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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 09:30
Les zécolos zont toujours raison.

En particulier quand ils disent qu'il ne faut pas retourner le sol, c'est à dire bêcher ou labourer.

Et toc! Une preuve de plus, en images ci-dessus!

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:22

Je sais que je vous en ai déjà parlé mais peu de temps avant son départ, il disait "Les oiseaux sont de retour, la montagne t'attend". Aujourd'hui, je suis allée vérifier qu'elle m'attendait bien.

Et, là, tout se suite, je vous livre ces quelques mots d'Yves Paccalet "J'ignore si ma vie a un sens mais ma marche a un but : mettre un pied devant l'autre et recommencer jusqu'à ce que joie s'ensuive".

Il disait aussi "Personne ne m'a jamais aimé comme ça". Et j'ai dans l'idée qu'il n'avait sans doute pas tort.

Merci à lui dont le souvenir, pour ne pas dire la présence, me lance ainsi depuis plusieurs années et à dates régulières, sur les sentiers que lui comme moi choisissons pas trop battus.

Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
Marché n'est pas joué. Marcher n'est pas jouer.
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 16:38

IL disait : "J'ai l'avion gratuit pour aller quand je veux ou je veux. Les gens me demandent pourquoi je n'en profite pas afin de  me rendre une semaine ici, l'autre là. Et qu'est-ce que cela m'apporterait d'être à Londres le vendredi et à Monaco le jeudi suivant? Bouger pour bouger, et qui plus est, parce qu'on peut le faire sans payer, ça donnerait un sens à ma vie? C'est débile, non?"

Alors, là, pourquoi est-ce que je vous raconte ça, moi? Peut-être parce qu'il y a quelques jours, un ami m'a fait rappeler cette phrase de Claude Lévi-Strauss, au début de "Tristes Tropiques" "Je hais les voyages et les explorateurs". Et que de cette phrase, j'ai sauté vers un autre souvenir , celui de la vidéo ci-dessus qui exprime parfaitement ce que je ressens dans bien des occasions qui me mettent légèrement de mauvaise humeur. C'est ça, mon esprit de l'escalier.

Ah oui, je dois vous préciser aussi que lui qui se définissait comme "ancien riche",  disait "Je ne suis pas écolo". Je me demande s' IL n'était pas la réincarnation de Monsieur Jourdain. Hein, quoi, comment, Monsieur Jourdain n'a jamais existé, c'était un personnage de  théâtre? Pfffffff!

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 08:44
L'arbre beau chanteur

Celui que j'aime est un cyprès. (Note de la blogueuse)

"Dans les collines, il y a toujours cet arbre à côté des fermes ; vous savez pourquoi, vous?
- Ah, mon bon monsieur, moi, je sais, je vais vous dire.(...) de mon temps, on plantait le cyprès, vous savez pourquoi? Parce que c'est un arbre beau chanteur. (...) C'est profond, c'est un peu comme une fontaine, tenez. (...) Ici on ne pouvait pas se payer le luxe de faire couler tant et plus . Ici, on mesurait l'eau à la burette.(...) Donc, pour remplacer la fontaine on plantait un cyprès au bord de la ferme, et comme ça à la place de la fontaine d'eau on avait la fontaine de l'air avec autant de compagnie, autant de plaisir."
Jean Giono - Solitude de la pitié

La photo est extraite du site ci-dessous:

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 11:22
Frileux et sédentaires

Il vivait avec sa chienne et son chat. C'était en bordure d'une grande forêt.

Comme il était triste de ne plus entendre bramer le cerf, traqué  par des viandards ! "Ma campagne sera bientôt vide", s'attristait-il. Et c'est bien des animaux dits sauvages qu'il parlait. Vous savez, ceux que d'aucuns ont baptisés "gibier".

Un soir d'août 2012,  il m'avait  écrit ceci :"Ce putain de clavier bien pratique ne vaut pas la plume et le papier, ambassadeurs inégalés de la pensée, garde-fous de la timidité et complices des chats".

Je dédie ce court "post" à Elisabeth et Michel qui viennent de perdre leur fidèle Mélina, membre de leur famille depuis 17 ans.Bon voyage, Mélina.

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 10:00
Les vieilles maisons choisissent : parler ou se taire.

Les murs de la maison que j'habite me parlent souvent par la voix de ses anciens habitants qui n'étaient pas de ma famille. Ils me parlent aussi par la voix de mon père, de ma mère, de ma grand-mère maternelle qui ont passé là leurs dernières années.Par la voix de ma tante qui venait souvent accompagner notre vie. Il leur arrive même de me parler par la voix de quelqu'un que je n'ai connu qu'un an et qui n'a jamais passé le seuil de cette modeste demeure. Lui, il riait  tant qu'il est possible en entendant au téléphone  grincer les  portes ancestrales en chêne massif, vous savez bien, celles munies d'une lourde clenche en fer et que l'on pousse pour tenter de conserver la chaleur dégagée par le foyer ouvert.  Et je me demande si ce rieur là n'est pas le plus bavard!

Jean Giono disait "L'Homme a besoin d'habitations magiques".

Merci Julos.

 

Il faut laisser les vieilles maisons se taire

 

Il faut laisser les vieilles maisons se taire pour que les ancêtres puissent revenir car je crois qu’aucune vie n’est jamais finie, il n’y a jamais le mot ”Fin” au bas de la page de la grande “Vie”.

La Vie, je crois, continue et les voix anciennes font surface … aucun sourire n’est perdu, aucun baiser, les somptueux couchers de soleil sont répertoriés dans une mémoire particulière.

Celui qui se réveille la nuit rencontre des milliers d’êtres passés, présents ou à venir, rien n’est jamais fini ni défini. L’éternité, elle-même, je me suis laissé dire qu’elle n’avait point de fin, coule comme un fleuve bien plus large que le fleuve jaune.

Notre peau a gardé la mémoire de toutes les caresses. Parfois, on a trop peu de temps pour parler à celles et à ceux que l’on frôle.

Chacune de nos vies est une épopée, nous écrivons notre homérique histoire, à petit pas, le soleil s’enfonce dans l’horizon, se sauve et retourne dans les coulisses de l’univers.

Le corps est-il une cathédrale où se répercutent et s’amplifient les échos de toutes les naissances ? L’oiselet qui chante à tue-tête au lever du soleil est aussi important que le bébé qui vient de naître et la jonquille toute seule dans mon jardinet illumine peut-être le cosmos en son entier.

Notre vie est-elle une bande de Moebius qui n’a ni commencement ni fin?

Qui sont ces milliards d’êtres qui chuchotent dans toutes les langues du levant au ponant ? Est-il possible de répertorier l’univers en son entier ? Est-il possible de visualiser les heures qui galopent à toute allure dans la grande plaine du temps ? 

Laissez juste une fenêtre ouverte sur le ciel afin que les ancêtres puissent se glisser près de vous dans la pénombre familière du mystère.

 

Julos Beaucarne 27 avril 2011

Ci-dessus "Nire aitaren exea defendituko dut". Je défendrai la maison de mon père.

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 10:38
En Basque: Le chemin, la source, la vie. Au col de Bentarte, par la montagne à 8 km5 de Roncevaux.

En Basque: Le chemin, la source, la vie. Au col de Bentarte, par la montagne à 8 km5 de Roncevaux.

"La montagne pour moi, ça commence à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer.", disait-il. Et il riait de mon habitude de dire très souvent "à la montagne".

Hier j'ai marché au dessus de chez moi, sept heures d'affilée, sous un soleil de plomb, au milieu des montagnes à vaches.

J'espère qu'il a été rassuré, l'homme des forêts de plaine.

J'étais partie sans but précis, avec juste comme choix assumé de ne pas chercher cette fois à "faire" un sommet.

Je me suis engagée sur la "route Napoléon" ou "route des crêtes", l'ancienne voie romaine. Aïe, j'avais complètement zappé que nous sommes en cette période au plus haut de la fréquentation par les pèlerins de Saint-Jacques. Incroyable! Un long chapelet de personnes de toutes nationalités. Presque autant de gens que pour l'ascension du Mont Blanc à la belle saison! Si, si, je vous assure! Fort sympathiques tous ces visages souriants malgré la fatigue et ces "Buen camino" qui fusent de partout. Mais quand on marche en souhaitant plus que tout être seule avec quelqu'un  parti depuis plusieurs années pour le monde  des invisibles, ça ne peut qu'être désagréable. Je me suis donc éloignée du bitume et dirigée tout comme ces pèlerins vers le col de Bentarte (dernière étape avant la descente bien méritée vers Roncevaux), mais de ci-de là par le chemin des écoliers ou plutot par les estives. Moyennant quoi, à partir d'Orisson, j'ai retrouvé ma chère solitude.

J'ai rapporté quelques photos. On n'y trouve pas d'oiseaux. Et pourtant, j'en ai vu des Vautours fauves et des Milans royaux aux splendides loopings effectués à 20 mètres de vous et qui s'éloignent dès que vous sortez l'appareil (grrrr!)! Je me suis également régalée du passage de deux groupes de cigognes noires et de cigognes blanches en migration (une quinzaine d'individus en tout) ainsi que d'un long ballet effectué par un Vautour fauve de concert avec un Percnoptère et sur fond de ciel tout bleu. Et un pincement au coeur, j'ai assisté au départ de groupes d'Hirondelles de cheminée et de fenêtre.

Au retour, presque arrivée à la maison, j'ai croisé un jeune pèlerin qui partait bien tard (heureusement il portait une tente) et qui m'a posé des questions sur les rapaces et tous ces grands oiseaux qu'il voyait dans le ciel. Je les ai reçues comme un cadeau.

Des hauts et des bas

Le départ. J'habite à droite, à l'arrière et contre l'opidum, tout au fond de la vallée.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Trois cochons au milieu des fougères.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Quand les brebis cherchent désespérement l'ombre sous des auvents de fortune dans la pierre, ou à l'arrière d'une voiture de berger à l'arrêt ou entassées contre le mur d'une bergerie, c'est qu'il faudrait peut-être penser à reboiser au lieu d'incendier, nooooooon?

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Maman et bébé Pottok.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

De la viande sur pied, des millions de fois hélas.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Saletés de postes de chasse à la palombe, on vous aura un jour, on vous aura!

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Tout au bout à droite, la tour d'Urkulu. Celle là, promis juré, ce sera pour l'année prochaine.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Sur le sentier qui mène à Bentarte, un bois de jeunes hêtres chargés de faînes.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Hop hop hop! Chemin du retour, on redescend dans la vallée.

Des hauts et des bas

Les brebis Manex à tête noire (ici en tenue d'été). Une race en danger au nom de la sacro-sainte productivité.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas

Papa, maman, le frêne que vous aimiez tant du côté d'Orisson a été abattu et jamais remplacé. Là encore, hélas. Mais autour, il lui reste des frères.

Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
Des hauts et des bas
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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 18:02
"Ne suivez personne, marchez seul---

que votre clarté vous suffise".

Jean Giono.

C'est ce que j'ai fait aujourd'hui en gravissant la montagne Jara. Pour me rapprocher de quelqu'un. Et ça marche. Enfin, si j'ose dire.

En tout cas, je n'ai pas rencontré âme qui vive. Quoique--- Mais c'est une autre histoire.

Vi, vi, je sais, j'ai un problème d'objectif. Je viens de m'en rendre compte en visionnant les photos. Désolée. Demain, je regarderai d'où ça vient.

"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
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"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
"Ne suivez personne, marchez seul---
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 17:26
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).

Je vous connais, vous allez m'opposer "Non mais, n'importe quoi! Sur la photo, là, ce ne sont ni des porcs ni des dieux, ce sont des vaches". Vous n'aurez pas totalement tort mais laissez moi un peu de temps pour en dire un peu plus, même si  c'est  à mots couverts. Et puis, de toutes manières, qui sait si les vaches ( et les porcs) ne sont pas habités par des dieux? Hein, qui sait? Non mais c'est vrai, quoi!

Parce que c'est aujourd'hui le 2 septembre, je suis allée marcher en montagne, du côté d'Esterenzubi.

Bien des soucis, pour ne pas dire plus, auraient dû me retenir à la maison. Mais je m'étais promis la quête pédestre de ce jour comme je me la promettrai chaque année  ainsi qu'un autre  jour, de printemps celui-là,  jusqu'à ce que mes jambes ne me portent plus, jusqu'à ce que le souffle m'abandonne. Quoi de plus dictatorial qu'un engagement envers soi-même?

J'ai été nulle, je me suis trompée d'itinéraire, j'ai marché cinq heures dans le silence et sans apercevoir un seul bipède, mais pas là où je voulais aller. Peu importe, je garde en tête le "bon" itinéraire pour le printemps 2016.

Je pense à ce que disait René Char "Obéissez à vos porcs qui existent, je me soumets à mes dieux qui n'existent pas".

Enfin---, je ne dis pas cela pour vous, bien entendu. Et je présente à nouveau mes excuses aux porcs.

Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).

Le Patou ci-dessus a été mon compagnon de marche pendant deux heures. Il m'a précédée dès ma sortie du village, se retournant comme pour m'appeler lorsque je traînais trop à son goût, jusqu'à ce que nous croisions un troupeau de vaches placides mais qui lui faisaient très peur. En redescendant, j'ai pu constater qu'il était sagement rentré à la maison. Ah, j'oubliais : il raffole du  pain bio de "Axola gabe" et du pâté végétal!

Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).

Un sac et un bâton trouvés au pied d'une poubelle, des chaussures de marche à trois euros au Secours Catholique, un jean's vieux de quarante ans transformé en pantalon de montagne, ça ne coûte pas cher, la rando!

Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).
Des porcs et des dieux (pardon aux porcs).

J'étais si près! Comment ne pas aller faire une petite visite aux deux loustics de mon coeur? Altxor et maman Gaztain derrière lui.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 10:00
"Vienne le temps des âmes incendiées"

Vienne le temps des âmes incendiées

Un texte de Pacôme Thiellement.

 

On dit parfois que la politique consiste dans la distinction entre l’ami et l’ennemi. On dit aussi que l’Autre est la figure de notre question ; qu’il est « notre » question parce qu’il est celui qui nous remet en question ou qui nous pousse à mettre en équation des principes qui, sinon, nous resteraient inaperçus. Mais cette question ne se pose jamais qu’imparfaitement ; cette question ne se pose qu’incomplètement. Dans le carnaval de l’être, l’autre et le même brouillent leurs identités à la première occasion. Ils échangent leur masque dès qu’on a le dos tourné. Au fond, même le plus ignoble des suprématistes racistes sait que l’Eskimo le plus éloigné de lui-même est capable de comprendre sa logique. Et même le plus parachevé des universalistes admet que son voisin de palier n’est pas fichu de saisir ses intentions. Au fond, il n’y a qu’un seul Autre qui soit vraiment Autre, et c’est celui ou celle dont l’existence nous fout en l’air. C’est celui ou celle dont la réalité nous bousille. Il n’y a qu’un seul Autre, c’est celui ou celle qui nous submerge, nous blesse, nous anéantit, nous réduit en miettes. Face à elle ou lui, nous nous retrouvons à parler comme Job dans son fumier :

Mais si je vais à l’orient, il n’y est pas ;
Si je vais à l’occident, je ne le trouve pas ;
Est-il occupé au nord, je ne puis le voir ;
Se cache-t-il au midi, je ne puis le découvrir.
Ce que son âme désire, il l’exécute.
Il accomplira donc ses desseins à mon égard,
Et il en concevra bien d’autres encore.
Voilà pourquoi sa présence m’épouvante ;
Quand j’y pense, j’ai peur de lui.

Cet autre, c’est celui qui a la clé de notre mort et qui se tient devant le seuil qui nous sépare de notre vie. Cet autre, c’est tout ce qui nous sépare ; c’est tout ce qui fait de nous un laissé pour compte, un abandonné, un exilé. C’est notre amour, notre assassin, notre double, notre ogre. Cet autre, c’est celui ou celle dont la force nous déconcerte, dont la faiblesse nous épouvante. C’est celui ou celle dont l’étrangeté nous remplit de haine et de désir. Cet autre, même si c’est le dernier des connards ou la pire des idiotes, et surtout si c’est le dernier des connards ou la pire des idiotes, c’est la divinité. C’est le visage de la divinité tourné un instant vers nous, portant le masque de notre persécuteur.

Parce qu’il n’y a qu’une seule rencontre véritable de l’autre, c’est de tomber amoureux, et c’est pourtant la chose qui nous sépare le plus. Parce qu’on a goûté à deux la fusion unitive de l’érotique sacré, parce qu’on a vécu un instant la nostalgie de l’âge d’or, tout chez l’autre nous rend possiblement fou : ses absences, ses présences, ses silences, ses signes. Alors on revit, à la vitesse de l’éclair, la chute dans le Temps. On a retrouvé un bref moment l’Eden prénatal et on est violemment retombé dans l’Age de Fer. Viens, étoile absinthe. On a retrouvé les jours qui passent et leur horreur. Déjà la chute de la fusion érotique aux affaires du jour avait entraîné la colère, la haine, les jalousies maladives, les disputes incessantes. Si la passion amoureuse ne se soldait pas dans le double détournement, on chuterait encore et on deviendrait un couple ou quelque chose de ce genre. De guerrier on deviendrait commerçant. On commencerait à s’organiser ensemble, à faire nos comptes et à régler nos factures. Avant la dernière étape, la plus laide : celle des vieux partenaires domestiques d’où tout feu est éteint mais que rien ne peut séparer. Il ne leur manque que le boulet aux pieds pour ressembler aux pénitents auxquels leur résignation nous fait toujours penser.

Lorsque notre grand amour nous quitte, c’est le plus beau cadeau qu’il puisse nous faire. Inconsciemment, il n’a pas supporté l’idée de voir le sacré se transformer en profane. Il a préféré la mort à la quotidienneté, la violence à l’ennui. La séparation est alors une blessure si béante que nous avons l’impression d’être troué ; l’impression d’avoir, à la place du cœur, une plaie : cette plaie seule apte à laisser filtrer la lumière. Ce n’est pas lui ou elle qui nous a quitté, c’est la divinité qui s’est retirée d’eux. Ce n’est pas l’amour de notre vie qui est devenu un étranger, c’est l’ange de lumière qui a quitté son corps et a regagné l’un des cieux de son âme.

L’amour n’est pas chose humaine. L’amour est la stratégie des dieux pour nous rappeler que la réalité n’est pas profane et que la vie n’est pas quotidienne. On devrait s’en moquer – que l’amour entre nous et l’autre s’arrête un jour. Ce qui devrait compter, c’est la pureté du sentiment amoureux initial, qu’il faut ensuite réussir à transférer dans nos actions de tous les jours. C’est la pureté de l’instant initial de l’amour qu’il ne faut cesser de fondre dans la matière du Temps – et chaque affaire que nous traitons doit être éclairée par la même ferveur que celle de la fusion érotique. C’est peut-être ça la sainteté : cet état où chaque geste que nous produisons est une lettre d’amour, où chaque rencontre est un transport, et chaque sourire une adresse à la divinité dont on voit la flamme brûler dans l’âme de l’autre. Comme disent les oracles chaldéens : « Espérance au contenu de feu sera ta nourriture. » Vienne le temps des âmes incendiées.

 

L'auteur :  Né en 1975, il a écrit des essais traitant de pop culture et de gnose - par exemple Pop Yoga (éd. Sonatine, 2014).

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