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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 12:00



  Pierre Desproges me manque, comme Zouk, d'ailleurs.

Mais si je n'ai pas réussi à ce jour à faire découvrir Zouk à ma fille, nul doute que je lui ai transmis  mon immense dégoût pour la corrida et mon goût invertébré ( c'est bien comme ça que l'on dit?) pour Monsieur Desproges. Tout à l'heure, elle m'a cité cette phrase de lui:


"Avez vous reniflé les effluves de sang lourd épanché du taureau sacrifié au crétin bariolé qui brandit sa queue fauve au nez des connes humides des étés madrilènes?"

 

http://www.desproges.fr/

 

NDLR: " Tueurs de vaches en collant rose " est le titre d'un article de François Cavanna paru dans Charlie Hebdo le 26 Avril 2000.


 

 

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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 10:52

Communiqué du CRAC (Comité Radicalement Anti Corrida).

MOBILISATION EN ARLES !

EVENEMENT ! Pour la première fois, après des décennies de mépris à notre égard et se sentant à présent menacés, les taurins lancent officiellement et à grand bruit, un observatoire le 22 mars prochain à Arles pour contrer les anticorrida.

A cette occasion, le 22 mars à 14h15, Joël Lunel, responsable de la "Filiale Locale Anti Corrida du pays d'Arles", organise une manifestation à cette même date. Le Rendez-vous est fixé sur le parking du Géant Casino, zone commerciale de Fourchon à Arles. Sortie No 6, direction Fourchon.

Le CRAC qui soutient activement cette action, sera présent et appelle les militants à venir nombreux. D'ores et déjà, la SPA nous a confirmé qu'elle lancera, de son côté, un appel pour mobiliser ses adhérents.

taureau

La FLAC soutient également cet événement.

Les médias seront au rendez-vous.

Faites suivre cet appel le plus largement possible autour de vous, alertez vos connaissances sur place. Il importe d'être le plus nombreux possible face à la mobilisation des taurins. N'oubliez pas tee-shirts et banderoles !

Contact:

        http://www.anticorrida.com/

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 21:49

"L'Homme n'est pas le seul animal à penser mais il est le seul à penser qu'il n'est pas un animal". Pascal Picq.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Picq

Bestial-ou-humain.jpgPhoto: Christian Sinibaldi.

Cette photo, je l'ai trouvée dans le numéro 4 (rentrée 2005) du Bulletin du CRAC-Comité Radicalement Anti Corrida http://www.anticorrida.com/.
L'être humain est si fier de lui, depuis tant et tant de lustres!  Il se trouve si supérieur aux autres animaux, quand au moins il accepte, et c'est rare, d'admettre qu'il est un animal!

Pourtant, regardez bien! Où est, à votre avis, la plus grande part de ce que nous appelons communément "l'humanité", avec tout le positif  dont est chargé ce mot ("Un peu d'humanité, que diable!" Enfin, quand-même, soyez humain!")? Dans l'expression de stupidité et de gêne de ce tueur (matador)  en tenue d'opérette ou dans la question -ou le reproche-ou bien les deux du taureau supplicié par un pur sadisme que l'on tente de maquiller en quête d'esthétique?

L'auteur de cette photo, prise le 15 Août 2004 à Béziers, est Christian Sinibaldi, à l'époque photographe taurin semi-professionnel. Le soir, chez lui, il regarde l'épreuve et il y voit un herbivore innocent en train de supplier son bourreau qu'il ne réussira pas à émouvoir. De ce jour, et après des décennies de passion taureaumachique, il ne rentrera plus dans une arène. De ce jour, il "s'humanisera".

Et le CRAC de citer Jean-Pierre Chabrol, ce journaliste, romancier et merveilleux conteur qu'il m' a été donné de rencontrer chez lui, à Chamborigaud et à Pont-de-Rastel, ainsi qu'à Vialas, dans les montagnes de Lozère: "Quand j'étais aficionado, ce n'était pas le meilleur de moi-même qui aimait la corrida". On veut bien le croire.


Au fait, j'ai oublié de vous dire : Martine Bisauta, ex-Verte en Pays Basque et qui a fait récemment le choix pour les élections municipales de Bayonne, de la liste   de Jean Grenet, UMP et fils de son père le roi Henri, gagnant par avance ( évidemment, té! Vous ne voudriez pas que l'on se vende à un "looser"---et puis quoi encore? ),  m'avait, l'été passé,  écrit un courriel rageur  largement diffusé. Elle était furibarde, agressive et insultante envers ma copine Luce Lapin, journaliste à Charlie Hebdo et militante acharnée du CRAC, parce qu'entre autres péchés mortels, celle-ci, dénonçant les corridas,  avait parlé de "feria" au lieu de "fêtes" de Bayonne. J'imagine que ce crime abominable suscite en vous la même horreur qu'il a suscitée  dans le peuple  des taureaux et chevaux torturés d'hier, d'aujourd'hui et de demain. 

Pour mémoire, rappelons quand-même que Jean Grenet est un grand aficionado devant l' Eternel,  sémillant animateur d'un lobby pro-corrida au sein de l' Assemblée Nationale.

GrandeAS649731.jpgDeux amis de Jean Grenet, assistant à une corrida.
Je suis certaine que vous en reconnaissez au moins un.


Un rapport entre ce penchant très appuyé  du nouveau gourou de Martine pour ce "spectacle" indéfendable et son courroux  qui m'a laissée sans voix?

Ah, vraiment, vous, vous avez mauvais esprit!. Perso, cela ne m'aurait même pas effleurée, mais alors vraiment pas!

Message personnel à Luce:  souviens-t' en pour la saison taurine 2008: on dit "fêtes" de Bayonne. Pas "feria" de Bayonne. Si non, on n'est pas fiable, espèce de journaleuse que tu es.

Ah, ces journalistes d'ailleurs que chez nous (même pas d'Anglet, de Biarritz, de Saint-Jean-de-Luz ou d'Hendaye, c'est dire!!!!!!!!!!!)  où c'est qu'on est né-natif parce qu'on n'est pas né autre part comme c'est le cas pour certains qui sont bien à plaindre vu qu'ils sont nés je ne sais où, donc qu'ils ne peuvent pas comprendre la réalité réelle d'ici qui est la nôtre et pas la leur  et qui en plus  bossent dans un journal qu'il est carrément  pas imprimé à Bayonne  que même c'est écrit dessus en noir sur blanc et que je vous dis qu'ils sauraient même pas placer le "Petit Bayonne" sur une carte de la ville de ----Bayonne (si je vous le dis!) ! 

Non, en vrai de vrai, Luce, ris-en si tu y arrives. Parce que Bayonne est la capitale du Pays Basque Nord, que la corrida n'a rien à voir avec la culture Basque et que fêtes de Bayonne en langage du pays, ça se dit "Baionako bestak".

Et toc!
Eta kitto!

Et tu sais quoi, Luce? Quelques jours avant sa conférence de presse de présentation,  Dame Martine déclarait : "Il me tarde d'entrer dans l'arène". C'est ce qui s'appelle le sens de l'à-propos.

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 16:40

Corrida-20Chateaurenard-2002-08-04-20-112-.jpg


Corrida-20Chateaurenard-2002-08-04-20-98-.jpg
Ces photos sont extraites du site :  http://www.pas-content.ch/anti-corrida/Photos%20C.R.A.C/left.htm


undefinedJe vais être franche. 
Si, si! 
Moi, les chansons de Yannick Noah---- Enfin bon, je ne suis pas vraiment enthousiaste, quoi! Je n'en dirai pas plus. Si ce n'est que  le joueur de tennis Noah, par contre  restera toujours l'un de mes préférés, presque au même niveau d'admiration que Jimmy Connors, c'est dire! Quand je pense que j'ai raté la fameuse finale de Roland Garros, en 1983, alors qu'enceinte comme ce n'est pas possible de l'être, je réalisais pour "Radio Irulegi" un petit reportage lors de la foire écolo de Saint-Martin de Seignanx! La vie militante a parfois de ces cruautés! Mais peu importe. Je ne vais pas me la jouer. Noah chanteur se soucie de mon opinion comme d'une guigne et il a bien raison.

undefined   Vous aussi, d'ailleurs, très certainement. Alors, il me faut vous expliquer que ce préambule n'a pour but que d'introduire une information que vous ignorez sans doute si, comme je l'imagine et tout comme moi, vous n'êtes pas un lecteur ou une lectrice fanatique de "France Dimanche" que l'on peut saluer pour s'en être fait l'écho, quelle que soit l'opinion que l'on par ailleurs de cette organe de presse.
Sachez qu'en Bayonne, "ville taurine" (mais pas que cela heureusement!), Yannick Noah fut invité l'été dernier à ouvrir les célèbres fêtes. 
Il devait ensuite loger à l'Hôtel Radisson, situé, lui, à Biarritz. Or, stupeur pour cet ennemi de la  corrida, signataire de la pétition du CRAC ( http://www.anticorrida.com/ ): sur les murs de cet hôtel quatre étoiles, trônent des tableaux représentant des scènes de tauromachie. Immédiatement, il demanda à la Direction de les faire retirer. Caprice de star, me direz vous. Ah la la! Si seulement tous les caprices de stars pouvaient être de cet acabit! Et si une telle demande ne présente pas les caractères d'un acte d'héroisme, on se plaît à rêver que chacun d'entre nous, chaque jour, accomplisse au moins l'équivalent, bousculant quelque peu les conventions et les idées toutes faites ( penser que chaque personne entrant dans un hôtel de luxe sur la côte basque se pâme obligatoirement d'aise devant une scène de corrida, qu'est-ce d'autre qu'une idée toute faite----et nauséabonde?). 
Enfin, bref, Yannick, tu reviens quand tu veux.

D'ailleurs, il y en a un à qui cela ferait certainement plaisir. Il s'agit d'un Gypaète Barbu, individu d'une espèce emblématique gravement menacée. Depuis le 13 Décembre 2007, il est en soins au Centre de Sauvegarde Hegalaldia pour la faune sauvage http://www.hegalaldia.org/  . Ce sont des gardes de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) qui l'ont transporté depuis la Haute Garonne où il a été trouvé en mauvaise posture. Sur la route, ils écoutaient un CD de Yannick Noah, en sourdine pour ne pas stresser l'animal qui restait calme et silencieux. A la fin du disque, pourtant, il a commencé à s'agiter dans sa caisse de contention. A tout hasard, les gardes ont remis le disque et l'oiseau s'est calmé. Ainsi de suite jusqu'à l'arrivée à Ustaritz. Ce comportement pour le moins surprenant a valu à ce grand et superbe voilier d'être baptisé Noah.      

undefined Un grand merci à Thierry Hély, Chargé de communication et Délégué du CRAC pour le département de l'Herault, qui, lors d'une conversation à bâtons rompus, m'a donné, sans le chercher, l'idée du titre de cet article.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 15:15

Aïe!!!!!!!!!!
Cendrine va encore penser que je fais une fixette sur la corrida.
Tant pis, je prends le risque. Cendrine, vous (si j'ai bien compris) comme moi-même vivons en des lieux où se pratique la corrida, ce qui n'est pas, c'est heureux, le cas dans tout l'Hexagone. En tant qu'êtres normalement sensibles, nous ne pouvons nous voiler la face. J'ai habité plusieurs mois, il y a longtemps de cela, une maison à Biarritz, rue de la Bergerie. Cette maison avait servi, justement, de bergerie d'opérette à Eugénie de Montijo, épouse Espagnole de Napoléon III et responsable de l'arrivée de la corrida sur une côte Basque qui ne lui avait rien demandé. Cette "bergerie " est aujourd'hui rasée et remplacée par un immeuble en béton et le troquet d'en face est devenu succursale de banque (tristes temps!). Sans doute ce séjour m'a-t-il marquée plus que je ne m'en suis rendu compte.


Eugénie, pourquoi ne t'es-tu pas occupée que de tes moutons?


Le texte que je propose aujourd'hui n'est pas de moi. Il s'agit d'une réponse qu'Olivier, un ami et de surcroît militant des Verts du Pays Basque, ( c'est dire s'il est parfait!)  aimerait faire publier par le journal Libération en réponse à une personne qui se présentait comme anti-anti corrida.
En lisant attentivement, chacun(e) pourra constater qu'en partant de la corrida, ce texte aborde bien d'autres sujets. Et non des moindres!


Réponse à l’anti-anti-corrida (anti+anti= ?) auteur d’un rebond dans Libé et dont je ne retrouve plus le nom !!

Quelle pauvreté de l’argumentation de la part d’un prof de philo !!! Vivement le dégraissage du mammouth! Hein !! Depuis mon modeste appart Angloy, à deux pas de Bayonne « villeuh taurineuh » comme le dit la pub et après une bonne journée de boulot très manuel, je tombe sur ce petit tas de mots si débiles que je me sens, dans un élan magnanime ayant pour but de faire avancer la conscience humaine ( et ouaip, même les ouvriers peuvent péter plus haut que  leur cul !!) le devoir, si si, de tapoter sur mon clavier un petit truc. Genre réponse par thème, ou tout comme.

Que serait l’art sans la corrida ?
Et oui, que serait l’art sans la guerre, les meurtres, que serait Céline sans le nazisme, Derrida sans l’humanisme ? Réduire Hemingway à son goût pour l’alcool, la chasse, la mise à mort, son narcissisme, pourquoi ne pas faire un ode au suicide aussi alors ! L’ode au meurtre de nourrisson du marquis de Sade !!  Il faut assumer la licence artistique jusqu’au bout mais pas la travestir aussi pauvrement.
_Le taureau préfère mourir en combattant qu’à l’abattoir ?
Symbole d’une mise en abîme du courage de l’animal par la grâce incommensurable que lui fait l’homme de le tuer pour une autre raison que de se nourrir. C’est vrai enfin, nous ne sommes pas des bêtes, nous vivons dans le langage et les symboles !!
Youpi, il nous fallait des aficionados avinés capable de parler des heures des petits pas chassés d’un gars en moule-burnes rose pour nous en faire part !! Et de faire cingler une exquise poésie servie par un style si viril, si poignant sur les pages de quotidien régionaux se masturbant régulièrement sur la nécessité de rester entre gens de même extraction. Hélas, que de talents cachés !!
_Cette race de taureau ne survit que grâce à la tauromachie ? La belle affaire, comme la Holstein pour le lait mais pas comme l’Armoricaine qui a faillit disparaître sur l’autel de la modernité !! Heureusement que de dangereux « écolos » la font vivre quitte à la faire mourir honteusement (poauh, l’abattoir froid versus la flamboyante mise à mort ) pour nourrir les hommes ( même si certains peuvent, par choix, par non-choix, et bientôt peut être par nécessité, décider en conscience - action typiquement humaine, que c’est agaçant, n’est-ce pas?- de ne pas se nourrir de viande). Bref, et alors, s’émeut-on de toutes les espèces si « utiles » et qui n’ont pas besoin de se faire massacrer longuement sous les « ola »d’une foule en délire pour mériter notre empathie ? (ce mot aussi, manifestement, ne vous va pas au teint si les animaux peuvent en bénéficier, quelle dépravation !! )
Bref, les zoolâtres tauromachiques s’époumonent « les oreilles !! », et la queue ?

Et encore, on a raté le laïus sur le superbe écosystème préservé grâce à cet élevage !! ouarf,ouarf !!

_Quand à la culture qui se perd, avec la larme à l’œil du petit bourgeois face à son bon plaisir malencontreusement pris pour « la »liberté, toute une pensée unique qui se morfond dans ses certitudes !! Et bien il est vrai que de critiquer une tradition est la marque d’un esprit malsain, marqué par le malin qu’il faut combattre en clouant une chouette à la porte de la grange. D’ailleurs, depuis que l’on ne mutile plus le torcol pour faire venir l’amour, nous vivons dans un monde de brutes !!
A quand le retour des ânes jetés du haut des clochers, cela changerait de la Nintendo pour éduquer nos chères têtes blondes ? Les pauvres petits désoublient la notion de souffrance, plus de cochon qu’on égorge en famille, vraiment tout se perd, heureusement que l’on voit des meurtres, des viols, des pédophiles toutes les minutes à la télé. Sinon, comment apprendrions-nous à ces pauvres petits êtres si purs que nous ne vivons pas chez les Bisounours et que surtout, surtout, répétez bien notre façon de vivre, la plus estimable de tout l’univers !!
Je me demande si l’on se pose la même question quand on commande un meuble en teck pour sa piscine où l’on pourra se rafraîchir avec délectation après une bonne boucherie, « mais que deviennent les traditions de ces arriérés de Malaisiens que l’on exproprie ? »
 Ouch, une larme dans la sangria, le bonheur est gâté !!
 _Y a d’autres causes plus urgentes dans le monde.
Ben justement, où est le mal de critiquer une telle façon de perdre son temps !!!
Y a pas urgence à valoriser aussi d’autres penchants naturels que tout homme, dans son incommensurable et intrinsèque intelligence, possède ? Se tient-on plus chaud en voyant cet animal si misérablement tué par toute cette fanfreluche ? Ne faisons-nous vraiment qu’un en accumulant tout ce que la bigoterie de pacotille peut engendrer? C’est cela le « reste » du culte des anciens dieux ? C’est cette incroyable arrogance puante qui symbolise la force d’un peuple ? Quand on « aime » les animaux, on n' « aime » pas les hommes, qui peux bien donner crédit à ça ? Le picador et son cheval ? Le chasseur et son chien ? Ah, bizarre ces exemples, non ? C’est vrai qu’il y a des frontistes n’aimant pas la corrida, et des frontistes afficionados. Pas cool, le monde est vraiment trop complexe, vite, une petite novillada et je reprends espoir pour le futur !!
Allez, allez, nous avons heureusement beaucoup d’autres exemples de part le monde (cet espace hors de l’arène) de bravoure, d’amour, d’unité, de partage et de beauté comme de haine, d’ignorance et d’insoutenable.
Alors oui, le sentiment d’impunité surpasse presque tous les autres, oui, la haine de l’autre est sûrement le sentiment qui soude le plus un groupe et alors, s’arrête-t-on à ce constat ? Nos 7000 ans d’histoire, de réflexions doivent déboucher sur un arc-boutement, sur une petite lubie « qui vient du plus profond de l’âme du Sud » (du Sud de quoi d’ailleurs, Bayonne, le sud de l’Andalousie sûrement ? Ha, satané point de vue qui peut changer !!).

Je m’attendais à mieux de la part d’un aficionado : la chaleur de l’arène, l’odeur suave et âcre, la terre battue mêlée au sang, la sueur des ses amis et voisins de siège, les sonorités sublimes des bandas, la résonance des grosses caisses, ces discussions si futiles mais si nécessaires entre inconnus, si liés par une même passion, le plaisir de faire partager toute une chorégraphie à son petit dernier, sortir et célébrer le vin et son terroir, la bonne société se montrant au bon peuple, enfin, des dizaines d’autre raisons mais non, même pas.
 Peut-être parce que de savoir que tout cela ne tient qu’à la mise à mort d’un animal anthropomorphisé, drogué, blessé, excité, tout sauf libre---
Cela n’a pas la même saveur qu’un jeune Cordobes, seul, bravant la colère de éleveurs, face aux taureaux en plein champs et en pleine nuit, face à face intime ritualisé jusqu’à en devenir ridicule en plein jour !! 
Ne reste que la répétition du simulacre pour se convaincre que rien ne change, que la vie est rassurante au milieu de ses certitudes. Quel ennui !
Et pourquoi se cacher (Nicolas a bien décomplexé la droite) le plaisir de tuer, de voir souffrir, c’est tout à fait humain comme sentiment pourtant !
Pourquoi pas non plus y voir là la capacité à regarder un être vivant souffrir inutilement et loin de ses terres et pourtant ressentir autre chose qu’un sentiment de gâchis? On dit « se forger l’âme », « s’endurcir » enfin, en tant que spectateur seulement, comme on s’amassait pour voir une pendaison. Catharsis, ouf c’est bien fait pour lui, ouf c’est pas moi…voir la mort, c’est une passion, thanatophiles de tous les pays, levons le bras (droit !) !! Aimer ses semblables, protéger, aider, comprendre, tous ses sentiments sont peut-être trop gnangnans, dévalorisants.
_Tradition ? alors pourquoi s’offusquer de la lapidation afghane, l’infanticide amazonien (quel horreur, cette amalgame est honteux. Ouaip, ouaip j’entends d’ici), il faut garder tout ça, c’est l’âme du peuple de l’Est, de l’Uuest sinon, c’est l’aculturation, la mondialisation des comportements, et blabla. Bien sûr, tout est figé, personne ne moufte, surtout pas ceux qui critiquent de l’intérieur.
N’y voir qu’une beauté factice, une mort scénarisée comme la quintessence du courage de la bête et de l’Homme, de l’Homme fardé comme un animal en pariade et d’une bête à qui l’on prête des sentiments humains !! C’est tout aussi explicable au commun des mortels n’ayant pas fait Hypokhâgne !! Comme il est facile d’expliquer que l’on prête des sentiments humains aux taureaux, qu’on le bourre de symbolisme, mais que, au grand jamais, la même empathie nous fasse ressentir la souffrance, l’injustice, voir la haine, non, ça, y’ a pas droit. Par contre, on peut se foutre de la gueule de la mémère qui parle à son chat, et oui, elle, elle est un peu fofolle la mamie. Et donc, puisque le taureau symbolise l’autre, le courage que nous désirons sentir couler dans nos veines, ne parlons même pas de ces tarés qui voient dans l’ours l’âme de la montagne et dans le loup, l’esprit des forêts.

Et non, la corrida nous apprend à être des hommes, la vie est injuste, c’est un combat ou l’on élimine l’autre, préparons-nous à la guerre, vite, où est mon Uzi !?

Non, vraiment je suis déçu par l’élite de nos professeurs. Alors voilà, on va sûrement reverser après des corridas de bienfaisance (trop drôle ces deux mots accolés !) une petite aumône aux handicapés, au petit « meurt-de-faim », la charité des riches pour se déculpabiliser, sentiment très puissant aussi. Les chasseurs font bien des rond-point fleuris. C’est sûr qu’il faut bien que quelqu’un se sacrifie pour ça, tiens, je vais revendre mon quatquat pour payer un puits à ces Nigériens qui triment quasi gratos pour extraire mon gasoil. (ouille, ah oui, la corrida m’a appris qu’il faut savoir faire souffrir l’autre pour me sentir libre et puissant, bon, ben je garde ma Jeep et je les emmerde )

Et puis, ça fait vivre tout une économie, un peu comme le tabac, l’armement (pour nous défendre bien sûr), la drogue, le trafic d’enfants et la prostitution. Et oui, c’est vrai, on va quand même pas interdire quelque chose alors que des milliers de gens en vivent quand même, ça c’est un crime !!
Bref on parle d’art et de culture, ma définition doit être passablement erronée. Mais que fait Gunther von Hagens ? Quelle dégringolade sémantique !! Et dire que l’on se foutait de Picasso : « mon gamin dessine mieux ! » Ah, Picasso, il aimait la corrida ! Il a fait le portrait de Staline aussi !
J’y vois plutôt le résultat d’un manque de culture que d’assimiler cette pantalonnade cruelle à de l’art.

Enfin bon, je ne suis pas un prof parisien, je suis né à Bayonne, coupé basque/normand avec des ancêtres scandinaves, à quelle tradition dois-je me référencer ? Dites-moi monsieur le professeur, suis-je assujetti à l’endroit où je suis né ou puis-je espérer transmuter par la connaissance, l’art et la culture, l’ineptie de ma vie sur Terre ?
Non, ne me répondez pas, j’ai paumé ma muleta.


Je m’épate de pondre une aussi longue diatribe, je me sens plus détendu maintenant. La corrida à p’têtre du bon, finalement !!

Olivier Eudes.



Passons à l'action. Ci-dessous, un appel de Michèle Becker, Présidente du CRAC 64:

affiche2005a.jpg

Chers amis,

 Le chanteur RENAUD avec la SPA, le CRAC , la FLAC etc....ont édité un spot publicitaire anti corrida , qui a été refusé par le BVP, trop dur à regarder, trop dur à écouter, donc CYBER ACTION

lettre à adresser aux personnes suivantes

secretariat.president@elysee.fr

jfope@assemblee-nationale.fr

jmayrault@assemblee-nationale.fr

fsauvedet@assemblee-nationale.fr

jcsandrier@assemblee-nationale.fr

 

j-cgaudin@u-m-p.org

1er.secretaire@parti-socialiste.fr

contact@mgbuffet.org

f.bayrou@udf.org

p.buchet@le-nouveaucentre.org

 

et svp, mettre en copie cachée, à n.biscaye@spa.asso.fr de la spa française vos courriers demandant l'interdiction de l'entrée des arènes pour les enfants de moins de 15 ans ( puisque le spot est trop violent???!!!raison de plus pour les enfants)

merci à tous

 

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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 13:08
Pour cette contribution, Babel ne m'a pas proposé de titre.
J'espère que celui ci-dessus lui conviendra.
Tout se tient. C'est l'histoire du battement de l'aile du papillon.

La corrida est un rubis de sang taillé dans le cynisme le plus sauvage, posé aux doigts des mises à mort dans la grande arène terrienne... Regardez bien à chaque toro lâché dans un village, à chaque banderille dans un dos, c'est le ballet de nos rages qui s'habille de traditions et de paillettes.
Le corps est donné à la sauvagerie
Suis generis en habits brodés :
« Hello darling, quelle bonne idée cet astrakan ! »
Un soldat vaut la guerre
Avez-vous déjà trouvé le pur reflet
Du cœur du problème ?
L’arène est ronde comme le monde : c’est notre monde en petit,
pour ceux qui veulent un monde avec mise à mort incorporée.
Et moi, là, quel monde suis-je à la sueur du bâtir ?
L’oikos, ma maison, mon etxe
Et sa logique : réduite à un fanion vert ?
C’est pas mon adresse
Je ni pas de drapeau ni rouge ni vert
Pas de muleta moirée
A agiter devant un ennemi
Même l’ennemi d’un soir :
Mes ennemis n’ont pas de grand soir…
Tous mes amis chantent au petit matin.
La corrida est ainsi faite pour dire en petit et en fanfares ce que nous faisons dans ce grand cercle terrien : mettre à mort avec un art raffiné du déguisement et de la mise en scène, pour ne pas avouer nos goûts de voir la mort danser dans les yeux des autres.
À noter, quand les temps les permettent, les jeux ajoutent des humains aux joutes où la mise à mort est déjà prévue, sous presse en page des sports, ou bien dans le silence des raisons d’État... Ne me parlez pas de ces fêtes, l'air en est trop funèbre... Toros à cocardes ou prisonniers à l’encan : le jazz est le même, la finale est dans la tombe.
Les lames pénètrent un animal aveuglé de soleil et de rage, et le sang coule… La lame « sans trêve ni repos, qu’on soit noir ou blanc de peau », (merci le taureau de Toulouse) entre tes dents, entre tes os, et en petit c’est ta vie que tu mets en farine de morve et de pis, d’entrailles puantes sous les mouches au soleil… Oh le joli monde immonde !
Augustin, (au seuil du Ve siècle, quelle évolution !) voulant montrer qu’il avait changé, accompagna un jour un ami au cirque, certain de pouvoir contenir sa violence, ne serait-ce qu’en fermant les yeux. Il raconte avec tristesse, dans es Confessions, comment attiré par les cris, aiguillonné par le souvenir des excitations passées, il a rouvert les yeux et hurlé avec les loups. Toute notre prédation est mis en haut de l’affiche, exemple à suivre ! Et en haut de la plaine, en bas des tas de chaussures et de cheveux coupés, de femmes en burqâ, de moignons dressés vers le ciel, je m’accorde, accorde, une corrida, exutoire : apotropaïque, pour être précis : c’est un mot savant, mais je lisais tandis qu’aux arènes, on mettait à mort.
Les épées tranchent les nerfs, affaiblissent la victime qui n’a plus aucune chance d’en sortir. Les missiles bombardent les infrastructures, un embargo étouffe l’économie, et l’ennemi déjà est vaincu. Entre les murailles de Chine, les ghettos de Varsovie et les fornicula (oui, qui a donné forniqué) des arènes, j’entends meugler les foules plus que les toros : les grandes douleurs sont muettes !
Qui m’a dit l‘autre jour la vieille expression « il pleut comme à Gravelotte ? » Le 18 août 1870, les obus y tombèrent tant, à Gravelotte en Moselle, que l’expression est née. À Verdun, durant 10 mois, 1000 hommes par jours sont morts. Alors encenser la mort, non merci : tout tient dans le panier de peau arraché de force aux victimes.
Gravelotte ? C’était il y a 137 ans, et peu s’en souviennent.
Dans chaque corrida, goutte à goutte, toro après toro, il finit par pleuvoir de la mort comme à Gravelotte, comme à Bagdad, à Verdun, le sang dégoutte de notre arène terrienne. J’aurais préféré qu’il dégoûte...

Planter jusqu’à la mort un phallus de fer dans le symbole de la virilité, je n’en ai pas besoin.

 
babel - mercredi 22 août 2007.
http://www.myspace.com/lebabel

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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 16:19
Dax et Bayonne, même misère!

Mardi, à Dax, la "Feria" comportait malheureusement l'inévitable corrida (Comment ne pas faire l'amalgame, à force?). Le CRAC, lui, organisait un rassemblement contre la dite corrida. Une cinquantaine de personnes participaient, ce qui est déjà un exploit pour un jour de semaine, surtout en une ville où ne pas apprécier la taureaumachie est considéré comme une maladie honteuse. Un seul slogan "torrida-torture", un stand devant les arènes et une presse qui commence à mordre à l'hameçon malgré la pression toujours plus forte et agressive du lobby taurin.
Mercredi , à Bayonne, ce n'était plus les fêtes, mais il y avait encore corrida. Et oui, "Bayonne, ville taurine!". Ouhouhou! Les "Patxa", où êtes-vous? Si vous saviez comme je suis nostalgique de la peinture rouge sur le grand taureau noir du panneau à l'entrée de Bayonne quand on vient de Garazi. Inconsciemment, peut-être est-ce pour ça que je n'ai plus guère envie de me rendre à Bayonne. Vous n'avez plus de peinture ou quoi? 
Ce 15 Août, on   annonçait la présence de Roselyne Bachelot, actuelle Ministre des sports et ex-Ministre de l'Environnement, à qui je garde, en tant qu'écologiste et militante des Verts, un sacré chien de ma chienne, parce que pire qu'elle dans le rôle, à tous points de vue, on n'a encore pas connu. 
Encore une fois, le CRAC était présent.Le matin et le soir. Les manifestants, en station devant les arènes ont vu sortir, au milieu du "spectacle" des gens qui venaient là pour la première fois, qui pensaient que la corrida était une gentille "espagnolade" toute de lumières et de joie, qui s'étaient laissés tenter par le bourrage de crâne touristique et ne pouvaient,  une fois devant la réalité, la supporter. Certains pleuraient, une personne vomissait. Certains avaient eu des places gratuites (tiens, tiens, offertes par qui?)  et regretteront toute leur vie de les avoir utilisées.
Entrisme dans les écoles, discours faussement artistiques, voire poétiques, images trafiquées de diverses manières, tout ce système bien huilé  remplit en effet les arènes de gens trompés sur la marchandise et que l'on n'y reprendra plus.
C'est ainsi que l'on gonfle les statistiques et cela permet de collecter plus de subventions ou de trouver plus facilement des sponsors. La boucle est bouclée, le cercle est vicieux à souhait.
C'est bien pour cela que la lutte contre le mensonge et la désinformation ne doit avoir de cesse.
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 De la corrida, du fascisme et du totalitarisme.

---"La corrida est un révélateur, un symptôme d'un mal caché et redoutable: l'instinct de mort. ----
La mort spectacle nie l'éthique hédoniste faisant de l'individu solitaire face à son destin, un individu solidaire, fondant la reconnaissance d'autrui sur sa seule capacité à éprouver le principe du plaisir-déplaisir.
La corrida nous rappelle que le processus d'hominisation n'est nullement parachevé et que le chemin parsemé de cadavres humains et non humains est décidément bien long.
Pour perpétrer ces actes de torture érigée en spectacle, les tenants de la corrida ne sauraient souffrir le débat, la confrontation, la réfutation. Il leur faut de la propagande lourde et unilatérale et il ne manque pas de mondains pour se livrer dans les médias à des exercices pitoyables d'apologie sans être le moins du monde embarrassés par l'absence de toute contradiction idéologique.
En cela, la corrida, comme la chasse, sont intrinsèquement fascistes et anti démocratiques.
Normal, puisqu'elles hurlent : Viva la muerte! - I kill for fun"-----

Gérard Charollois. Président de  "Convention Vie et Nature pour une Ecologie Radicale".

Dans ce domaine, il est bon de rappeler avec quel brio et quelle efficacité Francisco Franco, bourreau, entre autres, de Gernika,  a su utiliser à son profit le phénomène Manuel Benitez, dit "El Cordobes", en concomitance avec l'explosion du nombre de téléviseurs en Espagne. Quel talent, ce Caudillo! La corrida glissant vers le statut de "Fiesta nacional" et entrant dans tous les foyers au profit d'une gloire, celle du Généralissime!  Que nombre de républicains, de démocrates et surtout de militants de la cause Basque semblent vouloir l'ignorer ne va pas sans me poser un grand souci, pour ne pas dire un grand chagrin.
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Un film avec El Cordobes.

Quand le kitsch s'en mêle.

Des femmes, de leur conscience et de leur responsabilité.

Je l'ai déjà dit et le redirai (voir l'article de ce blog : "Tortura ez da gure kultura") : J'ai découvert avec une  incompréhension horrifiée  la présence d'un nombre important de femmes dans les arènes, à égalité avec les hommes.
Comment ne pas penser alors à ces quelques lignes d'Annie Leclerc, dans "Parole de femme", au début des années 70: " C'est bien la Vie et la jouissance d'elle seule que devront porter les vraies révolutions. 
Mais sans les femmes et sans l'éveil de leur conscience avilie, les vraies révolutions s'épuiseront  et la Terre redeviendra celle de l'homme, puissant et triomphant, de l'homme semeur de progrès, d'oppression et de détresse".

Alors quoi? J'ai raté un épisode? Que s'est-il passé? Que se passe-t-il? Réveillez-vous, les filles, les femmes! Réveillez-vous mes  mes soeurs! N'acceptez pas d'être ainsi entraînées dans ce torrent nauséabond, refusez ce statut de collabos de l'horreur. Ne croyez pas qu'il vous sera tenu compte de votre docilité à l'accepter. Cette violence se retournera obligatoirement contre vous. Que peut vous apporter de singer  l'inacceptable? Je ne peux arriver à oublier les visages moqueurs de ces femmes  entrant dans les  arènes de Bayonne le 4 Août dernier. Elles souriaient de toutes leurs dents en entendant  les injures sexuelles lancées aux manifestantes anti-corridas par les mâles aficionados. Comme j'avais, comme j'ai honte pour elles! Je savais bien qu'il existait un féminin à "beauf", mais je ne le connaissais que diffus. Là,  la concentration était d'importance. Depuis lors, ces sourires, dans ma tête, virent à la hideuse grimace et en cauchemars qui passent en boucle. 

De la télévision, arme cathodique mais totalitaire.

Vous connaissez la dernière? Le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité) refuse l'autorisation de diffusion du spot dénonçant la corrida, réalisé par Jerôme Lescure avec le soutien des associations pour le respect des animaux.
Motif : trop dur, trop violent----
Tiens, tiens, intéressant--- Alors, comme ça, la corrida nous dit-on, est une belle et douce activité raffinée, artistique, culturelle, civilisée, pratiquée et admirée par des gens qui ne feraient pas de mal à une mouche, mais---- faire entrer sa réalité dans les foyers grâce à la télé choquerait les âmes sensibles. 
Alors là, je dois vraiment être cruche, je ne comprends pas.
Mais si je comprends! Le vieil adage est toujours d'actualité qui dit "Ce n'est pas malheur à celui par qui le scandale arrive mais malheur à celui qui dénonce le scandale". 
Cependant,  tout bien réfléchi, nous avons peut-être là matière à nous réjouir. Car enfin, s'il en était encore besoin, le BVP nous offre sur un plateau, par ce refus, la preuve  que les nombreuses images de corridas diffusées à la télévision sont triées, choisies, édulcorées, magnifiées par certains artifices, mensongères, même si elles sont déjà inacceptables pour nombre de gens sensibles à la souffrance gratuite de tout être vivant.
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Et s'il n'y avait que pour la corrida---- La télé, c'est quoi à part une machine à lobotomiser, à décerveler?

Si vous désirez visionner le spot de Jérôme Lescure, cliquez ici:
http://www.tribunal-animal.com/operations_speciales/spot_crac.htm.

De plus, il vous est possible d'agir pour demander sa diffusion. Comme de nombreux acteurs, chanteurs, écrivains et même----politiques (si, si!), écrivez à Nicolas Sarkozy ainsi qu'à la Ministre de la Culture et de la Communication. Entre autres tares, ce gouvernement est un concentré d'aficionados. Raison de plus, on va se gêner!. Demandez la diffusion du spot ainsi que l'interdiction aux arènes aux enfants de moins de 15 ans.
Courriels à envoyer à: Pour Nicolas Sarkozy : emannuelle.mignon@elysee.fr, claude.gueant@elyses.fr,franck.louvrier@elysee.fr
PourChristine Albanel :michele.fayt@culture.gouv.fr.
Enfin, pour comptabilisation des courriels, n'oubliez pas de mettre la SPA en copie à cette adresse : n.biscaye@spa.asso.fr

Et puis, ensuite, vous pouvez aussi regarder ce spot détourneur de pub. 
http://www.dailymotion.com/video/xsk7w_dans-la-publicite_creation
Celui-là non plus, vous ne le verrez jamais à la téloche, mais je suis certaine qu'il vous fera du bien. Perso, j'adore!



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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 16:24

D'abord, je vous présente mes excuses. J'avais prévu de longue date de publier sur ce blog un article le soir de la manif à Bayonne pour l'abolition de la corrida, c'est à dire samedi soir.
Cette boucherie ("En Espagne, ils ne mangent pas beaucoup de viande, mais les bouchers sont bien sapés" Coluche) me fait tellement horreur que je mettais dans cet article toute mon énergie, toute ma volonté. J'avais déjà préparé un long texte, faisant référence à des écrivains que j'aime et qui, ce n'est certainement pas un hasard, vouent ou vouaient de leur vivant, à la corrida un dégoût non dissimulé. Le texte en question était émaillé de nombreuses illustrations. Il ne restait, samedi soir, qu'à ajouter les impressions de la journée. Mais voilà, l'émotion, l'épuisement, je me suis pris les pieds dans le tapis--- A une heure du matin, j'ai voulu publier l'article et ---impossible, rien n'apparaissait à l'écran. Plusieurs essais et ---patatras! Mauvaise manip, tout est effacé, perdu à jamais. Depuis, impossible de publier quoi que ce soit. Monsieur mon blog fait la gueule et la grève.PICT0042.JPG
Ca, c'est un bouquet de jonquilles pour me faire pardonner mon incompétence technique. Elles viennent du jardin d'amis Jurassiens.


Ce soir, à première vue, il veut bien reprendre le travail.  Alors, je ne vais pas vous ressortir tout le grand jeu, je n'en ai ni le temps ni le courage mais simplement, vous faire part de quelques émotions après cet après-midi de manifestation.
Allez, je vais l'avouer tout de go. J'appréhendais un peu les rencontres que j'allais faire cet après-midi là. J'aime les animaux, tous les animaux, les sauvages, les domestiques, les gros, les minuscules. Je suis attachée à leur dignité, à leur liberté comme je le suis à celles des êtres humains. Seulement voilà, il me semble que parfois, dans les milieux de la protection animale, on trouve pas mal de gens exaltés, sectaires, pour ne pas dire aigris, vouant une haine hideuse à l'humanité toute entière et, cela arrive souvent, plus particulièrement aux humains qui n'ont ni la même couleur de peau qu'eux ni la même culture. Ouh la!!!!!!!!!!!!!! Je ne vais pas me faire que des amis, mais tant pis, je joue franc-jeu. Il faut en prendre le risque, me semble-t-il, parce que les personnes en question rendent un très mauvais service à la cause qu'elles  sont censées défendre.
Rien de tel dans les rangs de la manif de samedi. Aucune des personnes, hommes et femmes, jeunes ou moins jeunes, avec qui j'ai eu l'occasion de parler, ne ressemblait au portrait négatif que je viens de dresser, bien au contraire! En outre, certains, plus courageux que moi, avaient d'abord passé la matinée à Came pour soutenir les militants anti OGM. Allez, je vais me faire des ennemis dans un autre milieu encore, en précisant que le contraire n'a pas été vrai et que nous n'avons vu aucun combattant anti-OGM venir prêter main forte, ne serait-ce qu'une heure, aux ennemis de la  barbarie tauromachique. Certains manifestants de Bayonne étaient même bouleversés d'avoir entendu le matin-même des représentants d'associations écologistes prendre fait et cause pour la corrida. Esprit de Théodore Monod, viens à notre secours!

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Donc, nous étions un peu plus de 200 personnes à braver la terrible chaleur de cette journée placée au coeur d'un été humide et plutôt frisquet. Un long périple dans les rues de Bayonne avec force trompettes, banderoles et slogans en Basque, Castillan, Catalan et Français. Pendant que mon amie Dominika arborait fièrement une pancarte "Tortura ez da gure kultura", je tenais non moins fièrement la banderole en Euskara d'une association abolitionniste Bizkaienne. Tout le long du chemin, des regards interrogateurs ou amusés, des gestes et des paroles d'approbation et  de sympathie sur notre passage, mais aussi des insultes, des quolibets, des éructations de haine. Quartier Saint-Esprit, lors d'un arrêt sur le lieu où se trouvaient les toutes premières arènes de Bayonne (il n' y a pas si longtemps, 18ème siècle, tu parles d'une "tradition"! Merci Eugénie de Montijo!), nous avons eu droit à un "Ben, faut bien manger, tout de même! Vous ne mangez pas, vous?", qui nous a laissés pantois. Il y eut aussi un "Et la liberté?". Mais la liberté de qui, grands dieux! Et la liberté de quoi? Pourquoi pas, dès demain matin, la liberté d'énucléer son propre chat ou celle de couper les quatre pattes au chien du voisin! Il suffit même de faire ça une dizaine de fois et ça deviendra une tradition. Pour quelques tordus, ça sera de l' esthétique et pourra accéder rapidement au statut d'"art". "Liberté, que de crimes on commet en ton nom!"
Un peu avant le début des corridas, nous nous sommes plantés devant les arènes, sous un cagnard pas possible, déployant nos banderoles qui formaient un couloir par lequel devaient passer les "aficionados" retardataires. Là, tout comme sur le chemin de la manif, j'ai pu constater que le vocabulaire des pro-corridas est tout aussi limité que celui des chasseurs extrêmistes manipulés par CPNT ou celui de quelques minoritaires  excités anti ours, violents et haineux qui entachent la profession d'éleveur. Qu'on en juge: De nombreux "Vous êtes toutes des mal baisées", lancés aux manifestantes, des doigts d'honneur, des bras d'honneur et jusqu'au mime d'une petite branlette, argument très certainement imparable dans l'esprit de son auteur. Autre grand classique du genre, ont même raisonné quelques "Vous n'y comprenez rien, vous n'êtes pas d'ici. Rentrez chez vous". Merveilleuse occasion de répondre, par deux fois "Bainan, gure herria da, hemen!"! A voir l'air interrogateur autant qu'effaré de ceux à qui ces quelques mots en langue Basque s'adressaient, on peut se demander si eux-mêmes étaient vraiment "chez eux".
Et pourtant, pourtant---- Terrible découverte, douloureuse surprise pour moi: Autant de femmes que d'hommes sont entrées dans les arènes cet aprè-midi là. J'imagine qu'il en est de même les autres jours. Là, c'est tout un monde qui s'écroule. Parce que "le poète a toujours raison qui détruit l'ancienne raison", j'ai toujours été naturellement persuadée que "la femme est l'avenir de l'homme". Depuis samedi, cette foi est très sérieusement ébranlée, pour ne pas dire réduite à néant. S'il s'avérait malgré tout que le poète ne se soit pas trompé,  on est bien mal parti! Espoir en berne!
Et je ne parle pas de ces tout jeunes enfants conduits aux arènes comme à une cérémonie initiatique, pour prendre leur leçon d'"art" et de "culture". Comment ne pas  alors penser une fois de plus à Théodore Monod 0000002285P.jpg qui écrivait" Si l'homme doit un jour sortir de la barbarie et de la préhistoire, il devra renoncer à satisfaire son goût de la violence et de la cruauté pour s'ouvrir à la sympathie et à la pitié pour tous les êtres, en adoptant pour règle d'une morale nouvelle le respect de la vie et de toute vie.
Seuls des enfants, libérés de tous les préjugés de la tradition et de la coutume seront capables d'accepter demain une attitude aussi novatrice". Certes, la transmission est une bien belle chose mais il s'agit tout de même de savoir ce que l'on transmet.
Si espoir il y a, il est dans quelques jeunes consciences individuelles. Je pense à cette adolescente qui se disputait violemment avec sa mère, refusant d'accompagner sa famille au "spectacle" et donnant raison aux manifestants.
Ceci dit, il a bien fallu partir. Et, ne pouvant les sauver, abandonner six herbivores (sans compter les malheureux chevaux)  à la torture et aux beuglements de la populace. J'utilise ce mot méprisant à dessein et je l'assume. Colette, dans son livre "Prisons et Paradis" dit l'horreur, le mépris, le dégoût  que lui inspire la foule venue assister à l'exécution de Landru. Et l'on ne peut qu'abonder dans son sens. Pourtant Landru avait tout de même quelques crimes odieux sur la conscience. Mais---les taureaux?
Allez, comme disait le regretté Reiser "On ne vous demande pas d'aimer les animaux, mais foutez leur la paix!

Trouvées sur le site du CRAC, je porte à votre connaissance ce petit échange avec Morad EL HATTAB, qui en est le Président d'Honneur et qui a dirigé la réalisation de l'ouvrage "Urgence Darfour".



Ecrivain et philosophe, Morad EL HATTAB est avant tout un humaniste. Un vrai ! Il est de ceux qui défendent les humains en souffrance, sans oublier pour autant les animaux. Si l'ouvrage Urgence Darfour, réalisé sous sa direction, témoigne de son engagement envers les hommes, il n'en reste pas moins mobilisé contre la barbarie des arènes.
 
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CRAC : D'abord, bravo, Morad, pour ton implication totale envers le Darfour, la parution de l'ouvrage collectif Urgence Darfour (éditions Des idées & des hommes) et pour cette euro-pétition (http://www.europetition-darfour.fr/europetition_fr_v2/sign.php) qui a déjà recueilli près de 300 000 signatures en quelques mois. Au CRAC, nous sommes vraiment très fiers de t'avoir comme président d'honneur. Ne crains-tu pas que l'on te reproche de mélanger les genres en luttant à la fois contre la barbarie des arènes et contre les massacres au Darfour ? Que réponds-tu ?

Morad : Cest arrivé, en effet. Ma réponse est simple : pourquoi cloisonner la compassion ? Un être sensible qui souffre, qu'il soit humain ou animal, mérite la compassion. A fortiori en ce qui concerne la corrida, quand cette souffrance n'est justifiée que pour la jouissance des hommes. Je réponds aussi que, comme par hasard, tous les plus grands humanistes se sont indignés contre l'horreur tauromachique. Je ne citerai jamais assez ce magnifique aphorisme de Victor Hugo : "Torturer un taureau, pour le plaisir, pour l'amusement, c'est beaucoup plus que torturer un animal, c'est torturer une conscience."

Enfin, je vous informe que le CRAC repasse les plats le 14 Août à Dax (voir affiche-ci-dessous) et je vous encourage à participer à cette manifestation. Vous pouvez aussi  réagir auprès de certains médias du Pays Basque qui ont choisi de décrire les corridas de samedi sans évoquer par un seul mot l'opposition qui se manifestait dans la rue. Normal, me direz-vous. Comme le déclarait devant la Mairie de Bayonne, Gérard Charollois, Président de la Convention pour une écologie radicale "Quand ils parlent d'art, j'entends le bruit des tiroirs-caisses."

Au fait, pourquoi diantre Bayonne se souvient-elle plus d'Ernest Hemingway que de Victor Hugo?

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 11:26
Théodore Monod écrivait quelque part : l'argument culturel est une fiction destinée à donner à la corrida l'antiquité qu'elle n'a pas pour tenter de la justifier"
La corrida, ce n'est pas la culture Basque, ni Gasconne. Cessons de jouer les collabos, même passifs.
Les Espagnols, eux, sont en train d'entrer dans une vraie modernité, celui du respect élémentaire pour tous les êtres vivants, puisque nombre des villes d'Espagne, dont c'est pourtant le berceau, se mettent à interdire en leur sein ce voyeurisme sadique qui cherche à se faire passer pour de l'art  avec l'appui de l'intelligentia des salons où l'on cause la bouche en cul de poule, qu'elle soit de droite, de gauche ou du centre mou et mouvant.
Une amie, qui avait écrit à France 3 pour protester contre les reportages sur la corrida, a reçu une réponse qui lui parle de tradition culturelle. Non, non, pas une tradition---tout juste une coutume et rien de plus.
Et même s'il s'agissait d'une tradition? "La tradition est tout sauf une excuse", comme disait je ne sais plus qui avec qui je suis entièrement d'accord. 
Le samedi 4 Août à 14 heures, au Forum de Bayonne:
Nous dirons NON aux subventions européennes aux éleveurs de taureaux de corridas (plusieurs milliers de millions d'euros--- tout de même)
Au financement des écoles de taureaumachie ibérique par les collectivités locales, Conseils Généraux, Mairies, etc --- c'est à dire par nos impôts.
Rendez-vous à 14 heures au Forum, à Bayonne.

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Manolete Henri Tachan lyrics
Artist: Henri Tachan
Album: Inventaire
Year: 1979
Title: Manolete

Je suis taureau de combat
Comm'e grand'père et comm'e papa
Qui sont tombés dans l'arène:
Ca excite les sirènes,

Les sirèn'es du premier rang
Qui mouill'ent leur p'tit slip tout blanc,
Qui font un'e drôl'e de bobine
Devant notre hémoglobine...

Manolete, Manolete, grand héros
On t'f'ra la fête, t'f'ra la peau,
Un de ces jours, ah! prends garde,
Un matador, ça s'lézarde
Parfois plus vite qu'un taureau!

On est taureaux de combat
Mais des combats y en a pas;
Il n'y a qu'un génocide:
Pour nous, Dachau c'est Madrid,

Notre signe, c'est pas l'étoile,
Mais tous les sanglants pétales
Que nous plantent dans le corps
Les lances des picadors...

Manolete, Manolete, grand héros
On t'f'ra la fête, t'f'ra la peau,
Un de ces jours, ah! prends garde,
Un matador, ça s'lézarde
Parfois plus vite qu'un taureau!

On est taureaux de combat,
J'avais un oncle à Huesca:
Il avait les cornes aux cieux,
Paraît qu'il était "vicieux",

J'avais un cousin lointain:
Il est mort dans le crottin
Des chevaux apprivoisés,
Des collabos équidés...

Manolete, Manolete, grand héros
On t'f'ra la fête, t'g'ra la peau,
Un de ces jours, ah! prends garde,
Un matador, ça s'lézarde
Parfois plus vite qu'un taureau!

Je suis taureau de combat;
J'observe et ne bouge pas
Et la chaleur est épaisse
Ce dimanche à Linarès,

Il avance, il tend la cape,
Je dérobe... et puis j'attaque!
Sens-tu ma corne qui fouaille
Bien profond dans ta tripaille?

Manolete, Manolete sur le dos:
Les sirèn'es crach'ent sur ta peau,
L'Espagne debout me regarde:

Un pays ça se lézarde
Toujours plus vite qu'un taureau!


Henri Tachan Lyrics


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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 18:48

Et vous?

"La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute pureté, en toute liberté, qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c'est ici que s'est produite la faillite fondamentale de l'homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent".
Milan Kundera (L'insoutenable légèreté de l'être).post-1087-1176743315-thumb.jpg

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