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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 16:00
L'eau et les rêves.

Il disait "Ma vie se déverse en toi".

Depuis, j'avoue délaisser quelque peu les mares et les lacs pour regarder et écouter couler l'eau vive.

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 10:57
Après le passage d'une chasse à courre.

Après le passage d'une chasse à courre.

                                                                                                           Pour Gilles.

De Armand Farrachi

 

Le tribunal de Versailles vient de condamner trois militants, membres de l’association Droits des Animaux, qui manifestaient contre une chasse à courre en forêt de Rambouillet, à 500€ d’amende, pour « violence en réunion ».

         En principe, dans un Etat de droit, une instruction se fait à charge et à décharge, en terrain neutre. Ici, c’est une magistrate au patronyme aristocratique qui convoque les prévenus, pour leur faire l’éloge de la chasse à courre, ce qu’elle a reconnu. Après quoi, elle les met en examen et les place sous contrôle judiciaire. L’instruction a lieu à Versailles, pas ailleurs. En matière de Justice équitable, on fait mieux. Mais nous sommes en France.

         Soumis à une critique de plus en plus virulente, exposés par des reportages sans complaisance, les veneurs, qui n’aiment pas être dérangés pendant leurs menus plaisirs, réclamaient la création d’un « délit d’obstruction à la chasse », que le gouvernement Fillon, en bon valet du lobby, leur a servi sur un plateau d’argent en 2010, par décret, puisque les élus avaient rejeté cette demande. Malheureusement, l’infraction est impossible à constater. Les chasseurs et l’ONF (qui loue ses forêts aux chasseurs) ont d’ailleurs été déboutés. Mais ce crime ne pouvait rester impuni. Les juges de Versailles devaient trouver autre chose.

 Les militants anti-chasse ont donc été condamnés pour « violence en réunion », bien qu’il n’y ait eu aucune violence au sens propre. Mais le tribunal versaillais considère que gêner les chasseurs par une présence hostile ou par des huées est une violence. Avis à ceux qui s’aviseraient de siffler au théâtre. Condamner les membres d’une association non-violente pour « violence en réunion », c’est un peu comme condamner un piéton membre d’une ligue anti-alcoolique pour conduite en état d’ivresse. Des coups de cravache et des insultes racistes proférées par la fine fleur de la nation, il ne sera jamais question, bien que ces « débordements » aient été filmés.

Cela signifie qu’au « pays des droits de l’homme », s’il n’existe plus de crime de blasphème ou de lèse-majesté, il existe un crime de lèse-chasse à courre. On a le droit d’être contre la chasse à courre, mais pas de le dire ni de le manifester. Versailles a rétabli le délit d’opinion. Les aristocrates  et les capitaines d’industrie ne sauraient être dérangés par des gueux pendant leurs loisirs. Où irait-on s’il fallait aussi sécuriser les golfs et les rallyes ? Il s’agit bel et bien d’une justice de classe. Nous sommes en France.

La chasse à courre est donc le seul loisir protégé par la police. Les veneurs représentent 0,001% de la population. Cette pratique d’Ancien Régime, archaïque et cruelle, a été abolie dans la plupart des pays européens. Si le nombre des équipages augmente, c’est que les étrangers empêchés de chasser chez eux se réfugient chez nous. Les propositions de loi (trois en quelques années) visant à interdire la chasse à courre ne sont pas débattues à l’Assemblée nationale. Les ministres dits de l’écologie ne répondent pas aux questions écrites. Pourquoi ? Parce que le pays est dirigé par les lobbies. Parce que les chasseurs sont assis à la table du pouvoir. Parce que nous sommes en France.

 

 

         Armand Farrachi

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 10:53
"Y'a une route---

--- tu la prends, qu'est-ce que ça te coûte?" dit la belle chanson de Gérard Manset.

Aujourd'hui, alors que comme chaque jour, des centaines de pèlerins de Saint-Jacques s'éparpillaient dans les chemins de traverse, j'ai pris une route. Et bien qu'elle soit une départementale et non l'un des sentiers dont j'ai l'habitude et qui me sont chers, je l'ai suivie à pied, de l'école de Saint-Just-Ibarre à la déjà ex-école de Lacarre, en passant par celles de Bunus et d'Ainhice Mongelos.

Parce que c'était un anniversaire. Et pour dire, répèter,  confirmer mon engagement et le respect d'une parole qui reste mon seul guide.

Il répétait"Tu es le bout de mon chemin".

Je crois bien qu'il est le but du mien.

"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
"Y'a une route---
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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 09:00
Mary Magdalene, Rogier Van der Veyden.

Mary Magdalene, Rogier Van der Veyden.

G

Maite dutanari.

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Jacqueline Kelen

La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu.

Anne Ducrocq

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N. C. : Quels sont les premiers mythes que vous ayez rencontrés personnellement ?

J. K. : Je ne me destinais pas à l'écriture mais à l'enseignement. La vie en a décidé autrement. Deux sujets se sont imposés à moi, en songe : Salomé et Marie Madeleine. Je fus d'abord fascinée par les récits de David face à Goliath, de Judith et Holopherne ou encore de Salomé avec Jean Baptiste. Ce thème de la décapitation m'intriguait et me troublait, j'ai mis quelque temps avant de comprendre qu'il s'agissait d'un rituel d'initiation, avec passage du seuil, soumission du mental, coupure irréversible... En travaillant sur ce sujet, je me suis retrouvée en plein mythe du Graal ainsi que dans la littérature alchimique : la tête coupée, caput mortuum (ou tête de corbeau), désigne en effet l'Œuvre au noir, première phase de l'œuvre alchimique... Pour me libérer de ces images, pour les éclairer aussi, je me suis mise à écrire, bien que ce projet soit resté inachevé.

N. C. : Vous avez écrit une trentaine d'ouvrages, dont certains sont traduits jusqu'au Japon ou en Corée. La femme, son mystère et sa vocation reviennent toujours...

J. K. : Mon second rendez-vous personnel avec les mythes s'est fait à travers le personnage de Marie Madeleine. Élevée dans la religion catholique, on me l'avait présentée comme une prostituée et une pécheresse repentie. Or, les poètes et les peintres la montraient comme une reine... Je ne comprenais pas où avait eu lieu la scission et j'ai cherché du côté des Évangiles apocryphes, très difficiles à trouver à l'époque, car interdits par l'Église de Rome. Dans ces lectures, j'ai rencontré une femme de lumière, éveilleuse, une femme qui avait part à la Connaissance spirituelle.

Dans les Évangiles officiels, Marie de Magdala garde le silence, mais dans les Évangiles secrets, elle transmet une parole prophétique, c'est-à-dire impérissable, toujours verdoyante, une parole qui fait danser les montagnes... Alors jeune éditeur, Marc de Smedt a eu un véritable coup de cœur pour mon manuscrit et l'a publié en 1982. Je lui en garde une immense gratitude. Marie Madeleine a le rôle difficile, sans cesse contesté, d'éveiller le cœur de l'homme et c'est, pour moi, la nature profonde de la femme. Inlassablement, celle-ci doit parler et témoigner dans sa chair de l'amour. De cet amour qui se rit du temps et de la dégradation, qui est connaissance et ouverture à l'infini.

N. C. : L'amour, celui qui “élargit l'espace de notre tente”, pour paraphraser Isaïe, est votre grand thème...

J. K. : C'est la question essentielle et la source de toutes choses !... Aujourd'hui, trop de femmes ne cherchent plus l'amour mais un homme dans leur vie. Aimer fait peur, c'est une expérience qui envahit tout l'être, le bouleverse, le déborde et le dépouille. Comme le disait Thérèse d'Avila : “L'amour est dur et inflexible comme l'enfer”... Ainsi, Marie Madeleine croit absolument et aime absolument. Il n'y a pas ici de demi-mesure. Elle aime Jésus jusqu'au bout, même lorsqu'il est bafoué, trahi, agonisant et défiguré sur la croix. Elle est fidèle à cet

amour, follement fidèle. Comme elle, j'ai le sens de l'amour total, donné une fois pour toutes. Si l'amour vient du cœur, s'il est mieux qu'un sentiment, un engouement et un désir physique, il dure par-delà le conflit, la séparation, le trépas. Aimer est une grâce et une gravité.

Mais prendre le risque de l'amour, ce “beau risque”, comme le disait Socrate à propos du mythe, agrée aux cœurs libres.

Une femme, tout particulièrement, devrait inviter à cette aventure chevaleresque et à cette passion qu'est l'amour. Quand on considère le code de le Fin'Amor (“parfait amour”) des xiie siècle, quand on lit les poèmes et les romans courtois du XIIe et XIIIe siècles ainsi que les récits mystique des Fidèles d'Amour persans, c'est toujours la Dame - une femme “sage et belle”, autant dire éveillée - qui inspire et oriente chevaliers et troubadours dans leur quête.

La Dame est la manifestation d'un amour infini, céleste, elle en est aussi la médiatrice.

Toute femme devrait être consciente de ce rôle souverain. De nos jours, on a tendance à oublier que l'amour humain est d'abord une union mystique des âmes et des esprits.
Ensuite seulement, et comme de surcroît, l'union des corps peut s'accomplir, tels un cantique et une prière. En s'affairant uniquement dans le sexuel, notre époque a tout inversé et tout saccagé ! Selon le Fin' Amor, né en pays d'Oc, les amants courtois vivent le « long désir », une approche infinie où jouent les affinités du cœur et des rêves : ils ont tout le temps puisque l'amour est éternel ! Dans cet art d'aimer - qui n'est pas révolu - il y a toujours trois présences : l'homme, la femme et le mystère de l'amour. Il y va de notre honneur de nous rendre digne de ce mystère, de nous affiner, de nous élever jusqu'à lui. Pour ma part, je vais au combat sans relâche pour sauver la beauté et le mystère de l'amour. C'est ma tâche de “guerrière spirituelle” qui consiste à répondre de l'Amour en un monde qui le profane et le crucifie...

N. C. : Vous dénoncez la façon dont le monde abîme l'amour, mais vous allez plus loin : dans votre dernier ouvrage, Divine Blessure, vous faites un éloge de la blessure qui rend vivant.

Le ton de votre livre est totalement à contre-courant de vos contemporains qui essaient, par tous les moyens, de se soustraire à la souffrance...

J. K. : Beaucoup d'auteurs ou de conférenciers parlent de réconcilier le masculin et le féminin. Les mythes me proposent autre chose, d'ordre vertical : l'union entre ma nature mortelle, humaine ; et ma nature immortelle, divine. Cette tâche qui nous est impartie ouvre une blessure en nous, nous rappelant une blessure ancienne, ontologique. Or, précisément, profondément, cette blessure est ce par quoi le fini peut s'ouvrir à l'infini. Aussi, je trouve beau de se sentir blessé, c'est-à-dire imparfait, en marche, empli de soif. Aujourd'hui, par crainte d'être accusés de dolorisme, nous refusons tout sens à la souffrance et toute valeur à l'épreuve. Nous voulons être indemnes, protégés de tout. Nous oublions que nous sommes mortels, limités. Vivre est un risque permanent et passionnant, une aventure pleine d'imprévus. Tous les héros des mythes naviguent sur des mers déchaînées, traversent des forêts peuplées de brigands et de monstres, découvrent des territoires inconnus, hostiles... La vie nous demande confiance, ardeur et humilité. Il n'y a pas de chemin de maturité sans épreuves. Celles-ci sont autant de portes, autant de rencontres qui nous forgent et nous enseignent. Pour moi, une “belle vie” ne consiste pas en une succession de bonheurs, de plaisirs ou de gratifications. C'est une vie remplie de toutes sortes d'expériences, de souffrances comme d'espérances, c'est une vie intense, entière. Avoir une “bonne vie”, c'est tout embrasser, ne rien rejeter, c'est avoir envie de tout bénir, de tout serrer sur son cœur...

N. C. : Votre vision de la vie est à la fois passionnée et apaisée. Êtes-vous détachée de toute peur ?

J. K. : Je m'interroge peu sur la peur, probablement parce que, depuis l'enfance et grâce à une vie solitaire, j'ai développé mes qualités de courage et de vaillance. Cela permet de faire face aux épreuves et je n'en ai pas été dépourvue ! Je n'ai en particulier pas peur de la mort. Je l'ai frôlée de très près à trente-cinq ans. Cette expérience m'a allégée, délivrée. Devenir vivant me paraît bien plus important ! La planète se dégrade, le bateau coule. S'il est nécessaire que certains hurlent pour attirer l'attention sur le drame qui s'annonce, il est pour moi plus important de s'interroger sur “que sauver ?”.

N. C. : Quels désirs vous animent, vous tiennent debout ?

J. K. : Je suis un être de désir, portée par le désir lui-même ! Nicolas Flamel parlait du “désir désiré”, qui est entièrement gratuit, sans objet, pure flamme. Notre époque est contradictoire : elle est partagée entre la satisfaction immédiate des désirs que nous propose la société de consommation et la méfiance à leur égard, dans le sillage d'un bouddhisme à l'occidentale. Aucune de ces deux attitudes ne me convient. Je me sens une femme qui brûle et qui est brûlée - par l'amour, par l'étude, par la beauté et la douleur, par les rencontres aussi... Il est important de ne pas passer à côté des grandes rencontres, de ne pas s'y dérober, qu'elles s'avèrent heureuses ou pas. Elles sont peu nombreuses sur le chemin. C'est la raison pour laquelle, en amitié, je fais souvent le premier pas. La rencontre exige attention et disponibilité, elle est une élection. La petite fille que j'étais adorait les surprises et aujourd'hui encore, j'aime l'inattendu, tout ce qui peut surgir et surprendre.

N. C. : Henri Gougaud, qui fréquente les contes depuis des dizaines d'années, avoue avoir des “contes amis” auxquels il reste toujours fidèle. Avez-vous des “mythes amis” ?

J. K. : Certains personnages, comme la reine de Saba ou Shéhérazade, me sont chers, mais il est un mythe celtique du Moyen Âge qui contient tout pour moi, c'est celui de Mélusine.

Il y est question de l'amour et de son lien au mystère, au secret, à la dignité, à la solitude. C'est l'un des rares mythes qui évoquent l'histoire conjugale. En effet, le mythe s'intéresse à la quête de soi, non aux formes sociales et temporelles.

Ainsi, une fois le héros réalisé, libre à lui d'être ermite, marié ou en communauté. De même, les notions de maternité et de paternité sont rarement évoquées. La femme-fée Mélusine illumine l'existence de son époux, Raymond de Lusignan. Elle lui a promis de le rendre heureux et prospère, riche et respecté de tous, mais le mariage repose sur un pacte : elle demande une journée pour elle seule, le samedi. Cette condition est judicieuse : l'amour n'est ni la confusion ni la promiscuité, et la vie conjugale doit respecter, et même révérer, le secret et la solitude de chacun des époux. Notre époque se déroule sous le signe de la collectivité, mais l'aventure de conscience, de la quête spirituelle, ne peut se vivre que sous le signe de la singularité.

Un jour, assailli par le doute, le seigneur Raymond de Lusignan rompt l'interdit du samedi et cherche à surprendre le secret de Mélusine. Un peu plus tard, il tiendra des propos insultants à son égard. Mélusine, qui veillait sur cette distance d'étrangeté, d'émerveillement entre eux, va déployer ses ailes et quitter Raymond pour toujours. Leurs adieux, inépuisables, me font toujours monter les larmes aux yeux. Ils ne se combattent pas l'un l'autre ni ne se déprécient, comme on a tendance à le faire lors d'une séparation, mais, au contraire, ils se chantent et se remercient pour tout ce qu'ils se sont apportés l'un à l'autre. Les êtres nobles se séparent sans renier l'amour, ils se quittent mais l'amour ne les quitte pas...

Je me demande : si certains personnages des mythes se haussent à ce niveau de relation, pourquoi nous, au XXIe siècle, n'en sommes-nous pas capables ? La réponse est terrible : nous n'en avons pas envie ! La perfection, le perfectionnement nous effraient. Au début du XVIIe siècle, John Done, le grand poète métaphysicien anglais, s'interrogeait : “Pourquoi ne meurt-on plus d'amour ?”
C'est la question que je me pose.

Nous sommes mendiants de l'amour et en même temps, nous sommes si avares de signes de tendresse, de gestes affectueux. L'amour ne paraît plus essentiel aux mortels. C'est peut-être pour cela qu'ils restent mortels.

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 09:00
Rendez-vous reporté

Il y a très exactement un an ce jour, ma fille et moi allions passer une journée à Kanbo (Cambo). Diverses tâches nous y attendaient. Mais surtout, surtout--- je devais prendre des photos du parc des thermes, cet étrange lieu hors du temps où toutes proportions gardées, on se sent transporté dans "La montagne magique" de Thomas Mann et où, à tout instant, l'on s'attend à voir entrer des calèches transportant messieurs en gibus et dames en crinoline.

Nous étions, celui que j'aime et moi, entièrement tendus comme des arcs vers l'espoir d'une cure qu'il aurait pu faire l'été dernier et où nous aurions pu nous rencontrer enfin physiquement puisqu'il paraît qu'il ne peut y avoir d'amour reconnu par la société sans cette rencontre là, que nous attendions, bien entendu. La camarde n'en a pas voulu ainsi, elle l'a fauché avant.

Pourtant il est là, sur ces sentiers, dans ces arbres, sur le bord de cette Nive qui coule vers l'Adour, puis vers l'Océan.

Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
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Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
Rendez-vous reporté
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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 23:59
Brouillard

Le Brouillard

Véronique Pestel

C'est le premier jour de l'hiver
C'est le brouillard
C'est le brouillard qui me l'a dit
Quand il est arrivé hier
Au milieu de l'après-midi

À mon réveil, il était là
Il n'est toujours pas reparti
Voici le soir et je ne vois
Ni le jardin ni la prairie

Je ne vois qu'au bout de mon nez
Quatre mésanges à la fenêtre
Qui se disputent leur dîner
Tandis que j'écris cette lettre
Cette lettre de fin d'année
Pour te raconter que l'hiver
Dans le brouillard s'est installé
Comme il le fit l'année dernière

C'est un très beau brouillard givrant
Qui adoucit
Le temps, les gestes comme un talc
C'est un brouillard parfois navrant
Les gens d'ici jusqu'à Saint-Malc

Toi, tu savais le trouver beau
Dans ses dentelles de forêts
Dans son silence de tombeau
Dans nos prudences de furets

Il peut rester jusqu'en janvier
Givrant les branches et les herbes
Je me souviens qu'aux temps derniers
Tu voulais en cueillir des gerbes
Nous descendions au bord du lac
Et tu prenais photos de tout
Tu les as gardées dans ton sac
Et emportées je ne sais où

Le printemps se fera tout seul
Au bout des bûches
Au bout des bûches pour le feu
Quand le brouillard fera son deuil
De la litière de nos cheveux

Le printemps se fera tout seul
Au bout des bois du nouvel an
Les mouettes ne feront plus la gueule
Aux frilosités du Léman

Le printemps se fera tout clair
Et mon amour ira dehors
Avec ses grâces jardinières
Et sa jeunesse à bras-le-corps
Les mésanges auront tout mangé
Je t'écrirai par la fenêtre
Que le jardin s'est déneigé
Espérant te faire apparaître

Si la mort n'est pas un désert
Elle a peut-être des saisons
Des hivers qui vont en enfer
Et des printemps qui ont raison

Si la mort poursuit son destin
Pourquoi ne finirait-elle pas
Comme la nature un beau matin
Par voir le bout de son trépas

Je ne sais rien de ces mystères
Je sais seulement que le brouillard
Un jour s'en vient couvrir la terre
Et le lendemain s'en repart
En ce premier jour de l'hiver
Mes yeux se brouillent un peu de noir
Et toi, vas-tu vers la lumière ?
Vois-tu la fin de ton brouillard ? {x2}

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 15:08
Chanson---

Quand il est entré dans mon logis clos,

J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,

L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…

Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais…

-Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

Il m’a demandé des outils à nous.

Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,

Qu’ils semblaient, -si gais, si légers, si doux,-

Deux petits oiseaux caressant la dalle

De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…

-mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?

Il m’a demandé du beurre, du pain,

-ma main en l’ouvrant caressait la huche-

Du cidre nouveau, j’allais et ma main

Caressait les bols, la table, la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…

-Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?

Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.

J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,

Du froid, du chaud, des gens, et ma voix

En sortant de moi caressait mes lèvres…

Et je causais, je causais, je causais…

-Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l’ourlet

Que j’avais laissé, je me suis assise…

L’aiguille chantait, l’aiguille volait,

Mes doigts caressaient notre toile bise…

Et je cousais, je cousais, je cousais…

-Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

Marie Noël

Poème extrait du recueil "Les chansons et les heures".

 

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 17:35

Merci à Martine Caplanne pour avoir mis en valeur ces images dont elle connaît le sens.

Et merci, c'est bien terne comme expression car cette amie sait à quel point je suis touchée par son attention.

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 19:13
Ursula, je pense à toi.

Le papounet d' Ursula s'enorgueillissait de ne lui avoir jamais mis ni de collier ni encore moins de laisse.

Dans le bas-Cambo. Ceux et celles qui savent comprendront.

Dans le bas-Cambo. Ceux et celles qui savent comprendront.

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 18:00

"Robin des bois à Roncevaux. C'est comme ça, tu l'as voulu, tu l'as".

Pendant un an, j'ai travaillé à l'école de Lacarre et à celle d'Ainhice Mongelos

Pendant un an encore, j'ai travaillé à l'école de Bunus et à celle d'Ainhice.

Depuis le vendredi 5 juillet, je suis chômeuse. Ce n'est pas une cataclysme dans ma vie, j'ai l'habitude.

Mais à cheval sur ces deux années, j' ai vécu une révolution, une vraie, une révolution intérieure, grâce à quelqu'un--- de l'extérieur, on peut vraiment le dire. Et j'ai failli toucher le ciel, il s'en est fallu de peu.

Durant cette période, pendant mes pauses-déjeuner, entre deux écoles, entre deux groupes d'enfants, attendant fiévreusement son appel, moi qui n'avais jamais voulu de téléphone portable,  j'ai fait quelques pas, pris quelques photos pour un être, mon amour, prisonnier d'une horrible maladie, et dont j'étais devenue les poumons et les jambes. Je capturais des images pour les lui envoyer, moi qui avais toujours pensé que photographier, c'était se voler à soi-même un court instant de vie. Il m'arrivait de prendre les jambes à mon cou pour arriver à l'heure dans la deuxième école, celle de l'après-midi.

En ce printemps qui n'en fut pas un mais qu'il avait espéré pourtant, il est parti ailleurs, en un autre monde dont je ne sais rien.

Et pour la première fois de ma vie, je me sens seule, vraiment seule. Et surtout pour la première fois de ma vie, je ne m'ennuie pas seulement de quelqu'un. Non, pour la première fois de ma vie, je m'ennuie sans quelqu'un. Et pourtant, il est là, je l'entends, je lui parle. Comment dire, comment expliquer?

Voici quelques-unes de ces photos, pêle-mêle, sans ordre chronologique. En plus, ce ne sont sans doute pas les mieux réussies ni les plus belles. Tant pis, après tout. Ce soir, dans l'urgence, j'ai trop besoin de lui dire de nouveau  ce qu'il est pour moi, ce qu'il a fait de moi. Il n'y a pas de mots, mais pas d'images, pas de musiques non plus. Rien. Que faire?  Ne vous vexez pas, en vous parlant, c'est encore à lui que je parle. C'est encore lui que j'interroge.

 

 

 

La toute première, quelques tout petits jours après  notre improbable rencontre . Retour chez les médecins, dans les hostos pour lui, ce jour là, à 800 km de ces collines. Mais nous étions ensemble.

La toute première, quelques tout petits jours après notre improbable rencontre . Retour chez les médecins, dans les hostos pour lui, ce jour là, à 800 km de ces collines. Mais nous étions ensemble.

Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
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Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Entre collines et ciel.
Le 21 septembre 2012, j'étais là quans son appel m'a surprise. "La barbarie est constitutionnelle en France. Le Conseil  Constitutionnel vient d'adouber la corrida". Cest lui qui me l'apprenait. Et le soir, il ajoutait " Tu sais, je suis déçu par toute cette victoire sans pudeur des corrideurs. Il te faut du courage, moi, j'aurais baissé les bras. La chasse commence demain, je vais voir ces sales batards monter la rue et tirer des faisans d'élevage, des tueurs de poules. J'ai appris qu'une harde de cerfs allait être liquidée, ça fait trop de dégâts. Ma campagne est bientôt vide.".

Le 21 septembre 2012, j'étais là quans son appel m'a surprise. "La barbarie est constitutionnelle en France. Le Conseil Constitutionnel vient d'adouber la corrida". Cest lui qui me l'apprenait. Et le soir, il ajoutait " Tu sais, je suis déçu par toute cette victoire sans pudeur des corrideurs. Il te faut du courage, moi, j'aurais baissé les bras. La chasse commence demain, je vais voir ces sales batards monter la rue et tirer des faisans d'élevage, des tueurs de poules. J'ai appris qu'une harde de cerfs allait être liquidée, ça fait trop de dégâts. Ma campagne est bientôt vide.".

Entre collines et ciel.
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