoute aussi. Toutes les idées sont bonnes à Baiona 2014 et il y en a beaucoup. Elles sont là offertes à tous pour le bien commun, pour une vie belle, simple, joyeuse, pour une ville propre, pour des gens heureux et citoyens car ils sont porteurs de ces idées qui nous relient.
Baiona 2014 n’est pas dans un monde replié, renfermé qui critique qui juge ou qui a peur des différences, non, Baiona 2014 C’est vous, c’est nous c’est moi. Elle nous invite à partager notre univers commun… Et c’est là toute notre différence
Je voudrais terminer par cette histoire lue sur Internet, et qui prend une résonance particulière en ces temps d’élection :
Il était une fois un vieil homme assis sur un banc à l’entrée de Bayonne.

Une jeune femme s’approcha et lui dit :
- Je ne suis jamais venu ici ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit par une question :

- Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens?
- Égoïstes et méchants.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien contente de partir, dit la jeune femme.

- Tu trouveras les mêmes gens ici, répondit le vieillard.

Un peu plus tard, un jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.
- Je viens d’arriver dans la région; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieille homme répondit de même :
- Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
- Ils étaient bons et accueillants, honnêtes ; j’y avais de bons amis ; j’ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme.
- Tu trouveras les mêmes ici, répondit le vieil homme.

Un commerçant qui prenait l’air sur le pas de sa porte avait entendu les deux conversations. Il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :
- Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ?
- Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard.
On a beau, tourner, virer dans tout Bayonne, l’appareil photo en bandoulière. On aura beau changer d’angles et de perspectives, on reviendra toujours sur le bord de l’Adour avec Baiona 2014, manufacture d’idées à St-Esprit pour avoir le plus joli point de vue sur la mairie de Bayonne.
La beauté est dans l’œil de celui qui regarde.

 

 

 

Sur la Nive, sur l'Adour, Bayonne résiste.
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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 15:31
Audrey Hoc, réalisatrice.

Audrey Hoc, réalisatrice.

A partir du livre de Gaby Etchebarne "D'ici et d'ailleurs", la jeune vidéaste réalisatrice Audrey Hoc prépare un nouveau documentaire dont voici la bande annonce.

Non, le Pays Basque, ce n'est pas la torture jusqu'à la mort d'un herbivore dans les arènes,  ni les déviances de certaines fêtes qui n'en sont plus, ni les agences immobilières qui bradent l'espace et l'espoir de se loger pour les gens simples, ni l'inculture et la vulgarité de tous les marchands du temple ( et ils sont de plus en plus nombreux) qui s'engraissent sur le dos du pays et du peuple.

Le Pays Basque, pour moi, et pour beaucoup d'entre nous, c'est ce qui nous est montré là. Et c'est pour cela que nous l'aimons.

Milesker Gaby, merci. Merci également à Audrey.

Et pour la petite histoire, parce que je suis trop heureuse de le dire pour m'en priver. Gaby, Audrey et Malika ( que l'on voit sur cette bande annonce) sont signataires pour l'abolition de la corrida.

Pour info, ce documentaire aura besoin d'un coup de pouce financier. Un appel sera lancé, le temps venu. Je vous tiendrai informés.

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